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Thursday, January 08, 2015

Stress

En fait, je dois vous faire un aveu: pour le moment, je suis extrêmement stressée. Pas un peu stressée, mais vraiment vraiment stressée, du genre à faire des migraines et des crises de paniques, et c'est un gros problème.
En 2015, je recommence une année de thèse où je me dis, "allez, cette fois c'est la dernière". Sauf que ça fait trois ans que "c'est la dernière". Même si cette fois c'est "vraiment la dernière".
En 2015, je vais avoir 32 ans. 
En 2015, je vis seule.
En 2015, je ne sais pas ce que je veux faire de ma vie. Et du coup je rumine. Je me dis parfois qu'une fois que ma thèse sera derrière moi, je n'aurai plus rien; et que si jamais je meurs aujourd'hui, je n'aurai rien laissé derrière moi.
En bref, mon début de 2015 est légèrement angoissant.
D'habitude, la routine est ma meilleure alliée pour ne pas ruminer ces choses-là. J'ai piscine le lundi, cours de couture le mardi, ateliers d'écriture créative le mercredi, puis vient le weekend qui est toujours rempli. Je ne suis jamais toute seule, j'ai toujours des trucs à faire, des gens à voir, des endroits où aller. Et au pire, si je suis toute seule, j'ai un plan "panique", vous savez, au cas où il arriverait "quelque chose". Il y a quatre personnes qui ont un double de mes clés et qui peuvent être en moins de 15 minutes chez moi. Mais généralement j'évite d'être seule chez moi, je remplis ma maison de gens; ou alors, je me mets des défis de couture et de broderie avec la télé à fond pour ne pas voir qu'il n'y a personne. Déjà comme ça c'est moyen stressant et fatigant, mais disons que ça m'a suffi pendant six mois. Je me disais presque que j'y arrivais, avec un niveau de stress relativement acceptable, et qu'à la longue je m'y ferais.
Puis il y a eu les vacances de Noël.
Pendant ces vacances, ma routine n'était plus là. Mon centre de recherche était fermé. Les quatre personnes qui avaient un double de mes clés étaient parties en vacances. Je me suis rendue compte, un peu brutalement, que si ce "quelque chose" arrivait, on pouvait bien ne rien en savoir, et me retrouver dix jours plus tard, le 5 janvier. J'ai flippé, j'ai fait des crises de panique, j'ai ruminé des scénarios noirs aussi irrationnels qu'improbables. J'ai trinqué physiquement aussi, avec les migraines, vertiges et problèmes de foie qui accompagnent le stress. Je trinque tellement que pour le moment je dors 11 heures par nuit; si je tente de downsizer à neuf ça ne va pas, il faut que je fasse une sieste. Mon foie me fait des crises de raz-le-bol, j'ai tout le temps faim et tout le temps pas faim en même temps. Mon médecin ne me rassure pas du tout en évoquant des maladies neurologiques graves au cas où le stress n'aurait été qu'un déclencheur d'autre chose. Alors je ne suis pas stressée tout le temps, en permanence, mais plusieurs fois par jour le stress monte et je n'arrive pas à lutter contre. A la longue, tout cela me pèse sur le moral, d'autant plus que ce n'est pas exactement comme si on était au milieu d'un été tropical et qu'il ne fallait pas tenir tout l'hiver.
Bref, j'ai besoin de prendre une action contre le stress. Donc je welcome toutes vos propositions, trucs et astuces, si possible réalistes par rapport au temps, budget et énergie dont je dispose (je veux dire, deux mois aux Seychelles c'est bien, mais peu compatible avec une fin de thèse sans financement). Parce que je voudrais vraiment commencer à profiter de mon chez-moi, de ne plus subir la solitude mais au contraire de recommencer à la voir comme une forme extrême d'indépendance. Avec tout le temps que j'ai passé à faire ces travaux, c'est tellement dommage de remplir ce nouvel espace avec des pensées négatives...
Donc allez-y, lâchez-vous, par email aussi si vous le préférez. Tous vos inputs sont les bienvenus...

Wednesday, July 10, 2013

Update travaux

Oh mais dites, quelle période de silence sur ce blog! Vous vous étiez peut-être imaginés que je m'étais échappée vers une île paradisiaque pour boire des cocktails sur une plage de sable fin...
Ha. Ha. J'aurais bien aimé, c'est pas ça hein. Mais bon, j'ai comme qui dirait un problème. ("Une tuile" pourrait être un vocabulaire plus approprié, puisque ça touche à la construction, mais bon).
En clair, pour ceux qui ne le savent pas encore, mon entrepreneur va déposer le bilan.
Comment est-ce arrivé? Me demanderez-vous, et aussi, comment est-ce que je n'ai rien vu venir? Quand on a engagé mon entrepreneur tout allait bien. Il m'a fait payer un acompte, jusque là c'est normal. Sauf que bon, personne ne m'a informée qu'il devait aussi faire un acte de cautionnement, et évidemment dans le contrat que j'ai signé il n'y avait aucune garantie en cas de faillite. Il était sans doute déjà en difficulté à ce moment-là, malgré ce qu'il m'en a dit, ou alors il n'en est pas à sa première faillite et fait ça avec tous ses clients.
Ensuite il a commencé les travaux de démolition, normal aussi. Ca a duré quinze jours. On a dû s'arrêter à cause de cette affaire de béton pourri, faire appel à des experts, et il en avait l'air tellement heureux que j'aurais dû trouver ça suspect. Il a surfacturé son dernier état d'avancement, mais mon architecte m'a persuadée de le payer quand même, puisque de toutes façons on devait refaire le devis avec cette affaire de béton. Ca, c'était fin mai.
Tout le mois de juin, il y a eu des excuses: le retard du rapport de l'ingénieur stabilité, le besoin de recalculer le devis, le besoin de consultation technique pour établir quel type de fondations faire - vu que c'était la seconde surprise du chantier, pas de fondation - etc etc. Vers la fin du mois de juin, il est apparu clair que mon entrepreneur faisait tout pour postposer la reprise du chantier à l'après-congés du bâtiment. J'ai commencé à m'agiter, mais j'ai vite compris qu'en fait il y a beaucoup de gens qui se mettent en mode "congé" bien avant les congés, et que faire se bouger les gens pour deux ou trois semaines alors que l'étape suivante implique de commander du matériel à des compagnies déjà en congé, c'est difficile...
Puis finalement c'était pire que cela.
Il y a quelques jours, mon entrepreneur m'a annoncé qu'il était en faillite. Sachant qu'on étant en plein milieu des congés judiciaires, que ceux du bâtiment m'ont l'air de durer de mi-juin à mi-août, que ma maison est éventrée et à la merci de la météo, et surtout évidemment qu'il me doit surtout beaucoup d'argent. Genre, beaucoup. Un an de salaire par exemple, et même si dans la recherche on n'est pas payés comme ailleurs, ça reste une somme énorme. J'aurais pu m'acheter deux voitures pour ce prix-là. Ou 25 teckels de race. Ou 600 kilos de pralines Galler. Ou 1m² dans un appartement parisien. Rha, ça me rend malade.
Alors, je ne vous cache pas que c'est un coup dur. Pendant les premiers jours j'étais en colère contre le monde. Contre mon entrepreneur car je n'ai pas de doute qu'il savait quel risque pesait sur mon chantier en l'acceptant. Contre le système qui fait que les banques et l'Etat vont passer avant moi pour dépecer le cadavre de mes économies. Contre moi aussi, pour ne pas avoir vérifié quel type de contrat je signais, pour ne pas m'être renseignée sur cet acte de cautionnement, pour avoir payé un état d'avancement surfacturé, enfin bref, pour avoir fait confiance; alors qu'au fond de moi j'étais hyper parano et j'avais une voix intérieure qui n'arrêtait pas de m'envoyer des signaux d'alarme. Contre ceux qui ont acheté leur bien et fini leurs travaux en moins d'un an, et pour qui cela a été l'expérience de leur vie. Contre les entrepreneurs hyper fiables que je suis en train de rencontrer et que j'aurais dû voir avant de m'embarquer dans cette galère. Je me maudis même de m'être tellement battue pour acheter cette maison - si l'offre m'avait filé sous le nez, j'aurais trouvé un appartement deux chambres sans travaux comme je le voulais au début, et je n'en serais pas là.
Heureusement, je suis assez bien entourée. Tout d'abord, j'ai beaucoup d'amis et famille travaillant soit dans la construction, soit dans la loi, et qui ont été de bon conseil. J'ai aussi eu la bonne idée de prendre une assurance maître d'ouvrage avant mon chantier, et elle va intervenir en couvrant mes frais juridiques. Grâce à elle, j'ai aussi un bon avocat. Entretemps, mon entrepreneur a fait un geste en proposant une éventuelle solution - pas idéale mais c'est quelque chose, reste à voir les risques et les conditions de ce qu'il propose. Bref, la procédure est en cours. En dehors de la procédure, j'aimerais effectuer un contre-état d'avancement pour sa surfacturation. J'ai des commandes de carrelage qui ne seront jamais payées par cette société, et il faut les retenir jusqu'à ce que j'aie un nouvel entrepreneur.
Et bon, aussi, j'ai une maison éventrée dans laquelle il vente et il pleut, et si cette petite procédure dure trop longtemps, dans laquelle il pourrait geler et neiger - n'en déplaise aux canalisations de mes voisins qui se trouvent dans les murs mitoyens.
Enfin, voilà, aucune solution n'est parfaite, et l'essentiel est d'essayer d'en trouver une avec laquelle je suis à l'aise - et écouter cette petite voix qui m'envoie des signaux d'alarmes quand en effet, non, je ne suis pas à l'aise avec la situation. Entretemps je ne dois pas me prostituer pour financer mes travaux et la fin de ma thèse, mes parents sont toujours d'accord de m'héberger, tout le monde est en bonne santé, et les Dinosaurus sont revenus dans nos supermarchés. Ca pourrait être pire.
Hein.
Dites.
Je me demande combien de Dinosaurus je pourrais m'acheter avec cette somme, malgré tout.

Thursday, November 08, 2012

Bibil sauve des vies

Comme certains d'entre vous le savent, j'ai une phobie. Enfin, j'ai plutôt deux phobies qui se rejoignent assez fort: d'un côté la phobie des piqûres, et d'un autre la phobie des guêpes (parce qu'elles piquent)(mais bizarrement je n'ai pas peur des autres insectes qui piquent, allez savoir, il n'y a pas de logique). J'y ai déjà fait allusion à plusieurs reprises sur ce blog, mais aujourd'hui je vais vous développer la chose.
D'abord, d'où est-ce que cela me vient? Rétrospectivement, je peux mettre le doigt sur certains événements marquants de mon enfance: la guêpe qui s'est coincée dans mes cheveux et qui a piqué neuf fois pour s'en sortir; ou encore la fois où on m'avait dit que je ne sentirais rien pour mon vaccin mais que dites donc, qu'est-ce que j'ai douillé. Mais déjà à ces moments-là je n'étais déjà pas fan des piqûres, donc j'imagine qu'on ne partait pas de rien. Ce sont des peurs qui se sont accumulées sur d'autres peurs et qui ont formé quelque chose de monstrueusement anxiogène. Quand on essaie de me piquer j'ai de la colère qui remonte, de l'anxiété, de la panique. Pour moi, les piqûres représentent une forme extraordinaire de violence que je ne parviens pas à rationaliser. N'essayez pas de me piquer juste pour rire un peu, je suis capable de vous casser le bras dans un geste d'auto-défense.
Bref. Il a fallu quelques temps pour que l'on réalise que je ne jouais pas juste à la comédie, mais que j'avais réellement un stress psychologique - notamment à onze ans après un épisode où deux médecins ont dû me retenir pendant qu'un troisième m'injectait un vaccin par la force. Et il a fallu encore plus de temps avant que moi-même, je n'accepte que ce problème, je devais le résoudre, parce que parfois dans la vie il n'y a juste pas d'autre choix que de faire ses vaccins. Depuis ces dernières années, donc, j'essaie de faire face à mes phobies. Je sais que je ne serai jamais totalement à l'aise avec la chose, mais je me suis fixée quelques objectifs pour parvenir à gérer ce stress.
Pour vous décrire la situation. A 25 ans, je pleurais encore pendant une demi-heure dans ma voiture après chaque prise de sang, et je ne parvenais plus à utiliser mon bras pendant les trois heures qui la suivaient. L'été, je ne parvenais pas à manger dehors, j'étais toujours anxieuse qu'une guêpe n'arrive pour rôder autour de mon plat; les réceptions de mariage étaient un calvaire; tous les weekends à la mer étaient astucieusement évités de crainte de ces fameuses poubelles à guêpes sur les plages. Je détestais l'été, et l'hiver quand je me les pelais sous le gel, je me disais, 'au moins en ce moment il y a des guêpes qui sont en train de mourir'. Bref, on ne le dirait pas comme ça, mais la situation était un tout petit peu handicapante.
Cinq ans plus tard, je vous dirais que tout ceci est une question de préparation psychologique. Je ne suis pas plus à l'aise avec la chose mais je parviens à me maitriser en public. C'est un peu du masochisme, quand on y pense, parce que je m'expose volontairement à un truc qui me stresse à fond et je souris comme si de rien n'était, me concentrant sur la fierté et le soulagement que je ressentirai une fois que je serai en sécurité. C'est pour les prises de sang que j'ai réalisé le plus de progrès. J'angoisse toujours quelques heures avant mais quand même moins que dans le temps, et sur place je ferme les yeux et je respire, même quand j'ai une stagiaire qui cherche ma veine à trois reprises et oublie qu'elle devait prendre encore un tube une fois que tout est fini. Pour les guêpes c'est un peu plus laborieux, parce qu'on ne sait jamais deviner quelle sera leur trajectoire et quand elles vont piquer, mais je suis capable de la regarder voler sans faire une crise de panique - bon évidemment il faut toujours que quelqu'un se dévoue pour la tuer sinon je n'arrêterai pas de penser qu'elle est encore là, quelque part, en vie, prête à revenir me hanter.
Dans ma tête, j'ai deux benchmarks ultimes dans la lutte contre mes phobies:
1. Etre capable de continuer à manger et à converser alors qu'une guêpe tourne autour de mon assiette, et le cas échéant, être capable de a. tuer ladite guêpe, et b. me débarrasser de son corps.
2. Donner mon sang. 
Et c'est de ce second cas de figure que je vais vous parler aujourd'hui, après toute cette longue introduction. Car voyez-vous je suis O+, donc presque donneur universel, et j'éprouve toujours de la culpabilité à chaque fois qu'il y a un appel aux dons à l'université, parce que je suis en bonne santé, jeune, j'ai une bonne qualité de vie et je serais capable de donner beaucoup de sang avec mon mètre quatre-vingt et la corpulence qui va avec. Je pourrais faire de belles choses, mais je suis trop trouillarde. Et donc à chaque fois que je traverse ce hall de guerre où se font perfuser huit étudiants à la chaine en me concentrant sur ne pas m'évanouir, je me fais cette promesse: si un jour, quelqu'un venait personnellement à moi en me suppliant de lui sauver la vie, et bien à ce moment-là, je ne serai pas chiche.
Vous pensez peut-être que c'est ne pas prendre beaucoup de risques. Et bien figurez-vous que c'est ce qui est arrivé.
Des amis de mes parents ont envoyé un email décrivant une situation absolument dramatique. Leur fils est en attente d'une greffe de moelle osseuse, mais a développé une maladie pulmonaire en attendant et il ne peut s'en sortir que grâce à un don de globules blancs du groupe sanguin O+. Que diantre! Un message de l'au-delà! Dans un mouvement d'esprit chevaleresque, j'ai immédiatement proposé mon aide, et sans me laisser le temps d'avoir des arrières-pensées, on fixé la date de la collecte.
Alors, au début, c'était plutôt cool, quand j'annonçais la chose on n'arrêtait pas de me dire que j'étais vraiment une fille bien, que je faisais quelque chose de courageux, que peu de gens auraient la volonté de se lancer dans cette procédure. Puis, quelqu'un a eu la présence d'esprit de m'expliquer ladite procédure. Et là c'était beaucoup moins cool. En fait on ne va pas juste prendre mon sang et sélectionner les globules blancs par la suite, comme je l'imaginais naïvement. Non. On va commencer par me gaver de médicaments et de cortisone pendant cinq jours pour booster ma production de globules blancs. Puis le jour de la collecte on va m'installer une sorte de circuit dans mes veines pour détourner mon sang vers une machine qui filtrera d'abord mes globules blancs, puis me remettra mon sang dans mon organisme par la suite. Ca devrait durer trois heures. Après ça, je ne dois pas m'attendre à me sentir en forme. 
Alors bon, déjà ça, j'ai envie de dire, ce ne faisait pas du tout partie du deal original.
Puis il y a mes amis qui font partie de la profession médicale. Quand je leur explique mon projet héroïque, au lieu de m'encourager dans cette direction, c'est soit, "non mais tu es sûre de ce que tu veux faire là, Bibil? Parce que ces machines c'est quand même beaucoup plus risqué qu'une seringue, les risques que tu te choppes un truc qui traine sont beaucoup plus grands." Ou alors, "il faut faire attention à la coagulation de ton sang après, il va falloir quelques temps avant que cela ne se remette en place, si jamais il t'arrive quelque chose... C'est quel médicament qu'on te donne au juste? Parce que je ne les recommanderais pas tous." Ou encore, "dis Bibil, c'est bien joli tout ça, mais tu sais que la cortisone, ça fait quand même bien grossir?"
Et enfin il y a ma soeur, qui est O+ elle aussi, et qui rigole bien. "Non mais déjà que moi je n'étais pas très chaude, alors bon, toi, tu vas tomber dans les pommes avant qu'on n'ait pu faire quoi que soit".
Autant vous dire qu'à ce stade j'avais sérieusement la pétoche, je m'avançais vers l'abattoir, ça allait être une véritable boucherie.
Enfin, la première étape de tout ce long processus, c'était quand même le test de compatibilité à la Croix Rouge. Qui s'est passé plus ou moins comme ceci.
Docteur: "Est-ce que vous êtes enceinte?"
Moi: "Heu, non."
Docteur: "Est-ce que vous êtes atteinte d'une maladie vénérienne?"
Moi: "Heu, non."
Docteur: "Est-ce que vous avez résidé au Royaume-Uni ou en Irlande entre 1989 et 1996?"
Moi: "Heu, non".
Docteur: "Est-ce que vous êtes allée dans un pays tropical dans les six derniers mois?"
Moi: "Heu, non."
Docteur: "Est-ce que..."
Moi: "Ah si, attendez! Je suis allée au Mexique en août. C'est un pays tropical, ça?"
Docteur: "Heu, oui."
Moi: "Ah."
Docteur: "Ben voilà. Désolée, on va contacter un autre donneur."
Ahlala. Je me suis montée la tête, préparée psychologiquement, j'avais même sélectionné le livre que j'allais prétendre lire comme si de rien n'était alors que j'étais en train de me faire dépecer le bras ("Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" de Jonas Jonasson). Et tout ça pour un gigantesque flop. Par contre je ne vous décris pas le sentiment de soulagement quand je suis retournée dans ma voiture après, je vous jure que je ne parvenais pas à comprendre ma chance, j'avais l'impression d'avoir été rescapée d'une catastrophe nucléaire, au moins. C'est que cela devait être un message de l'au-delà, ça aussi.
Ne croyez pas que j'abandonne si facilement, ceci dit. J'ai bien l'intention de récidiver. Mais la prochaine fois que mon esprit chevaleresque me dira d'aller sauver une vie, je pense que je commencerai par un don de sang classique, pas trop trash, hein. 
Et j'irai choisir un endroit discret où on me donnera un jus d'orange et un cookie après.
Parce que bon, huit étudiants à la chaine qui tiennent le coup et leur assistante qui tombe dans les pommes, ça le fait moyen quand même...

Thursday, May 17, 2012

Berlin, la suite


Cela fait deux semaines que je suis là, et globalement je dirais que ça se passe bien. Je me rends compte à quel point j'appréhendais ce terrain avant de venir ici: à cause de la différence de langue, de la sensibilité de mon sujet de thèse en Allemagne, de la perspective d'une fois encore me retrouver seule dans un pays étranger, de ceci ou de cela... Je suis réellement surprise de voir que cela ne m'empêche pas de me plaire ici!
En fait, je me rends compte que je me préparais mentalement à ce que ce terrain-ci ressemble à celui de Paris. A chaque fois que je me posais des questions sur ce que j'allais trouver en Allemagne, tout se rapportait à cela, "pourvu que ce ne soit pas comme Paris". Et c'est là que je me rends compte à quel point ce terrain parisien m'avait sapé le moral, et à quel point j'avais pris l'habitude de voir ce qui m'attendait d'un oeil négatif.
Ce n'étaient pas tant les gens, pourtant. J'ai quelques bons amis à Paris et j'ai passé de bons moments avec eux. Mes collègues, une fois un douloureux moment d'auto-introduction passé, se sont avérés être très sympas. Mes colocs étaient cools, mon logement était bien, mon environnement de travail était favorable, bref il n'y avait pas de raison rationnelle pour que cela se passe mal.
Mais j'étais constamment stressée. Je n'ai eu aucun résultat pendant près de deux mois, apprenant à mes dépends qu'il ne fallait pas essayer de contacter un ministère français à l'approche de Noël ("à l'approche" signifie de début novembre à début janvier). J'ai donc du cavaler pour tout récolter pendant le mois de janvier, j'avais entre deux et trois entretiens par jour tous les jours; puis évidemment comme je n'en avais jamais terminé, j'ai continué les aller-retours Bruxelles-Paris jusque fin avril. La pression temporelle était énorme.
Puis il y avait la ville, l'hiver, le rythme de vie, l'ambiance. Jamais hors du bureau avant 20h30. Les gens désagréables partout. La météo. Le gris omniprésent. J'avais toujours l'impression de faire un pas de travers. Le manque d'infrastructures pour les doctorants. Aucune cohésion de groupe parmi eux. Le prix de la vie horriblement cher, pour le seul terrain où je n'ai pas obtenu de bourse. Toutes les étapes me semblaient extraordinairement difficiles, et je me sentais extraordinairement seule. Et mis à part mes amis, tout le monde me semblait extraordinairement malheureux.
Tout cela est très paradoxal évidemment, puisqu'en termes objectifs mon terrain a été un succès incroyable. 41 entretiens, des propositions de conférence, l'accès à des archives confidentielles, je pense que j'ai du atteindre une sorte de record. Mais moralement parlant, quelle catastrophe!
Dès décembre j'ai commencé à avoir des crises d'angoisses, ce qui était une nouveauté pour moi. Elles étaient d'abord sporadiques et toujours déclenchées par quelque chose. J'avais alors des idées très noires, très très noires; des idées qui impliquaient généralement de me projeter à 40 ans et de constater à quel point le pire était encore à venir. De me demander qui parmi mes proches et amis seraient les premiers à vieillir, tomber malades, décéder, perdre des parents, des enfants; et si moi-même je serais encore là pour le voir, ce qui de toutes façons me semblait plus enviable que de finir seule, prématurément vieille et à la carrière gâchée. D'une certaine façon je m'étais auto-persuadée qu'à partir de ce moment la situation ne pouvait que s'empirer, mon corps se dégrader, et que le futur ne me prévoyait que des épreuves. 
A partir de janvier les crises d'angoisses sont devenues fréquentes, tous les deux jours, tous les jours, plusieurs fois par jour, parfois en public. Il ne fallait plus rien pour les déclencher, j'étais tellement stressée en permanence que ce n'était plus nécessaire; et ces crises étaient tellement horribles que je commençais à angoisser à l'idée d'avoir des crises d'angoisse, c'est vous dire le cercle vicieux. Mais je me disais, je n'ai que quelques mois à tenir, après tout ira mieux.
Sauf qu'une fois rentrée en Belgique, ce n'est pas allé mieux. C'était peut-être le fait de tout-le-temps devoir retourner à Paris et de ne jamais pouvoir laisser ce terrain derrière moi; c'était peut-être de devoir en plus déménager et m'occuper de 10 000 autres choses pour lesquelles je n'avais pas de temps; ou alors, c'était peut-être juste la météo. J'étais épuisée. Les activités que j'aimais faire auparavant me semblaient vides de sens. Plus rien ne m'enthousiasmait. Je regardais la situation de haut et je me disais, "c'est ça ma vie? Et bien, c'est drôlement chiant". Et je continuais à avoir des crises d'angoisses. Je ne rentrais plus dans mes vêtements, contrôler ma nourriture était un effort que je ne parvenais plus à faire. Et devoir terminer, terminer à tout prix ce terrain parisien qui n'en finissait plus de ne pas se finir. Pas étonnant que j'avais assez peur de ce que me réservait Berlin.
Puis j'ai déménagé ici, en Allemagne, et je suis étonnée de voir que non, ce n'est pas horrible, le futur ne me réservait pas que le pire après tout. Mon poids est de nouveau stable. Je n'ai plus d'idées sombres. J'ai encore de temps en temps quelques moments d'anxiété, mais qui n'ont plus rien à voir avec ceux de Paris. Je parviens à prendre du recul et à me dire que cette période-là, cette période à Paris, ce n'était pas normal. Pas dans le sens clinique du terme, mais néanmoins quelque chose qui ne devrait pas avoir fait partie de mon quotidien.
Quand j'en parlais autour de moi, j'étais surprise de constater que j'étais loin d'être la seule dans mon cas; en fait, c'était bien à cela qu'on essayait de me préparer quand on me disait, "tu sais la thèse c'est pas juste un grand mémoire."Et me reviennent en tête mes collègues en fin de thèse qui semblaient être également en fin de vie: celles qui pleuraient dans les couloirs, celles qui perdaient 10 kilos, celles dont la vie sentimentale se détruisait sous la pression... Mais aussi certaines de mes amies, dont la vie a pourtant l'air si simple et si bien tracée, qui m'ont avouée être passée par là elles aussi. Chacun réagit différemment au stress, je dirais que dans mon cas je me suis projetée 10 ans en avant pour ne pas devoir me poser la vraie question, la seule, l'unique: et après la thèse, il se passe quoi?
Mais c'est vrai ça, après la thèse, il se passe quoi, hein?
A priori, je pourrais tout aussi bien continuer la thèse jusqu'à mes 40 ans. Et voilà! Problème résolu. Comme quoi il y a une solution à tout.
Et en attendant je vais aller me chercher une boule de Berlin.

Friday, June 10, 2011

Comment une tempête à New York me fait perdre £17

Je pensais être une femme organisée et prévoyante lorsque, devant me déplacer dans le Sussex pour effectuer une interview, j'ai réservé un billet de train online. Pas de file, je suis certaine d'avoir une place dans le train, Bibil tu es sûre que rien ne t'entravera vers le chemin du succès académique.
C'est marrant comme on pense toujours ça.
Sauf que. A cause d'une tempête à New York, aucun avion ne décolle, la personne que je voulais interroger se retrouve donc coincée sur un autre continent, et donc nous postposons l'interview à lundi. Puis, je vais à la gare pour changer mon billet de train.
(C'est là que ça devient folklo, je vous préviens). 
J'arrive au refund & exchange desk. Je fais la file. On me dit, "on ne peut rien faire tant que vous n'avez pas imprimé votre billet". Ah bon. J'imprime mon billet. Je refais la file. Puis on se rend compte que j'ai réservé mon billet online. Ah. Non mais en fait ce n'est pas possible alors, parce que les billets online c'est géré par une autre compagnie, on ne peut pas vous l'échanger, il faut gérer les échanges online, donc il faut que je retourne sur mon compte.
Bon. J'ai fait la file deux fois, j'ai perdu 45 minutes pour rien, j'ai été forcée à l'insu de mon plein gré pendant tout ce temps à écouter une espèce de mini fanfare promotionnelle destinée à porter l'attention sur une nouvelle variété de sandwich, je suis furieuse, genre je me serais mise devant la rame de métro avec mon poing en avant, j'aurais défoncé trois wagons sans peine. De retour au bureau je veux gérer ma réservation et changer la date.
Bon déjà national rail ne reconnait pas mon adresse email, ce n'est qu'après réflexion que je me dis que peut-être que la compagnie southern trains qui gère les réservations n'a rien à voir avec national rail tout comme il n'avait rien à voir avec le guichet southern train à la gare. Privatisation, il parait. Enfin bref, je retrouve ma réservation après quelques minutes.
Devinez quoi.
Comme j'ai imprimé mes tickets, on estime que j'ai fait le voyage. Je ne peux pas changer ma réservation.
Je peux toujours demander un refund, mais pour cela il faut que je remplisse tout un formulaire, que je scanne mes billets, que j'envoie le tout par la poste, et peut-être qu'on me refundera mes £17, enfin moyennant une administration fee de £10, donc en fait £7.
Non mais bon en guise de consolation je peux toujours me rendre dans le Sussex aujourd'hui si j'en ai envie, mon billet est valide jusqu'en fin de journée, je pourrais toujours faire une promenade sous la pluie torrentielle qui est en train de s'abattre sur l'Angleterre à l'instant.
... Tiens rappelez-moi, le cas d'anthrax qu'on avait reporté à Londres, ce n'était pas justement un gars qui faisait une réclamation à une compagnie ferroviaire?

Monday, July 26, 2010

Guêpes

(Petit frisson inconfortable à la simple mention de ce titre).
Vendredi passé a été un grand jour, j'ai nommé le jour où nous avons vaincu le nid de guêpes. L'homme de la situation s'appelait T., il a déjà résolu des problèmes similaires chez mes parents, mais pour bénéficier de son intervention miraculeuse (et gratuite), il a fallu que je le supplie en néerlandais... et si vous connaissez mon niveau de néerlandais, vous comprendrez pourquoi ce n'était guère chose aisée.
"Ich habe - heu, enfin, ik heb, heu, un probleem, ja ja ja, een probleem met wasps... ah, oui je veux dire wespen! Een wespen nest. Ja, in de weg (in het weg?) van mijn huis."
Enfin, vous voyez, quoi, la catastrophe totale.
Mais bon, T. est venu, il a vu, un beau nid de guêpe pile dans le chemin de l'entrée de ma maison, genre ça fait une semaine que je fais le tour par la porte de derrière pour sortir de chez moi, c'est très pratique. Et il a vaincu. Pour ce faire il a pris le tuyau d'arrosage, il a inondé le nid, puis il a pris une pelle et a tout recouvert d'un joli monticule de terre. C'est simple, mais il fallait oser. Il y avait des guêpes furieuses qui lui tournaient autour comme une armada et il ne s'est pas fait piquer une seule fois. Pas une seule. J'admire.
En attendant il me dit que les guêpes allaient être "heel boos" et qu'il fallait s'attendre à ce qu'elles "prik", ah ben oui, j'ai pu m'en rendre compte les jours suivant.
Alors, le vendredi, je les observe, elles sont furax autour de ce qui était avant leur nid, je n'ai jamais vu de guêpes voler aussi vite et sur un espace aussi condensé. Et là j'ai eu un peu pitié. (D'abord peur, mais pitié ensuite). J'imaginais un peu la scène.
"Jack! Je suis coincée! Help! Je manque d'air!"
"Tiens bon Brenda, j'arrive! Surtout n'abandonne pas!"
"Dylan, ou est Dylan?"
"Brenda, Dylan est mort..."
"Noooon pas Dylan! On venait de rembourser notre emprunt!"
Et j'étais même limite admirative devant ce que j'interprétais comme de la solidarité. Et je me suis dit, bon, demain, elles auront creusé un trou exactement là où on l'avait rebouché.
Le lendemain, samedi donc, elles n'avaient cependant pas recreusé de trou. Tout ce qu'elles faisaient, c'était voler au dessus du monticule en essayant de trouver l'entrée.
"Bauer, l'ennemi est à nos portes - non, pire! Il a bouché la porte. Faites quelque chose, l'avenir de l'humanité dépend de vous."
"Comptez sur moi, chef. L'ennemi a toujours une faille. Il suffit de la trouver." Deux heures plus tard.
"Bauer, une update?"
"Je ne m'arrêterai de chercher qu'à l'heure de ma mort, chef."
Et là je me suis dit, c'est de la persévérance.
Toujours est-il que dimanche est passé, et à présent lundi, et que les guêpes sont toujours là à tourner autour du monticule.
Et là je me dis.
C'est quoi, exactement, la taille du cerveau d'une guêpe?
"Vindiou, Fernande, j'aurais juré qu'on avait une porte ici!"
"Mais cherche, hein, Marcel, elle n'a pas pu se reboucher quand même!"

Thursday, February 04, 2010

Et en attendant que Fix fasse sa sélection

Voici une information qui vous fera peut-être frémir d'envie. Nous avons un rat. Comment savons-nous que c'est un rat? Sera votre première question. C'est bien simple, (1) il laisse des traces d'activités digestives autrement plus conséquentes que nos traditionnelles souris, et (2) JK et Benj l'ont vu se balader en toute impunité à côté de l'évier, trouvant refuge dans les casseroles que nous venions de laver. JK a même rapporté d'un air dégouté: "On voit qu'il est bien nourri. Ce n'est pas comme à la campagne."
Enfin bref, pour remédier au problème, nous avons investi dans quelques sachets de mort au rat, ainsi que dans une tapette géante:
Jusqu'à présent, un sachet a disparu de son endroit initial, et les bruits de rat originellement entendus dans mon faux plafond se sont faits de plus en plus faibles (voire agonisants) ce qui me fait craindre que d'ici peu, je dormirai avec un rat mort au dessus de ma tête... Vous croyez que c'est très Feng Shui tout ça?

Tuesday, January 19, 2010

C'eût été trop beau

On dirait bien que ma saga avec foto.com n'est pas encore terminée.
Voici qui va finir par me donner des rides.

Le bout

Aujourd'hui, j'ai sacrément investi dans l'avenir de ma peau, à savoir dans cette crème.
Première crème anti-age
Pourquoi est-ce le bout? Me demanderez-vous. Une crème anodine à première vue. OK, ça a l'air d'être le superman des pots de crèmes, avec les vitamines, oligoéléments, minéraux et autres omégas qu'il promet, mais ce n'est pas cela le problème.
Le problème, si vous vous concentrez bien, est le suivant.
.....
.....
....
....
...
...
..
..
.
.
.
..
..
...
...
....
....
.....
.....
Première crème anti-age
Ceci n'est ni plus ni moins que ma première crème anti-rides.
Le bout.

Wednesday, January 13, 2010

"Malheureusement votre commande est toujours en production. Veuillez nous en excuser."

Aaahlala je vous jure.
Ces deux laconiques petites phrases sont la réponse au 5e email que j'ai envoié à foto.com concernant une commande passée le 25 novembre, originellement un cadeau de Noël, qui a été imprimé à trois reprises et qui n'est toujours pas livrée.
Ces deux phrases ont mis 10 jours à arriver dans mon inbox.
Dans cet email je disais clairement, "laissez tomber, remboursez-moi". Preuve qu'on n'a même pas lu ce que j'ai écrit.
Cela me frustre les amis, oui, cela me frustre. Et que fait Bibil quand elle est frustrée? Sondage dans la sidebar :-)
1. Elle cuisine des muffins
2. Elle se mate Grey's Anatomy
3. Elle transforme son énergie négative en énergie positive et en profite pour terminer un chapitre pour sa thèse
4. Elle update son status facebook
Une cinquième option serait évidemment qu'elle crée des sondages inutiles dans sa sidebar, mais ce serait trop facile.

Friday, November 27, 2009

Rho, mais Bibil, quoi.

* Tilililou tilililou tilili lilou *
Ah, mais c'est mon téléphone ça.
* Tilililou tilililou tilili lilou *
Zut, où est-il? Mon sac, vite, mon sac.
* Tilililou tilililou tilili lilou *
Aaaah je ne le vois pas. Pas derrière mes gants, pas derrière mon agenda.
* Tilililou tilililou tilili lilou *
Pas derrière mon appareil photo, pas derrière ces notes, là, rho mais j'ai plein de feuilles volantes dans mon sac, ça traine partout, il est temps que je mette de l'ordre. Pas derrière mon parapluie.
* Tilililou tilililou tilili lilou *
Pas derrière mon porte-feuille. Pas derrière mes bics, et ça... C'est un autre bic. Et là aussi. Non mais j'en ai combien, des bics? Ah! Non, ça c'est un paquet de mouchoirs. Et ça, ce sont mes clés.
* Tilililou tilililou tilili lilou *
AH! Trouvé.
"Allo?" (limite essoufflée).
"Bonjour, vous êtes Madame [insérer ici le nom de votre bloggeuse préférée]?"
"Oui, c'est moi-même."
"Bonjour, c'est Youri, de votre agence [insérer ici le nom de votre banque de prédilection]."
"Heuuu... Oui?"
"C'est pour vous dire que nous avons votre carte."
"Ma?..."
"Oui Madame, vous l'avez oubliée dans la machine." Vérification rapide. Où est mon porte-feuille? Pas derrière les clés. Pas derrière les mouchoirs. Pas derrière les bics. Pas derrière le parapluie. Ah si! Derrière mon parapluie. Et en effet, ma carte n'est pas là.
"Ah oui, en effet, ma carte n'est pas là," me rends-je à l'évidence. (Qu'est-ce qu'on a l'air fin quand on dit ça, je vous jure).
"Et, heu, vous êtes passée ce matin?"
"Heeeeu..." Faut-il que je regarde mon agenda? Où est mon agenda? Ah non, je me souviens. "Oui, je suis passée ce matin."
"Ah ben, nous avons votre carte."
Cool. Bon, ben il était temps que je commence à m'en inquiéter, n'est-ce pas. "Ah ben, c'est gentil, Monsieur."
"Et heu, vous pouvez venir la chercher demain matin."
"Deeeemain matiiiin...." Tiens, mais je ne fais pas déjà un truc demain matin? Ca me revient. "Ah non, en fait Monsieur, ça je va pas être possible, je pars à Londres demain matin. Jusque mardi."
"Ah, c'est bien, ça!" me dit Youri. "Et vous allez faire quoi?"
"Aahaaa mais plein de shopping de Noël!"
"Et vous n'avez pas besoin de votre carte?"
Juste.
Rho, mais Bibil, quoi.
[Ceci dit, j'ai toujours ma mastercard, avec un plafond qui est plus élevé que ce qui se trouve actuellement sur mon compte en banque].
[Je ne sais pas si c'est une bonne chose.]

Friday, October 16, 2009

Pendant ce temps, en Belgique

Pendant que vous vous imaginez que je me suis perdue dans un monde féérique plein de marshmallows et de vampires, et bien, sachez que la réalité du quotidien vient de me frapper d'un dur coup. J'en veux pour preuve l'email que je viens d'envoyer à mes colocs au sujet d'un léger débordement d'eaux usagées dans nos couloirs. Celui-ci se lit de la façon suivante.

"Chers colocs,

J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
La bonne nouvelle, c'est qu'on a trouvé notre fosse septique.
La mauvaise, c'est qu'elle est bouchée. On l'a mise à jour, vous devriez voir: c'est assez rafraichissant. Je pourrais même faire un jeu de mot sur le fait qu'on soit dans la m*rde mais je pense que je vais m'abstenir. Nous devons faire appel aux soins spécialisés d'un vidangeur, mais ça risque de ne pas être immédiat. Entretemps, il va falloir faire un usage très restreint de toute source d'eau ici: douches, WC, éviers, machine à laver et lave-vaisselle.
Que de joie dans ce bas monde.
Si vous pensiez recevoir des gens la semaine prochaine, ce serait une bonne idée de déplacer. Pour le reste, je pense qu'il est de bon ton de vous ressortir cet adage anglo-saxon: "when it's yellow, let it mellow. When it's brown, flush it down." *Coloc1* nous suggère aussi de faire application de son plan d'urgence de minimisation de la vaisselle, j'ai nommé le plan "pizza surgelée" (avec possibilité d'upgrade "Pizza Hut" sur proposition de *Coloc2*). Lave-vaisselle et machine à laver sont proscrits jusqu'à débouchage de la fosse. Quant aux douches, et bien... Pour ma part, j'ai décidé de renouer avec la nature. Mais si vous avez la possibilité de la prendre ailleurs dans la semaine qui va venir, ce serait mieux!
La semaine s'annonce folklorique.

Bonne journée néanmoins,

Sybille"

Vous pouvez remplacer *Coloc1* et *Coloc2* par les prénoms de votre choix. Youplaboum, vive la vie.

Tuesday, September 08, 2009

La Bibil Mobile est à présent réduite à l'état de boite de conserve

Et c'est bien triste. J'aurais été artiste que je l'aurais érigée en oeuvre d'art, telle une ôde à ma jeunesse glorieuse et à ma vie estudiantine. Mais je ne suis pas une artiste, je suis une - heu, une quoi? - une chercheuse pragmatique. Je l'ai froidement envoyée à la casse contre compensation monétaire. * Soupir *.
La Bibil mobile est dans un autre monde à présent. Un monde paisible, où elle emportera les dernières images de son séjour dans ce monde: le garage froid où je l'ai abandonnée, dépouillée de tout ce qui la liait encore à moi (1); les inconnus qui l'ont enlevée, ouverte et démantelée de tous ses organes vitaux, avant de compresser sa défunte carcasse dans un broyeur géant. Ses grands yeux tristes se sont éteints dans la solitude en... Oui. Bon, c'est pas top. Consolons-nous. Peut-être repensait-elle, dans la fraction de seconde avant la fin, à notre première étreinte (2)? Ou alors à mes doux mots d'adieu pour l'accompagner lors de sa dernière route (3)? A ces instants paisibles où sa couleur chatoyante reflétaient l'herbe en période de canicule, les étangs en période de nettoyage? A toutes ces routes qu'elle a parcourues, à tous ces meubles de kot qu'elle a transporté, à toutes ces chansons de Britney qu'elle a écoutée?
Booooo.
Ma Bibil Mobile.
Pour le souvenir j'ai donc décidé de publier ces vidéos exclusives, prises en 2004.
Alice, 18 ans, apprend à conduire la Bibil Mobile, alors que Bibil, 21 ans, fait des commentaires qu'elle aurait pu garder pour elle.

Et Guillaume, 16 ans, décide, malgré interdiction formelle de l'autorité parentale, de faire de même.

Et ça n'a rien à voir, mais... Coin coin coin coin coin. (2004, toujours).


(1) L'autoradio
(2) "Non mais c'est normal, ce volant qui ne tourne pas, là? Comment ça, pas la direction assistée? Non mais tu vas tourner, oui?"
(3) "Oh, j'ai calé, là. Ah non. Ca ne répond plus. Ouhou! Tu déconnes? Pourquoi tu ne réponds plus?"

Wednesday, July 29, 2009

La Bibil Mobile n'est plus mobile

Ce n'est pas sans émotion que je dois vous faire part du décès prématuré de la Bibil Mobile.
Twingos 2
Décédée d'une rupture de sa courroie de distribution et de sa pompe à eau et encore d'autres trucs que je n'ai pas saisis. La Bibil Mobile avait 9 ans et seulement 70.000 kilomètres (ce que je ne m'explique toujours pas).
Ah, la Bibil Mobile. Je me souviens de la première fois où je suis allée la voir, toute pimpante dans son garage. Ma mère m'avait annoncé que c'était une Twingo, et bonheur! J'adorais les Twingos. "Quelle couleur?" J'ai demandé. "Euh, jaune. Enfin, vert. Enfin, c'est une couleur très jeune. C'est ce que le vendeur m'a dit." Et voilà, la légende de la Bibil Mobile était devant moi, celle qui allait animer tellement de débats dans l'avenir. "Moi je dis qu'elle est jaune. Non mais attends, c'est quand même le jaune qui domine." "Mouuais, un peu caca d'oie fluo comme ça." "Déchet radioactif?" "Bon, on va dire marais déssèché et on n'en parle plus."
Gaussez-vous, mais sa couleur m'a évité quelques accidents.
J'ai, comme ça, une liste de souvenirs de moments mémorables dans la Bibil Mobile. J'ai appris à conduire dedans, mais aussi dormi dedans, attendu dedans, rit dedans, dessus, à côté, enfin vous interprétez ça comme vous voulez (mais moi j'ai juste en tête la photo de la Yellow 2005). Je la retrouvais le matin avec plein de trucs dans les essuies-glaces, des petits mots doux ou des dessins suspicieux.
Enfin.
Toujours est-il qu'en cette chaude matinée du lundi 27 juillet, j'ai pris la voiture pour me rendre au travail. Elle faisait un bruit un peu inhabituel; l'inhabitude était en quelques sortes devenue une habitude, tant la Bibil Mobile avait fait d'aller-retours au garage ces derniers temps. Je me suis dit "Bibil, ça pue ce truc, tu vas aller au boulot par les petites routes." Parce que d'habitude je prends le ring et le viaduc, je ne sais pas si vous avez déjà regardé mais il n'y a pas de blinde de bandes d'arrêt d'urgences là-dessus. Petites routes, donc. Et c'est là qu'au feu entre l'avenue de Tervueren et de l'avenue Madou... Le feu passe au vert, j'essaie de redémarrer, plus de bruit de moteur, plus de réaction, rien. "Tiens, j'ai calé et je ne l'ai même pas remarqué, la gène," je me suis dit. Je redémarre le moteur, toujours pareil: le moteur ne répond plus.
Ma voiture n'était plus, mais je ne le savais pas encore.
Je l'ai parquée dans l'avenue Madou, juste à côté de ma précédente maison qui avait accueilli la Bibil Mobile pour la première fois. Un peu le destin, la fin d'un cycle, si vous voulez. Ma tante m'a généreusement nourrie en attendant Europ Assistance, qui est diligemment venu, a vu le moteur, et a dit: "Ca, ma p'tite dame, c'est la courroie de distribution." Il m'a regardée comme si j'étais supposée savoir ce que c'était. A son regard, c'était grave.
Un peu plus tard, le garagiste m'a donné une estimation de la note de réparation, et en effet, on ne pouvait plus rien faire pour elle. Le prix de la réparation excède le prix qu'on pourrait en avoir en la revendant.
Il excède aussi le prix de mon salaire, et de mon compte d'épargne.
Triste.
Au moins ça s'est passé quand j'étais là.
(Ca pour le coup, plus personne d'autre ne voulait l'utiliser cette Twingo, à croire qu'on n'avait plus confiance...)
Et vous, quel est votre meilleur souvenir avec la Bibil Mobile?

Friday, July 03, 2009

Rho mais Bibil, quoi.

Ca doit être la chaleur.
Hier, je suis allée au bureau avec la ferme intention de faire mes courses de petit déjeuner au magasin bio à côté (on ne vend pas de lait d'épautre au supermarché, donc je dois faire mes courses de petit déjeuner séparément). Justement, hier, j'avais organisé un focus group, et il restait plein de trucs à manger et à boire. J'ai donc pris mon grand sac Delhaize, j'ai fourré toutes ces bonnes choses dedans, et... Je suis rentrée chez moi, oubliant le sac et les courses.
Oui.
Cela fait une semaine que je me dis, demain matin, je passe à la commune pour changer mon passeport, sinon j'aurai des problèmes à voyager au mois d'août.
Ben voilà, il est déjà trop tard pour aujourd'hui.
(La commune est ouverte de 9h à midi aussi hein, donc ce n'est pas totalement ma faute).
Et ce matin, j'allume mon gsm pour y découvrir un message matinal.
"Oui bonjour, c'est le Dr un Tel, nous avions rendez-vous ce matin et je vous que vous n'êtes pas là..." Trop tard évidemment, et quand je téléphone pour m'excuser, je me rends compte que le Dr en question s'est déplacé spécialement à Bruxelles pour me recevoir.
Aaaahlala la quiche, Bibil, c'est pas possible.
Alors soit je suis en mode "vacances studieuses", comme quand je faisais mon mémoire, cad qu'à côté de mon boulot et de glander majestueusement aussitôt que je me suis acquittée de ma tâche, plus rien n'existe.
Soit c'est la chaleur, je suis anéantie et je n'y suis vraiment pour rien.
Soit c'est juste ma faute.
Bref.
Demain matin, je sens que je vais encore implorer mes colocs de me prêter un bout de pain.

Edit 12h50: J'ai terminé ce post en me disant que c'était trop bête, que j'avais encore limite juste le temps d'aller renouveller mon passeport. Ce que j'ai fait. 5 minutes avant la fermeture, je suis trop une pro du last minute! Et j'avais justement 2 photos d'identité sur moi (non mais le truc qui ne m'arrive jamais), et heu, ma carte de banque pour payer la somme astronomique de 78€.
Argh.
Mais bon. Maintenant je vais avoir une puce électronique dedans. La technologie vient toujours avec un prix... J'ai pas l'iPhone, j'ai pas le MacBook, mais quand même, bientôt j'aurai le dernier cri en matière de biométrie.

Friday, June 05, 2009

Douleur.

Il est arrivé.
pv
Notons pour faire avancer le débat que l'officier de police a officiellement déclaré ma Twingo comme étant jaune.
(Taille originale ici)

Wednesday, May 27, 2009

Bibil se prend un PV

Bon, je tue tout le suspense de ce post par ce titre sans glamour, et le lecteur attentif devinera qu'il n'y a pas de double sens, que je n'ai pas fait de collision frontale avec un homme nommé Pierre-Victor, non. Je me suis prise un procès-verbal.
J'explique.
J'étais à la place Meiser, téléphone à la main, insultant les autres automobilistes et écrasant les personnes âgées, selon la conduite irréprochable qui me caractérise si bien. Je venais de Reyers et je voulais faire demi-tour pour retourner sur Reyers. Je m'étais donc mise sur la bande de gauche pour pouvoir tourner plus facilement, illustration ci-dessous.
Jusque là, tout est normal.
Seulement voilà: je ne suis pas une conductrice sauvage, et quand beaucoup de personnes se pressent pour passer avant moi, j'avoue que je les laisse passer pour pouvoir peinard me tracer mon chemin après eux. C'est ce qui s'est passé hier. J'ai démarré au vert, puis j'ai laissé passer les conducteurs hargneux qui voulaient absolument me gratter le passage, me retrouvant ainsi dernière dans la file.
C'est là que je me suis fait héler de façon peu polie par un officier de police.
Ma première pensée, c'était qu'il était là pour faire la circulation et que je je gênais, donc qu'il voulait que j'avance.
Il tape sur ma voiture et m'engueule.
"NON, pas LA, mais ICI" s'époumonne-t-il comme s'il essayait de dresser un chien.
Toute traumatisée, je conduis la Bibil Mobile jusqu'à son collègue qui était arrêté un peu plus loin.
"Vous savez ce que vous venez de faire, là, mademoiselle?" qu'il me dit.
Je m'arrête un moment, ravie d'avoir l'air toujours assez jeune pour qu'on m'appelle mademoiselle (ne pensant pas que c'était peut-être dû à l'étiquette parking ULB sur le parbrise d'une toute vieille twingo jaune vomi). "Heu, non," je réponds.
Il me regarde d'un air désolé.
"Vous avez brûlé un feu rouge. Violation de l'article blablablablabla, et puis les piétons blablablablabla, enfin c'est une faute grave."
Je balbutie, n'ayant pas la présence d'esprit de me dire, heu mais non je ne l'ai pas brûlé ce feu rouge, je proteste, et puis d'abord comment est-ce que vous pouvez me dire ça? Vous êtes tellement loin du feu que vous ne pouvez pas le voir. Ah oui, comme j'aurais dû dire ça. A la place, je fais, "Ah bon?" et je le laisse me dire:
"C'est une amende de 150 euros, vous le savez, ça?"
Gloups.
"Ca fait beaucoup," que je réponds, non mais quelle conne vraiment, j'aurais eu la présence d'esprit de sortir de mon état de choc que je me serais rendue compte que ce feu, quand je l'ai passé, il était vert. Il me regarde d'un air condescendant. "Carte d'identité, permis de conduire, et papiers du véhicule."
Bon, ben la voie de l'humour, autant oublier. Je switche instantannément en mode naïf mais plein de bonne volonté, je ne savais pas, on ne m'y reprendra plus. C'est une stratégie qui m'a déjà fait éviter des amendes de resquillage de transports en commun à trois reprises. En fait, c'est la seule stratégie que je connaisse, et il faut croire que j'ai une tête de conne parce qu'en général ça marche à tous les coups.
Et cette fois-ci, je dois dire que ça a presque marché. Le policier commençait à prendre pitié, pour un peu je me serais mise à pleurer, il se serait senti méga-coupable et il m'aurait laissée partir avec un air attendri. Mais c'était sans compter sur le petit hargneux qui m'avait harponnée au début.
Il gueule par dessus le traffic: "C'est une ETUDIANTE, Jos, une GAMINE, regarde la date de son permis." Jos se laisse distraire, le charme est rompu, et il regarde mon permis. Le petit hargneux reprend de plus belle, "la DATE de son PERMIS Jos!" Et comme il ne comprennait pas la réponse de Jos, il est venu de lui-même pour constater que mon permis, je l'avais depuis 2002 (Diantre que ça avait l'air suspect, pour un peu il était prêt à croire que c'était celui de ma mère). Il m'a regardée avec un regard plein de haine, et il m'a dit, "150 euros et c'est tout." Et voilà, il m'a fait un signe de circuler.
Jos l'a regardé lui, puis il m'a regardée moi, il a haussé les épaules et m'a dit, "nous ne faisons que notre métier, mademoiselle."
Et meeeeerde.
150 euros pour une faute que je n'ai pas commise, franchement, la vie n'est qu'injustice.
150 euros, ce sont 2 aller-retour pour Londres.
5 kilos de dragées de qualité.
1 digital voice recorder flash 16MB pouvant enregistrer 176 heures d'entretien.
C'est plus que la somme totale de ma Wish List.
Si vous êtes un lecteur compatissant travaillant pour la police et pouvant faire sauter un petit PV, sachez que votre profil m'intéresse. (Ou, à défaut, si vous avez 5 kilos de dragée de qualité, ou l'un des livres se trouvant sur ma wish list...)

Sunday, April 12, 2009

Au secours

Il y a un frelon dans ma salle de bain. Si. Un frelon. Très mécontent d'être là.
Au cas où je viendrais à décéder dans des circonstances mystérieuses au cours de la mâtinée, je lègue toutes mes chaussettes roses à Esmé.
Je HAIS l'été!!!!

Wednesday, March 04, 2009

Un projet, deux projets, encore un projet...

Pour commencer un doctorat, il faut de la motivation, et en grande quantité.
Il faut d'abord accepter qu'on va passer 4 ans de sa vie sur un projet, le même projet, et que c'est bigrement plus important qu'un mémoire. Ensuite, on réalise qu'en 4 ans on n'aura pas le temps de le finir, et que chaque jour sera une course vers l'achèvement du savoir. Puis vient la question du financement. Pour certains, la question ne se pose pas: leur département a des sous, et leurs résultats intéresse la science. On a toujours besoin de recherches contre le cancer, ou de développer des modèles mathématiques afin qu'Amazon nous vende des produits plus personnalisés.
Mais je suis en sciences sociales, le diplôme par excellence qui, après histoire et journalisme, ne mène à aucun débouché.
(Et le fait que j'ai également fait histoire et journalisme est purement une coïncidence, je vous l'assure).
Donc, si vous ne l'aviez pas déjà remarqué, cela fait près d'un an et demi que je me bats pour obtenir un financement. Et comment se bat-on pour la chose? Vous l'avez deviné, en écrivant des projets de recherche. Et nous en venons au coeur de ce débat.
Là je suis sur le point de devoir en rendre un autre, et si je pouvais dans un grand élan d'autodestruction extérioriser ma frustration profonde et ma démotivation la plus totale, je le ferais. Mais étant consciente que ledit élan entrainerait un flot d'insultes sans destination précise, et dans un soucis de préserver les règles de bienséance, je me contenterai d'extérioriser la chose comme suit.
Prout.
Non mais vraiment.
Y a rien de plus prout qu'un projet de thèse, et là ça commence à me gaver, il me sort par tous les orifices, et particulièrement par celui par lequel on fait prout, b@*$µl de prout.
Rappelons par ailleurs que ce mot est en réalité une locution latine, né de l'assemblage de "pro" et de "ut", donc techniquement, le standing de ce blog ne s'en est pas retrouvé baissé.
Sur ce, je m'en vais trouver un moyen de me lancer dans le monde professionnel de la pâtisserie histoire de trouver une alternative à ma déconfiture.