La semaine en bref

Je suis restée un peu calme sur ma vie privée ces derniers jours, j'avais peur de n'avoir qu'à me plaindre. Les rentrées sont toujours chaotiques, les imprévus nombreux, et personne n'est à l'abri d'une petite crise de panique... Surtout quand on a attrapé un petit virus. Mais maintenant tout s'est résolu et je suis bien contente de pouvoir parler de cette semaine au passé.
Tout d'abord, il faut que je vous annonce que Whittard, magasin de thé extrêmement réputé, fait des soldes exceptionnelles pour le moment. C'est carrément du -80%! Tout ce thé de Noël pour le prix d'un muffin! C'est beau, j'en pleurerais d'émotion... J'en ai profité pour acheter plein de trucs pour mes flatmates et pour vous aussi, fidèles lecteurs, qui allez être attentifs aux concours à cadeaux kitschs qui vont venir.
Hier nous avons eu un moment entre filles dans la cuisine, j'ai réuni mes 4 flatmates filles et nous avons bu du thé de Noël avec des biscuits au gingembre (merci Whittard). Toute la semaine d'ailleurs j'ai fait des thés et restos entre filles, souvent en tête à tête, pour qu'on se raconte nos vacances. Malheureusement pour ma ligne ce genre de moment inclu toujours quelque chose de gras. J'y suis allée à coup de crèpes, de cheesecake, de muffin, de vin chaud ou de gateau au chocolat:
Mais parlons plutôt de mes contrariétés de la semaine.
Lundi a commencé avec un bon mal de gorge, un rhume très chiant et une toux un peu inquiétante. J'ai dû attendre jusqu'hier pour mon health check, c'est-à-dire plus d'une semaine après l'apparition des symptômes, mais en attendant j'étais complètement guérie. La doctoresse n'y a pas trop fait attention: "Oh vous les Français, vous êtes hypocondriaques. Votre nez vous gratte et il vous faut des antibiotiques". (Ah mais ne venais-je pas de dire que j'étais Belge? Regarde tes dossiers).
Enfin elle m'a fait faire pipi dans une éprouvette au diamètre ridiculement étroit, une opération des plus périlleuses pour une femme si vous voulez mon avis. Ce sont les hommes qui ont le plus de mal paraît-il... Je pense que la question reste à débattre. Elle a passé en revue mon régime alimentaire et je ne mange pas assez de viande à son avis. Pas ma faute, c'est tellement pas bon ici, et puis c'est tellement cher... Ah mais il faut que je trouve des substituts, me dit-elle, et un moyen de manger plus de vitamines B aussi. S'il y a des végétariens parmi vous, que me conseillez-vous?
Soucis numéro deux et non des moindres: vous vous souvenez de mon cours poétiquement intitulé "Policy-making in the European Union"? Je vous avais dit que vous en entendriez encore parler!
Et bien ce n'est un secret pour personne mais j'ai du mal pour ce cours... Vraiment beaucoup de mal. Je ne comprends rien, je passe des heures sur mes readings à lire et relire les mêmes phrases, et le message ne passe toujours pas. Plein de concepts, plein de mots qui ne sont pas dans le dictionnaire. Est-ce plutôt une approche rationaliste ou constructiviste? Néo-fonctionaliste? Mais qu'est-ce que ça veut dire? Qu'en disent les comitologistes? Je n'ai jamais fait de sciences politiques et cela se sent.
Mercredi, cela n'allait plus du tout. En plus d'avoir passé la nuit à me moucher, je perdais un temps dingue sur un énième article, j'avais passé des jours dessus sans rien y comprendre. Chaque fois que j'essayais de lire autre chose, c'était pareil. Je me suis dit, il n'y a pas de raison pour que cela s'améliore. Il y a tellement de choses que je ne connais pas dans ce domaine, c'est comme si tout à coup on me demandait de faire de la physique quantique (no offense pour l'Assistant et Line). Panique. Larmes. Je n'allais pas y arriver.
J'ai envoyé un email de fin du monde à mon tuteur, lui disant qu'il fallait que je change d'option avant qu'il ne soit trop tard. C'était un peu délicat à formuler, puisque ce cours, c'est lui qui le donne; enfin, il comprennait tout-à-fait, on en a discuté, et il m'a proposé une série d'autres options qui m'intéresseraient peut-être un peu plus.
Le seul problème c'est que tous ces cours étaient déjà complets, hé oui depuis le mois d'octobre déjà, c'est dire. Je voulais faire un cours sur l'élargissement, c'était plein. Un cours sur les nationalismes, c'était plein. Un cours sur les conflits modernes, c'était plein. Découragement. J'étais prête à changer pour n'importe quelle option, j'aurais tout pris, la philosophie de Kant ou le régionalisme en Espagne. Tout, du moment que cela ne soit pas ce cours-là.
Puis hier, après deux jours de recherche infructueuses, j'ai enfin été acceptée dans un séminaire, pour mon deuxième choix en plus, alors même que mon cinquième choix venait de m'être refusé. Je suis fière de vous annoncer ma reconversion vers "Politics and government of Eastern Europe". Ce qui me rajoute un séminaire le vendredi après-midi, deux essays et une présentation, mais enfin ce sera toujours moins de temps perdu.
Lalalaaaa, la vie est belle, j'aime tous mes cours, il fait beau, je suis guérie, et mon tuteur a été super gentil avec moi pendant toute cette histoire. J'aurais pu avoir beaucoup moins de chance.
Il n'empêche qu'avec tout cela, je n'ai pris aucun cours qui m'explique comment fonctionne l'Union européenne. Un peu embarrassant, ais-je dis à mon tuteur, surtout si c'est avec l'Europe que je veux travailler plus tard.
"Sybille, you are going to be graduated from the LSE... Nobody is going to ask you what you know about the European Union", m'a-t-il répondu.
Sur ce, vous m'excuserez mais je m'en vais brûler les syllabi qui ne me serviront plus.