Tuesday, October 06, 2015

Et comment va ta thèse?

Me demanderez-vous après 15 jours de silence.
Et bien, il y a du positif et du négatif. Le positif, c'est que c'est moins difficile que ce que je pensais. Je sais ce que je veux écrire dans ma conclusion, j'y travaille chaque jour et je me rapproche toujours un petit peu plus près de la fin, même si c'est lentement. Maintenant je domine complètement ma thèse et je sais où je veux l'amener, il faut juste le faire. Ça, c'est le positif.
Le côté négatif c'est que j'en ai marre. Mais alors là qu'est-ce que j'en ai marre! J'ai envie de tout balancer par la fenêtre et abandonner, ce qui serait vraiment con vu à quel point je suis proche du but. C'est le kilomètre 19 des 20km de Bruxelles, celui qui suit la montée de l'avenue de Tervuren et qui semble particulièrement long... et pour cause, en vrai il faut 1,2km ce vieux tortionnaire. Et comme à ce stade-ci il est difficile de dissocier la thèse de tout le reste, et bien j'en ai marre du reste aussi. 
D'abord, j'en ai marre des problèmes de santé. Je vais faire court parce que personne n'a vraiment envie de m'entendre me plaindre là-dessus, mais depuis avril je suis dans un inconfort permanent. A chaque fois le problème est différent, parfois plus grand et parfois moins grand, mais j'ai toujours mal quelque part sans savoir vraiment pourquoi et jusque quand ça va durer. Il y a des jours où je pète vraiment un câble, à devoir constamment me persuader du "c'est ton estomac, c'est le stress et tu ne vas pas crever", même quand j'ai le ventre en feu, les jambes qui lancent, une migraine de trois jours ou les symptômes d'une crise cardiaque qui s'étale sur deux semaines ("c'est l'estomac Bibil, c'est l'estomac"). Alors oui, je suis d'accord avec le fait qu'une fois que j'aurai rendu ma thèse il y a des problèmes qui vont disparaitre, et qu'il faut laisser le temps au temps, et que rien de tout cela n'est mortel, que l'impact du psychologique sur le physique n'est pas négligeable. Mais ça ne m'empêche pas d'en avoir vraiment ma claque.
Ensuite, et ça ce n'est pas très surprenant, j'en ai marre d'écrire ma thèse. J'en envie de pouvoir récupérer ma vie d'avant: mes weekends, ma vie sociale, mon énergie, des conversations normales, des blagues nulles, inviter des gens chez moi, ce genre de choses. Mais pour l'instant je suis crevée, et même quand j'ai du temps libre je le passe à me traîner parce que je n'ai l'énergie de rien faire. Je dors entre 10 et 12 heures par nuit et j'ai l'impression de ramer pour tout ce que je fais. Ce qui est paradoxal, puisque comme je l'ai dit, en fait c'est plus facile que ce que je pensais et au final je ne bosse pas tellement plus d'heures qu'avant. Mais quand on entame le dernier kilomètre, même en le marchant, et même quand c'est sur du plat, on quand même a tout le reste de la course dans les jambes.
Puis parfois je me surprends à comparer ma vie à celle des autres, ceux qui n'ont pas fait de thèse, qui à la place ont un job qui leur plait, un partenaire avec qui ils ne se disputent jamais, et parfois même des enfants faciles et mignons qui rigolent sur toutes les photos... Ceux qu'on ne fait pas chier aux réunions de famille à cause de leur horloge biologique et du "quand est-ce que tu trouves un vrai job?" ou du "en tous cas je t'admire d'être encore aux études à ton âge"... Enfin tous ceux qui semblent tellement plus heureux et épanouis que moi maintenant qui suis en train de vomir du texte sous la contrainte. Alors je sais bien que l'herbe est toujours plus verte chez le voisin, que les gens ne partagent de leur vie que ce qu'ils ont envie qu'on en voie, et qu'on ne gagne rien à se comparer aux autres, mais il n'empêche. Quand je rentre chez moi et que je me demande ce que je suis en train de faire de ma vie, d'où est passé le temps, puis que je me pose la question de savoir si je vais encore angoisser d'être seule ou que cette fois ça va aller, et bien j'en ai marre. 
En clair, il est vraiment temps que je rende cette p*tain de thèse, si vous voulez mon avis, que je range ce gros tas de papier anxiogène dans une case de ma bibliothèque et que je passe à autre chose.
Enfin, comme ça vous savez comment va ma thèse.  
Vous ne regrettez pas de l'avoir demandé, j'imagine.

1 comment:

Seb said...

Allez, ca vaut le coup, il y a des opportunités dans l'académique: http://www.lesoir.be/1007932/article/soirmag/actu-soirmag/2015-10-05/star-du-porno-rocco-siffredi-ouvre-son-universite-du-hard

;-)