Thursday, February 16, 2012

Tapis de jeu

J'ai une fâcheuse tendance à m'enthousiasmer quand il se passe un grand événement dans la vie de mes potes. Un anniversaire? Un mariage? Une naissance? Une pendaison de crémaillère? Un test d'une recette de Jamie Oliver? Ma réaction va suivre une évolution graduelle:
1. Trop cool! Trop génial! C'est super!
2. Ah ben pour l'occasion je vais te faire un cadeau d'anthologie que tu pourras garder toute ta vie. Je vais refaire toute ta cuisine à mains nues.
4. Heu, enfin, si jamais je sais un jour comment le faire. Rho Bibil, faut rester réaliste, hein.
5. En attendant, je t'offre l'intégrale de Jamie Oliver.
Cependant, parfois, je ne m'accorde pas suffisamment de temps de réflexion entre la phase 2 et la phase 3. Et j'arrive avec des idées comme: un tablier fait avec des tissus symboliques, des projets de point de croix titanesques, des baby books et autres maniques ou vêtements pour enfants. J'ai comme ça trois ou quatre projets créatifs d'envergure dont la deadline de fabrication est longuement overdue (genre, février de l'année passée). Et j'ai donc une certaine fierté quand je mène l'un de ces projets à bien, et surtout, dans des délais de retard relativement raisonnables.
Ainsi, quand ma cousine A. m'a annoncée qu'elle attendait famille (et qu'elle allait possiblement l'appeler Sybille si jamais elle naissait en mars, mais à priori c'était quand même prévu pour janvier), je me suis emballée un truc de folie et je lui ai dit: "ah ben n'achète pas de tapis de jeu pour ton parc, je t'en fais un".
Oui.
Mais pour ma défense, j'étais persuadée de pouvoir le terminer avant de partir en terrain à Paris.
Enfin, au final, je n'avais que 10 jours de retard (le bébé étant lui-même né avec 10 jours de retard, donc ça fait 20 jours en tout). Et je suis fière de vous présenter ceci:
Avant
Playmat
Arrière
Playmat
Chaque case a sa petite histoire. J'ai récupéré des formes de scrapbooking pour faire les chiffres et j'ai essayé de les faire plus ou moins correspondre avec ce qu'il y avait sur la case: 1 fleur, 2 yeux, 3 flocons, 4 triangles, 5 pâtisseries au point de croix, 6 rayures, 7 étoiles, 8 lichettes, 9 boutons, et 0 rien du tout, mais j'en ai fait une poche du coup. Et aussi un !, un ?, un & et un @. Je remercie Delphine de m'avoir prêté sa machine à broder pour réaliser certaines formes, le reste a été fait en appliqué ou brodé main. Le but était d'avoir un maximum de tissus différents, on a même du tissus qui crisse en dessous du !.
Coton:
Playmat
Essuie:
Playmat
Point de croix:
Playmat
Mais aussi différentes sortes de velours et variations autour du coton. Maman reconnaitra les tissus à pois qu'elle m'a offerts, et Guillaume les tissus champignons que j'ai achetés avec lui (il était là de son plein gré, si vous vous demandez). Et Sophie, j'ai le malheur de t'informer qu'un incident malheureux d'encre a ruiné l'essuie-main cupcake que tu m'avais offert, alors je l'ai récupéré sur la case 7.Tu ne m'en voudras pas de lui avoir ainsi insufflé une seconde vie...
Il y a eu un instant de drame lorsque j'ai réalisé que je n'avais pas les pieds adéquats pour faire du quilting (l'aiguille n'arrêtait pas de se bloquer dans la doublure en polyester). Pour info c'est dans ma wish list, et ma machine est une PFAFF ClassicStyle Fashion, achetée chez Espace Machines à Coudres Chaussée de Wavre, et mon annif est mi-mars (voilà, ça, c'est dit). Bref, heureusement que je me suis souvenue des bons conseils de mon autre cousine M., et j'ai pris une couverture en polar à la place, double couche, bien confort bien chaud.
Playmat
Playmat
La bordure c'est pas encore ça, mais je sais comment le faire correctement maintenant.
Playmat
Et voilà le résultat dans le parc! La réaction des jeunes parents a été éminemment positive, avec quand même une mention que c'était moins kitsch que ce à quoi je les avais habitués (vous avez vu hein, je me suis modérée).
Et le modèle est entièrement inventé par moi-même.
Par contre pour la suite je m'inspirerai de modèles que d'autres personnes ont déjà testés, ça sera sans doute plus sage...

Tuesday, February 14, 2012

J'ai un plan Saint Valentin

A 18h45, je vous en dis plus. Stay tuned. Je crée du suspense et ça me plait.
(Indice: ce n'est pas forcément ce que vous pensez).
...
Bon allez je lâche le morceau.
Ce soir je vais manger un menu de Saint Valentin kitsch chez des personnes que j'aime d'amour vrai (et pas seulement à cause de ma gourmandise), et pour qui j'ai fait ce marque-page un peu kitschoune lui aussi:
 C'est la Saint Valentin, j'ai le droit.

Monday, February 13, 2012

Paris, c'est fini...

Et oui, me voici arrivée au terme de mon aventure parisienne, je suis à présent partie me reposer sur une île déserte avec du soleil, des cocotiers et du jus de pamplemousse, pour étrenner mon nouveau bikini révélant un corps parfait et un bronzage que l'hiver n'a jamais su entacher. 
Not.
En clair, je suis au bureau à Bruxelles, et j'attends depuis ce matin que dropbox parvienne à me télécharger tous les documents que j'ai créés quand j'étais à Paris, sans quoi je ne sais pas travailler. 
Un petit bilan de Paris en attendant? Pour ma thèse, je dirais très positif. J'ai fais plus de trente entretiens, j'ai rencontré plein de gens intéressants, pu accéder à moultes documents, et j'ai pu discuter de points théoriques sensibles de ma thèse avec des professeurs hyper calés en la matière. C'était pas gagné au début, professionnellement comme socialement parlant, mais je dois dire que je me suis bien rattrapée de ce point de vue-là. 
Sinon, je dois aussi remercier mes amis expats à Paris, qui se sont assurés que ma vie sociale ne soit jamais déficiente, m'ont fait découvrir la ville, et m'ont fourni un canapé-lit quand la situation l'exigeait. Sans eux j'aurais été une loque asociale et déprimée. (Loque qui est un belgicisme, ceci dit). Et la Maison des Belges était très sympa aussi, je suis assez heureuse d'être passée par là.
Je ne cache pas qu'il s'est agit d'un terrain difficile. Mes répondants n'acceptaient de me parler que si j'avais été recommandée par quelqu'un. Et pour qu'une personne vous recommande, il faut que quelqu'un d'autre vous ait recommandée à elle. Heureusement que le nom de mon promoteur (on dit "directeur de thèse" là bas) m'a ouvert les premières portes; mais les suivantes ont malgré tout mis jusqu'à janvier pour s'ouvrir.
Fondamentalement, j'avoue que Paris et moi on n'est pas devenus close friends sur facebook. Je n'ai pas accroché. On pourrait dire que c'est parce que les Parisiens sont froids, désagréables, individualistes, qu'au travail les gens se tuent à la tâche et se tirent des balles dans le dos, que la ville n'a pas d'espaces verts, que la vie y est chère pour une qualité moindre, qu'on y voit de la misère partout, et que les gens y regardent la Belgique d'un air condescendant. Tout cela a été assez fortement ressenti. Mais je conçois malgré tout que certaines personnes y trouvent leur bonheur. Pour moi, c'est aussi parce que ce n'est pas Londres, et qu'après avoir tant aimé une ville, toutes les autres sont pâles en comparaison. Et clairement, on a une meilleure qualité de vie à Bruxelles; même les Parisiens étaient d'accord de le dire.
Et puis bon, à force de se déraciner de sa routine comme ça, on finit par regarder sa vie d'un œil extérieur et à la remettre en question. Est-ce qu'on est heureux? Comment va-t-on vieillir? Qu'est-ce qui a de l'importance? Et toutes les questions connexes qui tiennent éveillés, ou à l'occasion provoquent des sympathiques crises d'angoisses existentialistes.
Enfin, le résumé c'est que je suis bien heureuse d'être de retour au plat pays, même sous cette météo peu encourageante, et même si je dois présenter l'état d'avancement de ma thèse ce vendredi. Je ne vous dis pas comme j'étais contente en retrouvant mon lit et mon Delhaize local. Même si le prix des fleurs aujourd'hui était très similaire au niveau parisien, on se demande bien pourquoi. 
Maintenant, le challenge va être d'arrêter le café. 
...
Mmmmh...
...
Non Bibil, la tentation c'est bien, mais la meilleure façon de s'en délivrer n'est pas d'y céder. (La palme littéraire à qui sait reconnaitre l'origine de cette citation)

Wednesday, February 08, 2012

Zoe Shephard, Ab-so-lu-ment débordée!

Zoe Shephard est fonctionnaire. D'emblée, ça donne déjà un certain ton. Elle est administratrice territoriale pour être plus précise, et pour ce faire elle a dû passer des concours prestigieux, culmination d'années d'études dont le seul but était de lui permettre d'être sélectionnée...
Et puis bon, elle se retrouve
Là, c'est le service communal d'une mairie de province. Dans une équipe composée de The Boss (le boss, donc), l'Intrigante (celle qui veut prendre la place du boss), Coconne (la secrétaire qui faxe les documents du mauvais côté, ou qui sort des expressions comme "sortir de la cuisine de Jupiter"), Le Bizut (le nouveau), et en interaction constante avec le Gang des Chiotards (le cabinet du maire), Simplet, Fred-les-mains-baladeuses, et autres surnoms délicieux. Un monde désespérant où être le cousin du maire ou la maîtresse du DRH permet un avancement certain, et où les "compétences requises" sont un vague mot sur un CV...
Je dois vous avouer que j'ai bien ri.
J'ai bien ri d'abord parce que c'est drôle, parce que l'auteur a un style d'écriture facile et ironique en même temps, et qu'elle ne rigole jamais de ses propres blagues. Ensuite parce qu'il y a là quelque chose d'intrinsèque au monde du travail en général. Les réunions de service, les drinks de départ, les cadeaux pourris aux hôtes étrangers, les menus de la cantine, les longueurs administratives, tout est là. Tout le monde peut s'y reconnaître d'une certaine façon. Le passage de l'auditeur, le changement de patron, les team buildings pas du tout fondateurs, les projets "poubelle"... 
Enfin, un bon moment de lecture, même si j'avoue que la fin m'a laissée sur ma faim (oh! hoho!) (oui je ris de ma propre blague, c'est pas permis peut-être?).
Bref. Zoé Shephard est fonctionnaire.

Tuesday, February 07, 2012

Ça ne fait que la cinquième fois cette année

Sophie est en train de faire la vaisselle préventivement parce qu'on sait tous qu'elle aura la fève.

Friday, February 03, 2012

Je vous présente Paul "Emploi" le Poulpe

Paul "Emploi" le Poulpe
A la base, il était dans la vitrine d'un magasin. Un magasin pour enfants qui se trouve dans la rue de mon boulot, pour être plus précise. Cela voulait dire que je passais devant tous les jours. Tous les jours, je regardais furtivement ce poulpe qui me regardait de retour d'un air familier, ses tentacules toujours arrangées différemment, un peu comme pour me signaler toutes ses potentialités de cadeau de naissance.
Puis il est parti.
Puis un autre est arrivé.
Puis l'autre est parti.
Puis le suivant est arrivé.
J'ai entendu dire que c'était le dernier du stock.
Alors bon. Il a fallu. Il était là. Il m'appelait. Il y avait le nom de quelqu'un dont je ne connais pas encore le nom mais qui est prévu pour les prochains mois dessus.
(Ah! Si j'ai des lectrices enceintes, elles peuvent officiellement commencer à craindre).
Enfin, le résultat est que mes colocs de la Maison des Belges m'ont vue, un soir, revenir du travail avec un papier cadeau et des tentacules qui dépassaient. Le paquet cadeau n'a pas fait long feu, le poulpe a été définitivement adopté. On a débattu du prénom. Quelqu'un voulait l'appeler Hector, mais je n'étais pas d'accord, Hector c'était un nom de poulet. S'il fallait un nom de poulpe, autant l'appeler Paul. Puis quelqu'un a eu la brillante idée d'ajouter une touche française et de l'appeler Paul Emploi. Paul "Emploi" le Poulpe, donc, est maintenant une sorte de mascotte. Des photos ont été prises, ils circule sur facebook, il n'a pas encore sa propre page mais c'est limite.

Ca va être très dur de m'en séparer le jour où il devra faire le bonheur d'un bébé. Ce dernier commencera sans doute par en avoir peur, au vu de ses yeux qui doivent faire approximativement la taille du corps d'un nouveau-né. Puis au fil du temps il l'adoptera comme doudou, un doudou qui fait approximativement la taille d'une valise, super pratique pour les vacances, merci Bibil. Donc finalement je ne rendrai pas service, autant que je le garde pour moi. Mmmh. On verra :-)
Paul "Emploi" le Poulpe