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Wednesday, May 03, 2017

Salami est allé au dog show

Comme je vous le dis.
Pourquoi? Me demanderez-vous. Et bien parce qu'il ne suffit pas que votre chien ait un pedigree pour que sa progéniture en ait un. Et dans la mesure où j'aime beaucoup les chiots, et que Salami est totalement consentant dans cette affaire, et bien... J'ai fait les démarches pour que Salami soit, comme on le dit dans le jargon, "admis à l'élevage".
Je suis donc allée à une compétition internationale et de prestige à Anvers, et c'était un événement important à en juger par les voitures de sponsors aux décorations parfois relativement douteuses. Je peux vous dire que les éleveurs qui vont là, ce sont des professionnels. On voit qu'ils ont l'habitude. Ils viennent avec leur matériel: chaises pliables, valises contenant les affaires de toilettage, cages pour les multiples chiens de compétition. Et ça, ça s'applique pour les teckels comme pour les bouviers bernois, le ring à côté. Trois cages pour bouvier bernois par éleveur, ce n'est pas une mince affaire, je vous le dis. 
Puis il y a moi, qui arrive avec un Salami totalement terrorisé au bout de sa laisse, avec rien d'autre qu'une enveloppe contenant les documents de la compétition et une boite contenant l'arme suprême - un reste de pain de viande. La compétition durait de 10h à 17h. Comme j'ai galéré pour trouver un parking, je suis arrivée à 10h05. Salami passait à 10h03. Pas de bol, Salami-Paul. Du coup, le pauvre, il avait été jugé absent, et ça s'arrêtait là. Je pouvais rentrer chez moi. 
Bon.
Je suis allée trouver le responsable en lui disant, en substance, qu'avec tout le respect que j'avais pour sa compétition de prestige, en fait le classement ne m'intéressait pas, je voulais juste faire une admission à l'élevage. Au bout de quelques négociations dans mon plus beau néerlandais, la juge a quand même accepté de prendre mon chien pour voir s'il était apte à propager ses gênes. Ce qui s'annonçait relativement bien, jusqu'à ce qu'elle demande à Salami de défiler.
Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que les autres chiens, ceux des pros, ils n'ont pas le trac. Ils se baladent totalement à leur aise autour du ring, ils marchent au pied, ils courent, ils s'assoient, ils se tiennent parfaitement droit quand on leur demande. Ils ont la classe. Salami, lui, il était mort de trouille. La juge m'a demandé de marcher avec lui. Il se baladait la queue entre les jambes, le pet vers le sol, les pattes en canard, en vrai il rampait. Et encore, il n'avançait que parce que j'avais sorti l'arme suprême - que je devais tenir juste devant son nez. Mais parfois il se laissait distraire. Il s'est secoué au moins deux fois, puis quand il est arrivé au niveau des autres chiens, il a commencé à paniquer, à faire marche arrière, à se rebiffer, et là on va dire que le public se marrait franchement. La juge ne m'a pas demandé de courir ni de le faire s’asseoir. Elle l'a directement mis sur une petite table et l'a mesuré. 
Elle a dit quelque chose en russe à son interprète, dans lequel j'ai compris le mot "standard", puis en substance on m'a expliqué, avec des mots simples, que Salami n'était pas un teckel nain, contrairement à ce que disait son pedigree, qu'il était trop grand, et qu'il fallait changer son pedigree pour qu'il soit un teckel standard. Jugement: "non recevable". 
Tout ça pour ça.
En plus, la juge, qui est une juge internationale et de prestige, m'a envoyé paître en disant qu'il fallait que je me trouve un juge belge pour faire les démarches. J'ai dû ressortir mon plus beau néerlandais au secrétariat pour qu'on me trouve un juge belge qui écrive une petite lettre afin que je puisse faire les démarches. C'était compliqué. J'avais un Salami totalement traumatisé dans les bras qui me rentrait toutes ses griffes dans le cou. J'ai failli abandonner, je suis relativement fière d'être allée jusqu'au bout de ce truc. Il y a plutôt intérêt à ce qu'il y ait des chiots à la clé après tout ça.
Enfin, une fois que ça, c'était fait, je suis allée voir ce que c'était, en vrai, un dog show.
Et bien, c'est beaucoup d'autres chiens qui ressemblent au tien. C'est un peu perturbant. Salami a fini par un peu se décoincer et a essayé de propager ses gênes chez une de ses congénères qui lui semblait relativement jolie - sauf que c'était un mâle. Puis il a été agressif avec tous les autres.
Un dog show, c'est aussi des gens qui sont très intenses sur le toilettage. Ils sortent les bigoudis, font de la microchirurgie sur la chevelure abondante de leurs bêtes de compétition, et soignent avec attention ces espèces de coucougnettes inversées sur le dos de leur caniche. 
Mais c'est aussi du spectacle! Il faut bien divertir les enfants. Parce qu'il n'y a pas que la beauté dans la vie, il y a aussi le dressage...
Enfin, au final, j'étais quand même contente de ne pas avoir dû attendre la fin de la compétition, et je suis rentrée chez moi avec un Salami qui a été malade pendant tout le trajet, et qui n'a bouffé que de l'herbe pendant les jours qui ont suivi.
Mais il me remerciera plus tard.
Enfin je crois.

Monday, November 07, 2016

Oops, she did it again

Ca fait longtemps que vous n'avez plus eu de nouvelles de Knacki, hein?
Hein?
Croyez-moi, parfois il vaut mieux ne pas trop en avoir. Parce que dernièrement, ça a donné ceci:
 Ah mais, que c'est drôle, que font tous ces gens autour d'un terrier? On dirait les pompiers ou je rêve?
Oui, bon. Il y avait encore un endroit où j'osais lâcher Knacki sans craindre la fugue, c'était une zone "chiens en liberté" dans le Parc de la Woluwe, dans lequel il n'y avait pas de terrier. Sauf que cela devait bien arriver un jour, un arbre est tombé et un terrier s'est formé dans les racines... Bref, je n'avais pas vu le terrier, mais Knacki oui. Steph (qui m'accompagnait) et moi avons attendu un petit temps... Et un moment donné les agents d'entretien du parc sont quand même venus à notre rescousse. Sauf que Knacki ne sortait pas, on a essayé de creuser un peu le terrier, mais un terrier qui est dans les racines c'est bien pratique pour creuser. En attendant on entendait Knacki aboyer toujours aux deux mêmes endroits, un proche et un distant, elle faisait des aller-retours dans la galerie mais ne sortait pas. Hors, même quand elle ne veut pas sortir, quand elle entend que la situation change à l'extérieur, elle passe quand même sa tête dehors pour voir ce qui se passe, et rentre dedans aussi sec. Là, elle ne le faisait pas. On avait quand même bien l'impression qu'elle ne trouvait pas la sortie, et que ça pourrait encore durer longtemps.
Alors bon. On a fait venir les pompiers. Et eux avaient des bêches, des pelles, des tronçonneuses et toutes sortes d'éclairages. Et là, on a commencé à creuser l'entrée. Dites donc, ça creuse profond, un lapin.
Oh, vous avez remarqué? Oui, la police est venue au bout d'un certain temps. Je ne sais pas pourquoi, ni qui les a appelés, mais ils ont été bien utiles. Mais bon, au bout de 4 heures, la nuit est tombée, et même si on avait creusé de quoi faire une piscine olympique, toujours pas de Knacki. On a même pensé faire venir l'armée avec une pelleteuse pour déblayer le terrain une bonne fois pour toutes, mais heureusement, tout à coup, avec une caméra on a aperçu Knacki au bout d'une galerie! Elle se terrait avec sa tête de "on passe l'aspirateur, c'est horrible". J'imagine qu'elle avait entendu la tronçonneuse et à mon avis ça ne lui plaisait pas du tout. 
Alors bon. On lui a donné de l'espace. Elle a tenté de sortir. On a tenté de la chopper. Elle est rentrée aussi sec. On a attendu. Elle a retenté de sortir. On a retenté de la chopper. Enfin, la troisième était la bonne. Quel soulagement pour tous les spectateurs qui sont restés jusqu'au bout! 
Enfin, plus de peur que de mal au final, dont le montant se retrouvera dans la facture que les pompiers m'enverront. Les pompiers étaient d'ailleurs ultra soulagés, presque plus que moi: si moi j'avais déjà déterré Knacki à trois reprises, eux n'avaient pas su récupérer le dernier chien! Tout se termine donc bien...

Friday, August 19, 2016

Quoi de neuf docteur?

Et bien, j'ai deux raisons de sabrer le champagne...
La première, vous vous en doutez, est que Knacki va s'en sortir. Elle a repris du poil de la bête, elle a du chien, enfin vous savez. Sa plaie cicatrise bien, elle arrête les antibiotiques dimanche, on enlève les fils lundi, et mardi elle pourra enlever sa collerette. Je pense qu'elle attend en particulier ce dernier jour, parce que dites donc, la vie n'est pas la même quand on porte un cône de la honte...
Sur le plan psychologique par contre il y a quand même des effets à plus long terme. Elle est devenue hyper intense envers la nourriture. Il n'y en a jamais assez, et ce n'est jamais mangé assez vite, au point qu'elle s'en rend malade (et je vous épargne le détail de quand elle remange son vomi avec le même appétit que si c'était un menu cinq étoiles). Et puis elle commence à être un peu nerveuse de rester chez moi à zoner sur le canapé sans lapin à chasser... Sur le long terme je ne vais pas pouvoir éternellement éviter la chose, et donc quelle est la solution? Puce GPS? Est-ce efficace? Comment discerner les arnaques? Enfin il y a encore des choses à régler.
Mais allons donc! Me direz-vous, n'avais-je pas mentionné une seconde bonne nouvelle? Et bien oui, car figurez-vous que j'ai trouvé un travail! Ah bon Bibil, mais tu ne dis rien, mais vas-y, balance? Et bien, comme il n'est jamais très bon d'être trop explicite à ce sujet sur internet (ne me virez pas! je n'ai même pas encore commencé!), disons juste que c'est un poste chez un gros employeur dans un domaine qui n'a absolument rien à voir avec ma thèse. Je suis très enthousiaste, car je vais beaucoup apprendre, et apprendre des choses qui servent à faire avancer l'économie et la société (non pas que ma thèse n'était pas..., enfin, bon un peu quand même). J'avais postulé à ce poste en me disant que je visais peut-être un peu trop haut, un peu trop loin de mes compétences, mais qui ne tente rien n'a rien, et je vous avoue que je suis surprise, mais en même temps très heureuse d'avoir été sélectionnée! Je commence le 1er septembre. Une vraie rentrée, donc... Et un vrai soulagement!
Je ne vais pas mentir, trouver un travail après sa thèse est particulièrement dur, surtout après une thèse en sciences sociales, qui ne crie pas vraiment "expérience professionnelle" sur le CV. J'ai beaucoup de chance d'avoir eu un gap post-défense de seulement 4 mois, car on dit toujours que cela prend au moins un an, voire plus... La perspective de la recherche d'emploi me faisait très peur. Je vois à quel point mes collègues se démènent, avec des contrats d'un ou deux ans qui s'overlappent puis ne se suivent plus, des postes à un dixième temps, compléments de chômage à mi-temps, et qui ne s'en sortent pas financièrement alors qu'elles triment et qu'elles triment et qu'elles doivent postuler comme des dingues en même temps... C'est épuisant, dévalorisant, et les conséquences psychologiques sont souvent pires que celles d'une fin de thèse! Y a-t-il une vie après la thèse? est une vraie question parfois. Pour celles qui se décident à quitter l'académique, ce qui implique parfois une reconversion complète, avec ou sans nouvelles études à la clé, c'est un retour au niveau "sortie de master", ce qui impliquer d'entrer en compétition avec des jeunes qui ont dix ans de moins... Je vous jure que j'avais vraiment peur d'en arriver là, j'avais même déjà planifié ma reconversion: j'avais sélectionné les études qui me permettraient de quitter ma spécialisation, et il y avait eu ces six mois de cours de néerlandais intensifs alors que j'étais toujours en train de finir ma thèse, tout ça pour prendre un peu d'avance... 
Heureusement, j'ai eu de la chance, et je m'en tire avec 4 mois de limbes post-thèse. Mais ce n'était pas facile: décrocher un entretien était déjà un défi en soi, et quand j'y parvenais, ce n'était jamais juste pour venir montrer ma tête pour voir si j'étais sympathique. Il y avait des tests éliminatoires pour tout: tests techniques, tests prométriques, tests de langue, tests de connaissances générales... Pour le job que je vais commencer, j'ai eu cinq tests en tout (trois à la première étape, un à la seconde, un à la dernière), culminant avec un entretien d'embauche qui a duré deux heures. Je n'en reviens toujours pas d'à quel point les choses se dénouent en une fois, et du stress qui est tombé d'un seul coup. Et surtout, d'avoir été acceptée à un poste qui me faisait vraiment envie, que ce soit un vrai choix et pas du "par défaut"... 
Enfin, l'année deux mille thèse aura finalement vu son lot de péripéties, et je vous tiendrai informés pour la suite! Ne m'en voulez pas si je ne parle pas trop de mon nouveau travail, contrairement à la thèse où je n'étais pas tenue à une discrétion professionnelle, et où de toutes façons on ne pouvait pas me virer puisque je n'avais plus de contrat. La thèse c'était particulier, et j'avais besoin de ce blog pour décompresser et me plaindre... Mais rassurez-vous, si le sujet "thèse" va sans doute se clôturer définitivement, il restera néanmoins les sujets récurrents "chiens" et "couture"! A bientôt!

Wednesday, August 10, 2016

Knackivresse

Tout d'abord, rassurons-nous: KNACKI A ÉTÉ RETROUVÉE!

Bien, et maintenant que cela est établi, commençons ce long récit par le commencement. 
(J'ai dit que ce serait long)
(Perso je me suis fait une théière)
(C'est à vous de voir).

Vendredi 5 août, le week-end s'annonçait prometteur, et pour cause: en fin d'après-midi, je prenais l'Eurostar avec Isa et Isa pour aller voir Isa (heu non, Dgé) à Londres. Knacki était tout naturellement restée chez mes parents. Tout se passait bien, jusqu'à ce que vers 22h (23h heure belge), je reçoive un SMS de Maman me disant que Salami était rentré tout seul, sans Knacki. Connaissant Knacki, cela ne voulait dire qu'une chose: c'était mauvais signe. 
Alors, pour l'historique, il n'est arrivé qu'une seule fois que Knacki ne rentre pas le soir. Malgré son tempérament fugueur et son instinct de chasse surprononcé, elle aime trop le confort de son panier et a toujours su retrouver son chemin. Sauf ce soir-là, il y a un an, où elle était partie avec Chica, et où Chica était revenue toute seule en pleurant (sur ce point-là elle était plus intelligente que Salami qui s'est bêtement contenté de rentrer, mais soit). Nous avions fait un tour du jardin, qui est parsemé de terriers de lapin comme du gruyère, et étions sur le point d'abandonner, lorsque sur la terrasse j'ai entendu comme un semi-chouinement. Knacki était coincée dans un terrier, à côté de la porte d'entrée, juste sous nos yeux, et elle n'appelait pas au secours. Elle restait complètement silencieuse! Quelle chance de l'avoir retrouvée! 
Pourtant ce n'est pas que Knacki n'ait jamais fugué, un teckel ça se faufile sous toutes les barrières, et de temps en temps il est arrivé qu'un brave voisin nous la ramène. Knacki est ultra sociable. Dès qu'elle est perdue, elle va trouver un inconnu. Dès le début donc, son absence était inquiétante. Mes parents ont fait des tours et des tours jusque tard le soir et il était clair que Knacki n'était dans aucun des terriers du jardin. Ils ont dû abandonner. La nuit a été très mauvaise pour tout le monde.
Le lendemain, je suis rentrée dare dare par le premier Eurostar disponible (et entre parenthèse, les billets "échangeables" c'est une grosse arnaque, le "supplément de frais éventuel" correspond au prix d'un nouveau billet, mais soit). Ma famille s'était déjà largement mobilisée pour chercher Knacki dans le jardin et chez nos voisins immédiats. Il fallait viser plus large. Dans le train, j'ai bidouillé en vitesse un avis de disparition, inspiré du post facebook que j'avais rédigé la veille, et avec Kev et Eliane on a organisé une campagne de mobilisation du quartier. C'était difficile, car la plupart des gens étaient en vacances, ou bien voyant un jeune une affiche à la main sonner chez eux ne voulaient nous ouvrir. Kev m'a avoué comprendre le vécu d'un témoin de Jehovah... Mais les voisins qui ont pu être contactés ont été très gentils, j'ai appris plus tard qu'ils avaient recherché Knacki et qu'ils venaient régulièrement aux nouvelles chez mes parents. Mais Knacki n'était pas chez eux.
De son côté, la campagne facebook prenait son essor, les partages se comptaient par centaine désormais. Vers 18h30, un homme m'a contactée: il avait lu l'avis de disparition sur facebook, et il en est certain: il avait vu Knacki à Overijse! Mais elle était paniquée et ne se laissait pas attraper. Il était sûr que c'était le même chien. Cependant, outre la distance parcourue, j'étais assez désemparée face au comportement de Knacki: d'habitude si sociable, pourquoi s'était-elle mise à craindre les gens? Mais pleine d'espoir, j'ai abandonné les fouilles dans le quartier pour aller à Overijse. La soirée a passé, je distribuais des affiches dans des boites aux lettres, j'en placardais d'autres, je parlais aux gens, mais personne ne l'avait vue. J'aurais été rassurée de trouver un second témoin! "Il reste demain", me suis-je dit en rentrant à la nuit tombée, pensant à Knacki passant sa seconde nuit dehors. J'avais de la chance. Quand Chica avait disparu, les appels n'avaient commencé que vers le troisième jour; ici, j'en avais un directement. De plus, la météo était clémente. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'un second appel n'arrive.
Mais le lendemain, pas d'appel. Je suis retournée à Overijse mettre des affiches, puis vu le manque de succès de ma démarche, j'ai commencé à douter. Je suis rentrée placarder tout Wezembeek avec ma mère, au delà du quartier immédiat, au cas où. Je voulais surtout une confirmation que mon chien était bien en vie. Le doute s'insinuant, le soir, j'ai fait le tour du jardin, puis des jardins des voisins, en appelant Knacki, en écoutant chaque terrier; démarche qui avait déjà été faite par ma famille, mais le souvenir de son silence lors de son dernier emprisonnement sous terre me glaçait le sang. Ma tante Marino, qui nous a rejoint pour les recherches, nous a informés qu'il y avait un bois pas très loin de chez nous, chose que nous ne savions pas, mais que Knacki savait très bien au vu du nombre de riverains qui l'y voyaient régulièrement. J'avais presque l'impression de fouiller dans la vie de Knacki: des voisins inattendus me disaient avoir très fréquemment Knacki chez eux; j'ai découvert le barbelé où elle s'était faite sa vilaine entaille, le terrier qui avait cette terre si jaune dont elle rentrait parfois couverte. Mais il n'y avait de trace de Knacki nulle part. Je m'en suis voulue: cela faisait plus de deux jours. J'ai trop vite assumé que sa recherche se déroulerait comme celle de Chica, comme une course poursuite où il fallait anticiper les appels suivants. Je m'en voulais de ne pas avoir suivi ma première intuition, celle du terrier. Si Knacki était coincée, déshydratée, blessée, elle avait sans doute déjà perdu connaissance. 
Le dimanche soir, troisième soir, toujours pas d'appel. Mais les commissariats et les refuges étaient fermés le week-end; si quelqu'un avait vu ou même recueilli Knacki, il les contacterait peut-être lundi. Sauf que lundi a passé et mon téléphone ne sonnait pas. J'ai contacté tous les commissariats de police, de Woluwé à Chaumont-Gistoux; tous les refuges et cliniques vétérinaires de Bruxelles et des deux Brabants; Alex, Virginie et Maman m'ont aidée à contacter les vétérinaires sur Wezembeek, Kraainem, Tervuren, Overijse, Huldenberg, Hoeilaart et la Hulpe. La mobilisation facebook battait son plein: plus de 500 partages. Claire avait posté mon annonce sur tous les sites de disparition de chiens, en français comme en néerlandais. Mon messenger affluait de messages de sympathie, mais aucune indication sur l'endroit où on aurait vu mon chien. Je suis même allée à la police de Wezembeek pour connaitre les démarches à faire en cas de suspicion de vol, car c'était cela mon espoir maintenant, pour expliquer le silence de mon téléphone. (Pour votre information, il faut appeler la société qui a émis le chip de votre chien et le signaler comme volé ou perdu). Mais moi-même je n'y croyais pas trop. Un officier de police m'a dit fermement, "tant qu'on ne l'a pas retrouvé mort, vous devez vous dire que votre chien est vivant". J'ai essayé de tenir à cette phrase. 
Puis je suis retournée imprimer 250 affiches, et avec Steph on a placardé toute la soirée et une partie de la nuit: Overijse, Hoeilaart, Maleizen, Genval, la Mazerine, la Hulpe. C'était une belle fin de journée: un coucher de soleil rose et orange comme il y en a peu. Ce soir-là, j'ai eu la certitude que Knacki ne vivrait pas pour voir le lendemain. J'ai espéré que cette paisible image l'emmène sans souffrance, et que la psychologie canine différait suffisamment de la nôtre pour ne pas qu'elle réalise l'ampleur de sa solitude. Elle me manquait terriblement. J'étais désemparée. Le lendemain, je pouvais encore placarder du côté de Tombeek et Huldenberg, mais après? Refaire une affiche uniquement néerlandophone plutôt que bilingue pour être certaine que les commerçants d'Overijse l'acceptent? (Vous seriez étonnés de voir à quel point les querelles linguistiques tiennent dans les petites choses). Et après, si je n'avais toujours pas été appelée? Tant qu'il y a encore quelque chose à faire, tant qu'on peut être actif on tient le coup. Mais le mardi matin, au bout d'une quatrième nuit sans elle, j'avais presque épuisé tous mes recours, et mon téléphone ne sonnait toujours pas. J'ai pris une résolution: le soir je devrais commencer à faire mon deuil. 
Alors j'ai refait un tour du fameux bois en vain. Puis Lio a proposé de venir fouiller des terriers avec une caméra thermique. Pourquoi pas, au point où on en était. En fait, cela faisait surtout passer le temps, pour donner l'impression de ne pas abandonner, pour prolonger le plus possible cet instant où l'espoir était encore permis. Pour la première fois depuis quatre jours, j'ai oublié mon téléphone à l'intérieur - je n'attendais plus d'appel. Nous étions en train de chercher le dernier terrier - tous vides - quand j'ai entendu ma mère crier. 
"On t'a rapporté ton chien!"
Et là, dans le jardin, un jardinier tenait Knacki dans ses bras. Il avait appelé sur mon téléphone, on avait décroché et on lui avait donné l'adresse, mais c'était maintenant moi qu'il fallait trouver dans ce fameux dédale de terriers. Quelle joie! Knacki était là, vivante! Elle était consciente mais très peu réactive, et surtout elle avait une horrible blessure qui lui traversait l'abdomen et qui saignait abondamment. Le jardinier a expliqué qu'il allait travailler dans le jardin d'une maison du quartier à Tervuren, comme tous les mardis. C'était une maison qui se trouvait dans la zone couverte par Eliane le premier jour des fouilles et dont le propriétaire était en vacances; et comme attendu Knacki n'avait pas appelé à l'aide en entendant crier son nom. Le jardinier a trouvé Knacki coincée dans un grillage; la pauvre s'était si bien emmêlée dedans qu'elle ne pouvait plus faire un mouvement sans se blesser davantage. Elle avait passé ces quatre jours coincée, blessée, sans eau ni nourriture, à attendre. Si le jardinier n'était pas passé ce jour-là, on n'aurait eu que l'image de sa lente agonie pour nous hanter. 
Le plus ironique dans tout cela, c'est que ni la campagne facebook massive, ni les affiches, ni les appels n'ont aidé à la retrouver. Nous devons tout au hasard, à la chance, à la bonne étoile. Quand nous avons vu Knacki dans les bras du jardinier, toutes les émotions se sont chamboulées. Pour moi, c'était l'incrédulité. Je ne pouvais pas croire qu'en un instant, le voile avait été levé, et nos inquiétude avec lui. Maman a d'abord pris Knacki dans ses bras, lui cherchant un essuie propre pour presser la plaie, pendant que je contactais les urgences vétérinaires. Pour info, elle pleurait plus qu'à n'importe quelle défense de thèse. Puis nous avons filé. Sévèrement déshydratée et avec une vilaine blessure, Knacki a immédiatement été prise en charge. Cela fait maintenant deux jours qu'elle est à la clinique vétérinaire. Elle a 17 points de suture et une plaie horrible. Mais elle est très en forme, réagit positivement, et ses fonctions rénales n'ont pas été affectées par la déshydratation. Quand je suis là, elle mange, boit, se promène, fait ses besoins, et essaie de butter les chats dans la salle d'attente. Quand je pars, qu'est-ce qu'elle pleure... Elle hurle... Elle veut rentrer à la maison! Mais bientôt tout cela est fini, je la récupère demain logiquement.
En attendant je souhaite remercier tout le monde pour l'énorme mobilisation dont vous avez fait preuve: les personnes mentionnées sur ce post, les 550 qui ont partagé le post facebook, et tous les inconnus qui ont ouvert l'oeil. Même si au final personne n'aurait pu la trouver, cet élan m'a permis de tenir le coup, de me sentir soutenue, de rester forte et de garder espoir. C'est touchant de voir le nombre de personnes que la disparition de Knacki avait touché, ainsi que leur soulagement de la voir revenir. Je reçois un tas de messages. Quand les gens me voient enlever les affiches, ils me posent des tas de questions et sont visiblement soulagés. C'est comme la fin d'un mauvais rêve. Le post-op s'annonce folklorique, connaissant la nature peu tranquille de Knacki, son aversion du cône et ma tendance à tourner de l'oeil à la vue du sang. Mais en même temps je me rappellerai longtemps de l'inquiétude face à l'alternative... 
Pour les plus curieux, voici quelques photos:
Inspection des terriers
Une bonne frite boulette à Maleizen pour nous récompenser des 100 premières affiches collées

Evidemment, la photo du retour!!!

Et le soir même, après une première intervention
La poubelle papier après avoir récupéré toutes les affiches

Knacki veut rentrer!

Il me reste à conclure par un message caritatif à l'intention des propriétaires de chiens: savez-vous que votre protégé canin est peut-être un donneur de sang potentiel? S'il pèse plus de 25 kg, qu'il a moins de 7 ans et qu'il a ses vaccins, il peut peut-être sauver une vie... Pensez-y et parlez-en à votre vétérinaire ou à une clinique vétérinaire! Cela peut être combiné avec une simple opération de détartrage par exemple, et sauver des petits chiens fugueurs qui se prennent dans des grillages... 
A une prochaine fois pour un Knackupdate plus calme!

Sunday, August 07, 2016

Knacki a disparu!

Chers lecteurs,
Je vous ai tannés pendant des semaines avec les opérations de Knacki, qui pour la première fois depuis son accouchement allait enfin mieux... Mais c'est pour revenir avec des nouvelles encore plus alarmantes!


Ce vendredi soir (5 août), Knacki a disparu de chez mes parents à Wezembeek. Salami et elle sont partis dans le jardin vers 19h, et vers 20h seul Salami est revenu. Nous connaissons tous la tendance plus que prononcée de Knacki pour les terriers inaccessibles - on lui a pourtant dit qu'il n'y avait pas de pokémons là-dedans mais bon... Mes parents ont cherché toute la nuit en vain, mais ont rapporté une note positive: Salami n'était pas plein de terre, ce qui voulait dire que quand ils se sont séparés ils n'avaient pas été s'enfouir dans le sol. Il n'empêche, pour nous tous l'hypothèse du terrier planait sur sa disparition.
Samedi matin je suis rentrée dare dare de Londres pour rejoindre les recherches. Mais nous avons maintenant une hypothèse alternative à celle du terrier. On était en train de distribuer des affiches tels des témoins de Jéhovah à tout Wezembeek, Kraainem et Tervuren (leur disant de fouiller leur jardin, en gros) lorsqu'on m'a appelée. C'était quelqu'un qui avait vu l'annonce facebook et qui disait avoir vu Knacki à Overijse. Il était sûr que c'était elle, mais elle ne se laissait pas approcher, elle courait partout en mode panique. Je suis allée sur place, j'ai collé et distribué des affiches partout, mais personne n'a pu me confirmer l'avoir vue. 
Je ne sais pas trop que penser de la fiabilité de l'information, c'est sans doute ma rigueur scientifique qui me dit de cross-checker mes sources avant de divulguer une information. La distance parcourue est grande et Knacki a un caractère sociable, elle n'a pas peur des gens... Mais cela colle par contre avec le parcours et la distance de Chica pendant sa fugue, et les chiens comme Knacki sont rares et facilement reconnaissables. 
Aujourd'hui, nous nous réveillons après une seconde nuit sans Knacki. Si l'hypothèse de la fugue se confirme, alors l'espoir est permis: Chica avait tenu six jours sans manger et en plein gel. Ici, la météo est clémente et Knacki sait chasser. 
Si vous voulez aider dans les recherches, n'hésitez pas à partager ce lien facebook: https://www.facebook.com/Bibil/posts/10100615943147161
Sinon, contactez-moi pour une affiche en pdf. Elle peut être n'importe où dans le Brabant Flamand ou Wallon ou même plus loin!


Friday, June 10, 2016

Aaaaah ben dites, on respire un petit peu...

Merci beaucoup à tous ceux qui ont exprimé leur soutien pour Knacki... Et réjouissons-nous parce qu'elle n'a pas un cancer! Elle a un kyste inflammatoire qui s'est développé autour d'un ulcère, ou alors d'un corps étranger, on doit encore voir... La seconde option aurait tendance à valider l'hypothèse du karma, la punition du destin sur Knacki pour avoir bouffé la poule de Sophie, mais nous ne sommes pas tous partisans de cette explication. Mais donc soyons soulagés, c'est la meilleure des nouvelles qu'on puisse recevoir. Il y aura encore une opération qui sera délicate, car le kyste est très mal placé, dans une partie de l'intestin où il y a beaucoup de tension, près du pancréas. Knacki n'est pas encore complètement sortie d'affaire... Mais j'ai confiance et c'est déjà une si belle étape!  

Thursday, June 02, 2016

Quelques photos récentes

Photos à thème, évidemment, au vu de mon dernier post. Je suis toujours dans l'attente des résultats de la biopsie de la tumeur de Knacki. J'avais le moral dans les chaussettes pendant deux jours (je suis même allée jusqu'à me faire du mal en regardant les rétrospectives pour me souvenir des bons moments, mais en fait j'ai pleuré tout le long), mais petit à petit je digère la nouvelle et je me prépare à la suite, quelle qu'elle soit. 
Knacki m'impressionne par sa gestion de la douleur et se remet un peu trop vite de son opération de mardi. Elle veut courir, chasser, monter et descendre les escaliers, enfin bref tout ce qu'on m'a dit de lui éviter pendant dix jours. Mais elle est de nouveau joyeuse et a retrouvé sa personnalité. Elle a droit à tous les luxes: exit les croquettes, bonjour la pâtée bio qui fait passer tous les médicaments. Accès illimité au canapé et à mon lit où elle se tient en effet vraiment tranquille, et à sa niche de grossesse nerveuse sur laquelle elle est un peu trop intense. Elle se fait chouchouter comme jamais, ce qui est aussi une façon d'intervenir quand elle manifeste des velléités de chipoter à sa cicatrice. Bref, elle était déjà très choyée avant, mais là elle est carrément pourrie gâtée. Je crains que tout retour en arrière ne soit très difficile une fois passée la période de crise. 
Mais en attendant d'avoir des nouvelles, je vous montre quelques photos prises pendant le mois de mai, avant l'opération.
1. Un teckel sur des teckels. Le canapé ce n'était pas assez confort, il fallait tester les coussins.
2. Un teckel sur un autre teckel. Quand Knacki cherche son confort en squattant le panier ou les peluches des autres, Salami, lui, cherche juste un autre chien.
3. Un teckel qui profite du soleil... Parce que oui, malgré la météo maussade de ces deux (trois?) dernières semaines, on a eu du soleil au début du mois de mai, genre quelques heures peut-être, et si il y a bien une chose dont Knacki ne pourrait pas se passer...
4. ... C'est ceci. 
Mmmmh. Transat, cocktail et piscine, nous sommes aux Bahamas.
Et enfin, pour conclure sur une photo prise ce matin, deux jours après sa première opération... Elle a un ventre rasé et un énorme pansement (si l'aspect de cette photo vous rebute, sachez que c'est juste une sorte d'ouate qui était déjà de couleur jaune à la base). Mais elle parvient à trouver son confort et elle a heureusement l'air de ne pas trop souffrir quand elle ne bouge pas...
Mais ce n'est pas pour autant qu'elle va rester tranquille. Demain le pansement s'en va, et on verra pour la suite...

Tuesday, May 31, 2016

Knacki

J'aimerais bien tout le temps pouvoir partager de bonnes nouvelles... Mais cette fois-ci malheureusement je serai un peu pessimiste. Ce matin, on a trouvé une tumeur chez Knacki. 
Cela n'est pas vraiment une surprise en réalité, cela faisait longtemps qu'elle n'allait pas bien. On riait un peu de moi parce que j'avais la visite au vétérinaire un peu facile, parce que je me faisais des films sur ses problèmes digestifs. Mais je voyais bien que cela n'allait pas, que les médicaments ne marchaient pas et que les mêmes symptômes revenaient sans arrêt. Pendant des mois, j'ai été la seule à m'en faire, avec occasionnellement mon vétérinaire qui était frustré de ne pas trouver la source de ses problèmes. 
Puis il y a six semaines, l'état de Knacki s'est dégradé. Le vétérinaire m'a envoyé faire une première échographie, qui a dit que tout allait bien, mais a identifié, presque en note de bas de page, les restes d'un ancien ulcère sur ses intestins. Rien d'alarmant. Pourtant, plus d'un mois après, la situation ne s'était toujours pas arrangée, et Knacki a commencé à avoir des spasmes de façon régulière. Une seconde échographie a découvert une masse dans son système digestif, identifiée comme un corps étranger qui était bloqué. Mais personne n'était inquiet, on faisait des blagues sur ce qu'elle avait bien pu manger qui ressemblait à ça. Ce matin, l'opération était décrite comme une opération de routine, et on allait enfin savoir ce qui la faisait tant souffrir, et en être libéré. Et en ouvrant, et bien, voilà. En réalité, cette masse, c'est une grosse tumeur qui obstrue son système digestif. Il va falloir attendre les résultats de la biopsie pour décider de l'étape suivante, s'il y a quelque chose à faire ou si la situation est déjà trop avancée. 
Le scénario optimiste serait que la tumeur soit encore opérable, que le reste du système digestif ne soit pas encore atteint. Il y a plusieurs éléments en faveur de ce scénario, notamment l'absence de métastases ou de ganglions à l'échographie, et le jeune âge de Knacki. La tumeur est placée à un endroit difficile, à côté du pancréas. L'opération serait difficile mais pas impossible si un spécialiste s'en charge. Il y aurait sans doute des conséquences futures sur la qualité de vie de Knacki. Mais ce serait toujours mieux que le scénario négatif, que je ne dois pas vous décrire. Le vétérinaire était assez pessimiste après avoir vu l'apparence de la tumeur. Mais de nouveau, tant qu'on ne sait pas à quoi on a affaire, on ne sait pas ce qu'on doit faire. 
Une photo prise hier, avant l'opération
Ce n'est pas la première fois que je m'inquiète pour Knacki. Il y a eu toutes les fois où elle n'est pas rentrée et où elle a été recueillie plusieurs pâtés de maison plus loin; ou celles où il a fallu la déterrer de terriers de lapins quand on l'entendait couiner sous terre après des heures de recherche; ou encore les plaies impressionnantes ramenées d'on ne sait quel barbelé. J'ai toujours pensé que c'était son côté casse-cou qui lui jouerait l'ultime mauvais tour. Mais plus le temps passait, plus j'avais l'impression qu'elle s'assagissait. Elle voulait moins sortir, elle courait moins vite. "C'est l'âge, sans doute". Tant mieux. 
Quand je repense à tous les moments où on m'a dit que ce n'était rien, que mon chien était en bonne santé, et où j'étais soulagée de constater que c'était juste moi et ma paranoïa. Je rigolais en disant que si j'étais comme ça avec un chien, il ne valait mieux pas savoir ce que ça donnerait avec des enfants. A chaque fois que Knacki avait des spasmes après avoir mangé, "c'est parce qu'elle mange trop vite", à chaque selle noire, ah non, "brun foncé, il fait sombre Bibil tu vois mal", qu'est-ce qu'elle me colle ce soir quand même, "elle est jalouse de Salami", et son habitude de boiter chaque fois qu'elle devait faire son affaire, "c'est drôle quand même cette manie, mais elle n'a pas vraiment mal, hein". Et puis Bibil, ce focus sur les douleurs de digestion de ton chien, c'est de l'anthropomorphisme enfin! Ce n'est pas parce que tu as une gastrite que ton chien a lui aussi forcément mal quand il digère. Mais maintenant que la science me donne raison tout prend du sens. 
J'essaie de m'imaginer fêter mes 40 ans, avec Knacki qui aurait dix ans, Salami qui en aurait huit, et les invités qui se demanderaient où a filé le temps. Mais pour l'instant j'ai à côté de moi un petit chien qui tremble de douleur. Je dois résister à la tentation de déjà faire son deuil, alors qu'on ne sait pas, finalement. On ne sait pas à quoi on a affaire. 
On ne peut qu'attendre. 

Saturday, April 09, 2016

Un petit update?

Mais oui, un petit update! (Ou une update, le débat reste ouvert). Cela fait longtemps que je n'ai plus vraiment posté et pour cause: après la remise de ma thèse il y a deux mois, j'ai été assommée par une énorme fatigue. Cette fatigue, mes cours de néerlandais, la recherche d'emploi et une petite trachéite derrière les fagots, couronné par les événements du 22 mars, tout cela m'a complètement raplatie. Je n'ai pas connu le baby blues qu'on m'avait tant décrié, ni le syndrome de Stockholm, croyez-moi la thèse ça ne me manque pas! Mais j'ai par contre enclenché le mode survie, ma préoccupation principale étant mes heures de sommeil et garder ma tête au dessus de l'eau. Il a fallu les vacances de Pâques pour que je puisse commencer à récupérer, et dites donc, deux semaines ce n'est pas assez, j'ai l'impression qu'il me faudrait des mois à ce rythme pour pouvoir de nouveau ressembler à un semblant d'être humain! Mes collègues docteurs me disent que chez eux, cette phase a duré entre trois et six mois, c'est encourageant... Mais donc, updatons-nous, les amis.

1. La thèse

La date fatidique de la défense se rapproche et globalement je suis presque prête. Le texte est presque prêt, le powerpoint est presque prêt, l'organisation de la chose, ben, presque... Il n'y a que les invitations qui soient définitivement lancées, et au vu du monde attendu on m'a donné un auditoire de 125 personnes, bam, comme ça. C'est dans un bâtiment glauque et sans lumière mais c'est ça qui donne tout le cachet de la défense, ça n'aurait pas de sens de m'avoir donné un beau bâtiment historique avec un jardin intérieur comme celui qui est par exemple juste à côté. Mais cela ravivera les souvenirs des plus studieux d'entre nous, aaaaah le charme d'un bel auditoire éclairé aux néons, rien de tel. Et comme toutes les salles de réception du bâtiment ont été transformées en salles de séminaires, je ne sais pas trop où pouvoir organiser mon drink d'après-défense...
Ceci dit, après la phase de motivation initiale, je commence doucement à comprendre les collègues qui ont à peine invité la famille proche parce que plus la date se rapproche, plus la pression monte! Je commence à me demander si je ne vais pas me ridiculiser et j'espère vaguement que le public ait déjà décroché quand ce sera au tour des membres du jury les plus incisifs de prendre la parole... 

2. La recherche d'emploi

Ah ça aussi c'est la galère! Je postule déjà depuis pas mal de temps, mais j'avais toujours l'excuse de la thèse pour ne pas avoir de trou dans mon CV... Mais comme cette excuse ne sera bientôt plus là... Du coup je postule à tour de bras, tous les jobs liés de près ou de loin aux institutions européennes, tous les jobs de la fonction publique, tous les jobs liés à la recherche... Mais en matière d'entretiens d'embauche c'est comme d'habitude le désert. Quand je postule à un job d'eurocrate, je suis en compétition avec 300 autres personnes, dont certaines ont des réseaux que je n'ai pas. Quand ce job demande spécifiquement d'avoir un doctorat, on n'est plus que 100, quelle chance... Mais là je me retrouve dans le même piège que les jobs liés à la recherche, à savoir que je n'ai pas vraiment de publications, pas le soutien de mon promoteur, et pas vraiment la motivation de continuer dans l'académique non plus. Quant aux jobs de la fonction publique, je ne dis pas que je n'ai pas mes chances, mais le processus de recrutement se fait à un autre rythme... C'est long, très long. Et en plus le système est un peu incohérent: je me suis fait recaler dès le début pour les jobs liés à l'immigration (alors qu'on ne va pas dire que j'ai presque un doctorat dans le sujet), mais par contre je cartonne les tests d'économistes alors que je n'ai aucune compétence en la matière. Mais qui sait, peut-être que cela doit juste m'envoyer un message par rapport à mon choix d'orientation de carrière...
En attendant je fais des cours intensifs de néerlandais, 3,5 heures par jour, je peux vous dire que c'est tuant. Je termine un module fin avril, et j'hésite à peu à compléter tout le cursus avec des cours en mai et juin. Je me demande si je ne dois pas me garder une poire pour la soif au cas où je n'ai toujours pas de job en septembre... 

3. Les chiens




Ils sont séparés! Non pas que ça n'aille plus entre eux, au contraire, cela allait un peu trop bien. Knacki est de nouveau dans une période intéressante et le plan anti-inceste a été mis en place. Du coup c'est plutôt cool: je me retrouve avec Knacki qui pionce toute la journée et qui ne cherche que des câlins et une place au soleil, tandis que mes parents se retrouvent avec Salami l'hyperactif en plein éveil hormonal qui n'obéit à personne, aboie sur tout et surtout détruit tout, spécialement quand c'est en tissu et que ça a soit mis beaucoup de temps à coudre, soit a coûté très cher.
Exemple ci-dessous avec mon si beau canapé de chez BoConcept, paix à son âme. (Evidemment c'est un tissu qu'ils ne font plus).

Ceci dit sur cette photo je ne peux m'empêcher de remarquer que Knacki a l'air plus sensible à l'engueulade que Salami... Ce n'est pas gagné.

4. La couture

Mis à part les réparations des bêtises de Salami... 
J'ai fait quelques robes trapèzes! Une première pour ma filleule Blanche, avec un appliqué teckel qui m'a généreusement été donné par Delphine

Et puis, comme j'étais lancée, j'en ai fait deux autres, pour Eléonore et Astrid (qui se reconnaîtront même si elle n'apprendront à lire que dans six ans).
Et d'ailleurs, cela nous a tellement inspirées qu'Alice en a faite une elle aussi... Ca, c'est l'influence Cousu Main... L'ourlet est à raccourcir un peu mais aura-t-elle le courage de le faire, ou attendra-t-elle que le modèle grandisse?
Et sinon, je suis dans une phase tote bags! Cela se voit à ma boutique Etsy (il y en aura plus à venir après la défense de thèse) et aux cadeaux que je fais... 

Et enfin, j'ai cousu quelque chose pour moi-même! Aaaah ça, les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés, j'ai plein de projets de couture pour moi et je n'en fais jamais aucun... Mais là c'était urgent, Salami ayant mangé mes pantalons de pyjama, j'ai été forcée et contrainte de m'en faire un!

Il est super confort et méga chaud! (Oui bon l'été arrive mais il n'arrive pas très vite quand même)
Et sinon la bonne résolution pour les mois qui viennent: faire des barbecues avant l'arrivée des guêpes! Cette année je n'ai plus de fin de thèse et mon estomac va mieux donc je pourrai un peu en profiter! Je looke forward évidemment...
A fort bientôt!

Friday, November 27, 2015

The Great Escape

Vendredi passé, un hasard de calendrier avait fait que nous avions Chica, et Fourchette, Knacki et Salami sous le même toit, ce qui était à la base plutôt rigolo comme perspective. Nous avions tous les ingrédients pour un bon scénario: Knacki et Chica les deux meilleures amies du monde, avec Salami jaloux comme une teigne et sans doute secrètement amoureux des deux en même temps, et Fourchette comme personnage burlesque mono-obsessionnel pour contrebalancer la tension narrative de ce triangle amoureux. Bref, ça s'annonçait plutôt prometteur. 
Sauf que. (Et je vous rassure, vous qui allez lire la suite, cela se termine bien).
(Et aussi, je raconte les événements dont j'ai été témoin, donc cela se concentre beaucoup sur ma version des événements, mais je ne suis pas au centre de cette histoire! Nous étions très nombreux à être mobilisés de beaucoup de manières différentes...)
Le lendemain matin, samedi, on a ouvert la porte du jardin aux chiens pour qu'ils aillent faire leurs besoins, comme d'habitude. Généralement ils rentrent très vite car ils veulent manger. Mais Knacki et Chica étaient visiblement heureuses de se revoir et sont restées plus longtemps. Un peu plus longtemps. On ne s'inquiétait pas, au début. Puis de plus en plus longtemps. Au bout d'un moment on a réalisé qu'elles n'étaient pas à leur endroit habituel, et que d'ailleurs on ne les entendait plus. Trois heures après, Knacki est rentrée seule. Là, c'était le stress. 
Dans le jardin de mes parents, le premier scénario catastrophe du teckel, c'est le terrier qui s'écroule. On a fouillé tous les terriers, démoli tous les tas de bois, on a appelé comme des malades, appelé les voisins, fouillé leurs jardins, on n'a pas trouvé Chica. Il a commencé à pleuvoir, puis le froid est descendu d'un coup, et il a commencé à neiger. Quel bad! Quand on ne l'a pas entendue dans les terriers, on a envisagé le second scénario catastrophe: l'exploration téméraire des alentours. Nous avons alors fait des rondes du quartier, mais difficile de mobiliser des passants, car il n'y avait personne dans les rues à cause du temps affreux et de la menace terroriste (ambiance ambiance). A chaque heure l'obscurité gagnait du terrain, puis la nuit est tombée, et il a commencé à geler. C'est le coeur lourd que nous sommes allés dans notre lit, alors que le froid traversait les fenêtres et que même sous nos couettes nous avions du mal à nous réchauffer. 
A. et R. (les maîtres de Chica) sont revenus dare-dare dans le premier avion, qui était le lendemain matin, dimanche. Entre temps ils avaient posté un avis de disparition sur facebook qui avait commencé à circuler. Espoir! Grace à cette annonce, quelqu'un a appelé pour dire qu'il avait vu Chica la veille, près de chez mes parents. Le problème est qu'elle ne se laissait pas attraper, elle était très craintive. L'espoir est cependant vite redescendu lorsque les battues du dimanche n'ont rien donné et qu'une seconde nuit de gel est tombée. Les jours suivants ont été tout aussi silencieux et aussi froids, plus personne n'a vu Chica pendant des jours, malgré la diffusion de l'avis de disparition sur les réseaux sociaux et les affiches mises dans les rues. Il y avait de quoi être pessimiste.
La photo que vous avez pu voir passer...

Puis, mercredi, soit cinq jours après sa disparition, l'espoir est soudainement revenu. Une dame a appelé pour dire qu'elle avait aperçu Chica à Duisburg (Tervuren), soit à 7km de son lieu de départ. Cette fois-ci on croisait des gens dans les rues, et quand on montrait les affiches, ils reconnaissaient Chica et son collier! Ils l'avaient vue la veille à Tervuren! Et toute la matinée autour du terrain de foot! Et vingt minutes plus tôt à deux pâtés de maisons! Mais elle fuyait tout le monde et était très rapide. Nous étions cinq à la chercher avec la certitude que nous étions tout près d'elle, et malgré cela nous ne l'avons pas vue. L'espoir a tenu jusqu'à la tombée du jour. Puis la nuit est tombée à nouveau, et les recherches ont été abandonnées à contre-coeur. 
Le soir, A. et moi sommes revenues pour distribuer des affiches (traduites en néerlandais approximatif en triple vitesse) dans les commerces. Nous étions prêtes à partir quand à 18h30, retournement de situation: Chica était à nouveau au terrain de foot! Nous nous sommes précipitées. Toute la soirée, cela a été une course-poursuite. On l'avait vue à 500 mètres 5 minutes plus tôt, mais elle n'y était plus, elle était partie dans telle direction, puis on perdait de nouveau sa trace, on la retrouvait... On roulait les fenêtres ouvertes en criant son nom... Pour finir par perdre définitivement sa trace. Nous avons terminé la soirée en écoutant les habitués du bar du football club nous dire qui l'avait vue et où, et qui n'était pas parvenu à l'attraper, en espérant qu'elle reste sur place le lendemain. 
Sauf que le lendemain, jeudi (soit hier), nous avons pu établir qu'elle était partie sur Eizer (Overijse). Puis, vers 14 heures, elle a été aperçue à Huldenberg. Elle commençait à vraiment courir de la distance et était décrite comme maigre et paniquée. Par un coup de chance j'étais à côté, je suis donc allée en éclaireur. J'ai interrogé les habitants d'Huldenberg ("Guten Tag, heu goedendag, wir hebben eine hond verloren"). Par chance, j'ai croisé un officier de police en vadrouille, qui m'a dit avoir vu Chica quelques kilomètres plus loin, à Ottenburg (près de Wavre), et me donne le nom d'une rue. Je me rends à Ottenburg, et là je croise une dame qui me confirme avoir vu Chica dans cette même rue! Mais comme pour la veille, j'arrivais après les faits. Chica avait quand même fait 13 kilomètres pendant la nuit, contre 7 kilomètres cumulés pour les cinq jours précédents, elle était visiblement en panique en train de fuir sans direction. Et en effet lorsque la team battue est arrivée, il est vite apparu qu'elle pouvait être n'importe où. Le soir a commencé à tomber, encore une nouvelle nuit de gel. Pour couronner le tout la police a appelé A. pour désavouer l'information que j'avais recueillie: le teckel qui avait été vu à Ottenburg n'était pas Chica. Bizarre, car pour moi deux personnes l'avaient formellement reconnue sur base de la photo que je leur avais montrée. Mais c'était encore plus décourageant, car du coup cela voulait dire qu'on cherchait au mauvais endroit. On la pensait peut-être à Loonbeek. Quoiqu'il en soit, on était là en pleine campagne, et il fallait en faire de la route avant de croiser des gens et des commerces. Qui allait attraper Chica dans ces conditions?
Et puis ce matin, la nouvelle qu'on n'attendait plus: Chica a été attrapée à Ottenburg! Paf, comme ça, un dénouement miracle, comme quoi l'espoir reste permis en toute circonstance. Une amie d'amie des maîtres de Chica, qui avait vu l'annonce, a aperçu Chica dans le jardin d'une ferme! A côté de l'endroit où nous avions cherché la veille et où soit-disant elle n'était pas... Cette fille était au travail avec son équipe, ils s'y sont tous mis, et Chica a enfin pu être attrapée!
Voici plus ou moins le trajet de Chica...
Six jours et six nuits de cavale, à des températures très basses, probablement sans manger, et plus de 20 km parcourus (estimation à vol d'oiseau)... Les retrouvailles ont bien sûr été très émouvantes, et Chica va bien même si elle est très amaigrie.
La photo de la victoire

Et voilà! Heureusement l'histoire se termine bien, parce qu'on se sentait quand même sacrément responsables de cette histoire. Au final quand ce genre de chose arrive ce n'est la faute de personne et en même temps tout le monde se sent coupable... La faute à la personne qui a ouvert la porte, à celle qui n'a pas surveillé la promenade des chiens, à celle qui a accepté le dogsitting... A notre naïveté de penser que quatre teckels c'était gérable... Ou encore à la personnalité fugueuse de Knacki, à la personnalité craintive de Chica, et plus généralement à la menace terroriste qui a vidé les rues et au gel qui a si rudement frappé au moment le moins opportun! On se sentait tous horriblement mal et angoissés au possible! En tous cas c'est un magnifique élan de solidarité qui est sorti de cette aventure, avec une mobilisation incroyable, tant d'amis que d'inconnus. Cela vous rend confiance en la nature humaine et envoie un message d'espoir pour les situations qui semblent perdues d'avance...
Et vivent les teckels, saucisses warriors de l'extrême!

Wednesday, October 07, 2015

Mais restons positifs, voulez-vous...

Aujourd'hui est un jour exceptionnel: pour la première fois depuis des semaines je n'ai pas mal à l'estomac, pas mal au dos, pas mal aux jambes, en fait je n'ai mal nulle part. Et dites donc, on voit la vie complètement différemment quand on n'est pas constamment en train de taire une douleur. Bref, j'ai fait de la cuisine, de grandes promenades avec les chiens, j'ai écrit full pages de thèse, j'ai mangé avec mes parents, et maintenant je vous update le blog avec quelques photos.

1. Knacki et Salami, en mode classique: Knacki se dore la pilule au soleil, et Salami se pose au dessus, juste par principe.
2. J'ai acheté du minkee. Plein de minkee. Maintenant il ne me reste plus qu'à trouver une généreuse âme qui me prête une surjeteuse le temps d'un week-end pour que je couse tout ça.
 3. J'ai investi dans une laisse à double embout. J'ai un de ces succès avec ça...( C'est Fourchette sur la photo!)
 4. Ma mère a eu 60 ans! Félicitez-la chaudement les amis! (Balyballon a fait ce beau bouquet)
 5. Une photo de Salami pour la forme, et d'un panier qui a vécu 24 heures

 6. Knacki n'a pas eu une miette de pizza, malgré son anticipation enthousiaste.
Oui, que voulez-vous, ça parle de chiens, mais c'est la fin de thèse qui le justifie.

Tuesday, August 11, 2015

Isa a pris des photos de chiens

Et voilà! D'après ma mère ce qu'elle préfère c'est qu'on voit bien que les oreilles de Salami sont bordées de noir... Moi j'aime voir toutes les nuances de couleurs dans son pelage, je pense qu'il est en effet bien arlequin vu toutes les petites taches marron et rousses!