Merci
Quand Maman a essayé de m'appeller pour m'annoncer le décès de ma grand-mère, je n'ai pas entendu le téléphone: j'étais dans un magazin en train de tenter de choisir une carte postale. J'en envoyais à mes grands-parents deux à trois fois par semaine. Je préférais les cartes au téléphone. Une carte, on peut la garder et la relire, on peut l'attendre dans le courrier du jour.
J'ai beaucoup pensé à mes grand-parents cette année, spécialement à ma grand-mère, parce que je savais que chaque fois que je la voyais aurait pu être la dernière. Elle avait eu sa première attaque cardiaque en août de l'année passée. Une autre en décembre. Une autre en février. A chaque fois on me disait que c'était la dernière, mais elle tenait bon.
Je pensais que je serais dévastée par la nouvelle, mais en réalité je suis surtout soulagée que ma grand-mère ne souffre plus. C'est douloureux pour nous, mais au moins ce ne l'est plus pour elle. Bien sûr j'aurais préféré être avec ma famille pour le moment. Malheureusement ma session d'examens commence demain matin. J'aurai 6 examens en 9 jours; une semaine sur laquelle se jouera toute mon année à la LSE. Quand on enterrera Bonne-Maman, je serai sans doute en train de passer un de mes examens, ou bien j'en sortirai juste; pas assez de temps pour prendre l'Eurostar et arriver à l'heure. Je ne sais pas si je dois me sentir coupable ou bien raisonnable en privilégiant mes examens sur la cérémonie; mais je crois que n'importe qui aurait fait comme moi dans ces circonstances.
Je voulais vous dire merci pour tous vos messages d'encouragement. Pendant tout le week-end, j'ai reçu des dizaines d'emails et de sms, venant d'amis comme de gens qui me connaissaient à peine. Merci surtout à Nina d'avoir pris soin de moi tout le week-end, d'avoir cuisiné pour moi et de m'avoir gavée de biscuits McVities.
Et ainsi commence donc officiellement ma session d'examens. En temps normal j'aurais commencé ce post avec une métaphore qui me revient pour le moment: l'impression de se trouver sur une montagne russe, et d'arriver tout doucement devant une descente menaçante, de la voir, de contempler l'amplitude de la pente, d'imaginer la vitesse. Et je me dis: "Je ne veux plus". Mais c'est trop tard pour retourner en arrière.
Trop tard pour étudier en dernière minute.
Je vais me faire manger toute crue.
(Plize, qu'on me mange d'abord le gras que j'ai accumulé sur le blocus, ça me sera utile)

2 comments:
Il reste encore des McVitties!
la session n'est pas finie..
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