Il se tenait là, à la sortie du métro, torse nu, bras ouverts, défiant la foule qui venait contre lui. Il avait les cheveux gris, sales, il tenait dans chaque main une bouteille d'alcool. Il criait dans le vide des mots que l'on ne pouvait pas comprendre. Son visage, un proche ne l'aurait pas reconnu, déformé par des grimaces que n'interrompaient que ses cris. Les premiers voyageurs ont hésité avant de passer à côté de lui, puis finalement, ils l'ont fait. Tout le monde l'a fait. Et un employé du métro lui a gentillement demandé de s'écarter de la voie.
Les vieux qui parlent seuls dans le métro londonien, c'est chose courante. Personne ne sait vraiment ce qu'ils essaient de dire, ni contre qui ils crient. Au début je mettais cela sur le compte de l'alcool. Maintenant, je n'en suis plus si sûre.
Ce qui est certain, c'est que lorsqu'un d'entre eux entre dans un wagon, les passagers changent de rame. Moi aussi, parce que j'ai peur. Et je me demande toujours pourquoi venir crier dans le métro devient leur seule façon de s'exprimer. Leur seule façon de lutter contre l'exclusion.
Dans ce pays le désespoir se crie à la face du public.
Et il n'y a pas que les vieux du métro. Il y avait aussi cette fille, par exemple, cette étudiante de mon université, qui s'est jetée contre la rame. Elle était moins âgée que moi. Je l'avais peut-être déjà vue dans les couloirs de la bibliothèque, qui sait? Anonyme, jusqu'à ce qu'elle décide de mettre sa mort en scène.
Ou cet homme qui travaillait à l'hôpital voisin, et qui pendant la nuit est venu se pendre à un arbre. Trois mois plus tard, les gens lui apportent toujours des fleurs, et des messages exprimant combien cet homme a rendu les gens heureux. Des mots qui expriment le sentiment de culpabilité de ceux qui n'ont pas vu les choses venir.













Ceci est le train que mon ami Neeraj aurait dû prendre la semaine passée à Bombay.
Et ça, c'est ce qui se passe au Liban pour le moment, où habitent les familles de Noor et 





C'est que le thème de la soirée a été poussé jusqu'au bout pour nous faire vivre 1001 Nuits en l'espace d'une seule.

Je vous laisse deviner les résultats! Ma vue de plus en plus trouble m'a néanmoins permis d'admirer la superbe tente dressée pour l'occasion.
Et une photo de ma joyeuse table (dont je disculpe la plupart d'accusations éhontées d'alcoolisme qu'impliquerait le récit de ma propre expérience). 

