Monday, December 14, 2015

L'image

Je vous présente ma thèse.
Ça, c'est juste le texte, sans la bibliographie ni les annexes...

Wednesday, December 09, 2015

Des nouveautés dans ma boutique Etsy

Ho Ho Ho! Noël est à nos portes, et je me suis un peu emballée sur les tissus de Noël... J'ai investi dans des mètres et des mètres et j'ai posté le tout sur ma boutique Etsy! Mais je n'ai pas fait que cela... Forte du feedback de mes ami(e)s, j'ai aussi développé de nouveaux patrons pour vous proposer de nouveaux produits! Bref, voyez par vous-mêmes...



Et ce n'est qu'un maigre échantillon!
(Oui, Etsy nous conseille d'ajouter des "props" à nos photos, voyez ce lit de houx comme il est bien fait)
Sinon, j'ai ajouté des bavoirs XL pour les enfants à partir de 18 mois, 40x28 cm, histoire qu'ils puissent se glisser sous l'assiette (testés et approuvés par Joséphine, 21 mois)



J'ai aussi des tabliers réversibles pour enfants (à thème Noël, obligé)


Et enfin, la suite du programme est de développer des sacs avec des citations rigolotes dessus... On n'y est pas encore (la thèse et la recherche d'emploi restent prioritaires) mais on y arrive petit à petit!


Le lien est https://www.etsy.com/fr/shop/LeFildeBibil... Et parce que c'est vous, les lecteurs du Bibilblog ont droit à une réduction de -10% avec le code "bibilblog" jusqu'au 20 décembre.
Bonne journée à tous et joyeuses fêtes de Noël à ceux qui y sont déjà (perso c'est mon cas, je suis déjà bien dans l'ambiance)!

Friday, November 27, 2015

The Great Escape

Vendredi passé, un hasard de calendrier avait fait que nous avions Chica, et Fourchette, Knacki et Salami sous le même toit, ce qui était à la base plutôt rigolo comme perspective. Nous avions tous les ingrédients pour un bon scénario: Knacki et Chica les deux meilleures amies du monde, avec Salami jaloux comme une teigne et sans doute secrètement amoureux des deux en même temps, et Fourchette comme personnage burlesque mono-obsessionnel pour contrebalancer la tension narrative de ce triangle amoureux. Bref, ça s'annonçait plutôt prometteur. 
Sauf que. (Et je vous rassure, vous qui allez lire la suite, cela se termine bien).
(Et aussi, je raconte les événements dont j'ai été témoin, donc cela se concentre beaucoup sur ma version des événements, mais je ne suis pas au centre de cette histoire! Nous étions très nombreux à être mobilisés de beaucoup de manières différentes...)
Le lendemain matin, samedi, on a ouvert la porte du jardin aux chiens pour qu'ils aillent faire leurs besoins, comme d'habitude. Généralement ils rentrent très vite car ils veulent manger. Mais Knacki et Chica étaient visiblement heureuses de se revoir et sont restées plus longtemps. Un peu plus longtemps. On ne s'inquiétait pas, au début. Puis de plus en plus longtemps. Au bout d'un moment on a réalisé qu'elles n'étaient pas à leur endroit habituel, et que d'ailleurs on ne les entendait plus. Trois heures après, Knacki est rentrée seule. Là, c'était le stress. 
Dans le jardin de mes parents, le premier scénario catastrophe du teckel, c'est le terrier qui s'écroule. On a fouillé tous les terriers, démoli tous les tas de bois, on a appelé comme des malades, appelé les voisins, fouillé leurs jardins, on n'a pas trouvé Chica. Il a commencé à pleuvoir, puis le froid est descendu d'un coup, et il a commencé à neiger. Quel bad! Quand on ne l'a pas entendue dans les terriers, on a envisagé le second scénario catastrophe: l'exploration téméraire des alentours. Nous avons alors fait des rondes du quartier, mais difficile de mobiliser des passants, car il n'y avait personne dans les rues à cause du temps affreux et de la menace terroriste (ambiance ambiance). A chaque heure l'obscurité gagnait du terrain, puis la nuit est tombée, et il a commencé à geler. C'est le coeur lourd que nous sommes allés dans notre lit, alors que le froid traversait les fenêtres et que même sous nos couettes nous avions du mal à nous réchauffer. 
A. et R. (les maîtres de Chica) sont revenus dare-dare dans le premier avion, qui était le lendemain matin, dimanche. Entre temps ils avaient posté un avis de disparition sur facebook qui avait commencé à circuler. Espoir! Grace à cette annonce, quelqu'un a appelé pour dire qu'il avait vu Chica la veille, près de chez mes parents. Le problème est qu'elle ne se laissait pas attraper, elle était très craintive. L'espoir est cependant vite redescendu lorsque les battues du dimanche n'ont rien donné et qu'une seconde nuit de gel est tombée. Les jours suivants ont été tout aussi silencieux et aussi froids, plus personne n'a vu Chica pendant des jours, malgré la diffusion de l'avis de disparition sur les réseaux sociaux et les affiches mises dans les rues. Il y avait de quoi être pessimiste.
La photo que vous avez pu voir passer...

Puis, mercredi, soit cinq jours après sa disparition, l'espoir est soudainement revenu. Une dame a appelé pour dire qu'elle avait aperçu Chica à Duisburg (Tervuren), soit à 7km de son lieu de départ. Cette fois-ci on croisait des gens dans les rues, et quand on montrait les affiches, ils reconnaissaient Chica et son collier! Ils l'avaient vue la veille à Tervuren! Et toute la matinée autour du terrain de foot! Et vingt minutes plus tôt à deux pâtés de maisons! Mais elle fuyait tout le monde et était très rapide. Nous étions cinq à la chercher avec la certitude que nous étions tout près d'elle, et malgré cela nous ne l'avons pas vue. L'espoir a tenu jusqu'à la tombée du jour. Puis la nuit est tombée à nouveau, et les recherches ont été abandonnées à contre-coeur. 
Le soir, A. et moi sommes revenues pour distribuer des affiches (traduites en néerlandais approximatif en triple vitesse) dans les commerces. Nous étions prêtes à partir quand à 18h30, retournement de situation: Chica était à nouveau au terrain de foot! Nous nous sommes précipitées. Toute la soirée, cela a été une course-poursuite. On l'avait vue à 500 mètres 5 minutes plus tôt, mais elle n'y était plus, elle était partie dans telle direction, puis on perdait de nouveau sa trace, on la retrouvait... On roulait les fenêtres ouvertes en criant son nom... Pour finir par perdre définitivement sa trace. Nous avons terminé la soirée en écoutant les habitués du bar du football club nous dire qui l'avait vue et où, et qui n'était pas parvenu à l'attraper, en espérant qu'elle reste sur place le lendemain. 
Sauf que le lendemain, jeudi (soit hier), nous avons pu établir qu'elle était partie sur Eizer (Overijse). Puis, vers 14 heures, elle a été aperçue à Huldenberg. Elle commençait à vraiment courir de la distance et était décrite comme maigre et paniquée. Par un coup de chance j'étais à côté, je suis donc allée en éclaireur. J'ai interrogé les habitants d'Huldenberg ("Guten Tag, heu goedendag, wir hebben eine hond verloren"). Par chance, j'ai croisé un officier de police en vadrouille, qui m'a dit avoir vu Chica quelques kilomètres plus loin, à Ottenburg (près de Wavre), et me donne le nom d'une rue. Je me rends à Ottenburg, et là je croise une dame qui me confirme avoir vu Chica dans cette même rue! Mais comme pour la veille, j'arrivais après les faits. Chica avait quand même fait 13 kilomètres pendant la nuit, contre 7 kilomètres cumulés pour les cinq jours précédents, elle était visiblement en panique en train de fuir sans direction. Et en effet lorsque la team battue est arrivée, il est vite apparu qu'elle pouvait être n'importe où. Le soir a commencé à tomber, encore une nouvelle nuit de gel. Pour couronner le tout la police a appelé A. pour désavouer l'information que j'avais recueillie: le teckel qui avait été vu à Ottenburg n'était pas Chica. Bizarre, car pour moi deux personnes l'avaient formellement reconnue sur base de la photo que je leur avais montrée. Mais c'était encore plus décourageant, car du coup cela voulait dire qu'on cherchait au mauvais endroit. On la pensait peut-être à Loonbeek. Quoiqu'il en soit, on était là en pleine campagne, et il fallait en faire de la route avant de croiser des gens et des commerces. Qui allait attraper Chica dans ces conditions?
Et puis ce matin, la nouvelle qu'on n'attendait plus: Chica a été attrapée à Ottenburg! Paf, comme ça, un dénouement miracle, comme quoi l'espoir reste permis en toute circonstance. Une amie d'amie des maîtres de Chica, qui avait vu l'annonce, a aperçu Chica dans le jardin d'une ferme! A côté de l'endroit où nous avions cherché la veille et où soit-disant elle n'était pas... Cette fille était au travail avec son équipe, ils s'y sont tous mis, et Chica a enfin pu être attrapée!
Voici plus ou moins le trajet de Chica...
Six jours et six nuits de cavale, à des températures très basses, probablement sans manger, et plus de 20 km parcourus (estimation à vol d'oiseau)... Les retrouvailles ont bien sûr été très émouvantes, et Chica va bien même si elle est très amaigrie.
La photo de la victoire

Et voilà! Heureusement l'histoire se termine bien, parce qu'on se sentait quand même sacrément responsables de cette histoire. Au final quand ce genre de chose arrive ce n'est la faute de personne et en même temps tout le monde se sent coupable... La faute à la personne qui a ouvert la porte, à celle qui n'a pas surveillé la promenade des chiens, à celle qui a accepté le dogsitting... A notre naïveté de penser que quatre teckels c'était gérable... Ou encore à la personnalité fugueuse de Knacki, à la personnalité craintive de Chica, et plus généralement à la menace terroriste qui a vidé les rues et au gel qui a si rudement frappé au moment le moins opportun! On se sentait tous horriblement mal et angoissés au possible! En tous cas c'est un magnifique élan de solidarité qui est sorti de cette aventure, avec une mobilisation incroyable, tant d'amis que d'inconnus. Cela vous rend confiance en la nature humaine et envoie un message d'espoir pour les situations qui semblent perdues d'avance...
Et vivent les teckels, saucisses warriors de l'extrême!

Friday, November 20, 2015

Allez, c'est reparti.

Il est ressorti de ma dernière réunion avec mon promoteur que:
1. Il a relu la moitié de ma thèse. Mais faut pas abuser, l'autre moitié sera pour janvier.
2. Du coup, ma défense de thèse sera pour fin février au plus tôt.
3. De ce qu'il a relu, il n'avait pas l'air plus emballé que ça. L'analyse c'est bon, mais la synthèse, c'est améliorable. 
4. Pour ce qui est de mon jury, d'accord j'ai envie de faire venir des grands spécialistes, mais d'un autre côté il ne faut pas que je fasse venir de trop grosses pointures sinon je vais me faire démonter.
5. Et puis de toutes façons je n'ai pas d'avenir dans l'académique.

Bref. Je dois ravaler ma fierté. Objectivement les modifications sont mineures, mais je sors quand même de là en ayant l'impression d'avoir fait un travail médiocre. En clair le plus gros reproche est que je suis historienne et pas sociologue. Du coup j'ai fait un travail d'historienne alors que le but d'une thèse en sciences sociales est de faire avancer la théorie dans ce domaine... Qui est une théorie que je maîtrise pour les besoins de la thèse mais ça s'arrête là. 
Alors d'accord, tout le monde se prend des claques dans la figure de temps en temps, et ça ne peut pas me faire de mal d'être parfois confrontée à une remise en question. Et puis mon promoteur ne veut pas dire que j'ai fait une mauvaise thèse, si je la défends je passe ("elle est défendable" est le terme utilisé). Elle n'est juste pas exceptionnelle. Mais après six ans de surinvestissement ça fait quand même mal à entendre. Cette thèse est devenue tellement personnelle qu'à ce stade ce n'est pas le texte qui n'est pas assez bon, c'est moi qui ne suis pas assez capable. Syndrome de l'imposteur, bonjour.
Mon père a eu les mots justes en me disant que de toutes façons, le but de tout cela était d'avoir un diplôme de docteur, et que le reste j'allais pouvoir le mettre derrière moi et l'oublier. 
Mais pour ça il faudrait aussi trouver un job. Et ça c'est encore un autre sujet...

Sunday, November 01, 2015

J'ai une boutique Etsy!

J'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai lancé une boutique Etsy, le Fil de Bibil. Elle contient principalement des articles pour bébés, pour tous vos cadeaux de naissance et de Noël... Parce que c'est tellement gai à coudre! 
Vous y trouverez, entre autres, des doudous très doux, avec des rubans en satin et du minkee (si vous ne connaissez pas encore le minkee il est grand temps, c'est la tendance de l'année)
Des bavoirs ultra grands (35x23cm), avec possibilité de personnalisation en ajoutant un prénom
 Des bavoirs bandanas
A la demande de ma soeur, des bavoirs bandanas avec de l'éponge nid d'abeille, beaucoup plus fine que le tissus éponge normal, pour pouvoir le porter au quotidien sans qu'il ne donne l'impression d'être un bavoir
Et enfin quelques patchworks! (Qui est-ce que cela étonne).
Le tout a été testé et approuvé par ma nièce Eléonore, qui a du coup une collection complète de prototypes dont Alice ne sait plus que faire (en plus elle les a lavés avec un truc vert qui a déteint, mais ne nous attardons pas sur cet élément attristant). Car tous les éléments de ma boutique sont basés sur mes propres patrons, et je peux vous dire qu'il a fallu beaucoup d'essais avant que je ne trouve la chose concluante!
Bref, n'hésitez pas à y faire un tour et à partager autour de vous!

Wednesday, October 28, 2015

Petite envolée bucolique

Les gens me demandent si je ne m'ennuie pas trop maintenant que j'ai rendu ma thèse. Et bien la réponse est non, parce que depuis dix jours je ne fais que courir après ma to-do list, ce qui fait qu'en fait je suis encore plus crevée qu'avant. Où est passé mon idéal post-thèse de séries télés, grasses matinées et couture, je vous le demande bien. A la place je postule, je termine mes travaux, je rends des invitations trop longtemps retenues et je fais tout l'admin over-chiant que j'ai postposé depuis mai. Bref, la consolation est que je ne suis plus en train de faire ma thèse mais en attendant quand aurais-je enfin droit à ce grand vide post-thèse où je ne saurai plus quoi faire de ma vie, hein, dites?
Ceci dit, hier il a fait beau, et j'ai mis le tout en pause pour aller promener les chiens dans les bois et prendre des photos pour checker la case récurrente "blog" de ladite liste. Et voilà ce que ça donne.



(Pour le cadrage, j'ai fait ce que j'ai pu avec la micro-seconde pendant laquelle ils étaient tous les trois immobiles)

Sinon, hier soir, je me suis tapée les urgences vétérinaires avec Salami qui avait bouffé une boite entière d'antibiotiques. C'est là qu'il faut assumer le choix du nom de son chien quand un vétérinaire clame "Salami" dans une salle d'attente over-bondée de Newton, Médor ou Osiris...
Comme ça, vous savez.

Friday, October 23, 2015

Oh! Un plaid, ça fait longtemps dites...

Un post que je voulais partager depuis longtemps... J'ai fait un plaid pour la naissance de Julia chez Magda et Steve! Comme elle est à moitié britannique, et bien... Voici voilà...


Bon il y a un peu de triche, le tissu avait déjà un motif de Union Jack, je n'ai fait que piquer sur les contours du motif! Mais mine de rien ça m'a quand même pris un certain temps... 
Bonne journée à vous!

Wednesday, October 21, 2015

Votez pour Nicho!

Je n'ai pas l'habitude de partager ce genre de requête, mais là il s'agit d'un projet qui me tient à coeur (et à l'estomac): Nicho, le fils Merri, voudrait lancer sa propre bière! Cela fait des années qu'il brasse dans son garage, il a développé plusieurs recettes, et il y en a une qui est particulièrement réussie: la Hoptomic Bomb, une bière très houblonnée. Si vous votez pour lui, the Brussels Beer Project brassera sa recette... Le lien est ici: http://www.beerproject.be/fr/contest/120#.ViZVQ0ern-4.facebook
Et pour vous persuader davantage voici quelques petites photos.
Ci-dessous, vous avez Nicho dans son élément...

Mais en réalité, son brassin est un peu plus artisanal et ressemble à ceci:
Et voici le résultat!
 (Mon père est très enthousiaste sur cette recette, by the way)





Et voilà! N'hésitez pas à voter pour lui, si j'ai bien compris vous pouvez voter plusieurs fois si c'est espacé dans le temps! Pour le moment il est en tête mais comme Jésus dans le désert, il va devoir tenir 40 jours... Go go go!

Monday, October 19, 2015

Libérée, délivrée...

Vendredi, j'ai envoyé ma thèse à mon promoteur.
Alors, pour la distinction technique, cela ne veut pas encore dire que j'ai déposé ma thèse. Logiquement, la façon dont cela devrait se passer, c'est qu'à ce stade-ci j'aurais officiellement déposé ma thèse, qui serait arrivée aux membres de mon jury, six semaines après il y aurait eu une défense privée où mon jury m'aurait exposé les modifications à faire, je les aurais faites, puis quelques semaines après j'aurais eu ma défense publique pour bien avaliser le tout. Mais comme on ne fait rien comme les autres ici en sciences sociales, on a la défense privée et publique le même jour, ne me demandez pas pourquoi, on n'a pas la réponse. Mais le résultat c'est qu'il n'y a pas le temps de faire des corrections entre les deux défenses... Et donc c'est un job qui doit être fait en amont entre moi et mon promoteur, et celui-ci doit me donner l'autorisation de rendre avant que je ne puisse déposer officiellement.
Si vous lisez bien, cela veut dire que le job de 5 personnes doit être faite par une personne, et sans limite temporelle déterminée. Et quand votre promoteur est devenu doyen et que vous rendez votre thèse pile au moment où il doit gérer la fusion entre deux facultés, vous êtes, pour ainsi dire, dans une situation légèrement problématique. Je ne sais donc pas quand sera la prochaine étape, à mon avis pour décembre au plus tôt. Et oui, c'est une étape que je peux passer, mais que je ne veux pas passer, car cela relèverait d'un acte kamikaze.
Mais à que cela ne tienne. J'ai rendu. Vendredi soir, c'était bizarre, je voulais tout le temps revenir sur ma thèse, mais je ne pouvais pas, parce que réellement il n'y avait plus rien que je puisse faire de plus à ce stade-ci. Mais samedi, quelle sensation! Je me suis réveillée en croyant que c'était le matin de Noël. Quand on me disait que cette thèse était toujours à l'arrière de mon esprit et qu'elle me bouffait de l'intérieur je disais toujours que non, ça allait, je ne me sentais pas si stressée que ça. Mais maintenant que cette épée de Damoclès n'est plus au dessus de ma tête, dites donc qu'est-ce que je me sens mieux!
Puis évidemment je fais ce que je fais toujours, c'est à dire que j'avais prévu de glander comme jamais entre séries et sieste, et au lieu de ça j'ai bourré mon week-end au maximum. Je suis allée à un mariage, un brunch, un lunch, une virée shopping, un cours de yoga, un apéro et un théâtre. J'ai fait de la broderie, de la cuisine et de la couture. J'ai promené mes chiens pendant des heures et des heures. Et cette semaine je ne suis pas désoeuvrée non plus. J'entame la to-do list post-thèse, qui remplit une page A4 (je vous jure elle existe vraiment), comprenant essentiellement des postes liés à ma recherche d'emploi, à mes travaux et à un retour en force à la vie sociale. Bref, je n'ai pas encore vraiment eu le temps de sentir le grand vide de post-remise de thèse, ce mix entre le baby blues et le syndrome de Stockholm. Pour le moment j'en suis surtout à espérer avoir un maximum de temps entre maintenant et la phase suivante pour que je puisse un peu récupérer. 
Il n'empêche... C'est vraiment bizarre de se sentir tout à fait légitime dans le fait de ne pas bosser sur sa thèse. Je veux dire, de ne pas se sentir coupable, de se sentir tout à fait autorisée à prendre son temps pour faire les choses, et à sortir de cette logique de rentabilité où il faut produire, produire et encore produire. Et je suis beaucoup moins angoissée de savoir que je partage maintenant la responsabilité de cette thèse avec quelqu'un d'autre, et qu'au cas où il m'arrive un truc, une autre personne pourra prendre soin d'elle quand je ne serai plus là.
Potentiel de faire-part de naissance au moment du dépôt officiel, je ne vous dis que ça.

Monday, October 12, 2015

Guest post!

Les plus fidèles lecteurs ont été inspirés à l'occasion des 10 ans du blog... Voici pour vous un premier guest post rédigé par un "anonyme" (qui n'est pas Anonymous, ceci dit). Enjoy! Parce que moi, personnellement, j'ai bien enjoyé - mais c'est normal, me direz-vous, quand vous l'aurez lu.

***

"Ce blog a dix ans", anonyme, Bruxelles, 2015. 

Ce blog a dix ans.
Dix ans.
A la vitesse d’Internet, c’est presqu’un millénaire.
Dix ans.
Dix ans de la vie de notre chère Bibil où ses peines, ses joies, ses découvertes nous sont contées.
Dix ans.
En filigrane, c’est dix ans de notre vie qui défile.
On se souvient de sa découverte des chicons à la crème.
On se souvient de son accident de voiture en Suède.
On se souvient de son amour pour les muffins.
On se souvient de sa découverte de la gastronomie anglaise.
On se souvient du kot de Louvain-la-Neuve.
On se souvient du 302 et de ses soirées épiques.
On se souvient des chasses aux œufs.
On se souvient des soirées aux touches marines et gauloises.
On se souvient de ses débuts en couture.
On se souvient de ses travaux.
On se souvient de ses maux divers et variés.
On se souvient de sa thèse.
On se souvient de son terrain à Berlin.
On se souvient de son terrain à Paris.
On se souvient de ses voyages.
On se souvient de ses tergiversations, doutes, interrogations.
On se souvient de sa Twingo.
On se souvient de sa Yaris.
On se souvient de ses chiens.
On se souvient de sa voiture qui pue les chiens.
On se souvient de ses dîners.
On se souvient de ses invitations.
On se souvient des séjours au ski.
On se souvient surtout de son amitié indéfectible.
On se dit que Bibil a une vie hors du commun.
On se dit que Bibil est un peu barrée.
On se dit que c’est génial.

On se dit qu’on voudrait que ce blog ne s’arrête jamais.


Thursday, October 08, 2015

Et après la thèse?

Aujourd'hui je voudrais évoquer un des sujets qui fâche: la discrimination hommes-femmes. Voyez-vous, finir un doctorat, c'est aussi atteindre ce fameux plafond de verre. Faire une thèse, c'est donné à tout le monde; mais réussir son après-thèse, ce n'est donné qu'aux hommes.
"Oh mais tu exagères Bibil," me répond-on quand j'en parle. 
A chaque fois, je me sens obligée de me justifier pour dire que non, je n'exagère pas. Et je vais vous dire pourquoi.
Quand j'ai commencé à travailler dans l'académique, j'avais 24 ans. J'avais les mêmes chances de décrocher une bourse qu'un homme, tout allait bien. Je remarquais quand même que dans le centre de recherche, la plupart des doctorants et assistants étaient des femmes, mais que les deux boss étaient des hommes. Enfin, ça pouvait être un hasard des statistiques, après tout.
Quand j'ai commencé ma thèse à 26 ans, la balance a commencé à s'incliner. Mon promoteur m'a dit, avec des mots prudents, de bien réfléchir à ce que serait ma vie dans cinq ans. En étant jeune c'est facile de s'engager dans une thèse. Quand on approche de la trentaine, par contre, les priorités changent. Je voudrais peut-être avoir des enfants, m'a-t-il dit. Il fallait que je réfléchisse au fait que je sois sûre de terminer malgré cela. Aujourd'hui, son discours inclut aussi l'achat d'une maison et des travaux de rénovation, je ne sais absolument pas sur qui il prend exemple pour dire ça. Toujours est-il que mes collègues masculins n'ont jamais dû réfléchir à s'ils termineraient leur thèse si leur femme tombait enceinte. 
Puis, il y a deux ans, quand j'avais 30 ans et quand la phase de rédaction a commencé à devenir sérieuse, j'ai évoqué avec mon promoteur l'idée de poursuivre ma carrière dans l'académique. Et là, cela a été la claque. Mon promoteur est très gentil, bien intentionné, mais en effet il faut constater qu'il y a beaucoup de gens qui sortent et peu d'opportunités qui suivent. Il m'a dit que malheureusement, mon CV n'était pas assez bon en comparaison avec mes concurrents pour poursuivre dans cette voie: pas assez de publications, pas d'expérience d'enseignement, et d'abord il fallait que je finisse ma thèse... Et puis bon, globalement, enfin, comment dire... Libre à moi de postuler pour un post-doc, mais il ne me soutiendrait pas.
Je ne pense pas avoir jamais raconté honnêtement cet échange auparavant. Cela a été un vrai choc. J'ai eu vraiment honte de moi, honte d'avoir pensé à cette carrière alors que je valais si peu. J'ai commencé par complètement perdre le contrôle de ma thèse. J'ai arrêté d'écrire, je me suis déconnectée, pour ce qui allait devenir un an de pause. Je me suis complètement remise en question. J'ai pensé à abandonner. Puis, progressivement, j'ai repris confiance en moi. J'ai écrit des articles, j'ai repris la rédaction de ma thèse, et curieusement je vaux quelque chose en tant que chercheuse, même si j'étais finalement parvenue à me persuader du contraire. Puis surtout, j'ai commencé à regarder autour de moi.
En sept ans, pas mal de collègues ont terminé leur thèse. Les hommes, eux, avaient tous un job, trouvé via le soutien de l'université, avant même d'avoir pu organiser leur défense. Ah, qu'on ne nous dise pas qu'il n'existe pas d'opportunités dans l'académique! Les femmes, elles, n'avaient un job que quand elles quittaient l'académique, et elles ne pouvaient compter que sur leurs propres contacts. Quand elles voulaient s'accrocher malgré tout, et bien...  Celles-là sont parties dans des galères impossibles, post-doc sur post-doc, expatriation, chômage, exploitation, dépressions, burn-out. Je peux vous dire qu'elles en ont bavé. Elles ont donné tout ce qu'elles avaient pour pouvoir percer. Mais elles étaient soit "trop agressives", "pas assez assertives", "pas assez charismatiques", "leur thèse était nulle", pour ne citer que quelques uns des justificatifs de leur long chemin du rejet. Et s'il s'avérait qu'elles osaient faire un bébé dans le processus, je ne vous raconte même pas le décuplement de la galère. Evidemment ce n'était jamais officiellement parce qu'elles étaient des femmes. Mais j'imagine qu'on ne dit pas à un homme qu'il a une approche trop agressive. On se dit qu'il est ambitieux. 
Ce n'est pas que les opportunités n'existent pas. En sept ans, deux postes se sont libérés dans la faculté. Même si la majorité des candidats étaient des femmes, ce sont des hommes qui l'ont emporté. Mais il y a quand même deux femmes en sept ans qui sont devenues profs! Sauf que leur poste est à l'étranger, pas en Belgique. 
C'en est tellement flagrant que c'en est caricatural.
J'ai vu circuler sur internet que 68% des Européens ne pensaient pas que les femmes soient capables d'être des scientifiques de haut niveau. Capacités intellectuelles ou capacités émotionnelles? Moi je pense qu'il est normal qu'on finisse par craquer quand la galère est tellement disproportionnée en fonction de son genre.
Ceci dit, j'ai insisté pour qu'il y ait au moins une femme dans mon jury de thèse. Ce n'est pas évident, mais on l'a trouvée. Le commentaire qu'on m'a balancé sur elle? Heureusement qu'elle a un mari qui s'occupe des enfants. 
C'est pas gagné, je vous dis.

Wednesday, October 07, 2015

Mais restons positifs, voulez-vous...

Aujourd'hui est un jour exceptionnel: pour la première fois depuis des semaines je n'ai pas mal à l'estomac, pas mal au dos, pas mal aux jambes, en fait je n'ai mal nulle part. Et dites donc, on voit la vie complètement différemment quand on n'est pas constamment en train de taire une douleur. Bref, j'ai fait de la cuisine, de grandes promenades avec les chiens, j'ai écrit full pages de thèse, j'ai mangé avec mes parents, et maintenant je vous update le blog avec quelques photos.

1. Knacki et Salami, en mode classique: Knacki se dore la pilule au soleil, et Salami se pose au dessus, juste par principe.
2. J'ai acheté du minkee. Plein de minkee. Maintenant il ne me reste plus qu'à trouver une généreuse âme qui me prête une surjeteuse le temps d'un week-end pour que je couse tout ça.
 3. J'ai investi dans une laisse à double embout. J'ai un de ces succès avec ça...( C'est Fourchette sur la photo!)
 4. Ma mère a eu 60 ans! Félicitez-la chaudement les amis! (Balyballon a fait ce beau bouquet)
 5. Une photo de Salami pour la forme, et d'un panier qui a vécu 24 heures

 6. Knacki n'a pas eu une miette de pizza, malgré son anticipation enthousiaste.
Oui, que voulez-vous, ça parle de chiens, mais c'est la fin de thèse qui le justifie.

Tuesday, October 06, 2015

Et comment va ta thèse?

Me demanderez-vous après 15 jours de silence.
Et bien, il y a du positif et du négatif. Le positif, c'est que c'est moins difficile que ce que je pensais. Je sais ce que je veux écrire dans ma conclusion, j'y travaille chaque jour et je me rapproche toujours un petit peu plus près de la fin, même si c'est lentement. Maintenant je domine complètement ma thèse et je sais où je veux l'amener, il faut juste le faire. Ça, c'est le positif.
Le côté négatif c'est que j'en ai marre. Mais alors là qu'est-ce que j'en ai marre! J'ai envie de tout balancer par la fenêtre et abandonner, ce qui serait vraiment con vu à quel point je suis proche du but. C'est le kilomètre 19 des 20km de Bruxelles, celui qui suit la montée de l'avenue de Tervuren et qui semble particulièrement long... et pour cause, en vrai il faut 1,2km ce vieux tortionnaire. Et comme à ce stade-ci il est difficile de dissocier la thèse de tout le reste, et bien j'en ai marre du reste aussi. 
D'abord, j'en ai marre des problèmes de santé. Je vais faire court parce que personne n'a vraiment envie de m'entendre me plaindre là-dessus, mais depuis avril je suis dans un inconfort permanent. A chaque fois le problème est différent, parfois plus grand et parfois moins grand, mais j'ai toujours mal quelque part sans savoir vraiment pourquoi et jusque quand ça va durer. Il y a des jours où je pète vraiment un câble, à devoir constamment me persuader du "c'est ton estomac, c'est le stress et tu ne vas pas crever", même quand j'ai le ventre en feu, les jambes qui lancent, une migraine de trois jours ou les symptômes d'une crise cardiaque qui s'étale sur deux semaines ("c'est l'estomac Bibil, c'est l'estomac"). Alors oui, je suis d'accord avec le fait qu'une fois que j'aurai rendu ma thèse il y a des problèmes qui vont disparaitre, et qu'il faut laisser le temps au temps, et que rien de tout cela n'est mortel, que l'impact du psychologique sur le physique n'est pas négligeable. Mais ça ne m'empêche pas d'en avoir vraiment ma claque.
Ensuite, et ça ce n'est pas très surprenant, j'en ai marre d'écrire ma thèse. J'en envie de pouvoir récupérer ma vie d'avant: mes weekends, ma vie sociale, mon énergie, des conversations normales, des blagues nulles, inviter des gens chez moi, ce genre de choses. Mais pour l'instant je suis crevée, et même quand j'ai du temps libre je le passe à me traîner parce que je n'ai l'énergie de rien faire. Je dors entre 10 et 12 heures par nuit et j'ai l'impression de ramer pour tout ce que je fais. Ce qui est paradoxal, puisque comme je l'ai dit, en fait c'est plus facile que ce que je pensais et au final je ne bosse pas tellement plus d'heures qu'avant. Mais quand on entame le dernier kilomètre, même en le marchant, et même quand c'est sur du plat, on quand même a tout le reste de la course dans les jambes.
Puis parfois je me surprends à comparer ma vie à celle des autres, ceux qui n'ont pas fait de thèse, qui à la place ont un job qui leur plait, un partenaire avec qui ils ne se disputent jamais, et parfois même des enfants faciles et mignons qui rigolent sur toutes les photos... Ceux qu'on ne fait pas chier aux réunions de famille à cause de leur horloge biologique et du "quand est-ce que tu trouves un vrai job?" ou du "en tous cas je t'admire d'être encore aux études à ton âge"... Enfin tous ceux qui semblent tellement plus heureux et épanouis que moi maintenant qui suis en train de vomir du texte sous la contrainte. Alors je sais bien que l'herbe est toujours plus verte chez le voisin, que les gens ne partagent de leur vie que ce qu'ils ont envie qu'on en voie, et qu'on ne gagne rien à se comparer aux autres, mais il n'empêche. Quand je rentre chez moi et que je me demande ce que je suis en train de faire de ma vie, d'où est passé le temps, puis que je me pose la question de savoir si je vais encore angoisser d'être seule ou que cette fois ça va aller, et bien j'en ai marre. 
En clair, il est vraiment temps que je rende cette p*tain de thèse, si vous voulez mon avis, que je range ce gros tas de papier anxiogène dans une case de ma bibliothèque et que je passe à autre chose.
Enfin, comme ça vous savez comment va ma thèse.  
Vous ne regrettez pas de l'avoir demandé, j'imagine.

Tuesday, September 22, 2015

Bon anniversaire, Blog!

Dites donc, le blog a dix ans...
DIX ANS!!!
Cela ne rajeunit personne. Moi-même, j'ai eu du mal à y croire, il me semblait qu'hier encore on fêtait ses 5 ans... Et bien non, voilà, le temps passe à une vitesse... Demain il aura 15 ans. Et un jour les blogs seront aussi vintage qu'une cassette VHS. Nos enfants se moqueront de nous et on passera pour des ploucs. Mais soit.
Il y a dix ans, j'avais 22 ans. J'allais passer une année à Londres pour faire un master. Ma vision de l'avenir se définissait en terme d'années académiques. En 2005, facebook n'existait pas, on n'avait pas de smartphones, et le web 2.0 était un concept novateur et encore peu maîtrisé. En clair, la technologie ne nous proposait pas grand chose. On avait MSN, skype avec des connexions pourries, des cartes prépayées pour appeler à l'étranger, et depuis quelques mois, les blogs. Et les blogs, c'était neuf, mais alors là super neuf. Peut-être que c'est à cela que celui-ci doit le jour: c'était la bonne plateforme qui est arrivée au bon moment.
Et le blog est né, donc. 
Je peux vous dire qu'à l'époque, j'étais une pionnière.
Si on m'avait dit, il y a dix ans, que je continuerais à blogger, je ne l'aurais pas cru. Je pensais que le blog s'arrêterait quand je rentrerais à Bruxelles. Puis quand facebook a débarqué, j'ai pensé que le blog allait naturellement lui céder sa place. Mais non, il est toujours là. Comme quoi. En même temps, si on m'avait dit il y a dix ans qu'en 2015 je serais toujours à l'université, puis que je m'étais mise à la cuisine, à la couture, que j'avais des teckels, que j'avais fait près de 3 ans de travaux de rénovation, et que non je n'avais toujours pas écrit mon roman, je ne l'aurais pas cru non plus. Mais là n'est pas la question.
En dix ans, le blog a beaucoup changé. Il fut un temps où il servait de forum à mes amis: les posts avaient pour vertu de les faire réagir, et c'étaient les commentaires qu'il fallait suivre plus que les posts en eux-même. D'ailleurs je n'étais pas la seule à avoir un blog, c'était un vrai phénomène. A l'époque des écrivains naissaient grâce à cela, et la tendance était au blog-to-book. Puis la mode est passée. La plupart des blogs de l'époque ont fermé. La célébrité sur internet se trouve ailleurs à présent. Mais moi, je suis toujours là. 
Maintenant je n'écris plus pour les autres. Certes, il y a quelques très fidèles qui lisent encore mon blog régulièrement et qui se plaignent que je ne le mette pas assez à jour. Il y a aussi ceux qui m'avouent, pleins de remords, qu'ils n'y sont plus allés depuis des mois. Et ceux qui me demandent, "ah bon, ton blog, il existe toujours?" Mais ce n'est pas grave, ce n'est pas le but du blog, parce que maintenant si je veux une gratification narcissique immédiate me permettant accessoirement de procrastiner ma vie, je vais sur facebook.
Alors pourquoi le blog? Me demanderez-vous. La réponse est simple. je tiens ce blog parce que j'aime écrire. J'aime pouvoir me mettre derrière mon ordinateur, prendre un peu de recul, réfléchir, et rédiger. J'aime documenter ma vie, créer des archives personnelles dans lesquelles je puisse replonger. J'aime aussi laisser une trace de mon passage. Un beau jour, une bonne dizaine d'années pré-blog, j'ai réalisé qu'on pouvait disparaitre à tout moment. J'ai réalisé que la mémoire était une faible chose, que les souvenirs s'effaçaient, et que si on ne laissait rien derrière soi on allait progressivement être oubliés. Cela m'avait dévastée à l'époque, et cela me frappe encore, de temps en temps.
Mais le blog, lui, il est là, et il peut témoigner de tous ces souvenirs. Et il a 10 ans. 
Bon anniversaire, blog. 
Puisses-tu être encore là dans dix ans. 
Contrairement à MSN. 
Paix à son âme.

Sunday, September 20, 2015

Faire un blocus

Faire un blocus à 20 ans et à 30 ans, ce n'est pas, mais alors là pas du tout pareil. Ambiance blocus du weekend: Alice (qui a repris les études) et moi (qui ne suis pas sortie des études), dans la salle à manger familiale, en tenues à la limite du pyjama, old-style... Sauf que...
1. Il faut faire avec les heures de sieste d'Eléonore.
2. Il faut résister à facebook (à l'époque on n'avait que MSN et ça n'avait aucun intérêt en dehors des heures de pointe).
3. Dans la to-do list urgente s'ajoute des trucs qui ne se trouvaient pas du tout dans celle d'il y a 10 ans. Comme, gérer les problèmes de plomberie de sa maison, emmener Knacki chez le véto, éduquer Salami ou s'occuper des cadeaux de mariage, naissance ou baptême.
4. On est super fatiguées. Mais le café nous fatigue encore plus, et depuis le temps on ne le digère plus, alors on est à la tisane. Et aux médicaments aussi: l'estomac, le foie et les yeux pour moi, les maux de tête pour Alice. Et les vitamines, cette fois, ce n'est pas parce que notre mère nous pousse à les prendre.
5. Bref, on ne se fait plus tout jeunes. A l'époque, je m'enchaînais 14 heures par jour sans souci et ça pouvait durer des semaines. Je dormais comme une masse. Les pires des maux de ventre étaient causés par l'alcool cheap et les frites de Jean-Lou. Ahlala ce n'était pas pareil.
Ceci dit, on avait aussi 3 mois de vacances en été.
Aaaaaah, des vacaaaaances.

Thursday, September 17, 2015

Le doute

Après les premières révisions arrive l'heure cruciale où on lit les commentaires de son promoteur qui disent: "où est ton interprétation?" et "analyse pas assez aboutie". L'heure où on se demande ce qu'on a fait de trop peu, s'il ne faut pas se taper un retour dans la théorie, approfondir encore, si près de la date de remise. Le moment où on se demande si on a vraiment le niveau pour faire une thèse, si ce qu'on fait n'est pas juste du journalisme informé, avec un semi-nappage de pseudo-théorie pour qu'on ne devine pas qu'on est un imposteur. Mes collègues appellent ce moment "le patchwork", là où on se rattrape à tout ce qu'on peut trouver dans la science pour potentiellement appuyer ce qu'on dit, et où on patchworke toutes ces idées ensemble dans l'espoir que ça passe. 
My God, je vais me faire démonter à ma défense, d'une force, mais d'une force...
Venir d'un diplôme d'histoire et passer en sciences sociales, en tentant d'auto-combler son manque théorique, c'est dur. Déjà, faire une thèse, quelle que soit la discipline, c'est difficile. Sur la fin, il y a un stade où la thèse devient tellement associée à sa vie que toute critique est prise comme un manquement personnel. Après six ans on a juste envie de rendre et peu importe si l'analyse n'est pas assez aboutie, de toutes façons on ne fera pas mieux, on n'en est pas capable, on n'est pas assez intelligent, on est nul, et de toutes façons on n'est pas fait pour l'académique et qu'est-ce qui nous a pris, d'abord, de commencer cette thèse. 
Les collègues appellent ça aussi "le syndrome de l'imposteur". On a tous l'impression qu'on n'a pas sa place là, mais si on fait suffisamment semblant, on pense qu'on parviendra à en persuader les autres - pour un petit temps, du moins. 
Et pour dépasser ça, ben, il faut s'y remettre, et essayer de ne pas se rendre malade et de ne trop s'en faire des insomnies. Bref, je suis de retour dans la littérature pour effacer cette "analyse pas assez aboutie" et trouver un truc correct qui ne soit pas trop du patchwork... 
Mais franchement, qu'est-ce qui m'a pris de commencer cette thèse?

Sunday, September 13, 2015

5 trucs que m'apprennent ces dernières semaines de thèse

1. Faire un blocus à 32 ans, ce n'est pas du tout pareil qu'en faire un à 22 ans.
2. Mes parents sont des gens patients. Très patients. 
3. C'est quoi ce mythe comme quoi on perd du poids en fin de thèse? A qui est-ce que c'est arrivé? (Non ne me dites pas, ça me déprimerait)
4. Oui, il est possible de terminer sa thèse sans café. Quand on le remplace par du gaviscon. 
5. Le meilleur conseil qu'on m'ait donné, c'est "une bonne thèse est une thèse terminée". Et aussi, "la thèse parfaite n'existe pas"...

Sinon, Knacki et Salami vous disent bonjour, ils sont en train de détruire des trucs chez mes parents, qui sont patients, très patients...

Thursday, September 03, 2015

La Fin est Proche

Repentissez-vous!
Il y a deux jours, j'ai rendu mon dernier chapitre de thèse (celui sur la France) à mon promoteur. Oui, je vous l'annonce comme ça, entre deux lignes. En vrai je l'ai déjà annoncé sur facebook au moment même et j'ai déjà plus de 60 likes, ce qui correspond à 2/3 des likes de l'annonce de naissance de Salami, et 1/2 de quand j'ai posté une simple photo de ma nièce sans raison particulière. 
Là, j'ai vraiment envie de finir. Je traine cette thèse comme un boulet depuis près de 6 ans maintenant, dont déjà deux sans financement. On a beau dire qu'on s'y fait, au final le stress s'accumule, ainsi que les incertitudes par rapport à mon avenir, les problèmes de santé se développent, on ne dort plus, on devient désagréable et on ne voit plus les gens... Alors qu'en même temps l'actualité déborde de sujets liés à mes questions de recherche et que maintenant n'a jamais été un meilleur moment pour trouver du boulot dans le domaine. Bref, il est temps d'en finir. Et cela tombe bien car c'est le plan.
J'ai rédigé ce dernier chapitre dans le temps record de deux mois, alors que j'avais passé plus d'un an sur le Royaume-Uni. Là je suis lancée, et pour pouvoir encore défendre ma thèse en décembre 2015, mon promoteur et moi avons décidé que je rendrais pour le 15 octobre... Il me reste un peu moins de six semaines pour tout corriger. Pour l'instant, je suis en train de réécrire mon chapitre sur l'Allemagne, et dites donc qu'est-ce que je dois en changer des trucs, tout réagencer, supprimer, modifier, et écrire toute une section que j'avais négligée - pour un truc que j'ai écrit en 2013 ça me parait très loin. Mais je suis motivée. 
Je n'ai pas vu cet été passer, tellement j'étais concentrée dans mon écriture. Je n'ai pas fait de confiture de pêches à la lavande, comme je l'avais voulu. Je n'ai pas fait d'orgies de moules. Je n'ai bu qu'un verre de Pimm's. Dans mon planning couture pour ma garde-robe d'été, je n'ai fait qu'un pantalon. J'ai du retard sur tous mes cadeaux de naissance depuis juin. Mon jardin est une jungle, mais je ne le remarque plus d'ailleurs, car je passe l'essentiel de mon temps chez mes parents à écrire. A la base l'excuse officielle c'est parce que Salami détruit tout et fait ses besoins partout. En vrai, c'est parce que je suis de nouveau en blocus. 
Ou en fin de thèse, si vous préférez.
Ceci dit, quand je vous annonce décembre... C'est là mon grand espoir, et je me focalise dessus, mais il y a une chance que cela ne convienne pas aux membres de mon jury. Donc update à suivre, décembre ou janvier, mais j'espère vraiment en avoir fini pour Noël et pouvoir en profiter pleinement...
Enfin, dans les deux cas de figure, le plus ironique est sans doute que je recevrai ma carte étudiant après avoir défendu ma thèse.

Sunday, August 23, 2015

Dans un mois, le blog aura dix ans

Hé oui, comme le temps passe, et comme nous ne nous faisons pas plus jeunes... Je vous prépare un post de type rétrospective, mais en attendant, sachez que cette possibilité vous est offerte à vous aussi! Si vous souhaitez revenir en arrière, vous concentrer sur une période particulière de ces dix dernières années, ou sur ces dix ans en général, n'hésitez pas à vous proposer pour un guest post!

Wednesday, August 12, 2015

Un peu de couture

Les sujets du blog étant relativement récurrents, après avoir fait un post sur la thèse puis un post sur les chiens, je vous fais un sujet couture. Hé oui, that's life.
1. Tout d'abord, j'ai terminé une robe! Projet oublié de la to-do list de l'année passée, commencée mais jamais terminée... Sauf que maintenant que je la termine, j'ai perdu deux tailles, et elle ne me va plus. (Il y a un artistique drapé de tissu excédentaire dans mon dos qu'on ne voit pas).
Il ne faut pas croire que je sois naturellement pâle comme ça, j'ai ajouté un filtre pour faire ressortir le rouge et planquer mes cernes...
2. Sinon, j'ai envahi la table de la salle à manger de mes parents afin de créer, tenez-vous bien, des articles pour une boutique en ligne Etsy... Que je devrais lancer mi-septembre, une fois que j'aurai cousu des articles, pondu un logo, et surtout trouvé un nom de boutique. D'ailleurs, n'hésitez pas à m'aider sur ce point-là, je cherche quelque chose de court, accrocheur, et qui passe bien en anglais. Du genre, "le Fil de Bibil" (trop francophone), "two little dachshunds" (trop compliqué, je ne sais même pas le prononcer), "Bibil and the Machine (à coudre)" (trop faute de copyright), enfin vous voyez. Pour l'instant, je peux vous dire qu'il y aura des produits pour bébé: bavoirs, des bavoirs bandana, du patchwork et des attaches-tutes... Comme point de départ en tous cas. Si ça ne se vend pas, au moins, je ne me casserai pas la figure: les taxes se font en fonction des ventes, et j'aurai du stock de cadeaux de naissance pour 2016...


(Le magazine Victor qui traine n'a rien à voir avec ma production, il est là pour un patron de veste, il ne faut pas croire que j'aille commercialiser le patron d'un autre: tout est de moi.)
3. Et finalement... Je me suis un peu lâchée pour le baptême de ma filleule Blanche! Qui pose fièrement pour mettre en valeur la chose...

Il y a donc un sac...
 Dans lequel se trouve multitude d'accessoires.
Vous pourrez identifier, entre autres: une couverture, un essuie brodé, un bavoir brodé, un bavoir "oiseau" (souvenir de mes débuts en couture), un attache-tute, une trousse de toilette, une pochette, deux tétras personnalisés, un bavoir bandana, et deux cubes d'éveil. Bref, un petit trousseau.



Et voilà! En théorie, si on suit le principe de la rotation des sujets du blog, le prochain post parlera soit de thèse, soit de travaux (ça fait longtemps ceci dit), soit encore de couture... La procrastination est ma motivation!