Bon. Je fais face à une situation qui, mine de rien, commence à devenir fort problématique : j’ai nommé, la répétition successive et involontaire de mes anniversaires. Parce que bon, le quart de siècle, la fête, tout ça, c’était bien drôle. Le quart de siècle + 1, déjà, on riait beaucoup moins. Et alors là, le quart de siècle + 2, ça fait carrément la trentaine – 3, si vous voyez ce que je veux dire. Imaginez d’ici trois ans… La trentaine - 0… Le lifting, la liposuccion, la remise de thèse, la prépension… Pfu !
Autant que vous le sachiez, je ne suis pas du tout heureuse d’avoir déjà 27 ans.
(Heu, 25.)
(Non, non, rabaissez tout ça à 23.)

Une petite anecdote pour illustrer mes dires. Vous voyez cette photo? Je me souviens très bien du moment où je l’ai prise. C’était en décembre 2004, j’avais 21 ans, et j’avais décidé d’accompagner mes parents à la montagne pour quelques jours. On prenait un café au soleil, j’écoutais vaguement leurs amis se plaindre de toute la complication apparente de la gestion de leur vie. Je me disais, mais pourquoi s’en faire autant? A ce moment-là je travaillais encore sur mon mémoire en Histoire, et je me disais qu’étudier en Angleterre, au fond, ça pourrait être cool. J’habitais avec des amis. Je me levais tôt, je me couchais tard, et j’avais une énergie incroyable. On me disait, « tu veux faire quoi plus tard ? » et je répondais, « on verra bien ». Je me souviens qu’en prenant cette photo, je me suis dit, « il n’y a rien qui m’entrave ». Toutes les possibilités étaient ouvertes. Je pouvais devenir ce que je voulais, aller là où bon me semblait.

Et aujourd’hui, même vue, et situation presque identique. Sauf que ce sont mes amis que j’entends se plaindre de la complication de la gestion de leur vie, et cette fois-ci je suis d’accord avec eux : tout est devenu très compliqué. La paperasse, les responsabilités, la fatigue, les premiers amis à faire des dépressions, les premiers amis à développer de gros problèmes de santé. Pour le reste rien n’a vraiment changé. Je suis allée en Angleterre, j'en suis revenue. Trois mémoires plus tard, à présent, je travaille sur une thèse. J’habite toujours avec des amis. Je me lève tôt, je me couche tard, je suis crevée, et finalement j’ai l’impression de n’avoir rien fait de ma journée. Les semaines filent à une vitesse incroyable. Quand on me dit, « tu veux faire quoi après ta thèse ? » je réponds, « on verra bien. » Sauf que quand je dis ça, je ne me demande plus pourquoi s'en faire autant. A 27 ans, je ne suis pas plus avancée, juste plus âgée.
Donc non, 27 ans, ça ne me fait pas plaisir du tout.
J'abhorre les 27 ans.
J'exècre les 27 ans.
Je boycotte les 27 ans.
D'ailleurs, les 27 quoi? Il ne s'est jamais rien passé. J'ai 26 ans, c'est clair?
(Et by the way, merci à ceux qui m'ont envoyé un sms, je ne les ai pas remerciés mais sachez que ça me fait plaisir).
(Et à Gwen pour son guest post de circonstance).