Friday, June 15, 2007

Fatigue
C'était l'enterrement de Bonne-Maman aujourd'hui.
J'avais un examen.
Encore un.
Je me suis sentie vraiment déconnectée cette semaine. Le matin, je mettais mon réveil à 7h30; mais dès 6 heures, je me réveillais à cause du stress. Je révisais parfois, mais en général je me mettais en simulation d'examen: deux heures, deux questions, une montre. Puis je prenais le bus beaucoup, beaucoup trop tôt.
J'étais sur le campus à 9h30. Je retrouvais mes classmates dans le Garrick, la cafétaria nouvelle génération, au style épuré et musique classique pour aider à la concentration. Mais au lieu de se concentrer on tentait de calmer les stress réciproques.
Au début de la semaine c'était mon stress qu'il fallait calmer. Plus les jours passaient, plus j'étais fatiguée; trop fatiguée que pour me sentir stressée; l'adrénaline se perdait quelque part entre mes cernes et les brumes de mon cerveau.
9h50. Nous sommes tous installés à nos sièges. Un surveillant nous édicte les règles de conduite, précise qui peut sortir quand, relit des instructions en cas d'incendie. Il y a deux énormes horloges de chaque côté de la pièce. Le temps s'écoule. Nous tentons de lire les questions à travers la feuille blanche. Nous regardons l'aiguille des minutes. Puis l'aiguille des secondes. Se rapprocher de l'heure pile.
9h59, 59 secondes. Nous pouvons commencer. Tout le monde tourne la page en même temps. La course commence.
5 minutes pour choisir mes questions. 8 questions, je dois en choisir deux; en général elles sont radicalement différentes de ce à quoi je m'attendais. 5-7 minutes pour le brouillon de la question un. 40-45 minutes pour l'écrire. Puis je passe à la question deux. 5-7 minutes pour le brouillon, 40-45 minutes pour l'écrire. En général il me reste 15 minutes pour me relire. Tout est une question de gérer son temps. J'observe la classe, je vois ceux qui ont fini d'écrire, et je sais que ceux-là ont bien réussi. Je vois ceux qui écrivent frénétiquement jusqu'à la dernière seconde, et je les plains.
J'arrête de regarder l'aiguille des minutes de la grande montre. Je regarde les secondes. 11h59, 59 secondes. "EU448, stop writing". Et je me dis, je l'ai fait, je l'ai fini, et j'imagine ce que cela aurait été si j'avais paniqué, si j'avais mis trop de temps à écrire mon brouillon - parce que dans cette course contre la montre, chaque minute compte, et le temps passe très vite.
Après l'examen, je vais généralement manger avec mes classmates. Au début de la semaine cela parlait de l'examen, mais maintenant, on est juste tellement fatigués, on ne demande même plus "quelle question tu as choisie". On se plaint d'avoir mal aux mains, on montre les bleus qu'on a développés sur nos doigts à force d'écrire contre la montre.
Et puis je rentre. J'écris les questions que j'ai eues sur mon blog. Je fais une petite sieste. Je me force à me réveiller au maximum une heure trente plus tard; et je commence à étudier mon examen du lendemain. A minuit j'arrête, je vais dormir, mes heures de sommeil sont plus importantes que toute étude de dernière minutes.
Et là, j'ai mon flatmate qui vit la nuit qui parle dans le couloir, tous les soirs, entre minuit et une heure. Il a une voix qui porte très fort. Et des sujets de conversation particulièrement inintéressants. Il périra en enfer, j'ai déjà condamné son karma.
Avec la fatigue, la tension, l'isolement, c'est vraiment une semaine à part, comme une parenthèse hors d'un autre monde. Ma vie est une horloge. Il s'agit de gérer mon temps, de contrôler les heures, les minutes, les secondes. Mon vrai stress n'est pas l'examen en lui-même; c'est le temps, ce sont ces minutes qui fuient.
Cet après-midi j'ai décidé de ne pas étudier. Je suis sortie de mon examen, je suis allée manger au parc avec des classmates. J'avais du mal à formuler des mots, même en français. "You look so out of phase", me disaient les gens que je croisais.
J'ai décidé de rentrer à pied, et en passant devant la cathédrale Saint-Paul, je suis entrée pour brûler une bougie pour Bonne-Maman. En pensant qu'en Belgique c'était son enterrement. Pendant la semaine, j'ai suivi la rédaction des textes, des intentions, chronométrant le temps que je passais sur l'ordinateur. Je n'ai pas vraiment pu réaliser.
Neuf heures ont passé depuis que je suis sortie de mon examen; cet après-midi j'ai dormi trois heures, et j'ai passé deux autres heures à me sentir malade comme jamais. C'est le relâchement du stress et la fatigue. Il me reste deux examens, un lundi et un mardi.
En discutant avec une classmate ce midi, on s'est rendues compte qu'on en avait vraiment bavé cette année, travaillant tous les jours, parfois tous les soirs, et récemment aussi les nuits. On a tout donné. Elle avait développé des horaires fous, travaillant tous les soirs jusque 5 heures du matin, ayant pris l'habitude de ne dormir que 5 heures par nuit. Moi je suis devenue une obsédée de la montre, du contrôle de mes heures. Toute la vie sociale qu'on a raté. Toutes les soirées écourtées, les lunchs refusés, les repas devant les cours, les journées en bibliothèque. Tout ça pour probablement obtenir entre 60 et 65%, la moyenne de la LSE. Parce que les statistiques le montrent: sur vingt personnes, 7 obtiennent entre 50 et 60, 12 entre 60 et 70, et une personne fait une distinction. Ou pas. La distinction, le mérite absolu, la reconnaissance suprême du cerveau surdoué. Jusqu'à présent je n'ai croisé qu'une ou deux personnes qui pourraient en faire une.
Mardi prochain, j'aurai terminé douze semaines de blocus. Elles-même concluant deux fois dix semaines de cours. On peut dire que j'en aurais bavé.
Et là je peux vous dire que j'apprécierai pleinement une vraie nuit de sommeil.

Monday, June 11, 2007

Les ex-à-main (oooh mais quel bon jeu de mot Bibil)
Voici le seul et unique post que je vais écrire sur mes examens. Oui, parce que je vous préviens que ça risque d'être un peu chiant, alors je vais limiter les dégats à un post que je vais éditer et rééditer perpétuellement, téléologiquement, ontologiquement et herméneutiquement (et tous les autres adverbes dont je comprends à peine le sens peuvent s'inscrire dans la lignée de ceux que je viens d'énumérer).
***
Lundi 11 juin. Examen: the Idea of Europe.
C'était moins terrifiant que je ne le pensais... Je stressais à mort avant d'entrer dans la salle, j'étais surtout très fatiguée parce que je m'étais levée super tôt pour faire une petite simulation d'examen pré-examen, avec le stress et l'adrénaline en plus. Super-tôt = 7h30. J'appelle ça tôt si je veux, d'abord.
Contrairement à ce que j'avais craint, je n'ai pas paniqué, j'ai écrit relativement vite et de façon cohérente, et j'ai même terminé 1/4 d'heure plus tôt pour pouvoir me relire. Donc ça a bien été, quoi. Enfin je crois.
Les questions auxquelles j'ai répondu:
1. Does the very idea of European identity depend on a contrast to an inferior non-European 'Other'?
(J'ai répondu Oui)
2. Can Europeans be defined as those people who inhabit geographical Europe?
(J'ai répondu Non)
La question à laquelle je n'aurais pour rien au monde voulu répondre:
- Is it helpful to conceive Europe in terms of a 'non-empirical site of a movement' (a 'life-world')? Discuss with reference to the work of at least one philosopher.
(Et là je ne sais pas ce que j'aurais répondu. Quelque chose me dit que j'aurais dû parler de Heidegger. Peut-être. Mais heureusement c'est un questionnaire à choix multiples, on n'est pas obligé de répondre à tout).
14h30. J'ai un examen demain.
Vous m'entendrez dire cette phrase encore quelques fois avant la fin de la session.
***
Mardi 12 juin. Examen: Identity, Community and the Problem of Minorities
Ce fut une très courte nuit. Une nuit de 7 heures, donc, mais j'appelle ça une courte nuit parce que vu mon état de fatigue le réveil est très difficile.
Les questions étaient radicalement différentes de ce à quoi je m'attendais. Mais après un petit cinq minutes de réflection, à me dire "ne pas paniquer ne pas paniquer ne pas paniquer", j'ai choisi:
1. Is there any merit to the suggestion that "ethnicity is about how we see ourselves, and race is about how other people see us"?
(J'ai répondu oui)
2. Do affirmative action policies perpetuate separate rights for different groups?
(J'ai répondu oui mais que c'était pour la bonne cause)
Et puis je suis rentrée, je me suis dit que j'allais faire une petite sieste pour me remettre en forme. La sieste a duré 4 heures. L'alarme incendie aurait sonné que je ne l'aurais pas entendue.
Demain, pas d'examen, trop la fête! Je me permets carrément 1/2 heure de pause de plus sur mon programme pour glander sur facebook.
Un peu pathétique mais bon.
Allez j'y retourne.
***
Jeudi 14 juin. Examen: Minorities and Migration
Autrement formulé, mon examen le plus difficile. Déjà pendant le trimestre où j'ai suivi le cours, je terminais chaque séminaire par un bref moment de panique en pensant "et dire que j'aurai un examen sur ça en juin". Dès le mois d'avril j'ai commencé à stresser à mort à l'idée de ce qui allait me tomber dessus, et hier j'en était presque malade...
Moi, hier, à Nina: "Les questions de révision sont vraiment très difficiles. J'espère que celles de l'examen seront plus simples..."
Nina, pour me rassurer: "Ah non, en général, les questions que cette prof donne sont assez difficiles".
Blanc.
Et je recommence pour tenter de calmer mon stress: "Oui mais, elle va coter de façon généreuse non?"
Nina: "Ah, non, elle est très perfectionniste. On n'a jamais beaucoup de points avec elle".
Re-blanc.
Heureusement les questions qui sont tombées n'étaient pas si traumatisantes que ça, enfin comparé à ce à quoi je m'attendais.
1. How useful, conceptually and empirically, is the distinction between 'old minorites' and 'new minorities'?
(Pas très useful indeed)
2. "Immigration undermines the welfare state". Discuss
(Peut-être bien que oui, peut-être bien que non, on ne sait pas le prouver. Mais tiens, en parlant de welfare state, ceci ne vous rappelle-t-il pas un post plaintif?)
Sur ce, j'ai un examen demain. Hééé oui je ne connais pas le repos.
***
Vendredi 15 juin. Examen: Politics and Government of Eastern Europe
Je suis complètement déclassée. Fatiguée. Crevée. Comme vous voulez. J'ai du mal à écrire, là, je crois que je vais aller dormir. Encore.
Au moins j'ai très bien réussi mon examen aujourd'hui, et j'ai un week-end avant mes deux derniers.
1. Account for the failure of the attempts to reform the economic and political system of communism
(Peut-être une distinction pour celui-là)
2. Why was a negotiated transition to democracy possible in some Eastern European countries, but not in others?
(Ca me rappelle vaguement quelque chose. Mais oui, une discussion avec mon prof pendant les révisions...)
(Si vous voulez tout savoir il n'y a qu'en Pologne et en Hongrie que cela a été possible, j'ai la flemme de vous expliquer pourquoi).
Dormiiiiiiiiiir.

Sunday, June 10, 2007

Merci
Quand Maman a essayé de m'appeller pour m'annoncer le décès de ma grand-mère, je n'ai pas entendu le téléphone: j'étais dans un magazin en train de tenter de choisir une carte postale. J'en envoyais à mes grands-parents deux à trois fois par semaine. Je préférais les cartes au téléphone. Une carte, on peut la garder et la relire, on peut l'attendre dans le courrier du jour.
J'ai beaucoup pensé à mes grand-parents cette année, spécialement à ma grand-mère, parce que je savais que chaque fois que je la voyais aurait pu être la dernière. Elle avait eu sa première attaque cardiaque en août de l'année passée. Une autre en décembre. Une autre en février. A chaque fois on me disait que c'était la dernière, mais elle tenait bon.
Je pensais que je serais dévastée par la nouvelle, mais en réalité je suis surtout soulagée que ma grand-mère ne souffre plus. C'est douloureux pour nous, mais au moins ce ne l'est plus pour elle. Bien sûr j'aurais préféré être avec ma famille pour le moment. Malheureusement ma session d'examens commence demain matin. J'aurai 6 examens en 9 jours; une semaine sur laquelle se jouera toute mon année à la LSE. Quand on enterrera Bonne-Maman, je serai sans doute en train de passer un de mes examens, ou bien j'en sortirai juste; pas assez de temps pour prendre l'Eurostar et arriver à l'heure. Je ne sais pas si je dois me sentir coupable ou bien raisonnable en privilégiant mes examens sur la cérémonie; mais je crois que n'importe qui aurait fait comme moi dans ces circonstances.
Je voulais vous dire merci pour tous vos messages d'encouragement. Pendant tout le week-end, j'ai reçu des dizaines d'emails et de sms, venant d'amis comme de gens qui me connaissaient à peine. Merci surtout à Nina d'avoir pris soin de moi tout le week-end, d'avoir cuisiné pour moi et de m'avoir gavée de biscuits McVities.
Et ainsi commence donc officiellement ma session d'examens. En temps normal j'aurais commencé ce post avec une métaphore qui me revient pour le moment: l'impression de se trouver sur une montagne russe, et d'arriver tout doucement devant une descente menaçante, de la voir, de contempler l'amplitude de la pente, d'imaginer la vitesse. Et je me dis: "Je ne veux plus". Mais c'est trop tard pour retourner en arrière.
Trop tard pour étudier en dernière minute.
Je vais me faire manger toute crue.
(Plize, qu'on me mange d'abord le gras que j'ai accumulé sur le blocus, ça me sera utile)

Friday, June 08, 2007

"And ever has it been that love knows not its own depth until the hour of separation."
Kahlil Gibran

Bonne Maman

C'est un sentiment bizarre. Apprendre la mauvaise nouvelle à distance, semi-détachée, s'y attendre depuis des semaines, mais toujours n'y croire qu'à moitié. J'ai l'impression de vivre dans une bulle hors de la réalité. J'ai l'impression que, dans une semaine, je rentrerai en Belgique, et tout serait comme avant.
J'aurais acheté des shortbreads anglais ou des fleurs. Je serais allée dire bonjour à mes deux grand-parents. Je serais passée à travers le couloir de leur résidence, souriant aux autres personnes âgées qui espionneraient d'un oeil discret la porte qui recevrait une visite. J'aurais sonné. Comme d'habitude, ma grand-mère aurait appelé mon grand-père pour lui dire d'ouvrir la porte. Elle ne peut pas se lever, mais elle entend; mon grand-père marche allègrement mais n'entend plus. Il a les jambes, elle a les oreilles. Même pour ouvrir la porte je ne peux pas les imaginer autrement que comme une paire.
Ma grand-mère aurait insisté pour que je prenne quelque chose - du thé, du jus d'orange, un biscuit. On aurait parlé de sa petite routine. Des nouvelles de la famille. Je lui aurais fait raconter les voyages de sa jeunesse; elle les aurait répété pour la énième fois, sans se souvenir que nous en avions déjà parlé auparavant. Son voyage au Japon. En Europe de l'Est sous le communisme. Comment elle a rencontré mon grand-père. Elle aurait tout raconté à sa place, puisque lui ne se souviendrait pas. Mais quand elle serait allée dormir, mon grand-père m'aurait raconté ce dont lui se souvenait de son côté.
J'aurais regardé les photos encadrées soixante ans auparavant et j'aurais tenté d'imaginer ce qu'avait été leur jeunesse. Leur enfance dans les années trente. Leur adolescence à l'aube de la guerre. Et puis la guerre elle-même. J'aurais imaginé que lorsque ma grand-mère avait mon âge, ses amis et frères se battaient au front, elle cachait un parachutiste canadien et l'aidait à brancher sa radio. J'aurais essayé pour la énième fois de m'imaginer à quoi elle pensait. Quelles étaient ses peurs, ses envies. Si tout ce qu'elle avait pu ressentir aurait vraiment été très différent de mes propres états d'âme, malgré les différentes circonstances.
Dans ces photos, il n'y aurait eu rien que des sourires; mais je sais que derrière ces visages heureux, il y avait eu une femme qui avait pris le dernier train pour Auschwitz. Mais la guerre nous n'en parlions jamais.
Nous parlions plutôt d'après, de comment mes grand-parents s'étaient rencontrés, de comment ils étaient tombés amoureux. Cela se serait terminé par ma grand-mère se souvenant d'une promenade en vélo. Mon grand-père lui avait dit: "suis-moi". Et plus de soixante ans plus tard, ils se suivaient encore; "jusqu'à ce que la mort nous sépare".
Je me souviens avoir lu la naissance de ma grand-mère dans le carnet intime de mon arrière-grand-mère. Née en 1917, huitième enfant d'une famille en exil. Elle aurait eu nonante ans au mois de juillet. Ma grand-mère avait été une enfant joviale, et j'aurais regardé des photos montrant un beau bébé blond entouré de tous ses frères et soeurs. J'imagine mal la course du temps. Tout ce qui m'a précédé, tout ce qui lui succédera. J'ai du mal à m'imaginer la réalité de la séparation définitive.
Quoiqu'il en soit je serai toujours fière d'avoir été sa petite-fille. Elle me manquera terriblement.

Thursday, June 07, 2007

Toujours de la bouffe...
Surtout ne me réveillez pas, là je suis en train de faire un super rêve: j'ai reçu des cookies Merriman par kilos entiers! Aaaaaah! Une boite qui déborde presque! Que de chocolat, que de sucre!

Cookies

Rien que de voir cette photo, là, j'ai envie d'en reprendre un, et pourtant je ne devrais pas parce que je viens de m'en aphoner une bonne petite quinzaine, et puis y a l'été qui arrive, et, heu, je suis à court d'argument.
* Munch munch munch *
Admirez également la boite à destinée éducative, comme ça mes flatmates pourront admirer notre longue lignée de présidents.
A condition que je partage cette boite avec mes flatmates.
A condition que la boite soit encore pleine au moment où je prendrai cette fatale décision.
La sagesse me dirait de donner cette boite à Nina pour qu'elle contrôle ma consommation.
Ou pas.
Plutôt pas.
* Munch munch munch *

Tuesday, June 05, 2007

Encore de la bouffe
Ben oui ça devient récurrent sur ce blog! Déjà avant le blocus, on me demandait, "mais t'arrêterais pas de parler bouffe de temps en temps"? Et bien là, vous allez être servis...Ceci en l'occurence est la preuve de ma générosité extrême envers mes pauvres flatmates traumatisés des examens. Nous avons eu trois anniversaires de blocus. Trois anniversaires qui ne se fêteront pas. Alors je tente de remonter le moral de toute le monde de la façon qui marche le mieux...
Pour l'anniversaire de Minho, c'était un chocolate cake avec des doughnuts et des ginger biscuits. Pour Klery, c'était un cheesecake avec des brownies et des mini-muffins. Ci-dessus, pour Alex, c'est un carrot cake avec des cookies et des chocolate bars. Le tout toujours entouré de fruits, genre, pour se donner bonne conscience.
Je commence les examens lundi prochain et je commence à être sérieusement terrifiée. Un examen par jour du 11 au 19, avec un break du week-end. Cela va être une cadence difficile à suivre. Pour me rassurer, un de mes profs m'a dit qu'on était toujours étonné des ressources dont on pouvait faire preuve face à l'adversité. Et, pour citer Nina: "sleep is a luxury good".
Je n'ai pas peur de l'examen, je connais bien ma matière, et puis de toutes façons maintenant plus moyen de faire de très grands changements. J'ai juste peur de me retrouver devant cette feuille, et là tout-à-coup, d'être tétanisée. C'est arrivé à mon flatmate, il avait étudié comme un malade pendant des semaines... Et sur l'examen, le blanc. La panique. Et la panique entrainant encore plus de blanc.
"It is all about self-confidence", m'a dit une autre prof (la même qui mange des oeufs le matin, si vous voulez tout savoir). "If you are not confident then you will have this kind of stress". J'ai peur d'avoir peur. Vous voyez le genre.
"There is a time when you have to stop studying", dit-elle. "The day before the exam, after 6 PM, don't do anything. Eat a nice dinner, watch TV, go to sleep early. Having a good night of sleep is more important than any last minute study you could do".
Sur ces belles paroles je m'en vais retourner à mon cours de philosophie de l'Europe (j'ai pas choisi, c'est obligatoire). Et pour vous faire réfléchir à ma souffrance je vous donne une question de l'examen de l'année passée:
"Can European identity be defined within a more general conception of the West"?
Si vous avez des idées surtout n'hésitez pas.
La recette des madeleines de Nina est dans les commentaires de la note précédente.
***
Bonus du mercredi.
Nina a eu son premier examen, et voici comment elle décrit son questionnaire:

The way the exams are here, you have a list of 8 questions (for a half-unit
course) and you answer 2 out of 8 of the questions in a 2-hour time period (and
you actually spend the entire 2 hours writing!). This isn't like undergrad,
where the questions were rather straightforward and it was a question of either
knowing a topic or not knowing a topic. Exam questions for my courses are like
puzzles, where the challenge (and fun?) is in unpacking the assumptions implicit
in the question and then tying the assumptions together and figuring out whether
you agree. At first glance, though, the questions seem so incoherent that you'd
think your professors wrote them after one too many drinks, or that they had
merely drawn ideas and verbs out of a hat and strung them together with
conjunctions.

Wéwéwéwé. On verra comment ça se passe pour moi. Le stress commence à monter là.

Sunday, June 03, 2007

A la recherche du temps perdu
Vous aurez bien entendu reconnu dans ce titre une allusion à Proust, tout d'abord parce que là vraiment je suis en train de perdre mon temps sur mes cours (et qu'en plus il fait beau dehors), mais aussi... pour les madeleines.

Madeleines


Nina a eu la très bonne idée de vouloir me remonter le moral après ma déception d'emploi, et hop ni une ni deux nous nous sommes retrouvées à faire des madeleines... C'est une recette qu'elle a chopée quand elle était prof d'Anglais en France, elle a tellement aimé qu'elle a même acheté les moules flexipan pour madeleines et une fois par mois, environ, y a de la madeleine qui est cuite. Le soir de mon arrivée elle madeleinait déjà!

Nina cuisine des madeleines


Alors là vous pouvez voir de façon très distincte un instrument de mesure américain: une "cup" de sucre. Mais qu'on se rassure: le sucre, c'est sans doute la partie la plus diététique de la recette. En réalité voici ce qu'on y ajoute:Et ce fut fort bon, ma foi. Merci Nina! Quand si l'envie de prend de recommencer, c'est toujours bienvenu... Parce que je sais qu'on n'a rien d'autre à faire pour le moment que de cuisiner et glander sur internet.

Miam miam


Nina et les madeleines

Sinon, j'ai pris un engagement un peu stupide sur facebook. Je me suis tellement préfiguré mon sentiment de liberté à la sortie de mon dernier examen que je me suis dit, la joie sera trop grande, je vais sans doute commencer à courir nue dans la rue.
Klery m'a dit d'en faire un groupe facebook.
C'est fait.
Maintenant il va falloir garder ses engagements.

Le groupe s'appelle, "when the exams are over, I will be running naked in the streets". Joignez, joignez, étudiants qui souffrez votre mois de juin.

Friday, June 01, 2007

Ne pas énerver une sucre junkie
Après avoir consommé du sucre jusqu'à l'overdose pour me consoler de ma déception d'hier, m'être autolamentée sur mon sort et avoir morflé des cookies de quoi ne plus rentrer dans mes vêtements d'été, mon état d'esprit a commencé à se sentir doucement et légérement différent, un peu plus euphorique et définitivement plus combattif.
Je me suis dit zut, j'ai chopé mon téléphone, j'ai appelé d'autres units de la Commission pour savoir où en étaient mes postulations diverses. L'ultime revanche, je ne vais pas me laisser faire, chocolate high. Le genre d'état d'esprit souvent qualifié de PMS ici en Angleterre, sauf que moi c'étaient pas les hormones c'étaient le sucre, la colère, et encore le sucre.
Cette fois-ci, quand j'ai appelé ma section de préférence, j'ai pu parler à la personne qui s'occupe du recrutement du personnel. Merci la providence, elle parlait Français, et l'interview s'est très bien passée. Genre, positivement assez fort bien passée.
Sur mon élan j'ai appelé une autre unit pour laquelle j'avais postulé, et là on m'a dit carrément que j'étais dans le top trois des stagiaires et qu'on nous départagerait la semaine prochaine. En me précisant: "donc si vous êtes acceptée ailleurs, s'il-vous-plaît rappellez-nous".
Tout n'est donc pas perdu.
Allez je m'en vais célébrer la chose par une orgie de madeleines (que Nina a cuisiné pour moi, à la base pour me consoler).
N.B.: Quand vous passez une interview au téléphone, vérifiez qu'il n'y a pas un marchand de glace dans la rue. Ca fait très peu professionnel d'avoir tout à coup un petit carillon enfantin qui beugle dans le combiné.