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Thursday, November 07, 2013

Et voilà ce qui arrive quand on procrastine

Aaah, les joies de la procrastination. Vous vous souvenez que je suis partie à Berlin pendant trois mois? Oui, de mai à juillet 2012... Il y a près d'un an et demi, donc.
Figurez-vous que ce séjour, ma foi fort sympathique, a eu la bonne fortune d'être financé par une bourse de voyage. Alors je ne sais pas pour vous, mais ici logiquement, ce qui se passe avec une bourse de voyage, c'est qu'on fait des notes de frais pour se faire rembourser ensuite dans les limites d'un budget pré-défini. Sauf que dans ce cas de figure bien précis, j'ai reçu directement la somme de la bourse sur mon compte personnel, sans rien me dire de plus. Comme on ne m'a jamais vraiment précisé qu'il fallait que j'entre des notes de frais, j'ai comme qui dirait procrastiné. Ou plus précisément, tant qu'on ne me demandait rien, je ne rentrais rien. J'avais tout dans un dossier, hein, enfin dans un dossier et à divers endroits de mon ordinateur, d'internet, d'extraits de compte, et sans doute, hem, enfin peut-être ailleurs, dans un endroit connu de moi seul. Puis le temps a passé, tranquillement, et j'ai eu le temps de bien oublier ce que j'avais fait quand et à quel montant, et où j'avais rangé les pièces justificatives.
Jusqu'à ce lundi 4 novembre, date fatidique où le service comptabilité de l'organisme financier m'a très poliment rappelée à l'ordre. Aha? Oui ben du coup, il a fallu s'y mettre...
Je me suis éclatée. E-cla-tée. 2 jours plus tard, finalement, je suis arrivée à presque tout rassembler, catégoriser, classer, coller, un peu comme du scrapbooking mais en moins beau. J'ai dû faire quelques constats désolants: 
- Je suis allée à la cantine presque tous les jours, sauf quelques rares occurrences au Brezel Bar en bas de chez moi qui était pourtant infiniment supérieur. Je constate qu'il y avait beaucoup d'occasions où je me suis penchée sur le "Salat Bar", pourtant pas très bon, à cause de la médiocrité du plat du jour. Et parfois j'ai plusieurs notes de frais pour la même journée, et elles disent toutes "Tagesdessert". Sans plat principal.
- J'ai aussi retrouvé la note de frais du Mohnküche. Il m'a coûté 0,80€ ce petit faiseur de promesses.
- Au début de mon séjour, quand j'allais au supermarché, on lisait "Äpfeln", "Rucola", "Salat" ou "Lachs" sur le ticket de caisse. Quand le foot a commencé tout cela a changé, et j'ai tout à coup acheté des bières, des chips, des pizzas, des cacahouètes, du Gouda en morceaux, et curieusement aussi des cerises (pour la bonne conscience, sans nul doute). Sauf que sur le ticket de caisse on ne sait pas vraiment se justifier et dire, "oui mais tout ça c'était social, il ne faut pas croire hein".
- Quand on achète du Ritter Sport, c'est pas très discret sur le ticket de caisse non plus, spécialement quand il s'agit du ticket qui précède votre retour en Belgique et qu'on en achète 15.
- J'ai dû justifier 60€ de réparation d'un vélo pour cause de vol de phare avant. C'est marrant la vie, hein.
- J'ai aussi dû justifier d'avoir payé deux billets d'avion pour mon retour, parce que le site web d'Easyjet m'avait induite en erreur et que je n'ai pas assez vérifié que je sélectionnais bien la date de mon choix et non la date la moins chère (on verra si ça passe).
Bon, maintenant, je vois que je dois aussi rendre un rapport d'activité. Il va falloir que je ressorte mon ancien agenda. Et il faut que j'envoie ma "convention" aussi, quoique cela veuille dire (ma convention avec qui?). La vie d'un doctorant est trépidante, je vous le dis, tré-pi-dante. 
Je compatis sincèrement avec tous les indépendants et les comptables aujourd'hui.

Wednesday, August 15, 2012

La Vie des Autres - Bérénice

Quand j'ai rencontré Sybille à Berlin, je n'imaginais pas avoir devant moi une tête pleine de cette imagination! Imagination dans la cuisine, dans ses choix au supermarché (après deux jours à Berlin elle avait déjà testé la plupart des spécialités allemandes), dans son écriture… J'ai d'ailleurs dévoré son blog quand je l'ai découvert! 
Sybille et moi nous sommes rencontrées à Berlin, parce que c'est bien connu, les Belges se rencontrent toujours entre eux quand ils sont loin de leur Belgique natale. 
Je suis restée dans la capitale allemande trois mois, en stage à l'ambassade de Belgique. Un stage au service du pays, cela implique un lever dès l'aube, l'apprentissage (forcé) de l'allemand et l'amélioration de la langue française. Tout ça pour une revue de presse matinale devant l'ambassadeur et les diplomates, une présence à toutes sortes de conférences données en allemand et des rédactions de documents officiels. 
Nous étions deux stagiaires à la même période, bien nécessaires à la représentation belge en Allemagne. Il faut savoir que l'ambassade belge en Allemagne ne compte que trois diplomates en plus de l'ambassadeur, et est considérée comme l'une des plus grosses ambassades de Belgique à l'étranger. Les grandes nations, elles, ont une pléthore de diplomates qui se spécialisent dans un domaine particulier. Autant dire que nos trois diplomates ne pouvant pas se dédoubler, les petites stagiaires étaient envoyées là où ils ne pouvaient pas être. Tout bénéf pour nous, notre expérience, notre networking et notre langue allemande. Un stage enrichissant et tellement intéressant! 
Revers de la médaille: la solitude en rentrant du boulot. Trouver une colocation à Berlin, surtout à distance, relève presque du miracle. En effet, cela s'apparente à une recherche de travail: sollicitation et entretien sont d'application. Et comme les Berlinois ont en général des exigences assez particulières, et bien, on se retrouve la plupart du temps dans un studio, seul. Heureusement, des expatriés, ce n'est pas ça qui manque dans les capitales: je me suis alors inscrite dans des groupes de rencontres pour expats, pas pour rencontrer l'âme sœur, mais bien des francophones! Sinon, je pouvais toujours compter sur Astrid et Fred, à Berlin à long terme, et enthousiastes organisateurs de petits dîners belgo-belges (où j'ai rencontré Sybille)… Le bonheur!
Bref... J'ai fait un stage dans une ambassade et j'ai vécu la vie d'expat.

***

Merci Bérénice! La semaine prochaine nous aurons Laura qui nous parlera de son expérience d'expat (justement), mais à Bruxelles cette fois!

Saturday, August 04, 2012

Weekend getaway 1 - Berlin

Oui, je sais, vous etes en train de me lire, ce qui signifie qu'actuellement vous etes chez vous voire au travail, et que si vous etes quelque part près de la Belgique vous déprimez sévère à cause de la météo. Mais à ce que cela ne tienne, tout le long du mois d'aout je vous nourrirai de mes photos souvenirs de weekends à l'étranger, qui s'empilent sur mon compte flickr depuis le mois de mai et n'ayant pas encore été postés.
Aujourd'hui, je ne vous dépayserai pas trop et je vous parlerai de Berlin. Ou plus précisemment, de la visite d'une des Sophie qui lit mon blog à Berlin, où on a fait plein de trucs à thème, comme par exemple:
Café Sibylle
Le savez-vous? Sur la Karl-Marx-Allee, le Café Sibylle est un incontournable de Berlin est...
On a fait beaucoup de mur:
Un bout de mur
Je pense que je peux estimer après quelle année ce café a été construit.
Ampelmann
Un Ampelmann
Eastside Gallery
Eastside Gallery
Eastside Gallery
Et de nouveau, Eastside Gallery, l'endroit parfait pour un photo shoot!
Mais aussi:
Hum
Oui, d'accord, c'est juste un mirroir.
Et bon.
Bitburger!
Cocktails
Voilà, quoi.
Samedi prochain je vous emmène en Italie...

Monday, July 30, 2012

Berlin, c'est la fin...

Et voilà, Berlin, c'est la fin! A l'heure actuelle je devrais etre dans l'avion du retour, avec Sophie et Rodolphe qui portent mes bagages, et espérons que cette fois-ci je ne me sois pas trompée d'aéroport!
Berlin, c'était bien, c'était fin, cela se mangeait sans faim... (pfu dites il y a plein de choses qui riment avec Berlin!). C'était vraiment une ville hautement sympathique, agréable à vivre, avec un bon esprit et pas bling bling pour un sou. J'étais là aussi à une bonne période, avec la coupe d'Europe et le retour de l'été berlinois (apparemment pourri cette année, même si je pense que c'est une insulte à la Belgique que de dire des choses pareilles, qu'ils aillent faire un tour à Bruxelles pour voir ce qu'est un vrai été pourri). Mon seul regret aura été de ne pas maitriser suffisamment la langue, ce qui ne m'a pas permis de me fondre dans la masse, et m'a sans doute fait passer à coté de belles choses. Mais d'un autre coté j'ai vécu à fond l'expérience d'expat, et je suis restée suffisamment longtemps que pour être ecoeurée de la pils et de la nourriture allemande! (Ce qui est toujours signe d'un séjour réussi - c'est un peu la même chose que quand on est écoeuré par les barbecues au bout d'une semaine trop estivale).
Je suis triste de partir mais en même temps, je vous avoue que je suis aussi très heureuse de revenir! Cela fait un an et demi que je voyage, et ce système de trois mois par pays, s'il semblait etre idéal au début, s'est en fait avéré être très angoissant sur la fin. Quoiqu'on en dise il y a toujours un stress initial à arriver dans un nouveau pays: trouver un logement, déménager, se faire à son nouveau domicile, à son nouveau lieu de travail, à ses nouveaux collègues, à une nouvelle langue, se faire des amis... Pendant les premières semaines, en fait, on ne fait que travailler à se faire une place! Et puis une fois que c'est fait, et bien, il faut déjà repartir. Les amis qu'on a laissés traitent ton départ comme quelque chose de temporaire, et continuent à t'inviter à tous des trucs cools, et tu as envie de retourner les voir, mais en même temps tu es déjà en train de recommencer le processus d'adaptation ailleurs... Et pour la buffer zone de trois mois en Belgique entre chaque terrain, c'est globalement pareil: on n'a même pas le temps de reprendre ses marques qu'on est déjà reparti. C'est très frustrant! Trois mois c'est trop court pour être un long séjour, et trop long pour être un court séjour.
A présent je contemple la perspective d'une année entière en Belgique comme un luxe absolu... Je suis contente de retrouver un peu de stabilité, de ne plus être sur une deadline de départ, de pouvoir investir dans des amitiés et dans des activités étendues dans le temps... Et surtout de savoir où j'habite. C'est ça qui était le plus usant je pense, c'était de ne pas pouvoir trouver une réponse franche quand on me demandait, "et en fait, heu, tu habites où?"
J'ai d'ailleurs plein de projets pour le mois de septembre. D'abord, je vais commencer par retrouver ma famille, mes amis, mes lieux familiers, Danio, mon lit, ma garde-robe, ma machine à coudre, ma collection de livres de Jamie, et mon Delhaize local. Je pourrai appeler et envoyer des sms à un tarif local. Je pourrai recommencer mes cours d'écriture créative, planifier des cours de sport (yoga anyone?), lancer des diners à thème, me recréer une routine, rattraper mes projets de couture et de scrapbooking laissés en plan depuis avril 2011. Et aussi faire un bon régime: j'accuse à présent dix kilos de plus qu'au début de ma thèse. Ils sont venus insidieusement sous le titre de "découverte de la gastronomie locale", ou au contraire de "rhaaa un steak frites belge ça fait si longtemps". Mais surtout à cause du stress. 23 août, rendez-vous chez une diététicienne, c'est annoncé.
Mais tout cela c'est pour plus tard. En attendant, je vous annonce que je pars en vacances, et que le Bibilblog aussi! Le programme bloggeste de ce mois d'août sera donc: 1. bien entendu la série de l'été "La Vie des Autres" tous les mercredis, 2. des posts programmés et photos de frère en hot dog, et 3. des guests posts! Vous allez vite remarquer que quelques lecteurs privilégiés vont avoir accès à mon blog jusque fin septembre et qu'ils pourront en faire ce que bon leur semble. Pendant ce temps je serai à l'autre bout du monde en train de me dorer les orteils (sortis de leurs birkenstocks) sur une plage de sable fin, m'abritant du soleil trop brutal sous un sombrero mexicain avec un cocktail plein de tequila et de mangue fraiche!
(Puis aussi de terminer un document intitulé "plan de thèse", et des retranscriptions d'entretiens)
Bonne vacances les amis!

Thursday, July 26, 2012

Good bye drink

A tout départ appartient sa tradition: celle du good bye drink. A Londres, où j'étais devenue super pote avec mes collègues, j'ai été emmenée dans un pub où on servait de la bière belge et où on mangeait des trucs à la Leffe. On m'a fort regrettée, on m'a donné un cadeau (un échantillon de biscuits anglais que je n'avais pas encore apportés au bureau), on a été tristes, tout ça.
A Paris par contre, festival de l'ambiance, j'ai vite compris que toute tentative de marquer mon départ de façon bibitive se résumerait à un cuisant échec. J'ai donc amené une boite de chocolats belges, au grand étonnement de mes collègues qui ont unilatéralement déclaré que les Belges étaient super sympas. (L'un d'eux a même dit, "beaucoup plus civilisés que les Français"). J'ai laissé la boite de chocolats dans l'open space et elle a été volée pendant la nuit.
Ici, à Berlin, organiser une occasion bibitive aurait été assez simple, mais comme je n'en peux plus de la Berliner Pilsner et que par contre j'aime toujours bien le chocolat, et que je partage mon bureau avec une Suisse, voici l'email qui a été circulé:

Dear colleagues, 
You are not without knowing that there is a small rivalry between Belgium and Switzerland on one subject of great academic relevance: who makes the world's best chocolate? Since O. and I could not agree on a diplomatic answer that would satisfy all parties involved (i.e. the current occupants of B314), we have decided to open the question to a referendum. 
This is why we are inviting you to a blind chocolate review on Thursday 26th of July at blablabla. We will have Belgian and Swiss chocolate in direct importation from our home countries, and to trick you we have hidden American chocolate in the batch. 
Coincidentally, Thursday the 26th will be my last day here at blablabla, so it would be a nice opportunity to thank you for your warm welcome and to air some brand new business cards. 
Chocolatement vôtre, 
(s'ensuit une signature).

On a du Galler, on a du Lindt, et on a du Hershey's pour faire contrepoids. Je vous tiendrai au courant du résultat des votes...

Tuesday, July 24, 2012

Der Türkische Pizza

(Bon, d'accord, il existe une probabilité pour que le mot "Pizza" soit aussi féminin ou neutre - ou autre, sait-on jamais).
Il y a peu de temps, je suis tombée sur un objet de curiosité scientifique:
Türkische Pizza
Une pizza turque surgelée. Qui me promettait d'un coté ceci:
Türkische Pizza
Et d'un autre coté cela.
Türkische Pizza
(Suggestion de présentation). Pour seulement 366 calories (Diantre que c'est précis).
Bon, je savais bien que la petite salade là qui avait l'air trop bonne, cela serait difficilement passé à la surgélation, donc je ne m'attendais pas à la retrouver dans le produit fini. Mais je ne m'attendais pas vraiment à trouver ceci non plus:
Türkische Pizza
Enfin, une fois cuit et avec un peu de salade dessus, je dois dire que c'était relativement... On aurait dit une flamenkuche bolognaise mais sans tomate.
Türkische Pizza
Sauf que je regardais ca devant les Gilmore Girls, pleine de frustration parce qu'elles n'arretent pas de manger des burgers et des pizzas en toute impunité (meme si dans la vraie vie elles se font sans doute une semaine de bouillon entre chaque tournage). Et bon, 366 calories, forcément, ca manquait un peu de fromage fondu.
J'ai eu une pensée émue à Gatien qui, jadis, adorait précuire des pizzas la veille pour pouvoir les manger au petit déjeuner. Je ne sais pas s'il aurait eu très faim le matin où il aurait mangé celle-ci.

Monday, July 23, 2012

Mohnkuche

Dorothy Parker avait jadis dit, "the cure for boredom is curiosity. There is no cure to curiosity". Cette bonne dame n'a jamais gouté de Mohnkuche il faut croire... Amis lecteurs, j'ai récemment pu faire l'expérience d'une grande leçon de vie, et de là j'en découle une précieux conseil pour votre survie en terre germanique: si jamais vous vous trouvez, comme moi, devant un stand de cakes inconnus, que votre curiosité vous pousse à en gouter un et que celui-là est celui qui vous tente le plus:
Cake au pavot
Considérez bien vos options.
Car dans la lignée des trucs singulièrement dégueulasses qu'on peut trouver en Allemagne, je vous présente un candidat de choix: le Mohnkuche, ou cake au pavot. Pourtant, me direz-vous, le pavot ce n'est pas mauvais. Quand vous demandez à la vendeuse de quoi est fait le cake, elle vous répond: de graines de pavot et d'amandes. Et vous vous dites, rien ne peut jamais aller de travers quand on associe ces deux aliments.
Et bien, détrompez-vous.
Parce que, croyez-moi ou non, après avoir mélangé des graines de pavot et des amandes, les Allemands se sont dit que c'était la meilleure des idées que d'y rajouter du sel. Oui, du sel, mais seulement dans la couche supérieure... Au point qu'on a en bouche un mélange de cake relativement fade (parce qu'ironiquement la couche inférieure manque de sel), ainsi que d'une couche style streusel faite d'une bonne pelletée de sel marin. 
En même temps, à la cantine, on nous le sert après que le repas principal soit un truc sucré à base d'airelles et de Griesspudding. "De temps en temps, oui, on mange sucré le midi".
Croyez-moi amis lecteurs, dans les cantines allemandes, il y a des jours où le buffet salade reste votre meilleure option...

Friday, July 20, 2012

La trilogie berlinoise - Philip Kerr

Avant mon départ vers Berlin, les Merri m'ont offert un livre s'intitulant "la trilogie berlinoise" de Philip Kerr... Une énorme brique d'un auteur qui m'était alors complètement inconnu. 
Mais cela a vite changé, parce qu'ici c'est le premier livre que tout nouvel arrivant se voit recommander! Pas forcément sous ce titre, cependant, généralement on parle d'une "Bernie Gunther investigation". La trilogie berlinoise regroupe en effet les trois premières enquetes du flic/détective privé Bernhard Gunther dans le Berlin de 1934, 1939 puis 1947... 
Pour moi, il y a trois raisons universelles (indépendantes du fait que vous etes un touriste, donc) pour lesquelles vous devez lire ce livre:
1. C'est une intrigue policière. Quand vous la commencez, vous avez donc envie de connaitre la suite. Il y a du suspense, il y a des rebondissements, il y a une chute qui vous surprend la blinde, impossible de deviner la fin avant d'etre arrivé à la fin!
2. Le personnage principal, Bernhard Gunther, est proprement désopilant. Solitaire, désabusé, cynique, ironique et n'ayant rien à perdre, il a une facon très particulière de voir la vie. Un personnage qui est donc définitivement très terre à terre, et qui ne se laisse jamais dicter sa conduite, si ce n'est par une jolie femme, car c'est là sa petite faiblesse... De plus, il a un répertoire de métaphores absolument fabuleuses.
3. Ce livre fait aussi votre éducation historique. Il dépeint l'ambiance à quelques moments phares de l'histoire berlinoise: la première intrigue se déroule pendant les jeux olympiques de 1936 avec la montée du nazisme et de la persécution des Juifs; la seconde, juste avant la Seconde Guerre mondiale; la troisième, juste après la guerre, pendant la reconstruction et l'isolation progressive de Berlin Est. Il parait qu'il y a trois autres enquetes qui sont sorties, situées à des périodes ultérieures comme antérieures aux intrigues précédentes.
Une très bonne lecture, donc, pour toute personne que l'histoire de l'Allemagne de cette époque intéresse... Vous en ressortirez plus intelligent, et vous ressortirez à l'occasion certaines de ses métaphores, comme par exemple, "tel un homme qui s'est gavé de pruneaux au petit déjeuner, je m'attendais à ce que quelque chose se produise..." (Je ne m'en remets toujours pas).
Mais avant d'investir dans cette oeuvre littéraire, je vous conseille d'attendre quelques jours, car il est très probable qu'un très chouette livre ne sorte quelque part dans la fin juillet...

Saturday, June 23, 2012

When in Germany...

Voici pour vous une dangereuse adaptation de Bibil aux coutumes locales... Vous pouvez voir en effet que j'ai investi dans des Birkenstock.
Avec lesquelles je peux faire du vélo.
Marcher dans la rue sans honte.
Aller au bureau.
Aller à des mariages allemands si l'occasion s'en présentait.
Et elles sont HYPER CONFORTABLES, my God les amis, malgré son relatif manque de classe, jamais chaussure de pourra vous procurer un confort podologique comparable.
Birkenstock
Aaaah. Nous avons encore beaucoup à apprendre de l'Allemagne.

Friday, June 22, 2012

Ich bin ein Berliner - jeu concours!

Je ne vous apprendrai rien en vous faisant part de mon engouement pour la chose suivante.
Berliner
Mmmmmh des boules de Berlin... Rendues célèbres par Kennedy lors de son discours de 1963 en secteur américain (pas tellement loin de là où j'habite), qui avait déclaré en Allemand, "ich bin ein Berliner!" Ce qui, dans sa tete, voulait dire "je suis berlinois", mais qui dans la réalité voulait dire ceci:
Ich bin ein Berliner
... Je suis une boule de Berlin. (Sans faute grammaticale cela aurait été "ich bin Berliner", pour votre gouverne).
Bref. Très fière d'avoir trouvé cette carte, je me la suis appropriée en quelques exemplaires (pas grand chose, seulement 20), et je vous les ai envoyées à vous, fidèles lecteurs que j'aime, du moins ceux qui ont eu la bienveillance de me communiquer leurs adresses. D'où le grand jeu concours du mois de juin:
Qui a recu la meme carte que vous?
Ich bin ein Berliner
Attention, piège: certaines personnes ont bien recu une carte postale, mais ce n'était pas celle-là, c'était une autre! La personne qui sera le plus près de la vérité remportera un souvenir de Berlin choisi pour correspondre au mieux à sa personnalité.
Vous pouvez me répondre par email ou dans les commentaires, attention pas de nom de famille dans les commentaires sinon je devrai effacer!
PS: Il existe une certaine probabilité que le/la vainqueur le doive poser avec ledit souvenir pour l'édification des générations futures.

Tuesday, June 19, 2012

Que?

J'étais déjà dubitative de la Bratwurst, mais alors ceci je vous admets que je ne sais pas du tout ce que c'est.
Griesspudding
Du Grießpudding.
Traduit en francais par "Gateau de semoule", et malgré mes recherches intensives sur internet je dois admettre que je ne connais toujours pas la composition de ce machin.
J'ai néanmoins fait quelques petites observations.
1. Ca n'a pas beaucoup de gout.
2. Ca se prépare avec du lait et ca crame vite.
3. Je suspecte qu'il s'agisse de semoule de riz, mais dans ce cas ca devrait un petit peu plus gouter le riz au lait; ou alors de la semoule de blé, mais ca devrait gouter plus comme du brinta. En tous cas ce n'est pas de la semoule de mais. De la semoule de froment? Ca existe?
4. En fait, si on le mange sans accompagnement c'est juste proprement dégueulasse, et cela me coute de vous le dire vu que je suis quelqu'un qui trouve que tout est bon à etre mangé. Je me pose donc de sérieuses questions sur les bienfaits de la chose qui semble ne pas etre consommée au petit déjeuner (malgré son apparente consistance de porridge) mais bien en dessert avec de la compote de fruits ou du miel, ou meme (exclamation d'horreur!) en plat principal.  Avec quels accompagnements je n'en sais rien, et je préfère l'ignorer.
5. J'ai eu un vague sentiment de madeleine de Proust en goutant la chose me ramenant droit à mon enfance et à notre babysitter allemande. Et je me souviens qu'à l'époque je trouvais ca bon. Comme quoi...

Wednesday, June 13, 2012

Euro 2012

Qu'on se le dise: en Allemagne, le foot est une affaire sérieuse. Un peu comme Roland Garros en Belgique quand Justine et Kim sont en finale, mais en plus sérieux encore. Il va de soi que s'en balancer grave reviendrait à condamner définitivement tout espoir de développer une vie sociale et professionnelle; il a donc fallu que je me prenne au jeu. Tout en continuant à suivre Roland Garros, évidemment. Cumulant donc plus d'une dizaine d'heures de télévision en un weekend; j'avais bien besoin de Ritter Sport pour suivre tout ce sport.
Ritter Sport
Que signifie exactement "se prendre au jeu", selon vous?
1. Regarder les matchs. OK, ca, ca va relativement bien. J'ai regardé le match Russie - République Tchèque vendredi, Allemagne - Portugal samedi, j'ai prétendu avoir regardé Irlande - Croatie dimanche (en fait j'ai lu le compte-rendu sur internet), et j'ai regardé France - Angleterre et Suède - Ukraine lundi. Mais j'ai failli au visionnage de Pays-Bas - Danemark sans penser que mon boss de Berlin était néerlandais, et évidemment c'est de celui-là que tout le monde parle au bureau...
EURO 2012
Ecran géant sur la Rue du 17 Juin, filmant ce qui est en train de se passer en dessous de l'écran

Ce qui m'amène au point 2.
2. Parler des matchs qu'on a regardés. Les stratégies, les équipes, ceux qui n'étaient pas au meilleur de leur compétence et au contraire ceux qui n'auraient pas pu faire mieux. Heureusement, pour cela, j'ai mon petit secret.
3. Se déguiser aux couleurs de l'équipe que l'on soutient, c'est-à-dire l'Allemagne, sinon ca risque de faire mauvais genre. Ca tombe bien, dans tous les supermarchés on vent des drapeaux allemands et des colliers de fleurs aux couleurs nationales... Mais si, à côté des oeufs colorés en balle de foot et des Haribo football. Perso je n'ai pas poussé l'intégration culturelle jusque là... Mais certains, oui.
EURO 2012
Une partie de la foule Rue du 17 Juin
4. Assister aux conférences données pour mon centre de recherche sur le Fußball. Ce qui veut dire que a. il y a des gens dont la spécialité académique est le foot, b. que quelqu'un les paie pour faire ca, et c. que la salle de conférence était bondée, il a fallu que je reste debout - et en plus c'était tout en allemand.
5. Participer aux paris interdépartementaux de mon centre de recherche. Sachant que ces paris constituent à présent la structure de base de nos conversations du repas de midi, avec en sous-sujets connexes les articles académiques sur des thèmes dérivés.
Et là, les amis, je dois vous révéler quelque chose.
Lundi matin, à 11 heures précises, je suis allée regarder le tableau des paris, et là qu'est-ce que j'ai vu?
 Exactement, j'étais seconde ex-aequo avec un collègue au surnom qui a surement une signification profonde (mais c'est qui?). Comme vous le voyez on a des points quand on devine le gagnant, des points quand on devine l'écart des points (si on a prédit 3-2 et que le résultat est 2-1 par exemple), et encore plus full points quand on a le score exact. 
Ne nous excitons pas, mardi matin j'étais déjà retombée quatrième, et aujourd'hui j'étais sixième. La chance du débutant ne dure jamais qu'au début.
Sinon, ce n'est pas pour vous faire peur, mais le site a généré des statistiques sur mon profil de parieuse.
Le premier qui comprend de quoi ca parle me fait signe... 
A part ca, au cas où ca vous intéresse, j'ai parié un quart de finale avec l'Allemagne, l'Espagne, l'Angleterre et la Pologne (quoiqu'au vu des derniers matchs je remplacerais bien l'Angleterre par la France et la Pologne par la Russie, mais c'est trop tard, j'ai parié), et j'ai parié sur une victoire finale de l'Allemagne. Mais ca c'était par peer-pressure. 
Et rassurez-vous, on ne parie rien, si ce n'est que le gagnant final doit une bière à tout le monde.
Meme si sans match de Fußball pour aller avec, la bière n'aura plus le meme gout.

Tuesday, June 12, 2012

Une belle brochette familiale

Et enfin, après tous ces posts tournant autour du meme sujet, vous vous demandez tous: une invasion familiale dans un 30m carrés ca donne quoi?
Et bien, ca donne de l'organisation.
Tout d'abord, je me suis organisée pour trouver un appart-hotel pas loin de chez moi, ce qui n'a pas été une mince affaire parce que les appart-hotels ont l'air relativement confidentiels par ici. Puis louer 6 vélos. S'en faire voler un pendant la nuit, visiter le commissariat de police et expliquer son malheur en allemand, puis faire de meme avec le marchand de vélo et finalement louer un autre vélo - mais pas chez le meme vendeur, parce que j'ai déjà pris tous ses stocks. Organisation que tout cela.
Berlin on bikes!
Bref. C'est aussi booker un restaurant où on sait d'avance qu'on n'arrivera pas à l'heure, notre propension génétique mixée avec des retards d'avion, mais c'est pas grave, mes parents se dévouent pour aller garder notre réservation pendant que le reste du groupe se demande si les bagages sont bien partis de Bruxelles, et on les retrouve complètement pompettes parce qu'ils ont bu des bières à jeun pendant 1h30.
Max und Moritz
Mais c'est aussi beaucoup de nourriture allemande, un Schnitzeltag, de belles découvertes touristiques, un bon petit match de football, de grandes promenades en vélo avec Papa qui kiffe grave et Maman qui ne kiffe pas du tout, résoudre des énigmes Cross-fingers sur iPhone, des petits déjeuners titanesques.

Découvrir que Zeus s'est marié avec sa soeur mais l'a trompée avec son autre soeur ainsi qu'avec la fille qu'il a eue de sa soeur, et qui donc est aussi sa nièce et son propre enfant, de la bière dans des choppes fabuleuses, des vidéos le long du mur, quelques petites Currywürsten.
Bier
Et encore de la nourriture allemande, une météo imprévisible, des pulls en polars, des cafés glacés (à l'eau), des réclamations cinématographiques dans les musées, des pizzas moitié du prix/double de la taille, un peu de Leberwurst, des boules de Berlin (avec de la confiture ou du chocolat mais pas avec de la crème patissière), quelques prises de vue.
View
Du cache-cache dans des mémoriaux, du déambulisme dans les anciens quartiers communistes, se faire coincer dans une manifestation, se perdre, découvrir que le mec qui a fait la généalogie des amours incestueux de Zeus a cru bon de faire une colonne à part avec toutes les exploits pas catholique et moins connus d'Héraclès (ca a beau etre en allemand, on comprend très bien), des supporters de Dortmund, des supporters du Bayern Munich, des gens qui jouent au polo sur une fresque de la cathédrale de Berlin, une carte d'identité perdue puis retrouvée, Papa qui roule avec des trucs fluo sur ses chevilles en lisant le guide vert.
La classe en vélo
Et une mention honorifique sur le blog d'Eliane!

Monday, June 11, 2012

Les incontournables

Si vous venez à Berlin, vous verrez que votre guide touristique vous recommandera certains "incontournables" (N'importe quoi, d'accord c'est grand, mais on sait quand meme en faire le contour). Ce qui est assez différent des autres villes, c'est de voir la superposition des différentes périodes de l'histoire allemande, totalement différentes d'une époque à l'autre.
Il y a d'abord l'époque du Royaume de Prusse, 18e et 19e siècle, avec de grands chateaux s'inspirant de Versailles et des palais italiens. (Pour les monuments antérieurs à cette époque il faut un peu chercher). Mais il faut s'excentrer un petit peu par rapport à la ville, les palais et monuments à la gloire des monarques passés se trouvant au centre étant été détruits depuis lors, sauf pour la porte de Brandenburg ou la große Sterne.
Ici le palais de Charlottenburg:
Charlottenburg
Et à Potsdam, le chateau (et gigantesque parc!) de Sanssoucis (prononcer Zanzouci).
Potsdam - Sanssoucis
Il y a ensuite les souvenirs de la guerre, et particulièrement de la guerre froide et du mur. Plusieurs sections du mur subsistent à Berlin, comme ici à Bernauer Straße. (Vous avez vu, j'écris depuis un clavier allemand qui permet de faire des ß).
Berlin Mauer
De facon compréhensible, les Allemands n'ont pas souhaité garder trop de souvenirs de l'époque 33-45, de peur que certains fanatiques en fassent des lieux de pélerinage; mais le souvenir de cette période reste malgré tout très présent et surtout très assumé, par exemple au Musée juif ou au Mémorial de l'Holocauste, ou au batiment de l'ancien Ministère de l'Aviation (maintenant Ministère des Finances).
La période de la guerre froide et du mur est, par contre, hyper documentée et hyper touristique. Une ligne de pavés marque la délimitation exacte du mur, parfois très proche des maisons et que l'on traverse sans s'en rendre compte.
Berlin wall
Mais il y a aussi des musées du style Checkpoint Charlie montrant les différentes évasions vers l'Ouest pour documenter le tout, et les pièges à touristes où curieusement le prix des boissons est le double qu'ailleurs dans la ville.
Plus discret se trouve l'ancien Berlin de l'Est, présent dans l'architecture, le long de la Karl-Marx-Allee par exemple (où se trouve le très connu Cafe Sybille), la Fernsehturm (tour de la télévision) ou dans les quartiers de Kreuzberg, Prenzlauer Berg et Friedrichshain, pour la plupart redevenus à la mode et restaurés jusqu'à en etre méconnaissables.
Alexanderplatz
Il y a quelques batiments qui ne semblent appartenir à aucune époque particulière, comme à peu près tous ceux qui se trouvent sur l'ile au Musée; entre autres la Cathédrale de Berlin (dont il faut payer l'entrée) ou le Musée de Pergame. Ou bien, c'est toujours très marrant, il y a le zoo.
Berlin Zoo
Et enfin il y a le Berlin moderne, celui construit sur l'immense vide causé par le mur, ou sur les ruines de vieux batiments symboliques. La Potsdamer Platz par exemple et son gigantesque Sony Center (prononcer zoni tsenter) aux multiples jeux de lumière; ou le Reichstag et son dome tout de verre!
Reichtag
(On peut le visiter gratuitement mais il faut s'inscrire au minimum une semaine à l'avance!)
Evidemment Berlin ne se vit pas exclusivement par ses batiments symboliques, meme s'il faut avouer que l'effort de restauration est gigantesque. Il y a tous les quartiers, ceux qui ont été détruits ou épargnés, reconstruits, déconstruits, restaurés, et qui donnent aux rues une ame particulière. Mon quartier, par exemple, est l'ancien secteur américain, épargné par les bombardements et où donc se dressent de magnifiques batiments du 19e siècle, ressemblant vaguement à Paris si ce n'est qu'ils sont peints dans des couleurs vives... Proche de l'aéroport de Tempelhof, il n'est devenu à la mode qu'après la fermeture de celui-ci, et est devenu le quartier bobo où se trouvent tous les restaurants ethniques et supermarchés bio. Mais je travaille près de la Potsdamer Platz, dans un batiment à la facade ancienne mais au reste du batiment ultra moderne, en spirales labyrinthiques. Pour y parvenir je traverse des patés de batiments couverts en crépi gris comme de gros blocs rectangulaires bétonnés. Qui eux-memes ne sont pas très loin d'énormes artères commerciales. Bref, tout cela est très divers. Si vous n'etes à Berlin que pour quelques jours, je vous conseille de choisir au minimum un batiment représentant chacune de ces trois périodes (Royaume de Prusse, Guerre froide, Berlin moderne), et puis à partir de là de voir par ci par là ce qui vous inspire le mieux!

Friday, June 08, 2012

Bon, c'est pas tout ca, mais reparlons de Berlin

Oui! Car cela vous fera sans doute plaisir de le savoir: ma famille au grand complet a débarqué chez moi en mai! Enfin pas totalement chez moi, vu que ce n'est quand meme pas si grand, mais vous voyez l'idée.
Et la première chose que nous ayons faite est de visiter le Holocaust-Mahnmal, mémorial aux victimes juives de l'Holocauste situé à coté de la Porte de Brandenburg. Inauguré en 2005, le mémorial est concu comme un « champ » de 19 073 m2, couvert de 2 711 stèles de béton disposées en maillage. Elles sont censées produire une atmosphère de malaise et de confusion, représentant un système supposé ordonné qui a perdu le contact avec la raison humaine(dixit Wikipedia). En clair quand on y entre, les stèles nous arrivent à la cheville, et nous avons une vue d'ensemble du champ nous laissant penser que nous pouvons le maitriser, puis quand on y entre, on se retrouve submergé par les stèles dans un véritable labyrinthe. Un peu comme dans une thèse.
Evidemment tout ceci a provoqué chez nous un recueillement respectueux miné d'un petit peu d'anxiété.
Ou pas.

Friday, June 01, 2012

Un long weekend en Belgique - part 1

Depuis Berlin, les retours vers le pays natal sont un peu plus sporadiques, étant donné la distance relativement plus conséquente et le prix du billet d'avion... Il m'a donc fallu donc maximiser, maximaliser et optimiser mon temps sur place! J'avoue que la météo, ma foi très favorable, a rendu cette tache plutot facile.
Mais avant toute chose, il m'a fallu arriver en Belgique. Et donc prendre l'avion. Et là, j'ai eu un réflexe malheureux.
Vous voyez, pour le moment, la situation des aéroports de Berlin est un peu chaotique. Il y en a un au nord-ouest (Tegel) d'où vole SN Brussels, un autre au sud-est (Schönefeld) d'où vole Easyjet. Et un dernier (Brandenburg) qui devait ouvrir en juin mais finalement n'ouvre pas cette année. Il était supposé faire fusionner tous les aéroports en un seul, beau, neuf, moderne et branché, mais quand on analyse la chose on réalise que somme toute on n'a fait qu'ajouter un terminal à Schönefeld et qu'on a juste planifié un changement de nom. Et la suppression de Tegel. Je ne sais pas si vous me suivez toujours. Parce que si vous voulez encore compliquer les choses il y a aussi l'aéroport de Tempelhof, fermé depuis 2008, et dont les pistes de décollage servent maintenant de parcours de roller.
Bref.
Dans tout cet imbroglio, l'inévitable arriva, et étant arrivée à Berlin par l'aéroport de Schönefeld, je me suis rendue en bonne foi à l'aéroport de Schönefeld. Oui. Sauf que je devais me rendre à celui de Tegel.
Je ne m'en suis rendue compte qu'en arrivant au mauvais aéroport, et là croyez-moi, la chose m'a frappée avec une telle évidence que je me suis sentie très co - heu, stupide. Heureusement à Tegel on a bien voulu me mettre dans l'avion suivant sans frais supplémentaire, ce qui était fort sympa étant donné que le réglement voulait que j'achète un nouveau billet. Pour les remercier je suis allée au Starbucks où - miracle! S'étendaient devant moi des dizaines de tasses.
Bref.
Qu'ais-je fait en Belgique?
J'ai rencontré Laos.
Laos
J'ai constaté que le jardin de ma nouvelle maison était devenu une véritable jungle.
Dans le jardin
Avec des pivoines, et la fleur suivante que j'identifie comme du pavot.
Dans le jardin
J'ai donc tondu ma pelouse pour la première fois, et j'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai maintenant un top trois des taches ménagères dont je n'aime pas m'acquitter:
1. Repasser
2. Changer les draps de lit
3. Tondre la pelouse.
C'est vrai qu'un top deux c'était un peu misérable. Ceci dit je pense qu'après les travaux la pelouse sera out et je mettrai des fleurs, full fleurs. J'aurai l'air moins bete à enlever des mauvaises herbes qu'à tondre comme une Gabrielle Solis.
Bref. Je suis passée au bureau, j'ai mangé des sushis avec mes partenaires de sushis traditionnelles, je suis allée acheter une robe pour le mariage de mon cousin, je suis allée chez le dentiste (tout ce schorle n'a apparemment pas attaqué ma santé dentaire et j'en suis fort aise), et j'ai cuisiné des desserts.
Salade de fruits
Le fait que les invités soient arrivés exactement 20 minutes avant moi n'a finalement que peu d'importance.
Steak caché
Bouh
La suite demain! Hé oui je crée du suspense si je le veux et c'est ma prérogative.

Wednesday, May 30, 2012

Bratwurst

Doute: n.m. Le doute est une interrogation. Il peut être le pressentiment, l’impression d’une réalité différente. Il s’oppose à la certitude, notion de ce qui est sûr et qui n’est pas discutable. 
Exemple: lorsque j'ai sorti cette bratwurst de son emballage, j'ai eu comme un doute.  
Bratwurst
Vous avez bien lu. Il s'agit de la version après sortie de l'emballage. Et non, je ne les retiens pas ensemble avec l'arrière de ma main.
Curiosité: n.f. La curiosité est une attitude de disponibilité ou d'intérêt à l'égard d'un sujet ou d'un phénomène donné.  
Gourmandise: n.f. La gourmandise est un désir d'aliments jugés particulièrement agréables, que certains moralistes et certaines doctrines religieuses peuvent considérer comme un défaut ou une faute. 
...
C'était pas si dégueu si vous voulez tout savoir.
(Merci Wikipedia pour ces belles définitions)

Wednesday, May 09, 2012

Mittwoch ist Schnitzeltag

Autrement dit, c'est le jour du schnitzel au resto d'en bas de chez moi...
... Du schnitzel bio, si je peux ajouter, c'est très dans le ton du quartier.
Et avec des Spätzle.
Aaaaaaah.

Tuesday, May 08, 2012

... Et après tout ca, je suis arrivée à Berlin

Vous connaissez cette sensation désagréable de retour de vacances au soleil, quand vous aviez quitté le sol espagnol à 28 degrés à l'ombre et que vous débarquez à l'aéroport de Bruxelles, il fait 2 degrés, il neige, vous etes en t-shirt et en sandalettes et avez oublié votre veste? Et bien, imaginez une impression contraire. 
Imaginez que vous quittiez Bruxelles, 10 degrés, pluie, grosse veste et grosses chaussettes, et vous débarquez à Berlin, 30 degrés, premier mai, congé, tout le monde heureux dans les rues en jupes et en ballerines avec une bouteille de bière apfelschorle dans les mains.
Ah, je pense que je me suis trompée de ville, j'ai atterri à Madrid et... Ah non, je suis au bon endroit.
Donc, le premier mai, je suis arrivée, j'ai constaté qu'il faisait douf, j'ai pris le U-Bahn, et je me suis rendue à mon appartement. 
Die Wohnung
Alors, les appartements à Berlin.
Sachez que dans Berlin il y a différents quartiers. Chaque quartier a un petit peu sa propre personnalité. En conséquence, le quartier que vous choisissez détermine qui vous etes. Un peu comme les arrondissements a Paris (sauf qu'eux ils déterminent juste quel est votre niveau de salaire).
En l'occurence, des tests de personnalités très poussés tendaient à démontrer que je devais soit choisir Prenzlauer Berg, le quartier bobo qui monte, soit Kreuzberg, le quartier jeune et branché. De toutes facons je n'avais pas trop le choix, j'ai galéré sévère à trouver un appartement pour une si courte période de temps, et finalement ca s'est fait deux semaines avant de partir, via une Allemande que j'ai rencontrée à Paris qui avait mis mon annonce dans une newsletter qui a été lue par une amie d'une fille qui cherchait à sous-louer son appartement pour cette période de temps. (Vous suivez toujours?) Et je me suis retrouvée (la coincidence n'est-elle pas formidable?) près de la Bergmannstraße à Kreuzberg, soit le sous-quartier bobo du quartier jeune et branché. Ce qui fait de moi, basiquement, une touriste qui suit les recommandations de son Lonely Planet. Mais je peux vivre avec ca. 
Das Brezel
Surtout quand on voit le quartier.
Le premier jour, donc. J'avais une présentation importante à faire le lendemain devant mon nouveau centre de recherche, il fallait que je répète; mais bon, le beau temps, le congé, tout ca, j'ai bien vite fait de faire ceci à la place.
Das Bier
Avec des amis d'amis qui avaient vu sur facebook que j'étais bien arrivée à Kreuzberg, et qui s'y rendaient justement ce jour-là. Eux ont trouvé un appartement à Charlottenburg, ce qui apparemment fait d'eux la vieille aristocratie allemande (??) (il y a une faille quelque part dans ce système d'évaluation). Et bon, ma présentation, ben voilà, oui.
Donc. Le lendemain, premier jour de travail.
J'arrive.
En retard.
Parce que j'ai pris le métro. Mais cette explication a généré des "aaaah" de compassion et a mené, dans les jours qui ont suivi, à un pret quasi-immédiat d'un vélo qu'une de mes collègues avait en double parce que franchement, je ne pouvais pas survivre sinon. 
Enfin, premier jour de travail, la responsable administrative m'amène à mon bureau.
Attendez, oui, là, relisez bien, mon bureau. Non non, pas un open space. Un vrai bureau. Avec un ordinateur, un téléphone, quatre rangées d'étagères, et mon nom écrit sur la porte dans une plaque de métal. Incroyable et déconcertant à la fois. Sachez qu'il a fallu six mois pour que mon centre de recherche belge imprime mon nom sur un bout de papier. De ma vie je n'ai jamais eu autant de luxe.
Puis, une fois installée dans mon bureau, l'administratrice me fait faire le tour du centre de recherche. Elle me présente à mes collègues qui 1. me répondent, 2. en anglais ou en francais parce qu'ils savent que je ne connais pas l'allemand et 3. d'une facon sympathique. Quel contraste par rapport à Paris, j'avais envie de me mettre à genoux et pleurer de reconnaissance. 
Puis vient le moment de ma présentation. On m'écoute, s'intéresse à mon sujet, me pose des questions critiques mais constructives (cad qui ont le but de m'aider et pas de me descendre comme à Paris), et on me demande, d'emblée, de les rejoindre pour le lunch. Dans la cantine. Cantine qui sert à foison des asperges, des schnitzels et des boules de Berlin pour 3€.
Je ne sais pas ou j'ai débarqué mais ca me semble etre le produit d'une heureuse substance hallucinogène se trouvant dans le pumpernickel de la veille, c'est pas possible autrement.
Et le soir, ben, de facon inattendue, ma vie sociale est assez bien remplie, parce que je connais des gens qui habitent à Berlin, ou alors parce que je connais des gens qui connaissent des gens qui habitent à Berlin, enfin tout cela finit par etre un très petit monde.
Die Gingercake
Vous reconnaissez Saskia bien entendu.
Quelques petites observations sur Berlin:
- Toujours regarder des deux cotés avant de traverser une piste cyclable.
- Les frites se disent "Pommes".
- Quand on ne sait pas quoi dire, on peut juste dire "genau".
- Dans le supermarché, il y a un rayon entier dédié au pumpernickel. 
- Un autre dédié à la viande.
- Le poisson par contre ca n'existe pas.
- Dans les boissons notoires, mis à part la bière, on a le Spätzi (moitié Coca, moitié Fanta), ou encore le Schorle.
- Et le Schorle c'est juste une tuerie. En fait c'est d'une simplicité déconcertante, c'est juste moitié jus de fruit, moitié eau pétillante, servi frais de préférence. Il y a le classique Apfelschorle, mais on peut le décliner à toutes les catégories, mes préférés étant de loin le Birneschorle (poire) ou le Rhabarberschorle (rhubarbe). 
- Et au supermarché, le schorle se trouve entre l'eau et les bières.
- D'ailleurs l'eau, par défaut, est pétillante. Il faut spécialement demander de l'eau plate si on en veut (et là on est inévitablement démasqué comme touriste).
- J'ai déjà eu une longue discussion sur des Brezels. Comment faire les Brezels, quels Länder s'y prenaient le mieux, quels gouts étaient les meilleurs, et pourquoi les Suédois n'y comprenaient rien. (?) (J'ai toujours pas compris pourquoi, en fait).
-Mon quartier est très connu pour etre celui de Curry 36, le "chez Antoine" berlinois, ou on peut manger la meilleure Currywurst de Berlin, avec des "Pommes" si on veut.
- La Currywurst est a ne pas confondre avec la Leberwurst. C'est très très différent.
- Un mec m'a réparé gratuitement le vélo que j'avais en pret et n'a pas arreté de m'appeler "Baby". Mais c'est parce que je venais de lui louer six vélos pour le weekend.
Oui. Six vélos.
Pourquoi?
Vous le saurez ce weekend.