Wednesday, May 25, 2016

Un sac pour Adèle


Dans notre société contemporaine, nous pouvons faire deux observations pertinentes:
1. Coudre des sacs comme celui que vous voyez là, c'est le bad à mort. Cela implique une tirette, du passepoil, la maîtrise de certaines proportions, de la couture sur beaucoup d'épaisseurs différentes et beaucoup de prise de tête. Et en plus, ça prend un temps bête. C'est pourquoi je ne le fais jamais.
2. Certaines personnes sont très spécifiques quant à ce qui leur ferait plaisir, et sont aussi très insistantes.
Par exemple, mon amie S. qui, non contente d'insister à fond sur le fait que cela lui ferait teeeeeeellement plaisir d'avoir ce sac, que le patchwork elle s'en fout, que c'est le seul cadeau de naissance qu'elle me demandera jamais, et que oui elle savait que je n'aimais pas faire ça et que je lui avais déjà dit non, mais ce sac sa fille pourrait le garder toute sa vie, etc etc. Et d'ailleurs elle avait déjà le tissu, qui bien sûr n'était pas du tout un tissu adapté pour faire un sac, et d'une couleur rose pâle très fade, mais soit. 
Bref, c'est bien pour une fois. N'importe qui d'autre me demande un sac week-end, je l'envoie chier, je le préviens. (Ou je l'envoie chez Astrid qui en fait des magnifiques et qui sont de bien meilleure qualité que ce que je pourrais jamais faire).
Donc, j'ai fait comme pour toute chose que je n'aime pas particulièrement faire: j'ai procrastiné, jusqu'à ce que je commence à avoir des entretiens d'embauche et que je me dise, autant mettre ça derrière moi tant que j'ai encore le temps de le faire. Et puis je dois dire que de façon sporadique (disons, toutes les deux semaines), ladite amie me rappelait que bon d'accord j'avais ma fin de thèse, mes cours de néerlandais et mes candidatures, mais il y avaient quand même des enfants qui étaient nés après le sien qui recevaient des patchworks, et que d'ailleurs cela fait six mois qu'elle balade les affaires de sa fille dans un sac Ikea. 
Je me suis un peu cassée la tête sur les associations de couleurs et sur le patron (que j'ai fini par faire moi-même, on n'est jamais mieux servi que par soi-même), puis j'ai associé son tissu rose pâle avec du jeans et un autre rose un peu plus peps, et cela donne ceci.

Un zoom sur les détails



Avec un passepoil parfaitement inséré grâce au conseil d'Astrid de Cousu Main: utiliser un pied pour tirette invisible pour le placer. Le tissu rose pâle est une housse de couette de chez prémaman; le jeans vient de chez Megaware; et la lanière et le passepoil de chez Véritas.  
Mais oh! Vous avez vu? Une poche passepoilée à l'intérieur!


Mazette! Et un bavoir assorti avec les chutes de tissu! (Mais vous savez depuis longtemps où faire customiser les vôtres, je n'ai plus à vous le dire)


Enfin voilà une bonne chose de faite! Et tiens, vous avez vu la photo suivante? Vous pensez à la même chose que moi?


Il y en a qui y ont pensé, en tous cas...

Tuesday, May 17, 2016

Le cycle de l'attente d'un entretien d'embauche

Jeudi, j'ai un entretien d'embauche. Et comme à chaque fois, avant un entretien d'embauche, je me mets dans des états pas possibles. Peu importe la fréquence des entretiens, l'importance du job et mes compétences pour l'exercer. A chaque fois, c'est le même cycle de stress qui se répète.

1. La réalisation
"Aaaaaaah mais dites, c'est dans moins de 48 heures ce truc! Nom de nom, ça me semblait tellement loin, et maintenant, là, ça me semble tellement proche..."

2. Le vent de panique
"Ils vont se rendre compte que je suis un imposteur, que je n'ai pas les compétences pour le poste, qu'ils sont juste en train de perdre leur temps, je vais me faire humilier, rire au nez, rejeter, traîner par terre, les goudrons et les plumes, aaaaah mais quelle angoisse!"

3. La préparation frénétique
A savoir, la seule partie du processus qui est légèrement constructive, sauf que quand on panique trop laisse tomber qu'on retienne, par exemple, des formules mathématiques. Puis on n'est jamais totalement prêt, puisqu'on ne sait pas à quoi s'attendre, et on ne sait pas quoi faire de plus, mais on se dit qu'il y aurait encore sans doute quelque chose à faire, qu'on devrait pousser plus loin, et qu'est-ce qu'on fout à glander, là. Et on repanique un petit peu.

4. La tentative de raisonnement
"Attends Sybille, tu es déjà passée par bien pire. La peur d'un événement est toujours pire que l'événement en question. Quel est le pire qu'il puisse t'arriver? De toutes façons ces gens tu ne les connais pas, et si tu n'as pas ce job et bien c'est qu'il n'était pas fait pour toi, il y aura d'autres entretiens qui suivront, et l'essentiel est que tu aies l'air à l'aise parce que si tu es stressée c'est ça qui te mettra dedans, et blablabla. Et te mettre dans des états pareils, tu vas juste te pourrir la santé."

5. L'overconfiance
"Bon Sybille, tu n'as pas un si mauvais CV quand même, et comparé aux autres candidats (qu'évidemment je n'ai jamais rencontrés), je suis sûre que tu te compares, et bon on ne s'attend pas à ce que tu excelles dans tous les domaines demandés, si tu parviens à te vendre il y a quand même moyen." 

6. Le déni
L'oubli temporaire de l'imminence de l'événement anxiogène par l'occupation de son temps et de son attention à une tâche triviale. Comme par exemple updater le blog.

La fin de la boucle: la fustigation devant tant de naïveté et retour au stade numéro 1.

Puis, quelque part dans le processus, je vais sortir l'homéopathie, puis quand ce ne sera plus assez, la phytothérapie, et déjà ça c'est limite un peu trop pour moi, alors je vais stresser d'avoir pris trop de trucs qui m'empêcheront de penser correctement.
Et évidemment, après l'entretien, je vais mâcher et remâcher dans ma tête tout ce que j'ai dit de travers, tout ce qui m'a enfoncée, tout ces petits moments d'humiliation larvés... Et enfin, seulement après, mais pas tout de suite, je vais progressivement relâcher la pression. Genre, deux jours après. Oui, mais seulement jusqu'à ce que je me souvienne de cet article sur internet (ne jamais lire internet!) qui disait que la plupart des maladies ou accidents cardiaques n'arrivent pas au moment du stress, mais quand on se relâche après le stress, alors du coup je vais me blâmer de m'être mise dans des états pareils pour un simple entretien, puisque bon, au final, tout ça pour ça. 
Puis de me demander combien de fois je peux répéter l'expérience parce que sérieusement, c'est usant.  
Surtout qu'à la base, j'avais postulé à ce job en me disant que dans ce domaine-là, les enjeux étaient moins élevés, et donc que dans l'hypothèse très improbable où je passais les multiples tests de sélection et que je me retrouvais à l'interview, et bien, je ne serais pas trop stressée.
TU. PARLES.
Enfin qui ne tente rien n'a rien.
(Mais qui tente, parfois n'a rien non plus au final, remarquez).

Wednesday, May 11, 2016

Patchwork!

J'interromps cette série spéciale consacrée à la thèse pour vous parler de couture... Car un de mes premiers projets post-thèse a en effet été la réalisation d'un gigantesque patchwork! Gigantesque, car voici la taille une fois la bête terminée...
(Oui, j'ai des vêtements sur cette photo, il ne faut pas croire). 
Je me suis inspirée d'un motif de point de croix pour créer cette énorme initiale pixelisée pour une petite Garance! Les tissus m'ont gracieusement été offerts par Karakol (sauf les tissus unis qui venaient de mon stock). C'est un chouette magasin spécialisé dans le patchwork où vous pourrez non seulement trouver des tonnes de tissus très colorés (voire flash si c'est votre goût!), mais aussi des cours et des ateliers de patchwork. Sophie, la fondatrice du magasin, est une passionnée de patchwork et ne manquera pas de vous donner tous les conseils et sources d'inspiration dont vous aurez besoin. De quoi vous aider à réaliser ceci: 
Et de vous donner non seulement sur l'assemblage du patchwork, mais aussi sur le piqué libre! Pour info, ce motif de piqué libre, que j'utilise quand même très souvent (parce qu'il pardonne toutes les imperfections) s'appelle le McTavishing, vous pouvez trouver un tutoriel ici par exemple
Et ce qui est bien, c'est qu'avec les chutes... On peut continuer à faire du patchwork en cousant des accessoires coordonnés! Ouiiiii! Et quand on pense que les chutes sont trop petites, et bien non, il ne faut pas les jeter, car il y a encore moyen... A l'infini... Aaaaah, le patchwork, ce monde magique du zero waste, c'est formidable. (Mais il y a un moment où on commence à bien se prendre la tête quand même). 
Sophie me fait l'honneur d'exposer ce patchwork dans son magasin, Karakol, avenue du Duc Jean 18 à Ganshoren (parking très facile), pendant quelques jours. Si vous voulez le voir de près, c'est l'occasion!
Et n'oubliez pas que j'ai plein de bavoirs similaires sur ma boutique Etsy...
A bientôt!

Monday, May 09, 2016

Un peu de homemade

Et oui! Cela faisait longtemps! Mais j'ai quand même tenu à terminer ma thèse sur une touche créative faite main...
Tout d'abord, j'ai brodé trente essuies pour mes collègues (on dit des serviettes en France, je sais). J'ai un peu personnalisé la chose sur le thème de la thèse, avec par exemple:
En somme, des phrases que les doctorants ont entendu au moins une fois dans leur thèse! (et parfois beaucoup plus). Avec en plus: "tu cherches... et tu trouves?" ou encore "et ton mémoire, là... Bientôt fini?" Ou davantage: "mais qu'est-ce qui te prend tellement de temps?" Pour que mes collègues puissent se culpabiliser de procrastiner l'écriture de leur thèse en faisant la vaisselle.
Puis, comme il s'agissait d'une naissance, j'ai fait des dragées... Théo a eu la gentillesse de mettre à ma disposition sa scancut pro pour couper des centaines de petits teckels, et de m'aider pendant la confection des boites!



A a fête de fin de thèse, les invités ont pu repartir avec leur petite boite de dragées... 
Bref, une naissance dans les règles de l'art! Mais j'admire beaucoup les jeunes parents au bout de leur vie qui se retrouvent à faire des collages et à répartir des dragées dans des boites pendant des heures. Enfin au moins il n'en restait plus après la fête, il y a eu quelques dizaines d'heureux qui ont récupéré les teckels et les ont recollés quelque part dans leur maison...

Thursday, May 05, 2016

Les photos officieuses

Et enfin, voici quelques photos un petit peu plus officieuses de la défense... Qui vous montre les coulisses de ces longues deux heures où certains sont restés concentrés, et certains un peu moins... Pour vous déculpabiliser, sachez qu'il s'agit de la première défense de thèse que je parviens à suivre jusqu'au bout, et encore, parfois c'était difficile!
Pour commencer, un petit aperçu du Powerpoint, pour remercier Alice qui a fait ce beau smartart, Guillaume qui a fait le layout, et Valentine qui s'est assurée de la cohérence graphique.
 Ici, quelques amis docteurs et doctorants qui écoutent avec attention...
 Et des moins docteurs qui se prennent des fous rires
 Illustration: remarquez donc sur cette photo les deux amis docteurs et les deux autres...

Pour leur défense, il y avait un groupe What's App créé pour l'occasion qui a donné l'occasion au public de commenter en live l'événement, et heureusement que je n'ai pas regardé mon smartphone car sinon je ne serais pas parvenue à terminer le show tout en gardant mon sérieux!
Car je vous le dis, oui, un smartphone est nécessaire pour assister à une défense de thèse. Regardez Delphine qui n'avait pas de smartphone, et qui a pris des photos de ceci:
 Pendant que d'autres, et bien...




De temps en temps, il y avait des questions vaches qui étaient posées, il y en avait qui n'auraient pas voulu être à ma place...
 Oh! Une retardataire... C'était discret.
 Et une soeur qui est super fière et qui filme! (La vidéo du post précédent, je pense)
 Puisque voilà la fin du combat et la consécration tant attendue!
Ensuite, il y a eu un buffet. Mmmmmh, buffet. Mon père avait brassé une bière artisanale qu'il avait appelée la Fräulein Doktor, et ma mère s'était chargée de toutes ces petites choses...



 Qui ont été très appréciées!
Et enfin, mes collègues m'ont offert un t-shirt de circonstance, et surtout un très beau mannequin de couture! Dont vous entendrez encore parler à mon avis...
Et bien voici qui clôture ce reportage photographique sur ma défense de thèse... Mais je vous réserve un post qui clôturera adéquatement cette période de ma vie! En attendant profitez bien de votre long week-end! Pour ma part il sera passé à ne pas travailler à ma thèse, dites donc ça change pour une fois... (Et ça ne me manque pas vraiment, pour tout vous avouer)

Tuesday, May 03, 2016

Remerciements

Comme il l'est de coutume, j'ai effectué quelques remerciements à la fin de ma défense de thèse... J'ai fait bref, prévoyant quelques défaillances émotionnelles (qui finalement ne sont pas venues, n'en déplaise à mes collègues qui avaient fait des paris sur à quel moment je craquerais). Mais voici, en résumé, ce que j'ai dit... J'ai abrégé ou enlevé des noms pour respecter quand même un semblant d'anonymat mais les personnes intéressées se reconnaîtront!
Ceci fera donc taire les rumeurs selon lesquelles j'allais remercier mes chiens, ma machine à coudre et mon four à vapeur, qui m'ont été utiles dans la procrastination, mais qui hélas sont peu réceptifs aux compliments...

"Je suis assez contente de voir la fin de six ans et demi de travail. Je m’étais engagée peut-être un peu naïvement dans cette thèse, sur base du fait que j’avais déjà écrit trois mémoires, et qu’est-ce qu’une thèse sinon un très gros mémoire…
Heureusement mon promoteur A. était un petit peu plus réaliste que moi et m’a permis de recadrer mes ambitions. Je pense qu’il a parfois été un peu désespéré par ma propension à écrire des tartines, surtout des tartines en anglais, et à ma résistance aux théories des politiques publiques qu’il affectionne tellement et que j’affectionne tellement peu. Mais au final, nous y sommes parvenus, et c’est grâce à ses questions répétées sur « c’est quoi ta thèse », « quelle est ton analyse » et « quel est le lien avec ton cadre théorique ».
Je remercie également [mon jury]. Je suis très reconnaissante du temps qu’ils m’ont donné et de leur disponibilité et ce dès le début de la thèse.
Je voudrais aussi mentionner mes généreux bienfaiteurs, [organismes financiers], pour avoir financé ma recherche.
Comme je l’ai dit, cette thèse était basée sur 105 entretiens, et ces entretiens il a fallu les retranscrire. Je remercie tous ceux qui m’ont aidés dans cette tâche, souvent bénévolement, spécialement Line, Chantal, et [quelques Merris]. Je remercie aussi ceux qui ont relu cette thèse, de nouveau les Merriman, mais aussi Yi-Pei et Andrew. Enfin, je suis reconnaissante du soutien que j’ai reçu dans l’organisation de ma défense de thèse, spécialement de la part de ma famille pour le powerpoint que vous avez vu, et pour le buffet que vous allez voir.
Viennent mes remerciements à mes collègues et amis du [centre de recherche]. Comme je suis restée au Germe presque huit ans, j’ai pu voir beaucoup de monde passer et donc il serait trop long de tous les citer.
Pour finir, je voudrais remercier mes parents, qui m’ont toujours soutenue dans la rédaction de cette thèse, ainsi que dans mes études en général. Il est vrai que j’ai joué les prolongations. Ils étaient sur le point d'appeler Super Nanny sur le thème, "Ma fille adulte est retournée en adolescence, qui puis-je faire?".
Mais la thèse c’est maintenant terminé. Je vais regretter les moments où je pouvais encore utiliser l'excuse « je ne peux pas, j’ai thèse ». Mais il parait que oui, il existe une vie après la thèse, et je propose que nous la commencions par un buffet célébratoire [et autres informations pratiques]. Vous pourrez entre autres y goûter à la bière artisanale de mon père qu’il a appelée la Fräulein Doktor pour l’occasion.
Il me reste à vous remercier tous pour votre présence ici et pour votre attention soutenue."

Au regard du post qui va suivre, vous verrez que l'attention n'a pas toujours été soutenue... Hum hum.

Sunday, May 01, 2016

Les photos, les photos!

Oh mais oui, il vous faut les photos!
Tout d'abord, un tout grand merci à Isabelle Delvaux d'être venue avec son appareil. Elle a pu ainsi rendre un peu plus sexy cet auditoire malgré tout relativement glauque, et laisser ma mère se concentrer pleinement sur ses émotions... 
Alors, d'emblée, ambiance sur la piste:

Mmmmmh, du fun au programme.
Mais en réalité j'ai toujours secrètement rêvé d'occuper cette place, sur un podium face à un auditoire vieillot de 200 places, en train de me faire griller à petit feu tel un cochon à la broche pour faire culminer toutes ces années de travail par un instant de gloire... Et en pratique, cela ressemblait à ceci: des questions, des notes, et des réponses.
 Et au bout de deux heures, et bien, j'étais quand même très soulagée.
C'est quoi, ce truc qui dégouline des briques, derrière moi?
Et bon, mon auditoire était aussi très content!
Me voici qui signe mon diplôme, hé oui, mon diplôme de Docteur en Sciences Politiques et Sociales, rock&roll baby!
 Et ma mère qui pleure, bien sûr.

Et enfin, rien que pour vous, une vidéo de la consécration!
video
Dans quelques jours, vous aurez les photos un peu plus officieuses de Delphine, qui vous montreront les coulisses...

Friday, April 22, 2016

Appelez-moi Docteur Bibil

Libérée, délivrée, je ne thèserai plus jamais...
Et oui, unbelievable, unglaublich et incroyable! La thèse, c'est terminé! Mein Gott, mais ce blog sera-t-il jamais le même?
Du haut de mon état de serpillière en fin de vie, je vais vous faire un bref compte-rendu...
Mardi, j'ai eu ma défense privée. Il va de soi que j'ai stressé comme un goret toute la semaine, et que j'ai beau m'être préparée à défendre ce qu'il y avait dans ma thèse, la plupart des critiques portait sur ce qu'il n'y avait pas dans ma thèse... La défense privée a commencé par une critique hyper acerbe de 45 minutes qui m'a complètement déstabilisée, je ne savais pas quoi répondre, puis on a enchaîné avec les critiques du ponte de ma discipline qui avait fait le déplacement depuis l'étranger et dont je n'ai compris qu'un mot sur deux... Et après cette intervention, j'avais vraiment eu l'impression qu'il avait fait le déplacement pour rien. Bref, ce n'était pas glorieux. Pour les quatre autres interventions cela allait, mais commencer par un double foirage, ce n'est pas ce qu'on fait de mieux. Je suis rentrée déprimée en me disant, si c'est comme ça que culminent six ans et demi de travail, c'est un peu décevant. 
Heureusement il y a eu la publique le lendemain pour rattraper la chose, et heureusement je n'ai pas eu le temps de plonger dans le stress abyssal de la perspective d'une humiliation publique, parce qu'il faut dire que j'avais invité large! J'ai rempli un auditoire prévu pour 120 personnes... Entre temps j'ai pu potasser les critiques qui avaient été dites la veille, et y trouver des réponses convenables dans un état qui n'était pas encore celui de la panique complète. La discussion à la défense publique n'a pas fondamentalement divergé de celle de la privée, et cette fois-ci j'ai pu bien répondre. Mais ça a duré longtemps dites donc, deux heures de questions-réponses, et j'admire mon auditoire... Même si ils m'ont dit que c'était très clair et qu'ils avaient tout compris, perso ceci est la seule thèse de doctorat que j'ai suivie jusqu'au bout! Enfin depuis l'invention des smartphones, il existe des possibilités de divertissement conséquentes, et l'attente n'a paru interminable que pour moi. Mais voilà, j'ai défendu, ça a été mon heure de gloire, l'aboutissement d'un travail énorme, travail qui a été bien souligné par mon jury, cela fait plaisir! Et à la grande déception de mes collègues qui avaient pris des paris, je n'ai pas pleuré aux remerciements... 
Le buffet, évidemment, a été a la hauteur de l'événement, remercions bien mes parents qui s'en sont chargés! Mais vous verrez tout cela en reportage photo lorsque j'aurai un peu tout centralisé... En attendant je ne fais que dormir, j'ai une période d'autonomie de deux heures hors de mon lit, c'est fou. Docteur Bibil vous fait de grosses bises et vous dit à la prochaine fois!