Monday, October 19, 2015

Libérée, délivrée...

Vendredi, j'ai envoyé ma thèse à mon promoteur.
Alors, pour la distinction technique, cela ne veut pas encore dire que j'ai déposé ma thèse. Logiquement, la façon dont cela devrait se passer, c'est qu'à ce stade-ci j'aurais officiellement déposé ma thèse, qui serait arrivée aux membres de mon jury, six semaines après il y aurait eu une défense privée où mon jury m'aurait exposé les modifications à faire, je les aurais faites, puis quelques semaines après j'aurais eu ma défense publique pour bien avaliser le tout. Mais comme on ne fait rien comme les autres ici en sciences sociales, on a la défense privée et publique le même jour, ne me demandez pas pourquoi, on n'a pas la réponse. Mais le résultat c'est qu'il n'y a pas le temps de faire des corrections entre les deux défenses... Et donc c'est un job qui doit être fait en amont entre moi et mon promoteur, et celui-ci doit me donner l'autorisation de rendre avant que je ne puisse déposer officiellement.
Si vous lisez bien, cela veut dire que le job de 5 personnes doit être faite par une personne, et sans limite temporelle déterminée. Et quand votre promoteur est devenu doyen et que vous rendez votre thèse pile au moment où il doit gérer la fusion entre deux facultés, vous êtes, pour ainsi dire, dans une situation légèrement problématique. Je ne sais donc pas quand sera la prochaine étape, à mon avis pour décembre au plus tôt. Et oui, c'est une étape que je peux passer, mais que je ne veux pas passer, car cela relèverait d'un acte kamikaze.
Mais à que cela ne tienne. J'ai rendu. Vendredi soir, c'était bizarre, je voulais tout le temps revenir sur ma thèse, mais je ne pouvais pas, parce que réellement il n'y avait plus rien que je puisse faire de plus à ce stade-ci. Mais samedi, quelle sensation! Je me suis réveillée en croyant que c'était le matin de Noël. Quand on me disait que cette thèse était toujours à l'arrière de mon esprit et qu'elle me bouffait de l'intérieur je disais toujours que non, ça allait, je ne me sentais pas si stressée que ça. Mais maintenant que cette épée de Damoclès n'est plus au dessus de ma tête, dites donc qu'est-ce que je me sens mieux!
Puis évidemment je fais ce que je fais toujours, c'est à dire que j'avais prévu de glander comme jamais entre séries et sieste, et au lieu de ça j'ai bourré mon week-end au maximum. Je suis allée à un mariage, un brunch, un lunch, une virée shopping, un cours de yoga, un apéro et un théâtre. J'ai fait de la broderie, de la cuisine et de la couture. J'ai promené mes chiens pendant des heures et des heures. Et cette semaine je ne suis pas désoeuvrée non plus. J'entame la to-do list post-thèse, qui remplit une page A4 (je vous jure elle existe vraiment), comprenant essentiellement des postes liés à ma recherche d'emploi, à mes travaux et à un retour en force à la vie sociale. Bref, je n'ai pas encore vraiment eu le temps de sentir le grand vide de post-remise de thèse, ce mix entre le baby blues et le syndrome de Stockholm. Pour le moment j'en suis surtout à espérer avoir un maximum de temps entre maintenant et la phase suivante pour que je puisse un peu récupérer. 
Il n'empêche... C'est vraiment bizarre de se sentir tout à fait légitime dans le fait de ne pas bosser sur sa thèse. Je veux dire, de ne pas se sentir coupable, de se sentir tout à fait autorisée à prendre son temps pour faire les choses, et à sortir de cette logique de rentabilité où il faut produire, produire et encore produire. Et je suis beaucoup moins angoissée de savoir que je partage maintenant la responsabilité de cette thèse avec quelqu'un d'autre, et qu'au cas où il m'arrive un truc, une autre personne pourra prendre soin d'elle quand je ne serai plus là.
Potentiel de faire-part de naissance au moment du dépôt officiel, je ne vous dis que ça.

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