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Thursday, August 02, 2012

(oufti, j'ai les clés du blog!)

Ami de Sybille,

J'aurais pu te raconter l'histoire du type qui fait des travaux dans son appart ou l'histoire du type qui travaille à La Louvière (min wèèèèè?) voire l'histoire du type qui revient d'un dîner sous une pluie battante et se rend compte qu'il a oublié sa lessive en train de sécher sur la terrasse, mais je préfère te raconter l'histoire du type qui a rencontré un dieu vivant un peu à côté de ses pompes.

Ces 28 et 29 juillet, à Spa-Francorchamps se tenaient les "TOTAL 24 HOURS OF SPA". Il s'agit d'une des plus belles course automobile organisée dans notre petit pays (la Belgique pour ceux qui nous lisent de l'autre côté du monde) et qui dure 24h comme son nom l'indique. 24h avec des voitures qui tournent en rond et font un bruit de fou, comme c'est passionnant, me diras-tu (sans sarcasme)! Je ne doute pas un seul instant que tu rêves d'y assister (et je te comprends!)... En réalité, on ne fait pas que regarder des voitures qui tournent sur la piste, on profite aussi de l'animation qu'il y a autour (et pour les plus chanceux dont j'ai fait partie, des paddocks et des verres offerts par les écuries).

Team WRT - Les meilleurs!
De l'animation? Mais quelle animation? Par exemple du concert organisé à côté du circuit avec un artiste de renommée internationale... Cette année, c'était un petit britannique, un certain Faithless qui était programmé. Ami de Sybille, arrête toi un instant et crie ta jalousie: "Comment que ça se fait? il n’est pas censé être à la retraite ce monsieur, nom d'un pipe en bois?" Eh bien, visiblement, sa pension d'artiste ne doit pas lui suffire car il est venu en guest-star nous chanter quelques chansons (I can't get no sleep, tududududududududududududu) en concert public et enflammer par après le dance-floor dans la soirée privée qui a suivi dans la loge Smirnoff.

Les bracelets qui permettent d'aller un peu partout sur le circuit - ça t'intéresse, hein, ami de Sybille?
20 minutes avant le départ de la course, j'ai rencontré  "dieu vivant" (qui est tout petit, by the way) sur la piste, au moment où les voitures y étaient amenées. Le père de A. qui avait eu l'occasion de discuter avec lui auparavant m'a dit "il est très sympa le disc-jockey! Il paraît qu'il est connu dans le monde entier. Je l'ai invité à boire une bière dans la loge de mon organisation". Je crois qu'il n'aurait pas du le faire : Faithless (enfin, Maxi Jazz, parce qu'en réalité, Faithless, c'est un groupe) a mis un pied à l'étrier!

La course démarre... et la météo change! Pluie, pluie, pluie... Mes amis et moi nous nous réfugions dans une loge pour y manger (et boire un coup). Faithless et ses potes en ont fait autant (pas dans notre loge). Visiblement, ils n'ont pas beaucoup mangé mais plutôt bien bu et fumé des trucs qui font rigoler parce qu'au moment du concert public (enfin, 1h30 plus tard que prévu sur le programme), Maxi Jazz est arrivé bourré comme un camion pour entamer son tube "Insomnia". Après 45 secondes, il s'est mis derrière les platines. Après 60 secondes, la moitié de l'esplanade partait tant son set était affligeant de nullité. 15 minutes plus tard, il s'arrêtait. Déception totale. Pleurs, chouinements, cornet de frites de consolation (3,72€ le cornet. C’est quoi ce prix idiot ?) .

T et F, V, S et A quittent le circuit pour se diriger vers le B&B réservé à 15' de là. Moi, je reste avec B. mon beau-frère. C'est là que tout a dérapé. Après un tour dans les paddocks pour encore voir des voitures qui changent de roues et font le plein d'essence en quelques secondes (oui, c’est passionnant, tu peux garder tes sarcasmes, je t’em***), nous décidons de monter dans la loge Smirnoff; loge à laquelle nous pouvions accéder grâce au bracelet argenté que nous avions reçu lors de notre arrivée sur le circuit. Mine de rien, assister à une course, c'est fatiguant : on marche des kilomètres et tout et tout donc arrivés dans cette loge, B. et moi ne cherchons qu'une seule chose : un endroit où s'assoir, pas trop loin de la piste de danse pour mater les mannequins qui se trémoussent pour bien profiter de la musique. Bon, y'a qu'un seul endroit, c'est la loge VIP: on passe au culot. Bon, dans la loge VIP, y'a qu'un seul endroit de libre, à côté de Faithless. On s'y assied. C’est pas parce qu’il est connu qu’il va prendre toute la place non ?

Maxi Jazz était en train de boire du champagne/rouler un joint/boire une bière/allumer son joint/ inhaler un coup de Ventolin/boire du champagne quand il nous a vu. Pas de stress, welcome les gars, "mettez-vous" comme on dit, prenez à boire. Ca c'est dit, B. et moi avons entamé la vodka et le champagne (LP), ses potes aussi (sa pouf' du jour a adoré le mix vodka-champagne (« but you guys are crazy, I'm driving! »), elle ne connaissait pas le mélange, cette connasse m'a piqué mon verre).

La bibine de "l'animateur de la soirée" - encore plus intéressant, hein, ami de Sybille?
 C'est pas tout ça, mais y'a un moment dieu vivant s'est dit: "tiens, si j'allais mixer". Aussitôt dit, aussitôt fait (enfin, le temps d'arriver à la table de mixage parce que bon, chargé comme il était, il lui a fallu 15 minutes pour faire 15 mètres). Il a commencé. 100 personnes devant la table faisaient des wouhous, hip hip hip, bref, public VIP en délire, on ne se tenait plus, on s'arrachait les chemises Ralph et les polos d'écuries. B. et moi nous étions donné une consigne : on ne bouge pas, on finit les bouteilles. Ben, c'était tellement nul son truc (aucun enchaînement, même S de C faisait mieux à 18 ans avec son lecteur CD et son 4.86) que quand on est parti (et donc, ami de Sybille, tu as deviné, quand les bouteilles étaient vides) qu'il ne restait que 3 fans, avec leur iPhone en train de filmer un vieux déchet décharné passant de la musique, j'ai nommé : Faithless. Grandeur et décadence.

Faithless dans ses oeuvres - La photo est floue, je sais ami de Sybille, mais si tu lis bien le texte tu auras deviné que le premier moustique qui me piquait faisait un coma éthylique.
Déception. I can't get no sleep.

Le team WRT s'est classé 2ème à la fin de la course, c'est très bien. Moi, le lendemain matin, j'avais mal à la tête.

S.

Wednesday, August 10, 2011

Bon ben voilà, ça se calme (à Londres en tous cas)

Contrairement à ce que je l'avais pensé, les émeutes du Nord-Est et du Sud-Ouest ne se sont pas rejointes diagonalement à travers le centre de Londres, mais l'ont contourné par le Sud-Est. Sur cette carte on voit en bleu les événements du weekend, et en rouge ceux de la nuit de lundi à mardi. En orange, une seule incidence pour la nuit passée. (Source)
J'ai eu un peu de mal à comprendre leur stratégie. J'aurais été à leur place et j'aurais voulu faire passer un message, je serais allée faire du bruit du côté où cela aurait eu un impact. Genre, les ministères ou les banques, quelque part dans le centre. Mais à la place ces jeunes se tournent contre leur propre communauté. Ce qui me fait penser qu'ils n'ont pas de stratégie. Ce sont des jeunes qui n'ont rien à faire et rien à perdre. Ils restent là où ils sont, le long des rues commerçantes, et vont piller les magasins devant lesquels ils passent pour se rendre au métro, surtout de matériel électronique, de téléphonie mobile ou de vêtements de sport. Une petite pensée à la famille Reeves, qui a tout perdu suite à l'incendie volontaire de leur magasin plus que centenaire. Et dans une moindre mesure à l'ami Jamie, dont le resto de Birmingham a été saccagé, mais bon on va dire que vu son empire financier ce ne sont pas quelques vitres brisées qui vont le ruiner.
Ce qui surprend c'est là où ça éclate. Bon, à Lambeth, Lewisham ou Elephant & Castle, ce n'est qu'une histoire de plus de coup de poignard ou de jeunes à problèmes. Mais à Clapham par exemple, quartier jeune, dynamique et un peu bobo (équivalent belge, on va dire, le Chatelain), tout a été mis à sac.
J'ai checké avec mes amis sur place, ils vont tous bien. Certains se sentent juste un peu forcés de rester barricadés chez eux ou au bureau en écoutant les voitures de police passer. Mais ça se calme, cette nuit a été super calme (en même temps 16.000 policiers dans les rues ça calme bien, le seul endroit où il y a eu un incident est à Canning Town qui est juste l'endroit le plus au milieu de rien qu'on puisse imaginer). Les journalistes se déplacent à Manchester, et tout le monde sait bien que c'est là où les journalistes sont que les émeutes ont lieu.
Aujourd'hui, un Waterstones disait: "We are staying open and if they steal our books they might learn something".

Tuesday, August 09, 2011

London is burning

La première fois que je suis arrivée à Londres était en 2006. A ce moment-là, je vivais dans la périphérie au Nord-Ouest, zone tranquille; toute la zone à l'Ouest de Londres a toujours été très tranquille. En 2007 j'ai déménagé au Sud, quartier réputé chaud; je l'ai trouvé pauvre, certes, et chaud de façon localisée (ne visons pas Elephant and Castle ou Lambeth). Tous les jours je prenais le bus à travers ces quartiers pour me rendre dans le centre et voir la métamorphose progressive des bâtiments et des gens au fur et à mesure du trajet. La plupart de mes amis de l'époque habitaient également au Sud. La LSE avait des hall of residence à Borough, à Tower Hill et à Southwark. Esmé habitait Stockwell, Audrey habitait Brixton.
Brixton, vous devez en avoir beaucoup entendu parler ces derniers jours. A l'époque, le quartier avait une mauvaise réputation, mais Audrey insistait que l'endroit avait changé; et en allait lui rendre visite on ne pouvait qu'être d'accord avec elle: de superbes bâtiments de la Belle Epoque, petits appartements ou même petites maisons de maître où il fait bon vivre, vraiment un joli quartier. Et signe suprême de sa sécurité nouvelle, une multitude de chaines récemment ouvertes qui avaient jugé le quartier assez sûr pour s'y installer. C'est assez ironique de voir que ce sont ces chaines qui se trouvent maintenant les cibles des émeutiers. Plus là dessus plus loin.
Cet été, je suis allée vivre au Nord (on va dire, au Nord Nord, la partie bourgeoise, parce que bon on a beau dire que Tottenham est au Nord, je vous assure qu'on ne parle pas de la même chose), et je suis allée travailler à l'Est. Et en quatre ans l'Est était devenu the place to be. Tous mes nouveaux collègues y habitaient. J'y faisais de longues promenades et de mémorables sorties nocturnes. La cause? Sur le long terme, l'arrivée prochaine des jeux olympiques à Stratford, qui avaient mené à un énorme investissement dans le quartier et à une hausse de l'immobilier. Sur le court terme, l'ouverture d'un nouveau overground reliant les quartiers d'Hackney et Dalston au centre. Mais tout cela était encore très récent, tout était encore en construction, comme une promesse d'une nouvelle ville dans la ville. J'ai été frappée de voir que contrairement à Brixton, aucune chaine n'y avait encore mis le pied, on y achetait tout chez des vendeurs turcs locaux. Mais leur faillite prochaine était annoncée avec l'ouverture prochaine d'un Marc & Spencer, d'un Tesco, et d'un restaurant Jamie Oliver.
Et maintenant, en août 2011. Je suis à Bruxelles, mais j'ai les yeux rivés sur la propagation de la violence à Londres. Elle a commencé à Tottenham, au Nord-Est. Un jour après est descendue presque naturellement vers Dalston et Hackney, le long de la route principale qui relie Tottenham au centre de Londres. (Route que j'ai empruntée lorsque j'ai marché de Finsbury Park à Hackney). Pour l'instant elle stagne plus ou moins à Stratford. Puis un deuxième foyer a éclaté à Brixton, population similaire, mais qui se trouve très très loin, à son opposé géométrique, genre comptez une heure de trajet.
Petite carte pour illustrer mes dires, qui doivent vous sembler très hermétiques (oh ça va c'est mal fait mais c'est artisanal hein)
Mis à part retracer le parcours de la violence, les médias n'ont qu'un mot à la bouche: mais pourquoi font-ils cela? Certains y voient une opportunité prise par la racaille de Brixton de piller toutes ces chaines qui se sont installées là mais qui restent trop chères pour eux; ça peut expliquer certains comportements (la première cible ayant été la chaine Curry's, une sorte de combo entre Vandenborre et the Phone House, qui vendaient des iPhones; suivi par des branches de O2, un réseau de téléphone qui vendait... des iPhones). Mais je pense qu'il y a une insatisfaction plus large. Quand je suis arrivée en avril, il y avait un climat de frustration ambiante à cause des réductions budgétaires du gouvernement, notamment en ce qui concerne le financement des universités. Les manifestations n'avaient rien changé, il faut dire que la culture des grèves et de la syndicalisation est beaucoup moins développée en Angleterre que dans certains pays limitrophes. Il y avait une sorte de sensation désagréable que le gouvernement, dans sa volonté de limiter ses dépenses au strict essentiel, avait comme oublié d'investir dans l'avenir de sa jeunesse. C'est mon avis personnel, mais je pense que les émeutes n'ont plus rien à voir avec des émeutes raciales comme dans les années 1980s, et comme l'incident qui les a déclenchées pourrait laisser penser; ce sont des émeutes socio-économiques, une jeunesse frustrée face à un cout de la vie croissant et à des opportunités d'avenir de plus en plus maigres. D'accord, les classes socio-économiques les plus défavorisées sont souvent racialement définies. Mais en même temps je trouve cela assez révélateur que la première des cibles ait été des magasins vendant des iPhones; symboles d'un statut social plus élevé, pouvant être revendus facilement et chers.
L'évolution? Je crois que les émeutes vont entrer vers l'intérieur de Londres via la route reliant Dalston à Angel, puis Angel à King's Cross, ou pour le dire plus rapidement, le long de la Victoria line entre Tottenham Hale et le centre. Et puis à partir du Sud depuis Brixton, de l'autre côté de la Victoria line depuis Brixton vers le centre. Pas étonnant que la Victoria line soit temporairement fermée, on va dire. Mais j'espère en même temps que je me trompe et que cela va se calmer avant d'en arriver là...
Pour votre info, la Victoria Line est la ligne bleue claire reliant le Nord au Sud de Londres.

Tuesday, June 07, 2011

Ah?

C'est marrant, quand je me ramène au bureau avec des sushis, j'ai l'habitude d'enclencher un petit débat entre les pro-sushis (trop boooon) et les contre-sushis (poisson cru). Sauf que là on ne m'a pas parlé une seule fois de la potentielle fraicheur de mon poisson. Non. C'était plutôt: "hé mais il y a des concombres dans tes sushis! Fais gaffe, dis, t'as vérifié l'origine?"

Thursday, June 18, 2009

Bon, allez, le suspense a assez duré.

Oui, je suis partie à Londres il y a de cela deux semaines. Non, je n'ai pas eu le temps de blogger depuis. Je ne vais même pas essayer de me défendre. Je suis toujours dans ma phase d'entretiens, et quand je reviens chez moi, j'ai la tête comme un seau et le cerveau comme une éponge, pour m'adonner, soit: 1. à la cuisine, 2. au networking (i.e. voir des amis), 3. au networking (i.e. aller sur facebook), 4. à un sommeil bien mérité, et éventuellement 5. faire du sport, enfin quand il ne pleut pas, ce qui entre nous n'est pas vraiment gagné.
Je blâme la totalité de ma prise de poids sur la météo belge.
Mais passons.
Londres, donc.
Je suis arrivée en un pluvieux samedi matin à une heure trop matinale que pour être décemment citée. Esmé m'attendait quand même à la sortie du train, motivée et fraîche comme un gardon, car nous avions décidé de visiter trois expos dans la journée.
Non, en fait, ce qui s'est vraiment passé, c'est que j'ai appelé Esmé pour lui demander si elle était réveillée, et j'ai clairement compris au ton de sa voix que non, mais qu'elle allait peut-être se lever dans ce cas. Je suis arrivée chez elle et nous avons petit-déjeuner avec un bon thé bien fort (sans théine, mais bien fort quand même, faut pas déconner avec les infusions). Puis nous sommes parties manger des sushis, dans un resto où les sushis passent devant nous sur un tapis roulant.
Cela a donné ceci.
Oops, we did it again
Nous étions deux, et si je puis le préciser, nous sortions déjà de table.
Nous avons ensuite fait un peu de shopping anodin à Covent Garden, puis nous sommes dirigées à Brixton pour prendre un apéro Pimm's chez Audrey.
Le Pimm's!
Audrey qui va bientôt partir en France avec son chat et qui, donc, du coup, a besoin d'un passeport pour chat. Si, si. C'est véridique.
Pet passport
Comme vous pouvez le voir, la photo est en option.
Et le chat s'appelle Petit Chou, heu pardon, Gaspar.
Pet passport
Mais comme rien ne se passe jamais comme on l'avait prévu en ce bas-monde, l'apéro Pimm's s'est éternisé en repas Pimm's qui s'est éternisé en dessert Pimm's qui s'est éternisé en petit déjeuner Pimm's. Où nous avons mangé du Pimm's, et les fruits qui étaient dans le Pimm's, et les cacahuètes à côté.
Les gens n'ont quand même pas faim, j'ai remarqué. Moi de mon côté j'ai dû quémander une tartine au fromage pour ne pas tomber d'inanition vers 2 heures du matin. Mais soit. Cela devait être tout le sport effectué lors de mon entraînement intense à Guitar Heroes sur Wii (si vous avez pu reconnaître la photo antérieure) ou au choc psychologique de savoir que certains d'entre nous se déguisaient en Ewok à leurs heures perdues.
Pimm's entre filles de VoaC
Vous avez devant vous une photo de quatre bloggeuses célèbres que vous pourrez retrouver sur Voice of a City, et hors caméra je cite également un célèbre écrivain de romans policiers, et un chat.
Pour rajouter à la bizarrerie de la chose, je souhaite quand même vous mentionner le fait qu'Audrey a une statue de poisson chez elle.
La statue poisson d'Audrey
Voilà, ça, c'est dit.
Le lendemain après-midi aux aurores, je me suis rendue au centre ville pour quelques heures de shopping intensif. J'ai eu le malheur d'entrer chez Gap, de prendre plusieurs articles vers les fitting rooms, et en me voyant arriver la vendeuse m'a demandé:
- Houla, dites-moi, vous ne voulez pas qu'on fasse appel à notre Personal Stylist?
- Votre quoi?
- Notre Personal Stylist. C'est-à-dire qu'on vous installe dans une pièce très large avec plein de miroirs et que notre Personal Stylist va vous trouver les vêtements qui vous vont le mieux et va vous chercher tout ce que vous voulez.
- Heu, c'est gratuit?
- C'est gratuit.
- Bon, ben, why not, quoi!
2 heures, 2 thés et 60 articles essayés plus tard, voici le résultat.
Le résultat du shopping
Là, c'est bon, je suis parée pour l'été!
Puis je suis allée à Putney manger chez Wagamama et voir Nico & Nathan en concert dans le cadre de leur tournée mondiale, tout cela pendant que vous, chers Belges, vous faisiez la file pour pouvoir voter.
Hé oui.
Pendant des heures.
Certains d'entre vous étiez même assesseurs, oui, toute la journée, toute la nuit. Aaaaaah ces élections.
Ceci dit entre nous, la chose que je déplore le plus dans ces résultats électoraux, c'est que les couleurs politiques dominantes se retrouvent si facilement dans les aliments et salades d'été.
Une salade-carotte-tomate. Huhu Bibil, mais tu es aux couleurs politiques aujourd'hui.
Un mélange de poivrons rouges, oranges et verts. Hiiii mais Bibil t'as pas trouvé de poivron bleu?
Une salade melon rose-avocat-tomates. Et bien Bibil on est allée en Jamaïque récemment?
Soit.
Les amis, ce midi c'est un sandwich au brie, et qu'on n'en parle plus.
Mmmmmm... Sandwich au brie...

Monday, April 27, 2009

C'est là que je sens que mon système immunitaire ne va pas me rendre service

Peut-être ais-je trop travaillé sur la Première Guerre Mondiale et sur son épidémie de grippe aviaire. Peut-être ais-je déjà tenté de m'imaginer ce qui se serait passé si c'était moi là-dedans, au coeur de l'épidémie. Peut-être ais-je trop l'habitude de me choper la plupart des sal*peries qui n'affectent qu'une minorité de la population car la conclusion qui s'est imposée, c'est que si j'avais été là, je n'aurais pas été dans la m*rde. Puis peut-être me suis-je dit que heureusement une épidémie de cette sorte ne risquait pas de se reproduire.
Non mais sérieusement. Je vais commencer à avoir peur de prendre un Doritos. Je vais porter un masque autour de toute personne sirotant tranquillement une Corona... Parce qu'avec un système immunitaire comme le mien, c'est pas gagné. Je le soupçonne secrètement de respecter un quota de 3 maladies différentes par an (le record étant de 5 en 2007). J'aurais eu de quoi rembourser la dette du Tiers-monde avec tous les vaccins contre grippe et autres boosters homéopathique que je fais pour lutter contre le piquet de grève constant de mes anticorps... Une maladie par-ci, une semaine à rester au lit par là, et quand on calcule bien, l'année passée, ce sont cinq semaines que je suis restée dans mon lit en appelant la mort. Cinq semaines.
Alors autant vous dire que cette nouvelle épidémie de grippe porcine, là, je la sens mal. D'OFFICE que si elle débarque en Belgique, je suis la première à me la chopper.
Appelez le Guiness Book. C'est un pari officiel.
Ou alors pariez sur le nombre de fois que je tomberai dans les pommes en pensant à une nouvelle d'ordre bien plus grave: si jamais on trouve un vaccin contre le virus, et bien, ça veut dire une nouvelle piqûre.
Brrr j'ai les poils de dos qui viennent de s'hérisser.

Monday, June 30, 2008

Wednesday, June 04, 2008

Aujourd'hui c'était le bocson à la Commission

Je me suis trouvée embarquée dans la manifestation des pêcheurs français. Cela donnait ceci:
(Vidéo RTBF sur ce lien)
Violent violent, moi à la base j'étais juste là pour prendre paisiblement un lunch bien mérité. Il y avait des barbelés et des manifestants partout. Une fois que je suis entrée dans le bâtiment laconiquement appelé Charlemagne, ça a pêté. Il y a eu des fumigènes, des voitures renversées, des gens qui ont tout cassé, de la police, des chars d'assaut, des lances incendies et des périmètres de sécurité. Nous on regardait tout ça à la fenêtre de façon bovine voire touristique, jusqu'au moment où un homme de la sécurité nous a plaqués sur le sol ou presque, parce qu'apparemment on s'était mis en danger.

Sans plus tarder voici quelques photos de l'événement:
Dans le feu de l'action
Le mécontentement des pêcheurs
Voiture renversée
Le mécontentement des pêcheurs
Police
Le mécontentement des pêcheurs
Les pavés manquants à Maelbeek
Le mécontentement des pêcheurs
Les fenêtres cassées de la DG Agriculture
Le mécontentement des pêcheurs
Ma première expérience d'une manifestation à la française sans avoir à bouger de chez moi... Que c'est beau le multiculturalisme parfois.

Wednesday, December 05, 2007

Ciel, que ce temps m'enquiquine
Cela fait deux jours que je me balade sans parapluie, et puis voilà. C'est inévitable, i-né-vi-ta-bleuh, dès que je mets le pied dehors, il se met à pleuvoir. Dès que je mets le pied dedans, il fait beau. La Belgique m'en veut. J'ai dû faire quelque chose de mal, quelque part, à quelque moment de cette vie ou d'une vie antérieure.
Pourtant ma conscience est légère. Après tout, j'ai travaillé bénévolement pour des ONGs pendant au moins 1/3 de cette année, et mon shopping de cadeaux de Noël consiste en:
- Quelques bougies Amnesty International - malgré le fait qu'ils m'ont refusée pour leur stage.
- Un Oxfam Unwrapped - je vais offrir une chèvre à un agriculteur africain au nom de quelqu'un de ma famille.
- Planter un arbre pour WWF - mais mon père trouve ça moins drôle que la chèvre, car après tout si on veut planter un arbre, on peut le faire nous-même.
- Quelques Peace Bonds pour NonViolent Peaceforce - j'ai toujours rêver d'acheter des heures de paix dans le monde.
(You know you've been working in an NGO for too long when...)
Et malgré cela, MALGRE cela, et bien, le ciel belge me pisse à l'arrêt.
Oui, je sais ce que vous êtes en train de penser.
Vous vous demandez si vous ne serez pas la prochaine personne à recevoir un cadeau/donation à une ONG.
Surtout si vous faites partie de ma famille.
Et vous avez peur.
Si quelqu'un a une requête spéciale pour la chèvre ou pour l'arbre, faites-le moi savoir.


... Et plus important encore, Knut a un an. Aaaah quelle émotion les amis...
Il a reçu une bougie en bois et une salade de poisson pour célébrer cela...

(Photo: AFP pour la BBC)

Tenez, je vous rajoute même un petit documentaire éducatif sur l'anniversaire de l'ours.


Et puis pour le souvenir...

Comme quoi ça grandit vite ces petites choses.

Wednesday, September 12, 2007

Sybil the cat

Ca y est, c'est fait, le noble félin s'est installé à Downing Street, chez son Chancellor de maître, Alistair Darling. Et il (elle?) s'appelle Sybil. Gordon Brown a officiellement accueilli le First Cat en sa demeure, les médias étaient là pour couvrir l'événement, c'est dire. Certains disent qu'il s'agit d'une stratégie du nouveau premier ministre pour gagner le coeur des cat lovers, nombreux à Londres. D'autres prétendent que Gordon Brown aime réellement les chats. En tous cas, ce n'était pas le cas de Chérie Blair, apparemment, qui a banni tout félin de sa maison sous le fallacieux prétexte d'une allergie.
Il n'y avait pas eu de chat à Downing Street depuis que Humphrey avait pris sa retraite en 1997. Si, si, Humphrey c'est un prénom de chat, tout comme Sybil d'ailleurs.
Alors. Qu'on appelle ses poissons rouges Bibil et Bubulle, je veux bien. Qu'on appelle une voiture la Bibil Mobile, je veux bien aussi (surtout qu'il s'agit de la mienne). Mais qu'on appelle un CHAT, la plus vile des domestiques créatures sur terre, par le doux prénom que mes parents m'ont donné, ça, je ne veux pas.
J'ai entendu ce matin à la radio qu'il était permis de chasser le chat en Belgique... Je propose qu'on vote une loi similaire à Londres. Ou, à défaut, qu'on lui mette du cyanure dans la gamelle.

Friday, August 24, 2007

Climate Change
A moins de ne pas avoir regardé par sa fenêtre depuis le mois d'avril, ou de ne pas avoir lu les plaintes continuelles de ce blog, vous l'aurez tous remarqué: ici, on est passé à la case novembre sans être passés par celles ni de juin, ni de juillet, ni d'août. Cela fait des mois qu'il fait dégueulasse. Et pendant que j'écoute les Londoniens se plaindre des inondations, voici que j'apprends qu'en Bulgarie... Il fait 45 degrés.
Vous allez me dire que ça fait des mois qu'on en parle, mais hé: je vis sans la télé, je zappe la lecture du journal faute de temps, et les seuls briefings d'actualité qui me parviennent concernent tous Yves Leterme. Voilà le choc: pendant qu'on se les gèle ici en Europe du nord-ouest et qu'on croule sous des trombes d'eau torrentielles, il y a une heatwave sans précédent au sud-est, venant de vagues de chaud remontant de l'Afrique. Il paraît que dans les Balkans, des mines de la Première Guerre mondiale sont en train d'exploser sous l'effet d'une chaleur qu'elle n'ont pas connue depuis un siècle!
Voici deux cartes de la BBC illustrant l'été passé et cet été-ci:

Climate change?

Wednesday, July 18, 2007

Une histoire de quotas
Chaque année, il y a ceux qui réussissent leurs examens, et il y a ceux qui les ratent. Selon tout logique, ceux qui les réussissent passent à l'année supérieure; ceux qui les ratent, souvent, recommencent.
Mais il y a aussi ceux qui réussissent leurs examens mais qui ratent également, qui ne sont pas admis à l'année suivante.
Je parle du numerus clausus pour les étudiants de Belgique en médecine, un quota qui détermine ceux qui seront autorisés à devenir médecins et ceux qui ne le pourront pas.
Je n'écris pas ce post pour relancer le débat sur le numérus clausus, même si personnellement, je pense que le droit d'être médecin devrait être basé sur les compétences d'une personne et non pas sur un chiffre arbitrairement fixé; après tout, la proportion d'élèves compétents n'est pas la même d'année en année. Mais soit, suffisamment d'encre a déjà coulé sur le sujet.
Ma cousine Pascaline vient de terminer sa première en médecine. Pendant toute l'année, il a fallu bosser jour et nuit, en sachant que même en réussissant avec un grade, sa place à l'année supérieure n'était pas garantie. C'est un risque énorme, un investissement personnel considérable, c'est du temps, de l'espoir, et beaucoup de courage qui peuvent s'avérer perdus. Elle m'a décrit l'ambiance horrible de compétition dans les auditoires, tant l'enjeu était important; car pour réussir, il fallait souvent que l'autre rate.
Le jour de la proclamation, la tension était à son comble, alors que patiemment étaient énumérés les noms de ceux qui avaient passé la sélection. Tous ont obtenu une distinction ou plus; des notes assez difficiles à obtenir, même avec la motivation. Malgré le décès de notre Grand-Mère au milieu de la session d'examen, Pascaline était dedans, au grand soulagement de tous.
Elle m'a aussi raconté l'histoire de son amie Viviane, 13,80/20, proclamée 96e sur un quota de 96.
Une bête histoire de quotas qui a ruiné ses perspectives d'avenir.
Car deux jours après la proclamation, Viviane était appellée chez le recteur. Une erreur interne de l'université. Un élève a été sous-coté. Du coup, Viviane s'est retrouvée 97e; elle est recalée. Et comme il s'agit de sa deuxième année d'échec (12,96/20 l'année passée, si vous appelez ça rater), elle ne peut plus tenter sa chance.
Je crois que si j'avais été dans ce cas-là j'aurais pleuré toutes les larmes de mon corps. Et c'est ce que Viviane fait.
Les médias ont été prévenus, l'affaire est remontée au niveau de la ministre, mais aux dernières nouvelles rien ne pourrait être fait: la loi a dit 96, ce ne sera pas 97. Même si Viviane a été proclamée devant 400 personnes, a reçu des invitations à participer aux séminaires de seconde année, y a cru pendant quelques jours. J'imagine la tragédie morale que cela doit être.
Pascaline est scandalisée mais elle me dit aussi que ce n'est pas surprenant, "chaque année il y a des drames". Des drames oui; des erreurs, combien? Dès que je trouve la pétition je vous la mets en lien.

Tuesday, May 08, 2007

Bibil n'est pas française.
Venu de mon flatmate, dimanche soir.
- So who did you vote for?
Mon flatmate qui, si je peux le rappeller, vit avec moi depuis septembre. D'accord qu'on me demande mon opinion; mais qu'on me demande pour qui je vote? Ca a été comme ça toute la journée d'hier, et j'ai bien dû me rendre à l'évidence: ici, on pense que je suis française.
Non mais zut à la fin, il faut que je le rappelle comment? Je ne suis pas française, I am not French, ik ben geen Fransemachin, je suis BELGE. I am from ze pays of ze (French) fries.
Et donc, non, je ne suis pas déçue parce que Sarkozy est élu, ça ne me gache pas ma journée, je ne songe pas à changer de nationalité, parce que de un, je ne soutenais pas Royal, de deux je ne peux pas voter pour un pays qui n'est pas le mien et de trois, au final, ça va changer que dalle à ma vie quotidienne.
Ce qui m'a frappée dans ces élections, c'est à quel point tout le monde s'est senti incroyablement impliqué, qu'ils soient français ou non. J'ai eu droit à des débats passionnés, de brillantes tirades, des analyses pointilleuse, tout cela de la part de gens qui ne voteront pas. Ici, le débat incluait souvent un ou deux français et plein d'étudiants internationaux, et le débat prenait place entre deux tirades sur les affaires internationales. Puis, on passait aux Américains pour un éternel débat sur Bush, et puis le tour de table en venait chez moi et puis... eeeeeuh... et toi Sybille ton président t'en es contente?
Mais par contre il a fallu que j'évite msn ces derniers jours, et ce de façon délibérée, admirez la persévérance. Rien qu'à voir les pseudos qui ne parlaient que des élections française, et j'étais découragée. J'ai envie de dire, oh les mecs vous êtes belges, parlez un peu de nos élections à nous! Oui oui parce qu'il paraît qu'on va avoir des élections un de ces quatre en Belgique... Mais bon jettez-moi la première pierre parce que j'ai quand même fini par en parler sur mon blog.
Je crois que l'occasion est d'ailleurs bien choisie pour vous balancer un petit vox pop réalisé par Victoria, qui s'est baladée dans le terminal de l'Eurostar dimanche (et s'est fait éjecter par le personel de bord). Ca donne ça:


Je sais pas pour vous, mais j'aime bien entendre l'accent français!
Sinon, ben, aujourd'hui, j'ai incroyablement la tête dans le c**, je me lève de plus en plus difficilement et surtout avec de moins en moins d'enthousiasme. Je vais vous faire un petit inventaire, tiens. Du côté des choses qui diminuent:
- La qualité de mon sommeil
- La motivation face à ma matière
- Les jours avant de passer chez le bourreau (i.e. avant les examens)
- La propreté de ma chambre
Par contre, du côté des choses qui augmentent dans des proportions hors de contrôle:
- Le stress
- Le temps que je passe sur internet
- Mon appétit
- L'ennui!
Je me demande ce que je serais en train de faire si je n'avais pas choisi ce master, et sans déconner, y a des jours où le chômage/le métier d'archiviste me paraît comme une alternative plaisante.
Oh faut se reprendre. Tous avec moi, au travail, feignasse.

Sunday, May 06, 2007

L'identité de la nation française
Je sais que je me refuse de parler politique sur ce blog, mais quand même, il y a des débats auxquels je suis sensible. Je me spécialise en immigration, minorités, identités nationales, j'écris un mémoire sur l'intégration des minorités ethniques et j'ai étudié à travers l'histoire les différentes idéologies qui ont voulu créer une nation homogène à l'exclusion de ceux que l'on juge ne pas appartenir.
Et je trouve que le tournant qu'est en train de prendre la France est dangereux.


D'accord, j'aurais pu choisir un autre critique que Gérard Miller pour exprimer mes propos. Mais ce débat sur l'identité nationale, cette tentative de redorer le passé de la France, cela devrait tirer la sonnette d'alarme. Je doute très fort que la nouvelle identité nationale de Sarkozy va inclure les immigrants, les minorités ethniques ou les minorités religieuses; pourquoi donc? La France a toujours eu tendance à rayer de son histoire nationale l'immigration, refuse de se reconnaître comme ethniquement hétérogène, et si on combine à celà un orgueil sur un passé français que l'on redessine sans tache... Et auquel on appartient pas par citoyenneté, mais par conformité ethnique, religieuse, culturelle, ou oserais-je dire, par descendance? Comme cela me rappelle certains discours des années 30. Manipuler le passé à des fins politiques, c'est toujours loin d'être innocent.
Bon, ce serait gentil que vous ne me harceliez pas sur msn ou par email, si vous avez une remarque vous pouvez le faire publiquement via les commentaires. Si c'est une insulte au moins ayez le courage de sortir de l'anonymat. Et je tiens à signaler que je ne soutiens pas Royal juste parce que je critique Sarkozy. J'exprime juste une opinion, pour laquelle je n'ai pas de solution. Au final, c'est la France qui choisira, et je ne pourrai rien y changer.
PS: Si je peux me permettre une remarque sur les raccourcis que fait Sarkozy au deuxième passage. Que dit-il? Les Musulmans sont polygames, ils pratiquent l'excision sur leurs filles, ils égorgent des moutons dans leur baignoire. Vous en connaissez beaucoup, des Musulmans comme ça? Vous auriez envie d'en connaître si c'était vraiment ce que vous pensiez d'eux? Et comment vous sentiriez-vous si c'était vous qu'on rejetait de la sorte? N'auriez-vous pas raison de vous sentir insultés?
L'excision, par exemple. Jusqu'à preuve du contraire, en Europe, c'est reconnu comme une pratique culturelle, et non religieuse. Il s'agit certes d'une pratique ignoble, d'une mutilation, illégale à juste titre, mais qui fait partie des traditions culturelles de certains pays, et pas du Coran. Oui, les raccourcis. C'est vite dit, trop vite dit pour qu'on puisse y réfléchir. C'est trop facile. Des images fortes et barbares pour démoniser l'Autre, et se définir en opposition à lui.

Monday, April 23, 2007

French connection
Ca a été un peu le grand débat du week-end. Les Français ont voté. Mais ils étaient loin d'être les seuls que la question intéressait, ça a été l'ultime débat entre ressortissants de tous les pays à la LSE. Moi je rentrais tranquillement de Belgique et paf, dès le taxi, le chauffeur voulait à tous prix connaître mon opinion. Il pensait sans doute me faire plaisir (i.e. avoir un pourboire) et j'avais beau lui dire que j'étais Belge... Mais je dois bien avoir une opinion, non?
Que ce soit dit une fois pour toutes, mon opinion c'est que les élections françaises ça me passe un peu au dessus de la tête, et que je suis bien contente de ne pas avoir dû choisir parce qu'aucun des candidats ne m'inspirait plus que cela. Limite, j'aurais bien voulu pouvoir donner une voie "contre", histoire que Sarkozy ne soit pas élu, mais il paraît que ça s'appelle voter pour Royal alors bon mieux vaut juste être content d'être spectateur.
Voilà, j'ai ainsi laissé mon humble contribution à ce débat sans fin, vous pouvez laisser la votre dans les commentaires si le coeur vous en dit, moi je préfère me gausser de rire avec cette vidéo des Guignols de l'Info (merci Kanako)

Friday, August 11, 2006

Is it a bird? Is it a plane?
No, it's Superman!
Voilà précisemment l'unique solution à mon problème aérien qui va se poser d'ici 30 minutes.
Parce que j'en ai reçu, des conversations msn rassurantes... Comme Kanako, ce matin:

KANAKO_TOKYO says:
I just realised that attacks tend to happen on specific
dates, like 77, 911, 711...and let's assume that yesterday thing was actually
aimed for today, 811

Iiiiik! Ou bien encore, hier, l'Assistant:
Vincent [pit-thon] says:
altitude de croisière d'un moyen courrier =
?
Vincent [1492] says:
disons 10km
Bibil - prend l'avion demain, et est
dans la merde says:
rha
Bibil - prend l'avion demain, et est dans la merde
says:
haut
Bibil - prend l'avion demain, et est dans la merde
says:
combien de temps ça met pour tomber
Vincent [1492] says:
30s sans
frottements
Bibil - prend l'avion demain, et est dans la merde says:
tu
déconnes?
Bibil - prend l'avion demain, et est dans la merde says:
aussi
rapidement?
Vincent [1492] says:
x=g.t²
Vincent [1492] says:
x=10
000m ; g=9.81m/s²
Bibil - prend l'avion demain, et est dans la merde
says:
rha je vais même pas avoir le temps de penser à la mort
Vincent
[1492] says:
avec frottements, on peut dire que la vitesse maximale de chute
est de 200km/h
Vincent [1492] says:
3minutes
Bibil - prend l'avion
demain, et est dans la merde says:
ah
J'ai commencé dans ma tête une liste des choses à faire avant de mourir et j'ai constaté que je n'avais le temps d'en réaliser aucune.
Alors, comme certains s'accordent une dernière cigarette, moi je vais m'accorder un blueberry muffin du Starbucks.
Bon, je vais partir à la quête de sac plastiques transparents. Et vous ferai un rapport détaillé de la situation à Stansted...
PS: Ne prenez pas ce post trop sérieusement, que voulez-vous qu'il m'arrive sur un avion Ryanair de Londres à Poitiers?

Thursday, August 10, 2006

Il fallait encore que ça tombe sur moi.
Ca peut paraître con, mais je n'aime pas l'avion. La foule de l'aéroport, les files où on est debout, les délais, et surtout le stress de se crasher droit au sol du haut d'une centaine de kilomètres. J'ai évité la mort (au moins) en allant à Varsovie, et maintenant, lorsque je peux éviter, j'évite. En un an, je suis devenue la plus grande adepte d'Europe de l'eurostar et des trains anglais.
Mais parfois, l'avion est nécessaire, comme ce week-end par exemple, où je dois me rendre à Poitiers pour le mariage de mon cousin.
Et juste la veille du départ, voilà ce qui arrive.
Terroristes en vue, tous les aéroports d'Angleterre sont paralysés, donc de longues files avec beaucoup de monde et peu de chaises en perspective. Pas de bagage à main autorisé (et je fais comment pour transporter mes affaires?). Et la perspective d'exploser en plein vol, aussi.
Le site web de l'aéroport de Stansted est inaccessible, mais néanmoins l'on nous rassure:

The airport itself is experiencing severe disruption to its operation.
Check-in and hand search processes are severely affected, and this will continue throughout the day. We would ask passengers not to come to the airport today unless absolutely necessary. We would also advise those passengers who must travel today to consider using public transport and be prepared for long delays as a result of these measures.
In brief: Hand baggage restrictions are in place; Passengers will be handsearched; Footwear and all items (including pushchairs and walking aids) must be x-ray screened; Liquids will be removed from the passenger.


Ambiance ambiance. Je me prépare déjà à une journée de stress où l'on va (encore) me prendre pour une terroriste, où l'on va me répéter toute la journée que ma vie est en danger et que je n'arriverai jamais vivante à destination.
Je m'étonne que ma mère ne m'ait pas encore appelée pour m'interdire de monter dans cet avion. Peut-être même que l'avion sera annulé...
Est-ce que je dois écrire une lettre d'adieu?

Friday, July 21, 2006

While we sit and watch
C'est ainsi que Katharina Pätz a titré un article pour cafebabel.

Photographie: AP sur BBC News

"The international community looks on helplessly as the Middle East edges to the brink of war. The UN Commission on Human Rights simply issued a statement saying Israel’s attack broke international law. Europe was unable to even agree on a united statement on the matter. States who are traditionally more critical of Israel, like Finland and Ireland, have tried to get the EU to clearly condemn Israel's military actions. However, states that traditionally support Israel, like the UK and Germany, have refused to condemn the Israeli violence." écrit-elle.

Il y a une semaine déjà, j'étais à Milan avec des amis, écoutant les cigales sous un soleil de vacances. Le jour de son arrivée, Sara apprend que l'aéroport de Beirut a été bombardé. Elle appelle sa famille. Tout le monde va bien. Nous sommes soulagés pour la journée, loin d'imaginer l'ampleur qu'allait prendre la crise.

Mais les jours suivants, les bombes continuent. Chaque jour un nouvel appel, chaque jour de nouvelles craintes. Et chaque jour, après une conversation mixée d'arabe et d'anglais, elle nous dit: "Ma famille va bien". Ajoutant parfois: "Mais le pays est détruit". Espérant que le conflit s'arrête. Découragée, "tout recommence comme il y a vingt ans".

Et elle conclut souvent: "Il faut que je fasse quelque chose". Mais que peut-elle faire, seule en pays étranger, sa famille dans les bombes?

Et nous, que pouvons-nous faire? A part nous assoir, et regarder l'escalade sans fin de la violence. Et dire, "Il faut que ça s'arrête". Mais ça ne va pas s'arrêter.

Wednesday, July 12, 2006

Campioni del Mondo
Voici qui s'annonce bien pour mon voyage vers Milan: les Italiens sont champions du monde... Je sais je ne vous apprend rien mais que voulez-vous, ce blog souffre d'un retard d'une semaine, alors je fais ce que je peux.
Personnellement j'avais commencé par être pour la Suède. Puis quand elle s'est fait éliminer j'ai été pour le Portugal. Puis quand il s'est fait éliminer, ben... Je me suis rattrapée sur l'Italie. Pourquoi pas la France, me direz-vous? Mais ça va pas la tête? Les Français m'ont rendue FOLLE en Sicile. J'ai été à deux doigts de commettre un homicide volontaire lorsque trois jours après les demi-finales, au petit-déjeuner, nous entendions encore des "on est en finale" ou des "tu te rappelles en 2000? Le but en or?". Oui nous nous rappelons 2000, et aussi 1998, et tant qu'on y est 1986, et eux aussi d'ailleurs, et c'est bien pour celà que si les Français gagnaient cette Coupe du Monde notre vie allait devenir un ENFER vivant, encore pire que si l'Angleterre avait été à leur place.
Autant vous dire que dimanche passé j'avais un petit drapeau italien dans les cheveux, résignée à endurer les claxons italiens jusqu'au bout de la nuit plutôt que l'égo des Français jusque dix ans après.
Nous regardions le match chez Gatien, et qui avait soigneusement aligné ses pandas devant la télé.

Et lorsque les Italiens ont gagné nous avons sorti le champagne (ah oui quand même).


Tout cela m'avait presque fait oublié ce mal de gorge grandissant qui revenait en force après la Sicile. Je précise qu'il ne faut pas y voir de lien de cause à effet avec le post précédent intitulé "le difficile lendemain", mais plutôt une surinfection de ce que j'avais eu en Angleterre et qui n'a jamais été soigné.
Bref cette fois-ci j'étais quand même un peu inquiète parce que mes ganglions surinfectés étaient carrément sortis, me donnait l'impression d'avoir des petits kystes un peu partout - Désolée pour ceux qui seraient en train de manger, mais en même temps on vous a toujours dit que ce n'était pas bon de manger devant l'ordinateur. Le résultat: c'est une angine blanche bien infectée, et le docteur m'a donné des antibiotiques à dosage massif et des antidouleurs qui me donnent l'impression de sortir d'une anésthésie en permanence.
Mais malgré cela j'ai eu bien mal (et ceux qui m'ont parlé sur msn ont difficilement pu ignorer mes plaintes). Enfin croisons les doigts et tout cela sera bientôt derrière moi j'espère.
Evidemment il a fallu que je parte à Milan aujourd'hui et que par radinerie je n'ai pas pris d'assurance annulation sur mes billets. Hé ben je ne peux que m'en tenir pour seule responsable et partir quand même, en espérant que je n'aggrave pas mon cas.
Et puis vous ne verrez même pas que je suis partie parce que pendant mon absence il y aura quand même des posts.
Je vous rappelle encore que si vous voulez m'aider pour mon project de fin d'études, je cherche ardemment à pouvoir parler à des personnes habitant en Europe de l'Ouest et ayant une relation particulière avec un des pays ayant rejoint l'Union Européenne en 2004...

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Wednesday, May 03, 2006

Tu as entendu parler de Jörg Haider?
... me demande mon éditrice, sans prévenir.
Oui, bien sûr, je m'empresse de m'exclamer, plus par surprise qu'autre chose.
"C'est parfait", me répond-elle. "Il donne une conférence de presse aujourd'hui". Elle me donne un papier. Le thème: State of play regarding the Slovenian ethnic minority in Carintha/Austria.
"Le sujet ne nous intéresse pas", continue-t-elle. "Mais tu vas l'interviewer sur les régions".
Ke? Bouche bée, yeux fixes, je ressemble à un poisson qui s'étouffe.
Bien sûr, je ne suis pas sans savoir que Haider est le président du Comité des Régions pour l'Autriche et que nous lançons bientôt une édition spéciale pour les régions.
Je téléphone à l'attachée de presse et demande une interview après la conférence. "Après, ça ne va pas. Mais on peut la faire avant si vous préférez". Encore mieux, je me dépêche d'arriver avec des questions préparées par mon éditrice. Je meurs de stress, essaie de ne pas le montrer.
Je suis un quart d'heure en avance. Lui est un quart d'heure en retard. Je suis perdue dans une foule parlant Allemand. Tous sont habillés en noir. Justement, il faut que ce soit le jour où j'ai décidé de mettre mon t-shirt orange flash.
Haider arrive, sourire colgate, serre les mains des politiciens présents (qui ils sont? Je n'en sais rien). Il se tourne vers moi. J'en profite pour lui insérer: "Je suis Bibil, journaliste à European Voice. J'ai convenu d'une interview avec votre attachée de presse". Ah oui, me répond-il, nous nous isolons dans un coin de la salle en attendant que les hommes politiques s'assoient. Quand tout-à-coup, un garde du corps débarqué de je ne sais quel parti nazi s'interpose. Blonds, yeux bleus, cheveux rasés, stature colossale, cicatrices plein le visage, regard pétrifiant. Je manque de m'évanouir de peur.
"ABrès la conVerence" me dit-il. Et ni une ni deux, sans comprendre ce qui m'arrive, me voici assise à côté d'une équipe de télévision slovénienne.
Les minorités slovéniennes dans une province allemande, ça peut pas être trop chiant, j'essaie de me rassurer, alors que l'attachée de presse distribue des folders.
Silence dans la salle. Haider prend la parole. Oui, mais... en Allemand. Pour ne s'arrêter que 45 minutes plus tard.
Je ne comprends rien mais je peux voir que l'audience est séduite. C'est un homme charismatique, sachant parler aux médias. Les journalistes de presse grattent consciencieusement des pages et des pages de papier, pendant que les journalistes télé filment le public sous différents angles. Pas moyen de rater le t-shirt orange. Je suis tétanisée par le regard de vieux serpent du garde du corps.
Puis arrivent les questions. Elles sont en Allemand, elles aussi. J'entends l'équipe de télévision slovène murmurer. Ils ne comprennent rien non plus.
Et enfin, sans crier gare, la conférence se termine. Et je bondis pour atteindre Haider, mais trop tard. Une journaliste autrichienne l'a atteint avant moi. Tous ses collègues autrichiens la rejoignent pour poser des questions... devinez en quelle langue? Parfois Haider se tourne vers moi pour répondre, j'hoche la tête en souriant. Je ne comprends rien. Depuis plus d'une heure.
Heureusement, il ne m'a pas oubliée (comment aurait-il pu? Avec le t-shirt orange flash). L'équipe allemande partie, et un journaliste de France-Inter attendant, il me fait assoir sur une chaise et s'appuie de façon relaxée sur le bureau. Comment peut-il paraître aussi détendu? J'ai ressenti avec douleur ce qu'ont pu ressentir les étudiants de Delpérée lors de leur rendez-vous de janvier.
Je lui pose une à une les questions de mon éditrice. Sans originalité. Il me répond en anglais, mais est-ce vraiment de l'anglais? Je ne comprend rien à ses réponses. D'ailleurs je n'écoute même plus. Je ne connais pas le sujet. Je me rend bien compte que le mot "constitution autrichienne" revient très souvent. Mais je ne sais pas poser des questions qui iraient plus en profondeur. Je n'y connais rien.
Je prends dans ma tête la check list du baptême du journaliste. Interview traumatisante avec un leader d'extrême-droite: checked.
Ce soir, j'ai passé une heure à décripter ses paroles. Je blêmis. Ce n'était pas une impression, le mot "constitution autrichienne" revenait souvent. A toutes les questions. Comme example illustrant tous les sujets. De toute l'interview, il n'a rien dit de consistant. Rien que je pourrais citer dans un article sur les régions. Il a signé un article à la gloire de l'Autriche.
Je me prends la tête dans les mains, imagine comment présenter ça à mon éditrice. Qu'est-ce qui lui a pris de me donner de pareilles responsabilités? Je suis débutante, je me dis, je vais apprendre. En attendant, notre édition spéciale sur les régions se passera sans doute de la contribution de Haider.