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Thursday, November 03, 2016

Bridget Jones - Mad about the Boy

Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a un nouveau Bridget Jones (Bridget Jones's Baby) au cinéma (allez le voir, d'ailleurs, c'est très drôle). 
Mais ce que vous ne savez pas, c'est que l'auteur de Bridget Jones, Helen Fielding, avait déjà produit une suite aux aventures de son héroïne il y a de cela quelques années. Bridget Jones - Mad about the Boy, sorti en 2014, voit Bridget à 51 ans, mère célibataire de deux enfants en bas âge. Célibataire, hé oui, parce que pour le concept de Bridget marche, il faut qu'elle soit single, et c'est tout. 
C'est dommage, car pourtant le livre avait beaucoup pour lui à la base. Bridget a ses enfants sur le tard, et alors que tous ses amis ont des adolescents qui partent à l'université, elle se bat encore avec l'école primaire, une école posh où les mères type cercle social Darcy se prennent la tête sur qui doit apporter des poivrons de couleur différente coupés en lamelle pour le pique-nique de fin d'année. Elle tente de percer en tant que screenwriter, mais la maison de production ne semble avoir qu'une obsession: récupérer l'investissement qu'ils ont fait sur la location d'un yacht à Hawaï (fâcheux pour un scénario qui devait à la base se dérouler dans la nuit permanente d'un hiver norvégien). Ses parents, qui vivent une nouvelle jeunesse en maison de retraite, ne critiquent plus Bridget, mais critiquent l'éducation de ses enfants. Elle doit gérer le facteur âge, la presbytie, la tentation du botox, la mode et la technologie qu'elle ne comprend plus mais que ses enfants comprennent très bien, tout ça. Et bien sûr elle compense le fait d'avoir arrêté de fumer en se boulottant des paquets de fromage râpé à même le frigo, des paninis jambon-fromage chez Starbucks et des packs de nicorette. Donc en fait à la base, ce livre aurait pu très bien fonctionner avec un Marc Darcy largement absent et une flamme difficile à entretenir, mais non. Exit Darcy, Bridget est à nouveau célibataire, bon on est déçus, mais soit. 
Le livre commence avec Bridget qui fait un petit tour à la clinique de l'obésité. Elle perd du poids, elle s'inscrit sur Twitter, puis via Twitter elle rencontre un toy boy, plus proche en âge de son fils que d'elle-même. Et voilà, même Bridget, nouvelle histoire. Sauf que pour moi on s'en fout un peu des histoires de coeur de Bridget, surtout si Darcy n'est plus là. Ce qui est drôle dans cette histoire c'est tout ce qui est écrit au dessus, son rôle de mère, de fille, de professionnelle, d'amie, enfin toutes des choses qui auraient pu fonctionner avec un Darcy absent. Mais il n'empêche, j'admets que le livre est drôle, et que c'est une bonne distraction pour le métro, car ce sont de petites entrées de quelques lignes qui permettent d'interrompre sa lecture à n'importe quel arrêt. 
Si toutefois vous assumez le côté chick lit de la chose, et les gens qui vous regardent avec un sourire en coin, bien sûr. 

Monday, October 12, 2015

Guest post!

Les plus fidèles lecteurs ont été inspirés à l'occasion des 10 ans du blog... Voici pour vous un premier guest post rédigé par un "anonyme" (qui n'est pas Anonymous, ceci dit). Enjoy! Parce que moi, personnellement, j'ai bien enjoyé - mais c'est normal, me direz-vous, quand vous l'aurez lu.

***

"Ce blog a dix ans", anonyme, Bruxelles, 2015. 

Ce blog a dix ans.
Dix ans.
A la vitesse d’Internet, c’est presqu’un millénaire.
Dix ans.
Dix ans de la vie de notre chère Bibil où ses peines, ses joies, ses découvertes nous sont contées.
Dix ans.
En filigrane, c’est dix ans de notre vie qui défile.
On se souvient de sa découverte des chicons à la crème.
On se souvient de son accident de voiture en Suède.
On se souvient de son amour pour les muffins.
On se souvient de sa découverte de la gastronomie anglaise.
On se souvient du kot de Louvain-la-Neuve.
On se souvient du 302 et de ses soirées épiques.
On se souvient des chasses aux œufs.
On se souvient des soirées aux touches marines et gauloises.
On se souvient de ses débuts en couture.
On se souvient de ses travaux.
On se souvient de ses maux divers et variés.
On se souvient de sa thèse.
On se souvient de son terrain à Berlin.
On se souvient de son terrain à Paris.
On se souvient de ses voyages.
On se souvient de ses tergiversations, doutes, interrogations.
On se souvient de sa Twingo.
On se souvient de sa Yaris.
On se souvient de ses chiens.
On se souvient de sa voiture qui pue les chiens.
On se souvient de ses dîners.
On se souvient de ses invitations.
On se souvient des séjours au ski.
On se souvient surtout de son amitié indéfectible.
On se dit que Bibil a une vie hors du commun.
On se dit que Bibil est un peu barrée.
On se dit que c’est génial.

On se dit qu’on voudrait que ce blog ne s’arrête jamais.


Tuesday, September 22, 2015

Bon anniversaire, Blog!

Dites donc, le blog a dix ans...
DIX ANS!!!
Cela ne rajeunit personne. Moi-même, j'ai eu du mal à y croire, il me semblait qu'hier encore on fêtait ses 5 ans... Et bien non, voilà, le temps passe à une vitesse... Demain il aura 15 ans. Et un jour les blogs seront aussi vintage qu'une cassette VHS. Nos enfants se moqueront de nous et on passera pour des ploucs. Mais soit.
Il y a dix ans, j'avais 22 ans. J'allais passer une année à Londres pour faire un master. Ma vision de l'avenir se définissait en terme d'années académiques. En 2005, facebook n'existait pas, on n'avait pas de smartphones, et le web 2.0 était un concept novateur et encore peu maîtrisé. En clair, la technologie ne nous proposait pas grand chose. On avait MSN, skype avec des connexions pourries, des cartes prépayées pour appeler à l'étranger, et depuis quelques mois, les blogs. Et les blogs, c'était neuf, mais alors là super neuf. Peut-être que c'est à cela que celui-ci doit le jour: c'était la bonne plateforme qui est arrivée au bon moment.
Et le blog est né, donc. 
Je peux vous dire qu'à l'époque, j'étais une pionnière.
Si on m'avait dit, il y a dix ans, que je continuerais à blogger, je ne l'aurais pas cru. Je pensais que le blog s'arrêterait quand je rentrerais à Bruxelles. Puis quand facebook a débarqué, j'ai pensé que le blog allait naturellement lui céder sa place. Mais non, il est toujours là. Comme quoi. En même temps, si on m'avait dit il y a dix ans qu'en 2015 je serais toujours à l'université, puis que je m'étais mise à la cuisine, à la couture, que j'avais des teckels, que j'avais fait près de 3 ans de travaux de rénovation, et que non je n'avais toujours pas écrit mon roman, je ne l'aurais pas cru non plus. Mais là n'est pas la question.
En dix ans, le blog a beaucoup changé. Il fut un temps où il servait de forum à mes amis: les posts avaient pour vertu de les faire réagir, et c'étaient les commentaires qu'il fallait suivre plus que les posts en eux-même. D'ailleurs je n'étais pas la seule à avoir un blog, c'était un vrai phénomène. A l'époque des écrivains naissaient grâce à cela, et la tendance était au blog-to-book. Puis la mode est passée. La plupart des blogs de l'époque ont fermé. La célébrité sur internet se trouve ailleurs à présent. Mais moi, je suis toujours là. 
Maintenant je n'écris plus pour les autres. Certes, il y a quelques très fidèles qui lisent encore mon blog régulièrement et qui se plaignent que je ne le mette pas assez à jour. Il y a aussi ceux qui m'avouent, pleins de remords, qu'ils n'y sont plus allés depuis des mois. Et ceux qui me demandent, "ah bon, ton blog, il existe toujours?" Mais ce n'est pas grave, ce n'est pas le but du blog, parce que maintenant si je veux une gratification narcissique immédiate me permettant accessoirement de procrastiner ma vie, je vais sur facebook.
Alors pourquoi le blog? Me demanderez-vous. La réponse est simple. je tiens ce blog parce que j'aime écrire. J'aime pouvoir me mettre derrière mon ordinateur, prendre un peu de recul, réfléchir, et rédiger. J'aime documenter ma vie, créer des archives personnelles dans lesquelles je puisse replonger. J'aime aussi laisser une trace de mon passage. Un beau jour, une bonne dizaine d'années pré-blog, j'ai réalisé qu'on pouvait disparaitre à tout moment. J'ai réalisé que la mémoire était une faible chose, que les souvenirs s'effaçaient, et que si on ne laissait rien derrière soi on allait progressivement être oubliés. Cela m'avait dévastée à l'époque, et cela me frappe encore, de temps en temps.
Mais le blog, lui, il est là, et il peut témoigner de tous ces souvenirs. Et il a 10 ans. 
Bon anniversaire, blog. 
Puisses-tu être encore là dans dix ans. 
Contrairement à MSN. 
Paix à son âme.

Wednesday, October 23, 2013

Jonathan Coe, Expo 58

Mercredi passé a été un événement marquant dans ma vie. Car mercredi passé, je me suis rendue au book launch d'Expo 58 de Jonathan Coe à l'Atomium... Et Jonathan Coe est un de mes auteurs préférés, pour ceux qui n'ont pas suivi l'affaire.
Jonathan Coe book launch Expo58
Pourquoi est-ce que j'aime bien cet auteur? Me demanderez-vous. Et bien, il y a quelque chose qui se retrouve dans tous ses romans et qui me donne envie de lire le suivant. Ce sont des livres où on rit du début à la fin. On y retrouve toujours un mélange subtil d'humour, d'ironie et de tragique; quoiqu'on a du mal à avoir pitié car les personnages sont bien souvent les auteurs de leur propre malheur. Le personnage central est inévitablement à côté de la plaque, complètement anti-idéalisé, et il va passer à côté de l'intrigue jusqu'aux dernières pages. Parfois le lecteur aussi, même si en général il y a des pistes pour qu'on devine la fin juste avant que le personnage ne la devine. Il y a des thèmes récurrents qui reviennent aussi, comme l'impact du temps sur l'amour et les idéaux, la dépression, le quotidien, assorti d'une fine critique de la société anglaise.
Expo 58 ne faillit pas à ces principes. C'est l'histoire d'un homme tout à fait banal qui est envoyé presque par hasard sur le site de l'Expo 58 en plein contexte de la Guerre Froide. Il va se retrouver impliqué dans une histoire d'espionnage sans comprendre qu'il s'en agit d'une... Par rapport à ses autres livres, je trouve qu'il s'agit d'un de ceux qui excelle le mieux dans l'humour. Mais un humour très British évidemment; d'ailleurs l'auteur disait lui-même au book launch que ce bouquin était sans doute son livre le plus British.
Bref, pour en revenir au book launch. J'y suis allée avec Alice et Flore, elles-mêmes grandes addicts (quoique Alice un peu plus récemment quand même). Notre ami Jonathan a dit des trucs très intéressants sur son roman mais aussi sur un tas d'autres choses beaucoup plus vastes liées au métier d'écrivain, à sa vision de la société anglaise, à ses romans précédents. Moi j'étais captivée of course. Alice m'a cependant confiée qu'elle avait trouvé ça un petit peu long. Mais qu'importe: elle se réserve pour ma défense de thèse...
Jonathan Coe book launch Expo58
J'ai même posé une question, figurez-vous. Je lui ai demandé lequel de ses livres était le préféré. C'est un peu bateau, vous allez me dire, mais quand on se trouve face à un mec qui a écrit tellement de livres sur une tellement longue période, c'est un peu le genre de questions qui nous titille... (Et si ça vous intéresse, sa réponse était que chaque livre était différent, et qu'il aimait certains aspects de tous ses livres. Et qu'en même temps il en arrivait à un stade où certains romans étaient tellement anciens qu'il les redécouvrait en tant que lecteur et non plus en tant que celui qui les avait écrits... Mais s'il devait n'en donner qu'un, il dirait que ce serait "The Rotter's Club" car c'est celui qui est le plus autobiographique.)
Et après, on a fait la file pour la dédicace, et la gonzesse de la librairie m'a publiquement reconnue devant lui comme l'une des auteurs de "the Meantime", et elle lui a dit qu'on avait fait un super book launch avec eux, je vous jure j'étais fière.
Jonathan Coe book launch Expo58
Mais fière.
Petite note pour les vrais accrocs: les personnages d'Expo 58 se retrouvent dans un autre de ses romans, "the Rain before it Falls". Bon évidemment je n'ai pas encore tout lu de Jonathan Coe, mais je vais m'y mettre... Flore par contre avait lu. En fait, elle a tout lu. Tout. Et elle lui a apporté un livre un peu plus inconnu à faire signer ("A Touch of Love") mais qui a semblé faire mouche, parce que Mr Coe était tout content.
Bien que là sur la photo il a plutôt l'air tout gêné.

Thursday, January 10, 2013

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Jonas Jonasson

Ou, dans son titre anglais, "The 100-Year-Old Man Who Climbed Out of the Window and Disappeared".
Dans un home de vieux, un vieux est plus vieux que tous les autres: il s'apprête à fêter son 100ème anniversaire. La presse locale est sur le coup, le maire se déplace, la directrice s'est même fendue de rédiger un discours. Bref, rien ne manque; rien, sauf le centenaire en question, qui a sauté de la fenêtre du premier étage et s'est fait la malle.
Grands dieux! La presse comme la police se précipitent, dans ce petit bled suédois il ne s'était rien passé de tel depuis... Mmmmh... Depuis que le vieux en question avait fait exploser sa propre maison. 
Ils découvrent vite que le fugitif centenaire, après s'est trainé en pantoufles jusqu'à la gare d'autobus, a pris le premier bus qui passait, et dans l'espoir de se trouver des chaussures, a volé une valise au hasard. Une valise qui, en fait, contenait 50 millions. Et est activement recherchée par son très criminel propriétaire.
Allan Karlsson s'embarque alors dans une aventure rocambolesque et à mourir de rire, parsemée de personnages inattendus et de situations absurdes. Mais la vraie aventure est sans doute celle de sa vie, racontée en parallèle, et qui nous brosse un portrait du 20e siècle un peu hors du commun...
Bref, au delà de l'idée de cadeau suggérée par son titre (on a tous un pote un peu vieux qui ne veut pas fêter son anniversaire), il s'agit d'un livre léger, bien ficelé et surtout fortement humoristique. Jonas Jonasson a l'art de la tournure de phrase et du petit adjectif bien placé qui fait qu'au delà de l'intrigue déjà très drôle, le style littéraire en lui-même en vaut également le détour... Par contre si vous avez tendance à rire tout seul et que vous êtes dans un lieu public, évidemment, c'est plus embarrassant.
Bon, ça va, 100 ans, c'est pas la fin du monde. C'est pas comme 30 ans, hein. (huuum).

Monday, December 24, 2012

Cadeau de Noël pour vous!

Chers lecteurs, 
C'est un fait indéniable: Noël est à nos portes. Et même si ce qui compte c'est de se retrouver en famille dans l'esprit de Noël, ledit esprit de Noël est quand même un tout petit peu influencé par le fait qu'on offre et reçoit des trucs. 
Alors aujourd'hui, dans l'esprit de Noël, vous allez TOUS recevoir quelque chose. Enfin seulement si vous avez un Kindle, ou si vous avez une tablette numérique compatible format Kindle (si ça existe). Mais je me dis que les biblivores d'entre vous, et qui soit vivent avec leur temps, soit qui n'ont pas un espace de stockage illimité dans leur bibliothèque, doivent certainement être en possession d'une de ces petites choses. Soit.  Venons-en aux faits.
Dany G. Zuwen, co-auteur de The Meantime avec la nouvelle Eight Days, vient de sortir le premier volume de sa "Saga Tenebrae", appelé Mantax, dont il prévoit au moins trois tomes (à paraitre en 2013). Que devez-vous savoir à propos de ce livre? 1. Vous pouvez trouver le synopsis ici ou là. 2. C'est en français, et 3. C'est de la science fiction. 
Si vous pensez que la science fiction ce n'est pas votre truc (comme moi auparavant), détrompez-vous! Je suis en plein dedans, et tout ce que je peux vous dire sans vous révéler l'intrigue, c'est qu'il apporte une nouvelle vision au genre qui rompt avec vos clichés. Et si la science fiction c'est votre truc, et bien, vous serez comblés.
Pour en venir au sujet de ce post, amis lecteurs, figurez-vous qu'aujourd'hui, exceptionnellement et parce que c'est Noël, Mantax est gratuit (GRATUIT!) sur Kindle (suivre ce lien)! Et oui, il vous est offert, vous avez bien entendu. Et comme c'est Noël mais en heure américaine, il sera gratuit à partir de 9AM aujourd'hui jusqu'à demain (25/12) à 9AM également... 
Allez-y, téléchargez-le, lisez-le, et dites-moi ce que vous en pensez après! Ou alors téléchargez-le et attendez ma review sur ce blog, comme vous voulez, c'est votre choix. Et si jamais vous n'avez pas le temps pour un livre, vous pouvez trouver une de ses nouvelles publiées ici, que j'avais particulièrement appréciée. 
Et surtout, Joyeux Noël à vous tous!

Monday, December 10, 2012

Allez, une fois n'est pas coutume...

Mais je vous reparle de "the Meantime". (Je sais, vous l'avez déjà lu, mais vous serez heureux de cette distraction quand je vous bassinerai avec ma fin de thèse et de mes travaux l'année prochaine).
Tout d'abord, il faut que vous le sachiez, ne manquez pas l'event littéraire de cette fin d'année (cliquez sur la photo pour élargir):
Notre cocktail littéraire de Noël au Méridien! C'est ce mercredi et vous ne serez pas déçus, on vous a organisé plein de trucs... Et c'est aussi votre chance de repartir avec des copies signées de "the Meantime" à un prix discount. 
Nom d'un livre, mais ne voyez-vous venir ce que je vais vous dire? Hein? Avez-vous pensé à offrir "the Meantime" comme cadeau de Noël? Dites? C'est l'occasion les amis! (Et si pas, ben, il existe aussi Amazon, comptez deux jours additionnels pour la livraison).
Puis, la seconde chose, c'est que même si on a eu pas mal de couverture médiatique autour de notre livre (voir page facebook), il y a une review que j'aime bien... Parce qu'elle est faite par de simples bloggers comme vous et moi (enfin surtout comme moi), dans un style que je ne connaissais pas, la "buddy review". C'est ici. Exemplaire gratuit à gagner en prime...
Et finalement, un lien existentiel pour tous ceux qui se posent la question: est-ce bientôt le week-end? (Il y a des chances que vous soyez déprimés si vous allez le consulter aujourd'hui, mais ça s'améliore quand c'est un jeudi).

Thursday, November 01, 2012

De retour à l'écriture

Et bien, cela faisait du bien de retourner à une session d'écriture créative normale, après un an et demi de participation sporadique due à mes séjours à l'étranger, et surtout après que nous ayons été mobilisés de façon si intensive par la promotion de, oui bon, je ne le dis plus. Hier, nous avons travaillé sur la Capitalisation, le fait de mettre certains mots en majuscule pour les mettre en exergue, par exemple du point de vue d'un enfant. Mon texte est ici. (Bon c'est un exercice, c'est rédigé en 30 minutes).
Et le texte original, ben...
Creative writing

Tuesday, October 30, 2012

Debriefing de "the Meantime" à Waterstones

The Meantime
Tout ce stock a été vendu en une soirée.
Au cas où vous l'auriez ignoré, the Brussels Creative Writers (dont moi-même) avons fait une présentation de notre livre à Waterstones Brussels jeudi passé, suivi d'une séance de questions-réponses avec le public. Comment cela s'est-il passé? Me demanderez-vous. Et bien, bien. Ca s'est passé bien.
Cette fois-ci le public avait été recruté largement par le biais de flyers, réseaux sociaux, etc, et il ne s'agissait donc plus du tout d'une foule composée de nos amis comme à Passa Porta. L'audience ne nous était donc pas acquise. Quand nous avons commencé notre performance théâtrale, personne ne riait... C'était un peu déstabilisant, donc du coup nous étions très nerveux. Nous avons dû fournir beaucoup plus d'efforts cette fois-ci et notre représentation a eu l'air tout à coup beaucoup plus sérieuse. Heureusement au fil du temps le public a commencé à se dérider et à rire, plutôt franchement sur la fin d'ailleurs. Ensuite, les spectateurs ont posé plein de questions intéressantes (du genre, comment vous êtes-vous rencontrés, que signifie le titre) ou indiscrètes (qui est sorti avec qui, qui ne peut plus parler à qui). Nous avons vendu près de 80 livres, l'équipe de Waterstones était ravie de notre event, et les médias (néerlandophones, les francophones on ne parvient pas à les atteindre) sont repartis avec plein d'infos. Restez branchés sur notre groupe facebook, cela va sortir bientôt.
The Meantime rehearsal
Répétition générale; la bouteille de lait, le rose ambiant, tout est parfait pour représenter une scène avec des bad guys alcooliques.
Sinon, in other news, nous sommes à présent très proches de notre break even, d'ici la fin de l'année nous devrions rentrer dans nos frais et commencer à pouvoir investir nos bénéfices dans une diversification de notre projet, comme par exemple une pièce de théâtre, une version française, enfin pour le moment ce ne sont que des plans mis sur la table et dépendants de la demande comme de notre budget...
The Meantime
Cela leur va bien au teint, non?
Personnellement, je suis responsable du placement du livre dans les librairies, et avec 17 points de vente nous commençons à avoir des ramifications partout! Par exemple, savez-vous que vous pouvez trouver the Meantime à l'intérieur de votre terminal Eurostar à Bruxelles? Près du Terminal A à Zaventem? A l'intérieur des institutions européennes? Quand vous allez bruncher au Cook and Book? Ou même quand vous allez faire votre footing au Parc de Tervuren? Tout ceci sera bientôt sur notre site web, qui je l'admets est un peu bizarre en ce moment mais sera bientôt remis sur pieds.
The Meantime
Accessoire de mode indispensable, "the Meantime" se porte avec élégance en toutes occasions sociales
Bref. Je vais vous laisser tranquille avec the Meantime pendant quelques semaines, le temps que vous commenciez à vous poser des questions sur vos cadeaux de Noël, tout ça. Et sachez que si d'aventure vous vous sentez d'humeur à nous composer une review sur amazon... Cela nous serait très hautement utile, même s'il ne s'agit que de quelques lignes et même si c'est en français!

Wednesday, October 24, 2012

C'est demain!

Si vous venez, soyez certains d'être là à l'heure, la représentation théâtrale commence peu après.

Monday, October 22, 2012

The Words

"The Words", c'est un film. Ca, c'est déjà une information importante à savoir. C'est un film qui parle d'un écrivain, ou plutôt de trois écrivains, dont les histoires s'imbriquent les unes dans les autres d'une façon qui, décrite comme ça, pourrait paraitre compliquée, mais qui en fait marche assez bien.
L'histoire numéro un est celle de Clayton Hammond, un écrivain reconnu qui réalise une lecture publique à l'occasion du lancement de son nouveau livre, intitulé "the Words". Dans cette lecture, il va parler de son personnage, Rory Jansen (qui est un homme - oublions que Lorelaï Gilmore dans the Gilmore Girls se faisait appeler Rory sinon ça va devenir perturbant). Dans cette histoire numéro deux, Rory Jansen, jeune auteur venant d'être découvert, reçoit un award pour un livre qui ne devait, à la base, être qu'un petit livre, et qui l'a propulsé sur l'avant de la scène littéraire. On le voit nerveux avant de parler en public, mais on comprend vite qu'il y a quelque chose de plus qui se trame à l'arrière-plan. Lorsque Rory et sa femme sortent de l'hôtel pour rejoindre leur voiture, ils se font observer par un vieil homme, qui a lui aussi sa vérité à faire passer, une troisième histoire d'un troisième écrivain... Mais aucune de ces histoires n'est indépendante, elles sont toutes imbriquées l'une dans l'autre, s'alimentent et évoluent de concert.
"The Words" explore en détail le syndrome de l'imposteur, être reconnu pour quelque chose qu'on n'est pas, ou n'a pas l'impression d'être. Le problème de Rory Jansen est qu'il n'a pas écrit son "petit livre"; et rien de ce qu'il n'écrira par la suite ne pourra être aussi bon que le manuscrit d'un autre. Il y a aussi une certaine originalité dans cette narration, dans la voix off de Clayton Hammond apportant des descriptions littéraires que l'image ne peut pas faire passer, et nous rappelant aussi que malgré son réalisme, il ne s'agit finalement que d'une oeuvre de fiction. Rory Jansen qui sort de son gala "comme si la pluie ne pouvait pas l'atteindre"; le vieil homme qui s'était habillé "en mettant exactement les mêmes vêtements que la veille". Cela offre une certaine poésie au texte et dites donc, qu'est-ce qu'on a envie de lire "the Words", ou même le "petit livre" de Rory Jansen, tout en sachant pertinemment bien qu'aucun d'eux n'existe en vrai. 
Seulement deux des trois histoires sont décrites comme fictionnelles, cependant; la troisième histoire, celle de Clayton Hammond, est bien ancrée dans la réalité. La frontière entre fiction et réalité n'est pas claire, il le dit lui-même; il est facile de les confondre, car les deux se ressemblent, mais sont pourtant bien distinctes. Si tout n'est-il que fiction, quelle part de réalité s'y trouve-t-elle?
Et puis, allez-y déjà rien que pour le jeu des acteurs et les descriptions du processus d'écriture. De toute évidence, "the Words" a été réalisé par un amoureux des mots et des images, et on ne s'ennuie pas instant.  
Par contre, je dois vous prévenir que j'ai une interprétation bien à moi de la fin qui, j'ai pu le remarquer après le film, était assez différente de celle des autres. On en discute si vous voulez. Apparemment il sort en Belgique le 14 novembre, mais vous pouvez toujours checker les avant-premières.

Wednesday, September 19, 2012

Meet "the Meantime" team

Et voilà, c'est nous, tout beaux et tout bien habillés pour passer officiellement à la postérité: the Brussels Creative Writers, l'équipe du Meantime. N'ayons pas peur du cumul des fonctions, et je vous présente ici donc neuf auteurs, trois éditeurs, un directeur artistique, un comptable, un gestionnaire de stock, un event manager, un attaché de presse et une petite poignée de commerciaux. Les fonctions ne sont évidemment pas officielles mais il semble que les rôles se soient naturellement distribués de la sorte en fonction des compétences de chacun.
Si l'écriture d'un recueil de nouvelles était déjà tout un monde en soi, la promotion du livre est encore plus passionnante. On ne fait qu'apprendre. Je suis en charge du contact avec les grands retailers belges et avec les auteurs de blogs. En fait, j'ai l'impression de faire exactement la même chose que pour ma thèse: je harcèle des gens pour qu'ils croient en mon produit et qu'ils me donnent quelque chose en retour. A la différence que quand je sollicite un entretien, c'est la façon dont je me présente qui tranche; dans ce cas-ci, c'est le produit qui doit persuader. A partir du moment où j'ai convaincu mon interlocuteur de lui envoyer un exemplaire, je ne peux plus rien faire qu'attendre.
C'est fascinant d'observer l'extension tentaculaire de nos ventes: d'abord nos amis, puis les amis d'amis, puis au final de parfaits inconnus... Nous augmentons progressivement nos points de vente, écrivons de belles formules, atteignons la presse, et (le plus chouette!) recevons des feedbacks sur nos nouvelles.
Tout cela pour vous dire que nous sommes fin prêts à organiser ze event of ze trimestre: notre book launch officiel! Un peu comme un vernissage, vous pourrez venir déambuler dans une galerie, manger des petits zakouskis, rencontrer les artistes et faire votre networking. A l'exception que cela se fera dans une bibliothèque, et que nous avons fait toute une mise en scène théâtrale pour présenter nos nouvelles (si si ce sera théâtral, avec des monologues, des dialogues et des répétitions, avec ma fibre innée de la mise en scène - not - ça risque de valoir le détour), et que vous pourrez faire signer votre copie par tous les auteurs. Oui tous, tous les neuf ci-dessus, car nous serons tous présents. 
Cela se passera samedi 29 septembre à partir de 20h au Passa Porta avenue Dansaert.

Allez, pour vous donner une peak preview, voici la première page de ma nouvelle, telle que vous pouvez la trouver sur notre site web.

Obviously, you can only adore it.
Copyright de toutes les photos à Valentina Pavarotti.

Tuesday, September 11, 2012

Bibil va vous aider à mieux utiliser internet


Mes amis facebook  n'ont pu l'ignorer, mon groupe d'écriture créative et moi sommes en plein dans la promotion de notre livre, "the Meantime". C'est assez fun de promouvoir un livre, d'ailleurs l'ensemble de ce processus de publication était lui-même très instructif, même si cela nous a demandé beaucoup de travail. Nous avons un site web, un groupe facebook, et sommes disponibles à Waterstones Bruxelles. Nous allons vendre des copies Place Lux tous les jeudis (ça marche super bien!) et avons déjà quelques belles reviews. Jeudi dernier, à Place Lux, j'ai vu un mec se marrer tout seul en lisant notre livre - il était en train de lire ma nouvelle, m'a-t-il dit. On nous rapporte même avoir vu des gens lire notre livre dans le métro! C'est gai d'avoir tous ces feedbacks. Notre public est surtout les jeunes expatriés de l'Eurobubble, parce que la plupart des histoires sont écrites par des gens de ce profil, mais je pense que c'est un livre qui peut parler à beaucoup de gens. Vous aurez définitivement appris quelque chose à la fin de votre lecture!

Sinon, vous êtes nombreux à me dire que vous êtes impatients d'avoir vos copies. Je n'ai pas encore reçu mes copies d'auteurs, les seules que j'ai eues en main étaient celles que nous réservons aux ventes en libraire ou à Place Lux. Je viens donc vous apporter un message. Réfléchissez à combien de fois vous allez me voir dans les prochains mois, sachant que je serai la plupart du temps en rupture de stock. Et demandez-vous si le plus simple, si vous voulez nous lire, ne serait pas de nous commander via Amazon. La marge bénéficiaire est strictement la même pour nous, le délai de livraison est de deux à trois jours, et j'accepterai quand même de vous faire une dédicace si vous me montrez votre exemplaire.
Bien. Je vous l'ai déjà dit. Et je vous ai aussi entendu répondre, "oui mais moi Amazon j'ai déjà essayé et je ne comprends pas". Et je me suis alors rendue compte que le problème était bien plus grand qu'en surface. Vous ne savez pas utiliser Amazon. 
Et bien, je vais vous apprendre comment.
1. Rendez-vous sur votre page Amazon et tapez "the meantime brussels". La livraison est gratuite à partir de Amazon.fr pour la Belgique, mais elle est aussi gratuite en UK via .co.uk, en USA via .com, en Espagne via .es, en Italie via .it et en Allemagne via .de.
2. Cliquez sur "Ajouter au Panier"
3. On vous demandera d'ouvrir une session. Soit vous êtes déjà client, et vous vous identifiez. Soit vous n'êtes pas encore client, cliquez sur "non, vous êtes un nouveau client". 
4. Si vous devez vous créer un compte: on vous donnera des instructions très simples, à savoir votre nom, username et mot de passe, votre numéro de carte de crédit et votre adresse de livraison. Amazon est un site sûr. Si d'aventure quelqu'un parvenait à craquer votre mot de passe, il n'aurait pas accès à votre numéro de carte, et il ne pourrait livrer qu'à l'adresse que vous avez entrée. Bon maintenant si votre ordinateur n'a pas d'antivirus et que le simple fait d'entrer votre numéro de carte quelque part vous met à risque, alors je ne réponds de rien.
5. Votre compte est créé et vous êtes prêts à commander? Très bien. Une fois que vous êtes dans votre panier, assurez-vous de n'en avoir commandé qu'un (au cas où vous l'auriez commandé en plusieurs exemplaires sans le réaliser), et cliquez sur "passer la commande". On vous demandera de choisir votre adresse de livraison. Puis votre mode de livraison: rapide (2 à 3 jours ouvrés) ou prioritaire (1 jour ouvré), ou autre en fonction de votre pays. Attention! Seule la livraison de 2 à 3 jours vous garantit la livraison gratuite. 
En fonction de votre pays, il se peut qu'Amazon en profite pour essayer de vous faire découvrir Amazon Prime. Ne prenez pas cette option, c'est un abonnement qui sera tacitement payant après la période d'essai, vous n'en serez pas forcément prévenus. Non, soyez patients, prenez l'option la plus lente, mais qui reste au final assez rapide. 2 à 3 jours ouvrés, on a connu des délais de postes plus longs. 
6. Regardez si tout est correct et confirmez votre commande.
Et voilà! Vous pouvez guetter votre livreur amazon à présent... Notez que s'il n'y a personne chez vous en journée, cela peut être une riche idée de vous le faire livrer au travail ou chez vos parents.
Puis vous pourrez, à l'instar de Vincent, m'envoyer cette heureuse photo:
The Meantime
Yeah baby.

Tuesday, July 31, 2012

Et voilà, Bibil est à présent un auteur de fiction. (!!!!!!)

Les amis, voici qu’est arrivée mon heure de gloire, le moment où mon nom passera à la postérité, celui où ma Maman chérie pleurera d’émotion… (Non je n’ai pas fini ma thèse, mais pourquoi me parlez-vous de ma thèse ?) Car c'est avec fierté que je vous annonce que je vais être publiée. Oui, moi. Je vais officiellement devenir un auteur de fiction.

Enfin, gardons une certaine perspective sur ce sujet et précisons d’emblée qu’il s’agit d’un recueil de nouvelles à neuf auteurs, dont je fais partie. Mais ne vous trompez pas sur cette apparence trompeuse, considérez plutôt cela comme la première pièce d’une collection, un peu comme le tout premier livre de Jamie écrit en 1999, où il avait encore les cheveux longs, le tour de taille svelte et la peau boutonneuse. Imaginez. L’équivalent Bibilblog du premier livre de Jamie de 1999 dans votre bibliothèque, pour qu’un jour vous puissiez dire à vos enfants (qui ne liront plus de livres sauf en format électronique de toutes façons), vous savez, j’étais là dès le début de sa carrière. Et pour preuve vous leur montrerez une dédicace. Parce que oui, amis lecteurs, je vais vous dédicacer mon œuvre. Parce que je vous aime, et surtout parce que vous allez l’acheter. 

Alors cette œuvre, quelle est-elle ? Me demanderez-vous. 

Le livre s'appelle « the Meantime : nine short stories from Brussels ». Il s’agit d’une initiative de mon groupe d’écriture créative. Nous voulions en effet compiler plusieurs nouvelles à thème libre se déroulant à Bruxelles avec un élément récurrent entre chacune d'elle, à savoir une décision qui doit être prise à pile ou face. Avec les mêmes instructions de départ, nous sommes arrivés à un résultat très varié: un stagiaire dans une organisation internationale quelconque, un mec qui se retrouve à organiser un photoshoot d'un Commissaire européen et d'un cochon, une train manager qui rêve de linguistique... Ma nouvelle s’appelle "A Belgian Wedding Picture" et en l’occurrence ne se situe pas à Bruxelles, mais quelque part dans le BéWé, restons chic dites. Elle raconte l’histoire d’Anne-Laure qui assiste à un mariage dont elle ne connait pas les mariés, ainsi que les histoires parallèles d’autres protagonistes racontées par son point de vue. 

Alors, d’emblée, j’ajoute un général disclaimer : 
- L’anglais n’est pas ma langue maternelle et j’ai eu un peu de mal à trouver les tournures de phrases qui exprimaient correctement les nuances désirées. Au bout d’un long processus d’editing, mon anglais est devenu correct, mais le sens de mon écriture un peu moins… Il y a des pans de textes qui ont été changés de place ou supprimés, des phrases ajoutées, etc. Au final je trouve que le texte coule beaucoup moins facilement (surtout l’introduction) et que les dialogues sont un peu artificiels, voire niais. Mais il y a un moment où il faut savoir figer le texte et l’assumer. Le mieux est l'ennemi du bien.
- Le personnage principal n’est pas moi. Il y a une similitude de statut civil mais cela s’arrête là. Il s’agit d’un personnage que j’ai volontairement rendu cynique, frustré et légèrement désespéré, qui pense de façon cruelle sur certains points sur lesquels je suis totalement neutre. Ses considérations ne sont donc pas les miennes. Ne lisez pas cette nouvelle en vous disant, "c'est comme cela que Sybille pense, ah ben, c'est beau l'amitié franchement". Nous avons fait énormément d'exercices d'écriture pour nous dissocier de nos personnages et cette nouvelle est supposée l'illustrer.
- Par conséquent, les personnages secondaires ne sont pas mes amis. Je dis ça parce qu'en relisant le brouillon, certaines personnes ont cru y reconnaitre des gens de mon entourage. J’insiste sur le fait que si parfois il y a une concordance de situations ou de métiers, j’ai volontairement caricaturé les personnages secondaires pour les rendre conformes à la vision cynique d’Anne-Laure. Je ne pensais à personne en particulier quand j’écrivais le texte, mais en cherchant une intrigue les situations qui me sont venues en tête étaient inspirées de mon vécu; j'ai gardé celles qui me semblaient suffisamment universelles pour que personne ne se sente visé. 
Par contre, il est vrai qu’un des personnages porte le second prénom de Dgé (à vous de deviner lequel), elle n’avait qu’à pas oublier sa carte d’identité chez moi au moment de la rédaction du texte!

Concrètement parlant, comment est-ce que cela se passe ? 
Il y a deux options qui s’offrent à vous.(Deux options! Mais quel luxe!)
1. Vous ne pouvez pas attendre et vous le commandez dès aujourd’hui sur Amazon. Il vous coutera entre 8,40€ et 9,10€ (en fonction des taxes en vigueur chez vous). Livraison gratuite en Belgique à partir d'Amazon.fr, ainsi qu'en Allemagne, Espagne, Etats-Unis, France, Italie et Royaume-Uni à partir de leurs amazon respectifs. N'hésitez pas à laisser une review! Et si vous venez me voir avec votre copie, je vous la dédicace. 
2. Vous pouvez attendre fin aout que je reçoive des copies à vendre à tarif préférentiel. Le livre vous coutera 7€. Droppez-moi un email et je vous en mettrai un de côté, dans la limite des stocks disponibles évidemment. Je vous dédicace votre copie mais vous devrez toujours venir la chercher en main propre: je ne fais pas de livraison. Pour notre marge de profit, les deux options sont relativement équivalentes, donc choisissez celle qui vous convient le mieux.

Nous avons un site web qui sera live d'ici quelques jours, et la version Kindle sera disponible la semaine prochaine si tout va bien. 

Aaaahlala cette situation me met dans tous mes émois, vous ne vous imaginez même pas... Tout d'abord parce que c'est mon texte qui va se retrouver lu par toutes ces mains anonymes, et aussi parce que cela m'a fait un premier contact avec le monde de l'édition... Qui je l'espère se réitérera dans l'avenir! Maintenant il parait que la phase suivante est de se préparer aux potentielles critiques littéraires et sensibilités heurtées, et je serai définitivement parée à me lancer en solo!
A cet effet, je décline toute responsabilité par rapport à l'utilisation qui sera faite des seconds prénoms se trouvant sur les prochaines cartes d'identités oubliées chez moi.

Friday, July 20, 2012

La trilogie berlinoise - Philip Kerr

Avant mon départ vers Berlin, les Merri m'ont offert un livre s'intitulant "la trilogie berlinoise" de Philip Kerr... Une énorme brique d'un auteur qui m'était alors complètement inconnu. 
Mais cela a vite changé, parce qu'ici c'est le premier livre que tout nouvel arrivant se voit recommander! Pas forcément sous ce titre, cependant, généralement on parle d'une "Bernie Gunther investigation". La trilogie berlinoise regroupe en effet les trois premières enquetes du flic/détective privé Bernhard Gunther dans le Berlin de 1934, 1939 puis 1947... 
Pour moi, il y a trois raisons universelles (indépendantes du fait que vous etes un touriste, donc) pour lesquelles vous devez lire ce livre:
1. C'est une intrigue policière. Quand vous la commencez, vous avez donc envie de connaitre la suite. Il y a du suspense, il y a des rebondissements, il y a une chute qui vous surprend la blinde, impossible de deviner la fin avant d'etre arrivé à la fin!
2. Le personnage principal, Bernhard Gunther, est proprement désopilant. Solitaire, désabusé, cynique, ironique et n'ayant rien à perdre, il a une facon très particulière de voir la vie. Un personnage qui est donc définitivement très terre à terre, et qui ne se laisse jamais dicter sa conduite, si ce n'est par une jolie femme, car c'est là sa petite faiblesse... De plus, il a un répertoire de métaphores absolument fabuleuses.
3. Ce livre fait aussi votre éducation historique. Il dépeint l'ambiance à quelques moments phares de l'histoire berlinoise: la première intrigue se déroule pendant les jeux olympiques de 1936 avec la montée du nazisme et de la persécution des Juifs; la seconde, juste avant la Seconde Guerre mondiale; la troisième, juste après la guerre, pendant la reconstruction et l'isolation progressive de Berlin Est. Il parait qu'il y a trois autres enquetes qui sont sorties, situées à des périodes ultérieures comme antérieures aux intrigues précédentes.
Une très bonne lecture, donc, pour toute personne que l'histoire de l'Allemagne de cette époque intéresse... Vous en ressortirez plus intelligent, et vous ressortirez à l'occasion certaines de ses métaphores, comme par exemple, "tel un homme qui s'est gavé de pruneaux au petit déjeuner, je m'attendais à ce que quelque chose se produise..." (Je ne m'en remets toujours pas).
Mais avant d'investir dans cette oeuvre littéraire, je vous conseille d'attendre quelques jours, car il est très probable qu'un très chouette livre ne sorte quelque part dans la fin juillet...

Monday, July 09, 2012

La chic lit de l'été

Samedi soir, vers 23h58, Gabrielle m'a envoyé:
"J'ai fini the Other Side of the Story... Faut que j'en achète un nouveau mnt!!! Si t'as des conseils... Et en English comme ça j'ai l'impression de faire un truc utile!"
Ce à quoi je lui ai proposé de venir puiser dans ma bibliothèque personnelle, moyennant tout de même que je ré-ouvre quelques cartons qui sont au grenier, ce qui risque de ne pas être une mince affaire, et elle m'a répondu, "ou alors déjà des titres de livres ce serait bien! Ca me fera une excuse pour aller sur amazon et acheter [hahaha! vous ne le saurez jamais]".
Ce qui m'a fait penser qu'il était grand temps de vous donner mes recommandations en littérature girlie anglophone pour l'été qui s'annonce (du moins dans des pays au climat plus clément que le nôtre, ce qui tombe bien si vous prévoyez des vacances). J'admets qu'il est difficile de choisir sa chick lit de l'été, le marché est saturé de ce genre de littérature aux couvertures ultra kitschs qui vous lurent et vous leurrent, et j'y ai lu de grosses daubes tout comme des petits chefs d'oeuvre... Alors voici rien que pour vous une petite sélection basée sur ma bibliothèque perso (que vous pouvez compléter dans les commentaires si vous le voulez, ça m'intéresse figurez-vous).
1. Sophie Kinsella, "Remember me".
Lexi se réveille dans un hôpital après avoir fait un accident de voiture. Un accident de voiture? se dit-elle. Mais depuis quand est-ce que je sais conduire? Elle se sent aussi un peu différente, un peu comme si elle avait perdu une bonne dizaine de kilos et que sa dentition était à présent parfaite, et quand on lui ramène ses effets personnels c'est le choc: un sac Gucci, des bijoux, dont une bague qui ressemble à... mais dites donc, mais c'est une alliance! Il doit y avoir erreur sur la personne, elle est célibataire, non? Et d'ailleurs, quelle date sommes-nous? Quoi? Quelle année, dites-vous? Lexi doit vite se rendre à l'évidence: elle a oublié trois ans de sa vie. Trois ans dans lesquels sa vie a basculé, et elle se découvre avec un corps parfait, un époux canon et millionnaire, et tiens donc, elle est devenue le boss de sa boite. Mais tout est-il vraiment si rose? Pourquoi ses meilleures amies de toujours agissent comme si elles la détestaient?
Pour moi il s'agit là du meilleur livre de Sophie Kinsella, même si tous ses livres sont une valeur sûre des longs trajets d'avion et des plages de cocotier. Mais si vous me le demandez, il y en a bien un autre que j'ai préféré aux autres...
2. Sophie Kinsella, "the Undomestic Goddess".
Samantha est une avocate à succès; sa vie est divisée en petites fractions de 6 minutes facturées à £500 chacune. Son but ultime est de devenir partner de sa firme, et elle y sacrifie tout, au détriment de sa vie privée et sentimentale. Jusqu'à ce qu'un jour, elle fasse une grosse erreur, tellement grosse qu'elle lui coûte sa carrière... En état de choc, elle prend le premier train, descend à une station au hasard, et se fait engager sous un malentendu comme housekeeper. Ce qui inclut, entre autres, d'apprendre dare-dare à faire le ménage, la cuisine, la lessive, et surtout de cacher à ses patrons pas très méchants mais pas très brillants non plus qu'elle a un QI de 158 et un diplôme de Cambridge... 
En prenant ce livre j'avais l'impression que je lirais un machin sexiste qui me révolterait au possible, et en fait non, c'est même carrément drôle... Les situations sont assez cocasses et tournent au vaudeville à tous les coins de page!
Sinon, en vrac, si vous aimez Sophie Kinsella, vous aimerez aussi Confessions of a Shopaholic, Twenties Girls, ou Can you Keep a Secret? Ce qui est bien c'est que chacun de ses livres est différent, avec une idée de base qui ne ressemble pas aux livres précédents... Ce qui n'est pas le cas de Marian Keyes, l'autre reine de la chic lit anglaise.
3. Marian Keyes, The Other Side of the Story
Car en effet tous les romans de Marian Keyes se ressemblent un petit peu: trois personnages féminins, dont une fille bonasse, une fille pas bonasse (la bonasse ayant d'ailleurs souvent piqué le mec de l'autre) et une femme carriériste. Quelque part dans l'intrigue il y a des retournements de carrière, de vie sentimentale, quelques passages drôles, et un personnage secondaire qui fait une dépression. Les livres de Marian Keyes sont très enjoyables, mais en lire un signifie tous les lire; surtout qu'il s'agit généralement de gros bouquins qu'on ne finit pas en une seule nuit. Dans le tas, je trouve que The Other Side of the Story se défend mieux que les autres, parce que les trois personnages féminins en question travaillent dans le monde littéraire, qui est forcément le monde que l'auteur connait le mieux... On a deux écrivains, l'une à succès et l'autre non, l'écrivain à succès a piqué le mec de l'autre, et leur agent littéraire ultra carriériste. Quoique je vous recommanderais peut-être aussi Sushis for Beginners, parce qu'un des personnages centraux fait une dépression clinique, qui est une maladie que Marian Keyes rencontre à intervalles réguliers et comprend de l'intérieur. This Charming Man a eu beaucoup de bonnes critiques au moment de sa sortie (même si le synopsis est relativement le même que les livres précédents), et "Saved by Cake" (que je n'ai pas encore lu) est sorti cette année est un roman autobiographique racontant comment l'auteur, justement, est sortie de sa dépression en cuisinant des pâtisseries.
4. Jenny Colgan, Meet me at the Cupcake Café
Bon d'accord, ce livre n'est pas aussi bon qu'un Sophie Kinsella, et ses notions de gestion d'entreprise sont relativement bancales, mais regardez-moi juste cette couverture... Avouez... Un city trip, un café latte, et ce livre... Ne serait-ce pas parfait?
D'ailleurs on a le nom de Sophie Kinsella sur la cover, de quoi l'acheter sans sourciller! Wait a minute... Ah non ce n'est qu'une recommandation de Sophie Kinsella, mais pourquoi est-ce là et pas sur la quatrième? Sont-ils si désespérés de vendre ce bouquin?
On s'en fout, il y a des cupcakes qui brillent, si c'est vrai je vous le jure, les parties foncées de la couverture c'est fait en papier reflet...
Voilà, j'espère que cela vous aide à faire votre sélection! Surtout n'oubliez pas de les commander en anglais, sinon vous perdez toute justification intellectuelle à acheter votre livre! Bonne lecture, et... Ne vous imaginez pas que je ne lis que cela, j'ai aussi des bouquins intelligents dans mes cartons, il ne faut pas croire!
Ceci dit, si vous pouviez réfléchir à votre sélection pendant quelques jours et attendre avant de commander, il se peut que j'aie une surprise pour vous dans les jours à venir...

Sunday, May 13, 2012

The Hunger Games, Suzanne Collins

Apparemment il s'agit d'une sensation littéraire aux États-Unis, même si je n'en avais jamais entendu parler jusqu'à ce qu'Esmé (attention spoilers) me le recommande. Mais elle ne l'aurait pas fait que j'aurais été d'emblée dissuadée par la présentation de ce livre au grand public comme "un succès littéraire dans la lignée de Twilight", alors que bon, mis à part le nombre d'exemplaires vendus, l'un et l'autre n'ont rien à voir.
Sérieux. Rien à voir.
Le synopsis: nous sommes à Panem, un pays couvrant l'ancien territoire des États-Unis dans un futur post-apocalyptique inconnu (non mais revenez, ho, ça s'améliore ensuite). Panem est divisé en douze districts dominés par le Capitole, une région à la technologie avancée et à l'hégémonie tyrannique. Ces districts, répartis selon leurs ressources et leurs secteurs d'activités, ont tenté de se rebeller par le passé. Le Capitole a vaincu la révolte en détruisant l'ancien district 13 et en imposant chaque année un jeu de télé-réalité extrême pour maintenir ses sujets dans un état de peur et de contrôle permanent; une sorte de piqûre de rappel de ce que la guerre peut entrainer. 
Le jeu s'appelle "the Hunger Games", et le principe est simple: chaque année, chaque district doit envoyer deux jeunes gens (un garçon et une fille) âgés entre 12 et 18 ans, soit 24 participants en tout, pour se battre à mort jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un seul survivant. Au survivant et à son district sont dévolus gloire et richesses multiples; les perdants, eux, ne pourront que compter leurs morts; façon de dire car les corps appartiennent au Capitole, bien sûr.
L'histoire commence dans le District 12, le district minier, le plus pauvre de tous. Primrose Everdeen, 12 ans, est tirée au sort dans une sorte de loterie cruelle désignant qui sera le prochain mort - car il s'agit bien de cela, le district 12 n'ayant pas gagné les jeux depuis plus de 30 ans. Sa soeur, Katniss Everdeen, 16 ans, se sacrifie pour prendre sa place. Mais Katniss n'est pas la candidate habituelle: à travers la pratique illégale de la chasse, elle a appris à manier l'arc et les flèches, à survivre dans des conditions extrêmes, et à défier les lois du Capitole. L'autre candidat, Peeta Mellark, 16 ans, fils de boulanger, n'a pas cette chance.
Car la compétition sera rude dans l'arène. Les candidats des districts plus riches viennent d'écoles qui les ont spécialement formés à ce jeu; ce sont des tueurs professionnels s'étant préparés toute leur vie à ce moment de gloire. L'arène, un terme générique pour désigner un vaste territoire de forêts, lacs et plaines, est entièrement aux mains du Capitole: il contrôle le temps qu'il y fait, les pièges qui s'y trouvent, les animaux mutants qui s'y cachent. Ultimement ce sont eux les maîtres du jeu; si les candidats ne s'entretuent pas assez, ils vont s'assurer que l'action aille dans la direction nécessaire.
Mais Peeta a une stratégie pour s'attirer les grâces du Capitole, et des sponsors qui vont permettre sa survie: pour manipuler les émotions du public et postposer le moment où le maître du jeu choisira de l'éliminer, il feint d'être amoureux de Katniss, sachant pertinemment bien qu'au final, ils devront s'entretuer. Mais ne risque-t-il pas de tomber dans son propre piège? Et Katniss, dont les actes de générosité dans l'arène ne plaisent pas au Capitole, ne risque-t-elle pas de s'attirer un plus grand ennemi que les candidats de carrière?
L'avantage principal de ce livre, c'est la sérieuse dose de suspense qu'il contient; on commence à le lire et on ne peut pas s'arrêter. Le point de vue limité du narrateur (Katniss) laisse supposer une myriade d'événements sur lequel elle n'a pas de contrôle, mais le Capitole bien; pendant des heures on essaie de reconstruire ce qui s'est passé derrière les commandes, en espérant qu'on n'en sache plus au fil des pages, essayant de penser comme d'autres personnages. Et enfin, les questions que posent ce livre, la manipulation médiatique, la pauvreté, la cruauté conditionnée, font bien réfléchir par la suite...
Même si, il faut l'avouer, il y a quelques faiblesses quand on réfléchit plus loin. Ce système de division par secteur d'activité et de prédétermination du métier, même s'il est réminiscent de certains systèmes politico-économiques qu'a connus l'Histoire, est en pratique complètement incomplet, sauf si on suppose qu'après une supposée catastrophe il a fallu retourner au charbon, à l'agriculture et à la pêche pour pouvoir soutenir la technologie ultra-high-tech du Capitole. Et puis cette concentration des ressources crée un système interdépendent très fragile, que fait-on par exemple en cas d'une mauvaise saison agricole... Bref, il ne faut pas être trop critique sur l'efficacité supposée d'un tel système et n'en retirer que la symbolique.
Mais sinon, le livre est top. Aux États-Unis ils l'utilisent pour faire lire les adolescents, mais vraiment c'est un texte pour tous les âges, car il peut se lire à plusieurs degrés. J'avoue, je suis un peu jalouse de ne pas avoir écrit un livre comme celui-là moi-même, mais je reconnais que ce sens du suspense n'est pas donné à tout le monde...
Mais sinon, vous en avez peut-être entendu parler par le film. Car oui, ils en ont fait un film, il est dans les cinémas maintenant. Le script a été réalisé par l'auteur du livre, ce qui me laisse à penser qu'il doit être assez fidèle au texte.
Et hola! Ce n'est pas fini! Figurez-vous que ce livre fait partie d'une trilogie! Pas une trilogie fake où vers l'édit final du premier volume, l'éditeur a dit, "ça va bien se vendre ce truc, arrange-toi pour en faire un deuxième". Cela a été construit dès le début comme une trilogie, c'est un texte complet. Mais révéler le synopsis des livres suivants implique de vous spoiler sévère sur la fin du premier; je ne le ferai donc pas. (Ca se trouve sur internet, si vous voulez le faire vous-même). Mais si vous commandez le livre, commandez directement la trilogie, ça vous épargnera bien des peines.
Et si vous voulez être convaincus, les premières pages sont même disponibles ici (cliquez sur l'image, "click here to look inside").
Bon, sur ce, je m'en vais tenter de me remettre de la scène impliquant un NID DE FRELONS MUTANTS dont les piqûres provoquent la mort dans d'horribles souffrances. Brrrrrr.

Wednesday, February 08, 2012

Zoe Shephard, Ab-so-lu-ment débordée!

Zoe Shephard est fonctionnaire. D'emblée, ça donne déjà un certain ton. Elle est administratrice territoriale pour être plus précise, et pour ce faire elle a dû passer des concours prestigieux, culmination d'années d'études dont le seul but était de lui permettre d'être sélectionnée...
Et puis bon, elle se retrouve là. 
Là, c'est le service communal d'une mairie de province. Dans une équipe composée de The Boss (le boss, donc), l'Intrigante (celle qui veut prendre la place du boss), Coconne (la secrétaire qui faxe les documents du mauvais côté, ou qui sort des expressions comme "sortir de la cuisine de Jupiter"), Le Bizut (le nouveau), et en interaction constante avec le Gang des Chiotards (le cabinet du maire), Simplet, Fred-les-mains-baladeuses, et autres surnoms délicieux. Un monde désespérant où être le cousin du maire ou la maîtresse du DRH permet un avancement certain, et où les "compétences requises" sont un vague mot sur un CV...
Je dois vous avouer que j'ai bien ri.
J'ai bien ri d'abord parce que c'est drôle, parce que l'auteur a un style d'écriture facile et ironique en même temps, et qu'elle ne rigole jamais de ses propres blagues. Ensuite parce qu'il y a là quelque chose d'intrinsèque au monde du travail en général. Les réunions de service, les drinks de départ, les cadeaux pourris aux hôtes étrangers, les menus de la cantine, les longueurs administratives, tout est là. Tout le monde peut s'y reconnaître d'une certaine façon. Le passage de l'auditeur, le changement de patron, les team buildings pas du tout fondateurs, les projets "poubelle"... 
Enfin, un bon moment de lecture, même si j'avoue que la fin m'a laissée sur ma faim (oh! hoho!) (oui je ris de ma propre blague, c'est pas permis peut-être?).
Bref. Zoé Shephard est fonctionnaire.

Monday, December 05, 2011

Meet me at the Cupcake Cafe, Jenny Colgan

Si le titre ne vous en avait pas convaincu(e), la couverture ne vous laisse aucun doute: ce livre, c'est de la chick lit. Chic. J'adooore la chick lit.
"Meet me at the Cupcake Cafe", de Jenny Colgan, répond à tous les critères standardisés de la littérature du genre: une protagoniste à laquelle l'Anglaise moyenne peut s'identifier (à savoir très sympa, au physique anti-mannequin, sans le sou, qui aime la vie et avec un ou deux petites manies embarrassantes). Une situation de départ plus qu'insatisfaisante, avec un travail et un copain qui tous deux ne reconnaissent pas sa valeur. Elle a une super meilleure amie/coloc un peu excentrique et à l'amitié sans faille. Et elle a une passion: dans ce cas-ci la pâtisserie. Notre point de départ annonce aussi très clairement notre point d'arrivée, à savoir une situation idyllique dans laquelle tous les problèmes auront été résolus, où on aura la réponse au sens de la vie, et où bien entendu sera vécu le Grand Amour (en la personne d'une sorte de Mr Darcy rencontré assez tôt dans l'intrigue, mais comme la vie de la protagoniste c'est tellement le chaos, elle s'obstine à ne pas remarquer qu'il s'agit là de l'Homme de sa Vie - alors que bon même nous on l'a très bien compris).
Cette situation de départ plantée, arrive très rapidement un dénouement bouleversant (mais en même temps assez attendu parce qu'annoncé dans la quatrième): Issie, notre protagoniste à la muffinite aigüe, se fait virer de son boulot, larguer par son copain, et se retrouve de nouveau au point de départ à l'âge de 32 ans. Elle décide donc d'enfin poursuivre ses rêves: elle va lancer son propre cupcake café. 
Et c'est là que cela devient intéressant. Car qui n'a jamais rêvé de lancer son propre salon de thé? (Mais si c'est votre rêve, si vous pensez que ce n'est pas le cas c'est que vous êtes en déni, c'est tout). Et vous vous étiez imaginé cela comment, dites-moi? Un monde tout à fait idéaliste où vous porteriez un tablier à pois dans un salon de thé aux tons crèmes, roses et vert d'eau, avec des super fauteuils et plein d'espace et de lumière? Un endroit rien qu'à vous où vous seriez constamment entourée de farine, de sucre et de pâte à tarte que vous mélangeriez et goûteriez librement au cours de votre journée? Alors que se pressent continuellement des clients toujours sympas et vous achetant toute votre production parce qu'ils adorent tellement ce que vous cuisinez? Et en déco des livres et des Dala Horses et au menu des spécialités suédoises et des Cookies Merriman? (Bon d'accord, il se peut que j'ai déjà eu cette discussion auparavant avec une fidèle lectrice qui se reconnaitra).
Et bien ce livre est là pour vous démystifier. Il vous montre d'abord toutes les étapes par lesquelles est passée Issie: trouver l'endroit, obtenir un prêt, une licence, développer un business plan, un menu, le design des menus, faire des travaux, trouver les grossistes, et pour cela bien calculer quelles proportions seront nécessaires pour quoi, se spécialiser rapidos en café, trouver du personnel compétent, se conformer aux critères des 'food and safety inspectors' et 'fire inspectors', gérer la comptabilité et une paperasserie extraordinaire, se lever à 4h30 six jours par semaine, et tout ça dans un bon vieux contexte de crise économique. Et après avoir mis tant d'efforts dans son concept, on voit Issie ouvrir son salon de thé, et se rendre compte qu'il n'y a personne qui vient. Mais genre, personne, même pas ses propre potes. D'où le développement de multiples stratégies marketing, parfois foireuses, parfois moins foireuses, et l'arrivée de quelques horribles déceptions psychologiques. Le livre nous montre aussi que le monde de la pâtisserie n'est pas aussi rose qu'un cupcake à la framboise: des horaires impitoyables pour de très petites marges de bénéfices, une concurrence acharnée, une clientèle radine et/ou obsédée par son poids et/ou préférant aller au Starbucks. Au point où on est parfois, comme Issie, totalement écoeurée des cupcakes qu'elle cuisine matin après matin, toujours les mêmes, selon les mêmes recettes, répétés au final plus par la nécessité plus que par la passion de les faire. Après l'avoir lu, on réalise à quel point c'est un plan qu'il ne faut pas prendre à la légère. Et on a tout à coup beaucoup de sympathie pour les petits commerçants.
Mais cela reste de la chick lit avec tous ses critères de lecture: une feel-good atmosphère, un style d'écriture facile, de bons vieux clichés, des protagonistes qu'on aime ou du moins dont on rigole, une très prévisible happy ending, beaucoup d'humour et beaucoup d'amûr. Futile mais sans trop l'être. Assez enjoyable par ces temps de pluie. Et avec en bonus plein de recettes à l'intérieur.
En clair, je vous conseille de le lire si vous aimez la chick lit, si vous vous adonnez à la confection de pâtisseries à vos heures perdues, si quelque part dans vos rêves les plus fous ouvrir un salon de thé c'est votre kif, et si vous vous appelez Gwen. Ou alors si vous avez simplement envie d'avoir un livre rose avec des motifs de cupcakes dans votre bibliothèque.
(Attendez un petit peu si vous voulez le commander sur amazon.co.uk, d'ici quelques jours je suis prête à parier que la livraison va devenir gratuite pour les fêtes).