Monday, December 19, 2016

Wuthering Heights (les Hauts de Hurlevent), Emily Brontë

Cette fois-ci j'ai lu un classique qui en a découragé plus d'un... Il est vrai qu'il est très difficile de se mettre dedans, l'auteur mettant les personnages et les lieux en contexte pendant presque trois chapitres avant que l'histoire ne commence vraiment. 
L'histoire commencer lorsque Mr Lockwood, qui souhaite louer Thrushcross Grange dans le Yorkshire, va rendre visite au propriétaire, Mr Heathclith, qui se situe dans une ferme coupée du monde, Wuthering Heights. Là, il trouve un assemblage familial un peu improbable: Mr Heathclith, qui est en apparence un gentleman, mais dont les manières sont rustres; sa belle-fille à peine sortie de l'adolescence, mariée à un fils qui est décédé; et un jeune homme qui parait faire partie de la famille mais qui est habillé et agit comme un serviteur. Coincé par la neige, Mr Lockwood est forcé de passer la nuit à Wuthering Heights. La nuit, il se fait visiter par le fantôme de Catherine, qui affirme avoir été perdue dans les landes depuis vingt ans. De retour à Thrushcross Grange, il se fait raconter toute l'histoire par la gouvernante, qui a été au service de Catherine jusqu'à sa mort. Et voilà l'histoire qui commence enfin, ça aura pris une bonne trentaine de pages quand même. Mais l'avantage c'est qu'on connait, du moins en partie, la fin de l'histoire, et qu'on se pose néanmoins la question de comment on en est arrivés là.
L'histoire est donc la suivante. Il y a de cela une trentaine d'années, la famille Earnshaw habitait à Wuthering Heights, avec deux enfants: le grand frère Hindley, et la petite soeur Catherine. Le père Earnshaw, lors d'un voyage d'affaires, ramène un jeune orphelin trouvé à mendier dans les rues, et comme ce gamin n'a pas de nom, il l'appelle Heathclith, qui lui ira comme prénom comme pour nom. Il n'est pas très clair si le père désire en faire un gentleman ou un serviteur. En tous cas, c'est la seconde interprétation que choisira Hindley, le grand frère, lorsque son père décédera. Il a en effet toujours été jaloux de s'être fait voler le rôle du fils chéri. C'est cette répétition d'humiliations qui animera le désir de revanche d'Heathclith, qui est le fil conducteur de toute l'intrigue.
Par contre, Heathclith et la petite soeur Catherine s'entendent terriblement bien, tellement qu'à la sortie de l'enfance, leur lien se mue en une affection passionnée. Catherine va néanmoins épouser le fils du voisin, Edgar Linton, car elle préfère une perspective d'ascension sociale, à celui d'épouser Heathclith qui a été rabaissé au rang de serviteur. Et là commencent les problèmes.
L'originalité de ce livre est que les personnages principaux sont odieux. Heathclith est un homme arrogant, cruel, violent, misogyne, habité par un désir de revanche et un manque de compassion absolu. Il jette des couteaux de cuisine sur sa femme, tue des animaux pour le plaisir, enferme des enfants en les laissant mourir de faim, met des mourants à sa porte les condamnant à crever sur le perron, bref, il est horrible. Sa seule qualité rédemptrice est sa capacité à aimer Catherine. Catherine, quant à elle, est égoïste, narcissique, cherche avant tout son propre intérêt, et si la passion d'Heathclith est claire et dévorante, la sienne se cache derrière plusieurs couches d'hypocrisie. Aucun des deux personnage n'est heureux ni ne peut être heureux.  Leurs seuls points communs sont leurs défauts, et tout au long du livre ils ne font que causer dévastation à leur entourage. Ils sont aussi tourmentés que les paysages sauvages du Yorkshire profond et de ses landes mélancoliques où les points de beauté sont rares.
Le thème du livre, il est vrai, est la relation amoureuse entre Catherine et Heathclith, mais au delà de cela, c'est aussi celui de la revanche d'Heathclith. Une revanche cruelle et disproportionnée non seulement sur les personnes qui l'ont humilié, mais aussi sur les personnes qu'il a envié, sur leur famille, sur leurs enfants, une revanche qui sera portée sur les générations suivantes lorsqu'il n'aura plus personne d'autre en face de lui. En clair, il fout les boules, et on se prend plus de sympathie pour ses victimes que pour lui. 
A la fin de ce livre, je suis admirative devant l'imagination de l'auteur, même si je me demande un peu ce qui se passait dans sa tête pour avoir imaginé tant de cruauté et de violence, tant physique que morale, à une époque victorienne où ces choses-là ne se disaient pas. A chaque chapitre on se demande comment les choses peuvent empirer davantage, et à chaque fois on constate qu'elles empirent. En fait, c'est un roman épouvantable, mais qu'on ne peut s'empêcher de le lire, par espoir qu'il se finisse bien. 
Et je vous rassure, il finit bien.
En quelques sortes. 
Enfin, je vous laisse le suspense, quoi.

Thursday, December 15, 2016

Week-end à Londres!

Mais oui! Vous ne rêvez pas! C'est bien une update du Bibilblog!
Que voulez-vous, maintenant que je ne suis plus en thèse, je ne passe plus mes week-ends devant mon ordinateur, car chaque jour qui passe n'est plus un jour où potentiellement je devrais travailler et où je culpabilise de ne pas en faire assez. A la place, mon week-end est un vrai week-end. Aaaahlala tout se perd. 
Mais le week-end passé était un peu différent, figurez-vous, car je suis allée à Londres! Hé oui! Je suis allée rendre visite à mon frère qui habite pour l'instant près de Shoreditch. A chaque fois que je vais à Londres, j'en découvre un nouveau bout. Je pense que peu importe le temps passé dans cette ville, je découvrirai toujours quelque chose de nouveau, d'autant plus que c'est une ville qui se renouvelle sans arrêt et où tout change très vite. Enfin, cette fois-ci, j'ai fait une immersion dans l'Est de Londres, du côté de Hackney samedi, et de Columbia Road (le flower market!) dimanche. 
Et bien, je pense que je m'y plairais bien si je devais y vivre. C'est artiste, bobo, hype, hipster, enfin ce que vous voulez, mais franchement il y a une bonne ambiance (en dépit de la météo pourrie qui nous a arrosés ce jour-là). On peut faire un tableau et comptabiliser les barbes, moustaches, bonnets, bretelles, chemises à carreaux, macbooks, tatouages, toasts de seigle à l'avocat bio avec graines germées et smoothies de chou kale. 
 Oh! Des scotch eggs.
Et le flower market de Columbia Road c'est assez sympa aussi, d'autant plus que c'était sur le thème de Noël. 
D'ailleurs, s'il y a bien un truc pour lequel il faut visiter Londres à cette période-ci, c'est bien pour l'ambiance de Noël... Ils n'y vont pas de main morte! Et la foire du midi à côté de leur Winter Wonderland, c'est ridicule. Sérieusement, je suis presque complexée avec ma petite couronne de houx que je n'ai pas encore mise à ma porte car je vais me la faire piquer par les gamins de l'école du coin. Je vous jure, dès que j'ai un moment de libre, je fais péter la déco!
Enfin, en tous cas, ce week-end j'ai fait péter le pull de Noël. Et franchement je m'insérais relativement bien parmi la faune locale, là bas le pull de Noël est tout à fait viril et accepté, peu importe le degré de kitch.
 Et je n'étais pas la seule. 
A part ça, il y a une très chouette expo sur le Caravage à la National Portrait Gallery (Guillaume n'a pas trop aimé mais c'est parce qu'il n'a pas eu histoire de l'art 2 heures/semaines pendant un an). 
Et nous sommes allés dans un restaurant assez original: Dans le Noir. Il parait que cela existait sur Bruxelles mais ne le cherchez plus, il est dans plusieurs capitales européennes mais plus chez nous. C'est assez impressionnant: à Dans le Noir, on est vraiment... dans le noir. On n'y voit pas un pet de lumière, avec les yeux fermés c'est pareil. Les serveurs sont aveugles et ce sont eux qui vous guident jusqu'à votre table. Là, vous faites connaissance avec vos voisins (que vous ne connaissez que par leur voix). Vous tâtonnez pour trouver vos verres, vos couverts, c'est la galère totale pour vous servir de vin... Puis arrive le menu, surprise évidemment. Vous devez deviner ce que vous mangez (vous avez l'occasion de citer vos allergies avant, je vous rassure). Alors il y a ceux qui tentent de faire tout avec les couverts, nous on a tâtés avec les doigts (oh! mais c'est un jaune d'oeuf, ça colle dites donc). Et sur la fin, puisqu'on ne nous voyait de toutes façons pas, on a mangé avec les doigts aussi. On a deviné la plupart des plats mais on était loin du compte pour d'autres. Il faut réserver sur internet et il faut s'y prendre bien à l'avance! 
A très bientôt et joyeuses fêtes si je ne poste pas d'ici là!

Monday, November 07, 2016

Oops, she did it again

Ca fait longtemps que vous n'avez plus eu de nouvelles de Knacki, hein?
Hein?
Croyez-moi, parfois il vaut mieux ne pas trop en avoir. Parce que dernièrement, ça a donné ceci:
 Ah mais, que c'est drôle, que font tous ces gens autour d'un terrier? On dirait les pompiers ou je rêve?
Oui, bon. Il y avait encore un endroit où j'osais lâcher Knacki sans craindre la fugue, c'était une zone "chiens en liberté" dans le Parc de la Woluwe, dans lequel il n'y avait pas de terrier. Sauf que cela devait bien arriver un jour, un arbre est tombé et un terrier s'est formé dans les racines... Bref, je n'avais pas vu le terrier, mais Knacki oui. Steph (qui m'accompagnait) et moi avons attendu un petit temps... Et un moment donné les agents d'entretien du parc sont quand même venus à notre rescousse. Sauf que Knacki ne sortait pas, on a essayé de creuser un peu le terrier, mais un terrier qui est dans les racines c'est bien pratique pour creuser. En attendant on entendait Knacki aboyer toujours aux deux mêmes endroits, un proche et un distant, elle faisait des aller-retours dans la galerie mais ne sortait pas. Hors, même quand elle ne veut pas sortir, quand elle entend que la situation change à l'extérieur, elle passe quand même sa tête dehors pour voir ce qui se passe, et rentre dedans aussi sec. Là, elle ne le faisait pas. On avait quand même bien l'impression qu'elle ne trouvait pas la sortie, et que ça pourrait encore durer longtemps.
Alors bon. On a fait venir les pompiers. Et eux avaient des bêches, des pelles, des tronçonneuses et toutes sortes d'éclairages. Et là, on a commencé à creuser l'entrée. Dites donc, ça creuse profond, un lapin.
Oh, vous avez remarqué? Oui, la police est venue au bout d'un certain temps. Je ne sais pas pourquoi, ni qui les a appelés, mais ils ont été bien utiles. Mais bon, au bout de 4 heures, la nuit est tombée, et même si on avait creusé de quoi faire une piscine olympique, toujours pas de Knacki. On a même pensé faire venir l'armée avec une pelleteuse pour déblayer le terrain une bonne fois pour toutes, mais heureusement, tout à coup, avec une caméra on a aperçu Knacki au bout d'une galerie! Elle se terrait avec sa tête de "on passe l'aspirateur, c'est horrible". J'imagine qu'elle avait entendu la tronçonneuse et à mon avis ça ne lui plaisait pas du tout. 
Alors bon. On lui a donné de l'espace. Elle a tenté de sortir. On a tenté de la chopper. Elle est rentrée aussi sec. On a attendu. Elle a retenté de sortir. On a retenté de la chopper. Enfin, la troisième était la bonne. Quel soulagement pour tous les spectateurs qui sont restés jusqu'au bout! 
Enfin, plus de peur que de mal au final, dont le montant se retrouvera dans la facture que les pompiers m'enverront. Les pompiers étaient d'ailleurs ultra soulagés, presque plus que moi: si moi j'avais déjà déterré Knacki à trois reprises, eux n'avaient pas su récupérer le dernier chien! Tout se termine donc bien...

Saturday, November 05, 2016

Elmer l'éléphant

Vous connaissez Elmer? Mais si, Elmer l'éléphant... Le livre pour enfants, mettant en scène Elmer, un éléphant bariolé dans un troupeau d'éléphants gris. J'adorais ce livre quand j'étais petite, et je soutiens évidemment la morale, qui est que la différence est une richesse, mais j'ai beaucoup de plaisir aussi à regarder les dessins qui sont quand même très sympathiques.
Bref, quand G. a demandé pour sa babyshower qu'on lui offre un livre de notre enfance, j'ai shotguné Elmer sans hésitation. Astrid, qui est née peu après, aime le livre tout autant que moi... Et donc pour la naissance d'Elinor, la seconde, et bien j'ai fait un patchwork Elmer l'éléphant!
Tissus gris de chez Karakol, les autres du Chien Vert. Je suis très fière de vous présenter la chose. Je me suis donnée pour les éléphants qui ont quand même demandé l'assemblage de 20 pièces par éléphant, puis du piqué libre, qui reprend la technique du McTavishing, très chronophage mais si joli au final... Allez, un petit zoom sur Elmer.
 Et voici à l'arrière!
Ci-contre, de la difficulté à prendre une photo de patchwork lorsque Danio l'a très clairement élu comme panier potentiel...
 Et enfin, même si le cadeau est pour Elinor, Astrid l'a néanmoins très bien reçu!
Bon week-end à tous!

Thursday, November 03, 2016

Bridget Jones - Mad about the Boy

Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a un nouveau Bridget Jones (Bridget Jones's Baby) au cinéma (allez le voir, d'ailleurs, c'est très drôle). 
Mais ce que vous ne savez pas, c'est que l'auteur de Bridget Jones, Helen Fielding, avait déjà produit une suite aux aventures de son héroïne il y a de cela quelques années. Bridget Jones - Mad about the Boy, sorti en 2014, voit Bridget à 51 ans, mère célibataire de deux enfants en bas âge. Célibataire, hé oui, parce que pour le concept de Bridget marche, il faut qu'elle soit single, et c'est tout. 
C'est dommage, car pourtant le livre avait beaucoup pour lui à la base. Bridget a ses enfants sur le tard, et alors que tous ses amis ont des adolescents qui partent à l'université, elle se bat encore avec l'école primaire, une école posh où les mères type cercle social Darcy se prennent la tête sur qui doit apporter des poivrons de couleur différente coupés en lamelle pour le pique-nique de fin d'année. Elle tente de percer en tant que screenwriter, mais la maison de production ne semble avoir qu'une obsession: récupérer l'investissement qu'ils ont fait sur la location d'un yacht à Hawaï (fâcheux pour un scénario qui devait à la base se dérouler dans la nuit permanente d'un hiver norvégien). Ses parents, qui vivent une nouvelle jeunesse en maison de retraite, ne critiquent plus Bridget, mais critiquent l'éducation de ses enfants. Elle doit gérer le facteur âge, la presbytie, la tentation du botox, la mode et la technologie qu'elle ne comprend plus mais que ses enfants comprennent très bien, tout ça. Et bien sûr elle compense le fait d'avoir arrêté de fumer en se boulottant des paquets de fromage râpé à même le frigo, des paninis jambon-fromage chez Starbucks et des packs de nicorette. Donc en fait à la base, ce livre aurait pu très bien fonctionner avec un Marc Darcy largement absent et une flamme difficile à entretenir, mais non. Exit Darcy, Bridget est à nouveau célibataire, bon on est déçus, mais soit. 
Le livre commence avec Bridget qui fait un petit tour à la clinique de l'obésité. Elle perd du poids, elle s'inscrit sur Twitter, puis via Twitter elle rencontre un toy boy, plus proche en âge de son fils que d'elle-même. Et voilà, même Bridget, nouvelle histoire. Sauf que pour moi on s'en fout un peu des histoires de coeur de Bridget, surtout si Darcy n'est plus là. Ce qui est drôle dans cette histoire c'est tout ce qui est écrit au dessus, son rôle de mère, de fille, de professionnelle, d'amie, enfin toutes des choses qui auraient pu fonctionner avec un Darcy absent. Mais il n'empêche, j'admets que le livre est drôle, et que c'est une bonne distraction pour le métro, car ce sont de petites entrées de quelques lignes qui permettent d'interrompre sa lecture à n'importe quel arrêt. 
Si toutefois vous assumez le côté chick lit de la chose, et les gens qui vous regardent avec un sourire en coin, bien sûr. 

Monday, October 24, 2016

Oh! Un nouveau post (ébahissons-nous)

J'ai reçu une plainte comme quoi le blog n'était plus assez mis à jour. Ha! Commencez par mettre vos propres blogs à jour et on verra si c'est aussi simple que ça! Mais il est vrai que je suis beaucoup moins présente sur internet. L'explication est simple et tient en deux mots clés: le temps et l'énergie. On en revient toujours à cela au final. 
Maintenant, mon travail me prend beaucoup plus de temps que ma thèse. Je ne suis pas à plaindre pourtant, j'ai une semaine classique de 38 heures. Mais pendant ma thèse je ne travaillais (soyez choqués!) que 5 à 6 heures par jour. J'ai en effet vite vu que je pouvais faire le même travail en 6 heures qu'en 9 heures. Si je savais que j'avais 9 heures devant moi, je faisais simplement durer le travail plus longtemps, car il n'y avait qu'une quantité limitée de travail intellectuel que j'étais capable de fournir en une journée. Du coup, pendant ma thèse, je travaillais au résultat, et j'étais beaucoup plus rapide et efficace que maintenant où je dois travailler pour un certain nombre d'heures, mais soit, là n'est pas le débat.
6 heures de travail par jour, et non 8 à 9 comme maintenant, cela signifie deux choses:
1. On peut se lever plus tard (ouiiiiiii!) et on est moins crevée;
2. On a plus de temps pour le reste. 
Et le reste, et bien, c'est tout aussi bloggable que le boulot, et ça tombe bien parce que je pense que le triumvirat thèse-chiens-couture fonctionnait assez bien dans l'ancien système. Sauf que maintenant, et bien... Déjà, j'ai dit que je ne parlerais pas de boulot ici, et c'est donc la majeure partie de ma journée qui est rayée de  la liste. Et à mon grand malheur le temps consacré à la couture s'est racrapoté tel une peau de chagrin. Qu'est-ce que j'aimerais coudre au lieu de checker pinterest pendant ma pause de midi en me disant à quel point j'aimerais bien coudre! mais bon. Et le chien, ben...
Les chiens vont bien, tiens. 
Oui, ils vont bien.
Voilà.
Non mais plus sérieusement, là où j'ai beaucoup de mal, c'est le fait de ne plus avoir cette liberté de pouvoir moduler mon temps comme avant. Par exemple, dormir plus tard quand j'avais fait une insomnie. Mes insomnies arrivaient généralement vers 5-6 heures du matin, après deux cycles profonds de sommeil, et je parvenais à en caler encore un petit avant de me réveiller, pour faire une nuit complète de 3 cycles. Maintenant quand j'ai une insomnie, ben, je me lève et je vais bosser, et c'est bien fatiguant. Ou encore, pouvoir aller faire les courses, aller chez le médecin, promener Knacki à des heures un peu modulables. Maintenant tout ça doit être calé entre le moment où je quitte le boulot et où je vais à l'activité suivante du soir. Prendre des photos en journée pour le Fil de Bibil. Maintenant j'ai intérêt à tout condenser le weekend pour avoir assez à poster la semaine suivante. Et bien sûr, fini le homeworking, et encore plus le bedworking. Bref, ce sont des contraintes auxquelles il faut s'adapter. 
Et juste pour être claire, quand j'ai dit que j'avais du temps dans le métro pour updater le blog, ce n'est pas non plus comme si j'étais confortablement installée avec une tasse de thé et de la musique calme, avec un sujet inspirant sur lequel écrire (plutôt un sujet transpirant à la proximité un peu forcée car on est tous debout à faire les sardines, pour être honnête). Mais si vous avez des thèmes sur lesquels vous voulez que je blogge, c'est toujours avec plaisir, vous savez. 

Monday, September 26, 2016

Nami Cosmétiques

C'est avec beaucoup de plaisir que je vous annonce le lancement de la marque "Nami", cosmétiques bio et zéro déchet, lancée par mon amie Line... Cela fait des mois qu'elle travaille sur ce projet, et après une campagne de crowdfunding et une série de tests en laboratoire pour valider ses produits, le grand jour est venu, elle se lance... 

Nami c'est une toute jeune marque de cosmétiques belges qui vous propose une alternative écologique et économique aux cosmétiques conventionnels. Pas de packaging, pas de marketing, juste les matières premières naturelles de qualité biologique et des recettes simples. J'ai moi-même pu tester certains de ses produits et je dois dire que je suis convaincue! Nami propose notamment une gamme de déodorants secs qui sont extra, ils sont efficaces, sentent bon (mais pas trop fort), n'irritent pas et ne laissent pas de marques sur les vêtements, que demander de plus? Et j'ai également le beurre pour le corps karité-églantier qui pour le coup est un vrai beurre, hydratation maximale, beaucoup plus efficace que tout ce que j'ai pu tester auparavant. Bref je suis assez convaincue, tant par le produit que par la capacité de Line de porter sa marque plus loin. 
Les produits seront en vente à partir du 1er octobre (c'est vendredi les gens!) et en attendant, il y a un concours sur la page facebook... Que je vous conseille d'aimer sur ce lien-ci! 
Et si vous voulez déjà faire un tour sur sa boutique en ligne... C'est ici.
Nami Cosmétiques propose aussi des ateliers pour apprendre à faire soi-même ses propres produits cosmétiques!
Bonne découverte!

Wednesday, September 21, 2016

My bugs and I

Il y a une autre chose dont je voulais vous parler quand j'ai fait mon post sur "Le Charme discret de l'Intestin" de Julia Enders: c'est le blog de mon amie Esmé!
Esmé et moi nous sommes rencontrées à Londres quand elle faisait son doctorat en biochimie et moi mon master en études européennes. Contrairement à moi, sa passion pour ses sujets de recherche n'a fait que s'approfondir avec les années, et après avoir travaillé sur le prion de la vache folle et la recherche contre le cancer, elle a concentré ses recherches sur notre microbiote. Auteur de Science is so Sexy (où vous pouvez lui poser toutes vos questions liées à la science), elle travaille maintenant dans la communication scientifique et a lancé un nouveau blog, "My bugs and I". 
Ses articles, tous aussi fascinants les uns que les autres, abordent des sujets variés comme l'absorption des calories (et pourquoi certaines personnes les absorbent mieux que d'autres), le lait maternel, le cancer, les allergies, l'eczéma, etc etc. Le contenu de son blog est basé sur des articles scientifiques qu'elle vulgarise pour nous. Personnellement je suis toujours contente de voir une nouvelle publication, qui me fait découvrir des choses que j'ignorais complètement! C'est fou tout ce petit monde dont on ignore l'existence et qui détermine tellement de choses...
N'hésitez pas à faire un tour sur son blog ou à liker sa page facebook!




Monday, September 19, 2016

Une petite update

Quoi de neuf? Et bien, point de vue travail, le planning n'est pas encore très chargé, vu que je commence tout juste et que ma fonction n'est pas encore vraiment définie, mais c'est néanmoins épuisant... Il parait que c'est comme ça pour tout nouveau boulot, mais je n'ai pas vraiment le souvenir que cela avait été le cas dans mes changements professionnels précédents. Enfin, il faut dire que le précédent changement date de 2009, à l'époque j'avais 26 ans (ah! quelle jeunesse!), et je n'avais pas une fin de thèse dans le dos. Puis aussi, il faut dire que la thèse n'impliquait pas de mettre un réveil le matin... Ca change tout!
L'autre impact inattendu est que quand je sors du bureau, j'ai comme une pulsion, il faut que je marche. J'ai passé la journée derrière un bureau, et alors qu'avant je promenais Knacki pendant 45 minutes en début d'après-midi, ici la demi-heure de pause repas ne laisse pas le temps de faire grand chose... Quand je rentre, je choppe Knacki qui n'en peut plus de s'être vautrée sur le canapé pendant près de dix heures et je passe tout le temps qui était avant dédié à la couture à marcher. Et je n'aurais jamais cru dire ça, mais je n'ai plus envie de coudre... Enfin ça reviendra je pense, j'ai quelques projets de développement pour le Fil de Bibil, mais si dans ma tête ça tourne, c'est au moment de se mettre à l'oeuvre que ça bloque!
Et sinon, in other news:
1. Admirez le chef-d'oeuvre de mon père, chez qui le combat poules versus fouine était jusqu'à présent très biaisé en faveur de la fouine. Mais ça va changer! Remarquez, même Salami n'y arrive pas! (Enfin je suspecte quand même le quotient intellectuel de la fouine d'être légèrement supérieur à celui de Salami, mais ne disons rien). 
 2. Ooooh qu'elle est belle cette chemise en Liberty! J'avais un peu peur, en voyant le patron, de faire quelque chose de vieux jeu au possible, mais en Liberty tout est beau.
 3. Brunch! J'ai des amis qui mettent les petits plats dans les grands et qui font des trucs fabuleux pour nous recevoir à manger autour d'un "brunch improvisé"... Oeufs benedict, compote de prunes, jus de fruits frais, quiche, plateau de fromage et de chutney, tartes... Super bon! 
 4. Et enfin, dimanche sans voiture oblige, nous avons fait un petit détour par le parc royal pour le village de la bière! Ici devant le stand de Bertinchamps avec une triple, qui ma foi n'est pas mauvaise du tout!
(Et une chemise que j'ai cousue, aussi).
Allez, bonne semaine à tous! 

Monday, September 12, 2016

Le charme discret de l'intestin

J'aime le scatologique.
Je n'y peux rien, c'est comme ça, je suis née avec.
Mais je pense que vous aimerez aussi le scatologique quand vous aurez lu ce livre, qui traite avec beaucoup de finesse et d'humour d'un sujet un peu, disont, qui sent le prout.
Croyez-le ou non, ce livre est une vulgarisation de thèse... Julia Enders a en effet fait un doctorat sur l'intestin, cet organe mal aimé. Elle part du principe que le corps est traversé du système lymphatique, avec le cerveau comme chef d'oeuvre; du système vasculaire, avec le coeur comme chef d'oeuvre; et du système digestif, dont le chef d'oeuvre, l'intestin, est un deuxième cerveau, mais dont personne ne parle. Pourtant son action est essentielle à notre fonctionnement, pas seulement digestif, mais aussi pour notre équilibre psychique et immunitaire. Elle aborde longuement son sujet de prédilection, la flore intestinale, soit notre extraordinaire symbiose avec un monde de bactéries amies. Mais elle traite aussi un tas d'autres sujets: les allergies et les intolérances, le lait maternel, les probiotiques, prébiotiques, le diabète, le rôle des bactéries dans la protection de notre système immunitaire, etc. Cela va du général, avec l'explication globale du fonctionnement de notre système digestif (dont en fait on ignore tout!), au particulier, avec la description par exemple de certaines bactéries comme le toxoplasme ou la salmonelle.
Tiens, d'ailleurs, saviez-vous comment font les vaches pour tirer des protéines de leur alimentation alors qu'elles ne mangent (en théorie) que de l'herbe? Pourquoi on peut se sentir dépressif en cas de gastro ou après avoir pris des antibiotiques? Pourquoi certaines personnes peuvent vivre en symbiose toute leur vie avec une bactérie hélicobacter, et pourquoi certaines vont faire des ulcères? Pourquoi les rats infestés par le toxoplasme vont avoir une attitude suicidaire?
Une mine d'information qui se concentre dans ce petit livre, qui se lit comme un roman, pendant les vacances ou lors d'un long trajet en train. Vous allez rire à l'évocation de l'envie de faire un prout dans le salon de la tante Thérèse; vous allez vous mettre à rajouter des choux et des oignons dans votre alimentation; et pour une raison que je ne peux vous expliquer trop explicitement, vous vous trouverez à ajouter un petit tabouret à côté de votre WC pour les grosses commissions...  
Mais si je peux vous conseiller une chose: ne lisez pas la partie sur les vers.
Ne la lisez pas, je vous dis.

Friday, September 09, 2016

Caro

Salut à tous!
Pour ceux qui nourrissaient des craintes quant à la postérité du blog, ne craignez pas! Car si quand je rentre chez moi je n'ai en effet plus aucune envie de me mettre devant un ordinateur, il me reste environ 1 heure de métro par jour à combler... Et je n'aurais pas cru dire ça, mais il y a un moment où Candy Crush et facebook ne suffisent pas. 
Alors aujourd'hui je vais partager avec vous ce lien:
Mon amie Caroline est en effet la star de Matière Grise cette semaine! A partir de la minute 13:54 vous pourrez suivre son combat avec son locked-in syndrome. Le sujet est à la base effroyable mais le reportage est très beau et est un réel élan d'espoir et d'inspiration.
A 25 ans, Caro avait la vie devant elle. Nous étions dans cette phase où tout peut encore se jouer, les premiers boulots, les premiers mariages, les sorties en semaine, pas encore d'enfants. Caro était ma colocataire à l'époque et nous avions une vie très amusante, rythmée de sorties et de fêtes, dans une maison pleine de vie et jamais propre. Puis un jour elle s'est effondrée sur son lieu de travail, et tout s'est arrêté pour elle. Elle a fait un accident vasculaire cérébral fulgurant. Le caillot de sang a asphyxié la connection entre son cerveau et son tronc cérébral. En un battement de paupière, elle est devenue prisonnière de son propre corps.
Pourtant, malgré l'horreur de cette réalité, Caro est parvenue à faire de son accident une force. Dans cette vidéo, vous verrez son extraordinaire volonté de reprendre le contrôle de son corps. Moi qui ai assisté à ses débuts, je peux vous dire que beaucoup de chemin a été fait: pouvoir regarder droit, pouvoir être assise sur une chaise roulante, pouvoir manger, et surtout, pouvoir communiquer. Les premiers mois il fallait de longues minutes pour pouvoir dire un mot, sur base de clignements d'yeux, et généralement ce mot avait trait à son confort immédiat. A présent elle a un parolier qu'elle peut guider avec sa main gauche, et avec lequel elle peut partager photos, vidéos, instants de vie. 
Ce que vous ne voyez pas dans le reportage, c'est aussi son combat pour récupérer une vie sociale et professionelle. Elle s'est beaucoup impliquée dans l'amélioration de la qualité de vie des personnes handicapées, notamment via son site www.handilien.eu. Elle participe à des conférences, rencontre des personnes impliquées dans le milieu. Elle fait de la pyrogravure, et vous le verrez dans cette vidéo, elle peint. Elle a la chance d'être entourée de parents extraordinaires et d'une équipe de professionnels qui la soutiennent dans ses efforts au quotidien. Car c'est clair que ce n'est pas facile, six ans plus tard, alors que la vie de tous ses amis a continué, et qu'il lui faut faire des efforts démesurés pour que la sienne ne reste pas figée dans le temps. Ce qui frappe surtout, c'est la force de caractère dont Caro fait preuve pour affronter son handicap, et pour récupérer ce qui lui a été pris.
Bref, je vous conseille fortement de regarder ce documentaire, il dure environ 20 minutes! Bonne soirée à tous!

Friday, August 19, 2016

Quoi de neuf docteur?

Et bien, j'ai deux raisons de sabrer le champagne...
La première, vous vous en doutez, est que Knacki va s'en sortir. Elle a repris du poil de la bête, elle a du chien, enfin vous savez. Sa plaie cicatrise bien, elle arrête les antibiotiques dimanche, on enlève les fils lundi, et mardi elle pourra enlever sa collerette. Je pense qu'elle attend en particulier ce dernier jour, parce que dites donc, la vie n'est pas la même quand on porte un cône de la honte...
Sur le plan psychologique par contre il y a quand même des effets à plus long terme. Elle est devenue hyper intense envers la nourriture. Il n'y en a jamais assez, et ce n'est jamais mangé assez vite, au point qu'elle s'en rend malade (et je vous épargne le détail de quand elle remange son vomi avec le même appétit que si c'était un menu cinq étoiles). Et puis elle commence à être un peu nerveuse de rester chez moi à zoner sur le canapé sans lapin à chasser... Sur le long terme je ne vais pas pouvoir éternellement éviter la chose, et donc quelle est la solution? Puce GPS? Est-ce efficace? Comment discerner les arnaques? Enfin il y a encore des choses à régler.
Mais allons donc! Me direz-vous, n'avais-je pas mentionné une seconde bonne nouvelle? Et bien oui, car figurez-vous que j'ai trouvé un travail! Ah bon Bibil, mais tu ne dis rien, mais vas-y, balance? Et bien, comme il n'est jamais très bon d'être trop explicite à ce sujet sur internet (ne me virez pas! je n'ai même pas encore commencé!), disons juste que c'est un poste chez un gros employeur dans un domaine qui n'a absolument rien à voir avec ma thèse. Je suis très enthousiaste, car je vais beaucoup apprendre, et apprendre des choses qui servent à faire avancer l'économie et la société (non pas que ma thèse n'était pas..., enfin, bon un peu quand même). J'avais postulé à ce poste en me disant que je visais peut-être un peu trop haut, un peu trop loin de mes compétences, mais qui ne tente rien n'a rien, et je vous avoue que je suis surprise, mais en même temps très heureuse d'avoir été sélectionnée! Je commence le 1er septembre. Une vraie rentrée, donc... Et un vrai soulagement!
Je ne vais pas mentir, trouver un travail après sa thèse est particulièrement dur, surtout après une thèse en sciences sociales, qui ne crie pas vraiment "expérience professionnelle" sur le CV. J'ai beaucoup de chance d'avoir eu un gap post-défense de seulement 4 mois, car on dit toujours que cela prend au moins un an, voire plus... La perspective de la recherche d'emploi me faisait très peur. Je vois à quel point mes collègues se démènent, avec des contrats d'un ou deux ans qui s'overlappent puis ne se suivent plus, des postes à un dixième temps, compléments de chômage à mi-temps, et qui ne s'en sortent pas financièrement alors qu'elles triment et qu'elles triment et qu'elles doivent postuler comme des dingues en même temps... C'est épuisant, dévalorisant, et les conséquences psychologiques sont souvent pires que celles d'une fin de thèse! Y a-t-il une vie après la thèse? est une vraie question parfois. Pour celles qui se décident à quitter l'académique, ce qui implique parfois une reconversion complète, avec ou sans nouvelles études à la clé, c'est un retour au niveau "sortie de master", ce qui impliquer d'entrer en compétition avec des jeunes qui ont dix ans de moins... Je vous jure que j'avais vraiment peur d'en arriver là, j'avais même déjà planifié ma reconversion: j'avais sélectionné les études qui me permettraient de quitter ma spécialisation, et il y avait eu ces six mois de cours de néerlandais intensifs alors que j'étais toujours en train de finir ma thèse, tout ça pour prendre un peu d'avance... 
Heureusement, j'ai eu de la chance, et je m'en tire avec 4 mois de limbes post-thèse. Mais ce n'était pas facile: décrocher un entretien était déjà un défi en soi, et quand j'y parvenais, ce n'était jamais juste pour venir montrer ma tête pour voir si j'étais sympathique. Il y avait des tests éliminatoires pour tout: tests techniques, tests prométriques, tests de langue, tests de connaissances générales... Pour le job que je vais commencer, j'ai eu cinq tests en tout (trois à la première étape, un à la seconde, un à la dernière), culminant avec un entretien d'embauche qui a duré deux heures. Je n'en reviens toujours pas d'à quel point les choses se dénouent en une fois, et du stress qui est tombé d'un seul coup. Et surtout, d'avoir été acceptée à un poste qui me faisait vraiment envie, que ce soit un vrai choix et pas du "par défaut"... 
Enfin, l'année deux mille thèse aura finalement vu son lot de péripéties, et je vous tiendrai informés pour la suite! Ne m'en voulez pas si je ne parle pas trop de mon nouveau travail, contrairement à la thèse où je n'étais pas tenue à une discrétion professionnelle, et où de toutes façons on ne pouvait pas me virer puisque je n'avais plus de contrat. La thèse c'était particulier, et j'avais besoin de ce blog pour décompresser et me plaindre... Mais rassurez-vous, si le sujet "thèse" va sans doute se clôturer définitivement, il restera néanmoins les sujets récurrents "chiens" et "couture"! A bientôt!

Wednesday, August 10, 2016

Knackivresse

Tout d'abord, rassurons-nous: KNACKI A ÉTÉ RETROUVÉE!

Bien, et maintenant que cela est établi, commençons ce long récit par le commencement. 
(J'ai dit que ce serait long)
(Perso je me suis fait une théière)
(C'est à vous de voir).

Vendredi 5 août, le week-end s'annonçait prometteur, et pour cause: en fin d'après-midi, je prenais l'Eurostar avec Isa et Isa pour aller voir Isa (heu non, Dgé) à Londres. Knacki était tout naturellement restée chez mes parents. Tout se passait bien, jusqu'à ce que vers 22h (23h heure belge), je reçoive un SMS de Maman me disant que Salami était rentré tout seul, sans Knacki. Connaissant Knacki, cela ne voulait dire qu'une chose: c'était mauvais signe. 
Alors, pour l'historique, il n'est arrivé qu'une seule fois que Knacki ne rentre pas le soir. Malgré son tempérament fugueur et son instinct de chasse surprononcé, elle aime trop le confort de son panier et a toujours su retrouver son chemin. Sauf ce soir-là, il y a un an, où elle était partie avec Chica, et où Chica était revenue toute seule en pleurant (sur ce point-là elle était plus intelligente que Salami qui s'est bêtement contenté de rentrer, mais soit). Nous avions fait un tour du jardin, qui est parsemé de terriers de lapin comme du gruyère, et étions sur le point d'abandonner, lorsque sur la terrasse j'ai entendu comme un semi-chouinement. Knacki était coincée dans un terrier, à côté de la porte d'entrée, juste sous nos yeux, et elle n'appelait pas au secours. Elle restait complètement silencieuse! Quelle chance de l'avoir retrouvée! 
Pourtant ce n'est pas que Knacki n'ait jamais fugué, un teckel ça se faufile sous toutes les barrières, et de temps en temps il est arrivé qu'un brave voisin nous la ramène. Knacki est ultra sociable. Dès qu'elle est perdue, elle va trouver un inconnu. Dès le début donc, son absence était inquiétante. Mes parents ont fait des tours et des tours jusque tard le soir et il était clair que Knacki n'était dans aucun des terriers du jardin. Ils ont dû abandonner. La nuit a été très mauvaise pour tout le monde.
Le lendemain, je suis rentrée dare dare par le premier Eurostar disponible (et entre parenthèse, les billets "échangeables" c'est une grosse arnaque, le "supplément de frais éventuel" correspond au prix d'un nouveau billet, mais soit). Ma famille s'était déjà largement mobilisée pour chercher Knacki dans le jardin et chez nos voisins immédiats. Il fallait viser plus large. Dans le train, j'ai bidouillé en vitesse un avis de disparition, inspiré du post facebook que j'avais rédigé la veille, et avec Kev et Eliane on a organisé une campagne de mobilisation du quartier. C'était difficile, car la plupart des gens étaient en vacances, ou bien voyant un jeune une affiche à la main sonner chez eux ne voulaient nous ouvrir. Kev m'a avoué comprendre le vécu d'un témoin de Jehovah... Mais les voisins qui ont pu être contactés ont été très gentils, j'ai appris plus tard qu'ils avaient recherché Knacki et qu'ils venaient régulièrement aux nouvelles chez mes parents. Mais Knacki n'était pas chez eux.
De son côté, la campagne facebook prenait son essor, les partages se comptaient par centaine désormais. Vers 18h30, un homme m'a contactée: il avait lu l'avis de disparition sur facebook, et il en est certain: il avait vu Knacki à Overijse! Mais elle était paniquée et ne se laissait pas attraper. Il était sûr que c'était le même chien. Cependant, outre la distance parcourue, j'étais assez désemparée face au comportement de Knacki: d'habitude si sociable, pourquoi s'était-elle mise à craindre les gens? Mais pleine d'espoir, j'ai abandonné les fouilles dans le quartier pour aller à Overijse. La soirée a passé, je distribuais des affiches dans des boites aux lettres, j'en placardais d'autres, je parlais aux gens, mais personne ne l'avait vue. J'aurais été rassurée de trouver un second témoin! "Il reste demain", me suis-je dit en rentrant à la nuit tombée, pensant à Knacki passant sa seconde nuit dehors. J'avais de la chance. Quand Chica avait disparu, les appels n'avaient commencé que vers le troisième jour; ici, j'en avais un directement. De plus, la météo était clémente. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'un second appel n'arrive.
Mais le lendemain, pas d'appel. Je suis retournée à Overijse mettre des affiches, puis vu le manque de succès de ma démarche, j'ai commencé à douter. Je suis rentrée placarder tout Wezembeek avec ma mère, au delà du quartier immédiat, au cas où. Je voulais surtout une confirmation que mon chien était bien en vie. Le doute s'insinuant, le soir, j'ai fait le tour du jardin, puis des jardins des voisins, en appelant Knacki, en écoutant chaque terrier; démarche qui avait déjà été faite par ma famille, mais le souvenir de son silence lors de son dernier emprisonnement sous terre me glaçait le sang. Ma tante Marino, qui nous a rejoint pour les recherches, nous a informés qu'il y avait un bois pas très loin de chez nous, chose que nous ne savions pas, mais que Knacki savait très bien au vu du nombre de riverains qui l'y voyaient régulièrement. J'avais presque l'impression de fouiller dans la vie de Knacki: des voisins inattendus me disaient avoir très fréquemment Knacki chez eux; j'ai découvert le barbelé où elle s'était faite sa vilaine entaille, le terrier qui avait cette terre si jaune dont elle rentrait parfois couverte. Mais il n'y avait de trace de Knacki nulle part. Je m'en suis voulue: cela faisait plus de deux jours. J'ai trop vite assumé que sa recherche se déroulerait comme celle de Chica, comme une course poursuite où il fallait anticiper les appels suivants. Je m'en voulais de ne pas avoir suivi ma première intuition, celle du terrier. Si Knacki était coincée, déshydratée, blessée, elle avait sans doute déjà perdu connaissance. 
Le dimanche soir, troisième soir, toujours pas d'appel. Mais les commissariats et les refuges étaient fermés le week-end; si quelqu'un avait vu ou même recueilli Knacki, il les contacterait peut-être lundi. Sauf que lundi a passé et mon téléphone ne sonnait pas. J'ai contacté tous les commissariats de police, de Woluwé à Chaumont-Gistoux; tous les refuges et cliniques vétérinaires de Bruxelles et des deux Brabants; Alex, Virginie et Maman m'ont aidée à contacter les vétérinaires sur Wezembeek, Kraainem, Tervuren, Overijse, Huldenberg, Hoeilaart et la Hulpe. La mobilisation facebook battait son plein: plus de 500 partages. Claire avait posté mon annonce sur tous les sites de disparition de chiens, en français comme en néerlandais. Mon messenger affluait de messages de sympathie, mais aucune indication sur l'endroit où on aurait vu mon chien. Je suis même allée à la police de Wezembeek pour connaitre les démarches à faire en cas de suspicion de vol, car c'était cela mon espoir maintenant, pour expliquer le silence de mon téléphone. (Pour votre information, il faut appeler la société qui a émis le chip de votre chien et le signaler comme volé ou perdu). Mais moi-même je n'y croyais pas trop. Un officier de police m'a dit fermement, "tant qu'on ne l'a pas retrouvé mort, vous devez vous dire que votre chien est vivant". J'ai essayé de tenir à cette phrase. 
Puis je suis retournée imprimer 250 affiches, et avec Steph on a placardé toute la soirée et une partie de la nuit: Overijse, Hoeilaart, Maleizen, Genval, la Mazerine, la Hulpe. C'était une belle fin de journée: un coucher de soleil rose et orange comme il y en a peu. Ce soir-là, j'ai eu la certitude que Knacki ne vivrait pas pour voir le lendemain. J'ai espéré que cette paisible image l'emmène sans souffrance, et que la psychologie canine différait suffisamment de la nôtre pour ne pas qu'elle réalise l'ampleur de sa solitude. Elle me manquait terriblement. J'étais désemparée. Le lendemain, je pouvais encore placarder du côté de Tombeek et Huldenberg, mais après? Refaire une affiche uniquement néerlandophone plutôt que bilingue pour être certaine que les commerçants d'Overijse l'acceptent? (Vous seriez étonnés de voir à quel point les querelles linguistiques tiennent dans les petites choses). Et après, si je n'avais toujours pas été appelée? Tant qu'il y a encore quelque chose à faire, tant qu'on peut être actif on tient le coup. Mais le mardi matin, au bout d'une quatrième nuit sans elle, j'avais presque épuisé tous mes recours, et mon téléphone ne sonnait toujours pas. J'ai pris une résolution: le soir je devrais commencer à faire mon deuil. 
Alors j'ai refait un tour du fameux bois en vain. Puis Lio a proposé de venir fouiller des terriers avec une caméra thermique. Pourquoi pas, au point où on en était. En fait, cela faisait surtout passer le temps, pour donner l'impression de ne pas abandonner, pour prolonger le plus possible cet instant où l'espoir était encore permis. Pour la première fois depuis quatre jours, j'ai oublié mon téléphone à l'intérieur - je n'attendais plus d'appel. Nous étions en train de chercher le dernier terrier - tous vides - quand j'ai entendu ma mère crier. 
"On t'a rapporté ton chien!"
Et là, dans le jardin, un jardinier tenait Knacki dans ses bras. Il avait appelé sur mon téléphone, on avait décroché et on lui avait donné l'adresse, mais c'était maintenant moi qu'il fallait trouver dans ce fameux dédale de terriers. Quelle joie! Knacki était là, vivante! Elle était consciente mais très peu réactive, et surtout elle avait une horrible blessure qui lui traversait l'abdomen et qui saignait abondamment. Le jardinier a expliqué qu'il allait travailler dans le jardin d'une maison du quartier à Tervuren, comme tous les mardis. C'était une maison qui se trouvait dans la zone couverte par Eliane le premier jour des fouilles et dont le propriétaire était en vacances; et comme attendu Knacki n'avait pas appelé à l'aide en entendant crier son nom. Le jardinier a trouvé Knacki coincée dans un grillage; la pauvre s'était si bien emmêlée dedans qu'elle ne pouvait plus faire un mouvement sans se blesser davantage. Elle avait passé ces quatre jours coincée, blessée, sans eau ni nourriture, à attendre. Si le jardinier n'était pas passé ce jour-là, on n'aurait eu que l'image de sa lente agonie pour nous hanter. 
Le plus ironique dans tout cela, c'est que ni la campagne facebook massive, ni les affiches, ni les appels n'ont aidé à la retrouver. Nous devons tout au hasard, à la chance, à la bonne étoile. Quand nous avons vu Knacki dans les bras du jardinier, toutes les émotions se sont chamboulées. Pour moi, c'était l'incrédulité. Je ne pouvais pas croire qu'en un instant, le voile avait été levé, et nos inquiétude avec lui. Maman a d'abord pris Knacki dans ses bras, lui cherchant un essuie propre pour presser la plaie, pendant que je contactais les urgences vétérinaires. Pour info, elle pleurait plus qu'à n'importe quelle défense de thèse. Puis nous avons filé. Sévèrement déshydratée et avec une vilaine blessure, Knacki a immédiatement été prise en charge. Cela fait maintenant deux jours qu'elle est à la clinique vétérinaire. Elle a 17 points de suture et une plaie horrible. Mais elle est très en forme, réagit positivement, et ses fonctions rénales n'ont pas été affectées par la déshydratation. Quand je suis là, elle mange, boit, se promène, fait ses besoins, et essaie de butter les chats dans la salle d'attente. Quand je pars, qu'est-ce qu'elle pleure... Elle hurle... Elle veut rentrer à la maison! Mais bientôt tout cela est fini, je la récupère demain logiquement.
En attendant je souhaite remercier tout le monde pour l'énorme mobilisation dont vous avez fait preuve: les personnes mentionnées sur ce post, les 550 qui ont partagé le post facebook, et tous les inconnus qui ont ouvert l'oeil. Même si au final personne n'aurait pu la trouver, cet élan m'a permis de tenir le coup, de me sentir soutenue, de rester forte et de garder espoir. C'est touchant de voir le nombre de personnes que la disparition de Knacki avait touché, ainsi que leur soulagement de la voir revenir. Je reçois un tas de messages. Quand les gens me voient enlever les affiches, ils me posent des tas de questions et sont visiblement soulagés. C'est comme la fin d'un mauvais rêve. Le post-op s'annonce folklorique, connaissant la nature peu tranquille de Knacki, son aversion du cône et ma tendance à tourner de l'oeil à la vue du sang. Mais en même temps je me rappellerai longtemps de l'inquiétude face à l'alternative... 
Pour les plus curieux, voici quelques photos:
Inspection des terriers
Une bonne frite boulette à Maleizen pour nous récompenser des 100 premières affiches collées

Evidemment, la photo du retour!!!

Et le soir même, après une première intervention
La poubelle papier après avoir récupéré toutes les affiches

Knacki veut rentrer!

Il me reste à conclure par un message caritatif à l'intention des propriétaires de chiens: savez-vous que votre protégé canin est peut-être un donneur de sang potentiel? S'il pèse plus de 25 kg, qu'il a moins de 7 ans et qu'il a ses vaccins, il peut peut-être sauver une vie... Pensez-y et parlez-en à votre vétérinaire ou à une clinique vétérinaire! Cela peut être combiné avec une simple opération de détartrage par exemple, et sauver des petits chiens fugueurs qui se prennent dans des grillages... 
A une prochaine fois pour un Knackupdate plus calme!

Sunday, August 07, 2016

Knacki a disparu!

Chers lecteurs,
Je vous ai tannés pendant des semaines avec les opérations de Knacki, qui pour la première fois depuis son accouchement allait enfin mieux... Mais c'est pour revenir avec des nouvelles encore plus alarmantes!


Ce vendredi soir (5 août), Knacki a disparu de chez mes parents à Wezembeek. Salami et elle sont partis dans le jardin vers 19h, et vers 20h seul Salami est revenu. Nous connaissons tous la tendance plus que prononcée de Knacki pour les terriers inaccessibles - on lui a pourtant dit qu'il n'y avait pas de pokémons là-dedans mais bon... Mes parents ont cherché toute la nuit en vain, mais ont rapporté une note positive: Salami n'était pas plein de terre, ce qui voulait dire que quand ils se sont séparés ils n'avaient pas été s'enfouir dans le sol. Il n'empêche, pour nous tous l'hypothèse du terrier planait sur sa disparition.
Samedi matin je suis rentrée dare dare de Londres pour rejoindre les recherches. Mais nous avons maintenant une hypothèse alternative à celle du terrier. On était en train de distribuer des affiches tels des témoins de Jéhovah à tout Wezembeek, Kraainem et Tervuren (leur disant de fouiller leur jardin, en gros) lorsqu'on m'a appelée. C'était quelqu'un qui avait vu l'annonce facebook et qui disait avoir vu Knacki à Overijse. Il était sûr que c'était elle, mais elle ne se laissait pas approcher, elle courait partout en mode panique. Je suis allée sur place, j'ai collé et distribué des affiches partout, mais personne n'a pu me confirmer l'avoir vue. 
Je ne sais pas trop que penser de la fiabilité de l'information, c'est sans doute ma rigueur scientifique qui me dit de cross-checker mes sources avant de divulguer une information. La distance parcourue est grande et Knacki a un caractère sociable, elle n'a pas peur des gens... Mais cela colle par contre avec le parcours et la distance de Chica pendant sa fugue, et les chiens comme Knacki sont rares et facilement reconnaissables. 
Aujourd'hui, nous nous réveillons après une seconde nuit sans Knacki. Si l'hypothèse de la fugue se confirme, alors l'espoir est permis: Chica avait tenu six jours sans manger et en plein gel. Ici, la météo est clémente et Knacki sait chasser. 
Si vous voulez aider dans les recherches, n'hésitez pas à partager ce lien facebook: https://www.facebook.com/Bibil/posts/10100615943147161
Sinon, contactez-moi pour une affiche en pdf. Elle peut être n'importe où dans le Brabant Flamand ou Wallon ou même plus loin!


Friday, June 10, 2016

Aaaaah ben dites, on respire un petit peu...

Merci beaucoup à tous ceux qui ont exprimé leur soutien pour Knacki... Et réjouissons-nous parce qu'elle n'a pas un cancer! Elle a un kyste inflammatoire qui s'est développé autour d'un ulcère, ou alors d'un corps étranger, on doit encore voir... La seconde option aurait tendance à valider l'hypothèse du karma, la punition du destin sur Knacki pour avoir bouffé la poule de Sophie, mais nous ne sommes pas tous partisans de cette explication. Mais donc soyons soulagés, c'est la meilleure des nouvelles qu'on puisse recevoir. Il y aura encore une opération qui sera délicate, car le kyste est très mal placé, dans une partie de l'intestin où il y a beaucoup de tension, près du pancréas. Knacki n'est pas encore complètement sortie d'affaire... Mais j'ai confiance et c'est déjà une si belle étape!  

Thursday, June 02, 2016

Quelques photos récentes

Photos à thème, évidemment, au vu de mon dernier post. Je suis toujours dans l'attente des résultats de la biopsie de la tumeur de Knacki. J'avais le moral dans les chaussettes pendant deux jours (je suis même allée jusqu'à me faire du mal en regardant les rétrospectives pour me souvenir des bons moments, mais en fait j'ai pleuré tout le long), mais petit à petit je digère la nouvelle et je me prépare à la suite, quelle qu'elle soit. 
Knacki m'impressionne par sa gestion de la douleur et se remet un peu trop vite de son opération de mardi. Elle veut courir, chasser, monter et descendre les escaliers, enfin bref tout ce qu'on m'a dit de lui éviter pendant dix jours. Mais elle est de nouveau joyeuse et a retrouvé sa personnalité. Elle a droit à tous les luxes: exit les croquettes, bonjour la pâtée bio qui fait passer tous les médicaments. Accès illimité au canapé et à mon lit où elle se tient en effet vraiment tranquille, et à sa niche de grossesse nerveuse sur laquelle elle est un peu trop intense. Elle se fait chouchouter comme jamais, ce qui est aussi une façon d'intervenir quand elle manifeste des velléités de chipoter à sa cicatrice. Bref, elle était déjà très choyée avant, mais là elle est carrément pourrie gâtée. Je crains que tout retour en arrière ne soit très difficile une fois passée la période de crise. 
Mais en attendant d'avoir des nouvelles, je vous montre quelques photos prises pendant le mois de mai, avant l'opération.
1. Un teckel sur des teckels. Le canapé ce n'était pas assez confort, il fallait tester les coussins.
2. Un teckel sur un autre teckel. Quand Knacki cherche son confort en squattant le panier ou les peluches des autres, Salami, lui, cherche juste un autre chien.
3. Un teckel qui profite du soleil... Parce que oui, malgré la météo maussade de ces deux (trois?) dernières semaines, on a eu du soleil au début du mois de mai, genre quelques heures peut-être, et si il y a bien une chose dont Knacki ne pourrait pas se passer...
4. ... C'est ceci. 
Mmmmh. Transat, cocktail et piscine, nous sommes aux Bahamas.
Et enfin, pour conclure sur une photo prise ce matin, deux jours après sa première opération... Elle a un ventre rasé et un énorme pansement (si l'aspect de cette photo vous rebute, sachez que c'est juste une sorte d'ouate qui était déjà de couleur jaune à la base). Mais elle parvient à trouver son confort et elle a heureusement l'air de ne pas trop souffrir quand elle ne bouge pas...
Mais ce n'est pas pour autant qu'elle va rester tranquille. Demain le pansement s'en va, et on verra pour la suite...

Tuesday, May 31, 2016

Knacki

J'aimerais bien tout le temps pouvoir partager de bonnes nouvelles... Mais cette fois-ci malheureusement je serai un peu pessimiste. Ce matin, on a trouvé une tumeur chez Knacki. 
Cela n'est pas vraiment une surprise en réalité, cela faisait longtemps qu'elle n'allait pas bien. On riait un peu de moi parce que j'avais la visite au vétérinaire un peu facile, parce que je me faisais des films sur ses problèmes digestifs. Mais je voyais bien que cela n'allait pas, que les médicaments ne marchaient pas et que les mêmes symptômes revenaient sans arrêt. Pendant des mois, j'ai été la seule à m'en faire, avec occasionnellement mon vétérinaire qui était frustré de ne pas trouver la source de ses problèmes. 
Puis il y a six semaines, l'état de Knacki s'est dégradé. Le vétérinaire m'a envoyé faire une première échographie, qui a dit que tout allait bien, mais a identifié, presque en note de bas de page, les restes d'un ancien ulcère sur ses intestins. Rien d'alarmant. Pourtant, plus d'un mois après, la situation ne s'était toujours pas arrangée, et Knacki a commencé à avoir des spasmes de façon régulière. Une seconde échographie a découvert une masse dans son système digestif, identifiée comme un corps étranger qui était bloqué. Mais personne n'était inquiet, on faisait des blagues sur ce qu'elle avait bien pu manger qui ressemblait à ça. Ce matin, l'opération était décrite comme une opération de routine, et on allait enfin savoir ce qui la faisait tant souffrir, et en être libéré. Et en ouvrant, et bien, voilà. En réalité, cette masse, c'est une grosse tumeur qui obstrue son système digestif. Il va falloir attendre les résultats de la biopsie pour décider de l'étape suivante, s'il y a quelque chose à faire ou si la situation est déjà trop avancée. 
Le scénario optimiste serait que la tumeur soit encore opérable, que le reste du système digestif ne soit pas encore atteint. Il y a plusieurs éléments en faveur de ce scénario, notamment l'absence de métastases ou de ganglions à l'échographie, et le jeune âge de Knacki. La tumeur est placée à un endroit difficile, à côté du pancréas. L'opération serait difficile mais pas impossible si un spécialiste s'en charge. Il y aurait sans doute des conséquences futures sur la qualité de vie de Knacki. Mais ce serait toujours mieux que le scénario négatif, que je ne dois pas vous décrire. Le vétérinaire était assez pessimiste après avoir vu l'apparence de la tumeur. Mais de nouveau, tant qu'on ne sait pas à quoi on a affaire, on ne sait pas ce qu'on doit faire. 
Une photo prise hier, avant l'opération
Ce n'est pas la première fois que je m'inquiète pour Knacki. Il y a eu toutes les fois où elle n'est pas rentrée et où elle a été recueillie plusieurs pâtés de maison plus loin; ou celles où il a fallu la déterrer de terriers de lapins quand on l'entendait couiner sous terre après des heures de recherche; ou encore les plaies impressionnantes ramenées d'on ne sait quel barbelé. J'ai toujours pensé que c'était son côté casse-cou qui lui jouerait l'ultime mauvais tour. Mais plus le temps passait, plus j'avais l'impression qu'elle s'assagissait. Elle voulait moins sortir, elle courait moins vite. "C'est l'âge, sans doute". Tant mieux. 
Quand je repense à tous les moments où on m'a dit que ce n'était rien, que mon chien était en bonne santé, et où j'étais soulagée de constater que c'était juste moi et ma paranoïa. Je rigolais en disant que si j'étais comme ça avec un chien, il ne valait mieux pas savoir ce que ça donnerait avec des enfants. A chaque fois que Knacki avait des spasmes après avoir mangé, "c'est parce qu'elle mange trop vite", à chaque selle noire, ah non, "brun foncé, il fait sombre Bibil tu vois mal", qu'est-ce qu'elle me colle ce soir quand même, "elle est jalouse de Salami", et son habitude de boiter chaque fois qu'elle devait faire son affaire, "c'est drôle quand même cette manie, mais elle n'a pas vraiment mal, hein". Et puis Bibil, ce focus sur les douleurs de digestion de ton chien, c'est de l'anthropomorphisme enfin! Ce n'est pas parce que tu as une gastrite que ton chien a lui aussi forcément mal quand il digère. Mais maintenant que la science me donne raison tout prend du sens. 
J'essaie de m'imaginer fêter mes 40 ans, avec Knacki qui aurait dix ans, Salami qui en aurait huit, et les invités qui se demanderaient où a filé le temps. Mais pour l'instant j'ai à côté de moi un petit chien qui tremble de douleur. Je dois résister à la tentation de déjà faire son deuil, alors qu'on ne sait pas, finalement. On ne sait pas à quoi on a affaire. 
On ne peut qu'attendre. 

Wednesday, May 25, 2016

Un sac pour Adèle


Dans notre société contemporaine, nous pouvons faire deux observations pertinentes:
1. Coudre des sacs comme celui que vous voyez là, c'est le bad à mort. Cela implique une tirette, du passepoil, la maîtrise de certaines proportions, de la couture sur beaucoup d'épaisseurs différentes et beaucoup de prise de tête. Et en plus, ça prend un temps bête. C'est pourquoi je ne le fais jamais.
2. Certaines personnes sont très spécifiques quant à ce qui leur ferait plaisir, et sont aussi très insistantes.
Par exemple, mon amie S. qui, non contente d'insister à fond sur le fait que cela lui ferait teeeeeeellement plaisir d'avoir ce sac, que le patchwork elle s'en fout, que c'est le seul cadeau de naissance qu'elle me demandera jamais, et que oui elle savait que je n'aimais pas faire ça et que je lui avais déjà dit non, mais ce sac sa fille pourrait le garder toute sa vie, etc etc. Et d'ailleurs elle avait déjà le tissu, qui bien sûr n'était pas du tout un tissu adapté pour faire un sac, et d'une couleur rose pâle très fade, mais soit. 
Bref, c'est bien pour une fois. N'importe qui d'autre me demande un sac week-end, je l'envoie chier, je le préviens. (Ou je l'envoie chez Astrid qui en fait des magnifiques et qui sont de bien meilleure qualité que ce que je pourrais jamais faire).
Donc, j'ai fait comme pour toute chose que je n'aime pas particulièrement faire: j'ai procrastiné, jusqu'à ce que je commence à avoir des entretiens d'embauche et que je me dise, autant mettre ça derrière moi tant que j'ai encore le temps de le faire. Et puis je dois dire que de façon sporadique (disons, toutes les deux semaines), ladite amie me rappelait que bon d'accord j'avais ma fin de thèse, mes cours de néerlandais et mes candidatures, mais il y avaient quand même des enfants qui étaient nés après le sien qui recevaient des patchworks, et que d'ailleurs cela fait six mois qu'elle balade les affaires de sa fille dans un sac Ikea. 
Je me suis un peu cassée la tête sur les associations de couleurs et sur le patron (que j'ai fini par faire moi-même, on n'est jamais mieux servi que par soi-même), puis j'ai associé son tissu rose pâle avec du jeans et un autre rose un peu plus peps, et cela donne ceci.

Un zoom sur les détails



Avec un passepoil parfaitement inséré grâce au conseil d'Astrid de Cousu Main: utiliser un pied pour tirette invisible pour le placer. Le tissu rose pâle est une housse de couette de chez prémaman; le jeans vient de chez Megaware; et la lanière et le passepoil de chez Véritas.  
Mais oh! Vous avez vu? Une poche passepoilée à l'intérieur!


Mazette! Et un bavoir assorti avec les chutes de tissu! (Mais vous savez depuis longtemps où faire customiser les vôtres, je n'ai plus à vous le dire)


Enfin voilà une bonne chose de faite! Et tiens, vous avez vu la photo suivante? Vous pensez à la même chose que moi?


Il y en a qui y ont pensé, en tous cas...

Tuesday, May 17, 2016

Le cycle de l'attente d'un entretien d'embauche

Jeudi, j'ai un entretien d'embauche. Et comme à chaque fois, avant un entretien d'embauche, je me mets dans des états pas possibles. Peu importe la fréquence des entretiens, l'importance du job et mes compétences pour l'exercer. A chaque fois, c'est le même cycle de stress qui se répète.

1. La réalisation
"Aaaaaaah mais dites, c'est dans moins de 48 heures ce truc! Nom de nom, ça me semblait tellement loin, et maintenant, là, ça me semble tellement proche..."

2. Le vent de panique
"Ils vont se rendre compte que je suis un imposteur, que je n'ai pas les compétences pour le poste, qu'ils sont juste en train de perdre leur temps, je vais me faire humilier, rire au nez, rejeter, traîner par terre, les goudrons et les plumes, aaaaah mais quelle angoisse!"

3. La préparation frénétique
A savoir, la seule partie du processus qui est légèrement constructive, sauf que quand on panique trop laisse tomber qu'on retienne, par exemple, des formules mathématiques. Puis on n'est jamais totalement prêt, puisqu'on ne sait pas à quoi s'attendre, et on ne sait pas quoi faire de plus, mais on se dit qu'il y aurait encore sans doute quelque chose à faire, qu'on devrait pousser plus loin, et qu'est-ce qu'on fout à glander, là. Et on repanique un petit peu.

4. La tentative de raisonnement
"Attends Sybille, tu es déjà passée par bien pire. La peur d'un événement est toujours pire que l'événement en question. Quel est le pire qu'il puisse t'arriver? De toutes façons ces gens tu ne les connais pas, et si tu n'as pas ce job et bien c'est qu'il n'était pas fait pour toi, il y aura d'autres entretiens qui suivront, et l'essentiel est que tu aies l'air à l'aise parce que si tu es stressée c'est ça qui te mettra dedans, et blablabla. Et te mettre dans des états pareils, tu vas juste te pourrir la santé."

5. L'overconfiance
"Bon Sybille, tu n'as pas un si mauvais CV quand même, et comparé aux autres candidats (qu'évidemment je n'ai jamais rencontrés), je suis sûre que tu te compares, et bon on ne s'attend pas à ce que tu excelles dans tous les domaines demandés, si tu parviens à te vendre il y a quand même moyen." 

6. Le déni
L'oubli temporaire de l'imminence de l'événement anxiogène par l'occupation de son temps et de son attention à une tâche triviale. Comme par exemple updater le blog.

La fin de la boucle: la fustigation devant tant de naïveté et retour au stade numéro 1.

Puis, quelque part dans le processus, je vais sortir l'homéopathie, puis quand ce ne sera plus assez, la phytothérapie, et déjà ça c'est limite un peu trop pour moi, alors je vais stresser d'avoir pris trop de trucs qui m'empêcheront de penser correctement.
Et évidemment, après l'entretien, je vais mâcher et remâcher dans ma tête tout ce que j'ai dit de travers, tout ce qui m'a enfoncée, tout ces petits moments d'humiliation larvés... Et enfin, seulement après, mais pas tout de suite, je vais progressivement relâcher la pression. Genre, deux jours après. Oui, mais seulement jusqu'à ce que je me souvienne de cet article sur internet (ne jamais lire internet!) qui disait que la plupart des maladies ou accidents cardiaques n'arrivent pas au moment du stress, mais quand on se relâche après le stress, alors du coup je vais me blâmer de m'être mise dans des états pareils pour un simple entretien, puisque bon, au final, tout ça pour ça. 
Puis de me demander combien de fois je peux répéter l'expérience parce que sérieusement, c'est usant.  
Surtout qu'à la base, j'avais postulé à ce job en me disant que dans ce domaine-là, les enjeux étaient moins élevés, et donc que dans l'hypothèse très improbable où je passais les multiples tests de sélection et que je me retrouvais à l'interview, et bien, je ne serais pas trop stressée.
TU. PARLES.
Enfin qui ne tente rien n'a rien.
(Mais qui tente, parfois n'a rien non plus au final, remarquez).

Wednesday, May 11, 2016

Patchwork!

J'interromps cette série spéciale consacrée à la thèse pour vous parler de couture... Car un de mes premiers projets post-thèse a en effet été la réalisation d'un gigantesque patchwork! Gigantesque, car voici la taille une fois la bête terminée...
(Oui, j'ai des vêtements sur cette photo, il ne faut pas croire). 
Je me suis inspirée d'un motif de point de croix pour créer cette énorme initiale pixelisée pour une petite Garance! Les tissus m'ont gracieusement été offerts par Karakol (sauf les tissus unis qui venaient de mon stock). C'est un chouette magasin spécialisé dans le patchwork où vous pourrez non seulement trouver des tonnes de tissus très colorés (voire flash si c'est votre goût!), mais aussi des cours et des ateliers de patchwork. Sophie, la fondatrice du magasin, est une passionnée de patchwork et ne manquera pas de vous donner tous les conseils et sources d'inspiration dont vous aurez besoin. De quoi vous aider à réaliser ceci: 
Et de vous donner non seulement sur l'assemblage du patchwork, mais aussi sur le piqué libre! Pour info, ce motif de piqué libre, que j'utilise quand même très souvent (parce qu'il pardonne toutes les imperfections) s'appelle le McTavishing, vous pouvez trouver un tutoriel ici par exemple
Et ce qui est bien, c'est qu'avec les chutes... On peut continuer à faire du patchwork en cousant des accessoires coordonnés! Ouiiiii! Et quand on pense que les chutes sont trop petites, et bien non, il ne faut pas les jeter, car il y a encore moyen... A l'infini... Aaaaah, le patchwork, ce monde magique du zero waste, c'est formidable. (Mais il y a un moment où on commence à bien se prendre la tête quand même). 
Sophie me fait l'honneur d'exposer ce patchwork dans son magasin, Karakol, avenue du Duc Jean 18 à Ganshoren (parking très facile), pendant quelques jours. Si vous voulez le voir de près, c'est l'occasion!
Et n'oubliez pas que j'ai plein de bavoirs similaires sur ma boutique Etsy...
A bientôt!