Friday, July 21, 2006

While we sit and watch
C'est ainsi que Katharina Pätz a titré un article pour cafebabel.

Photographie: AP sur BBC News

"The international community looks on helplessly as the Middle East edges to the brink of war. The UN Commission on Human Rights simply issued a statement saying Israel’s attack broke international law. Europe was unable to even agree on a united statement on the matter. States who are traditionally more critical of Israel, like Finland and Ireland, have tried to get the EU to clearly condemn Israel's military actions. However, states that traditionally support Israel, like the UK and Germany, have refused to condemn the Israeli violence." écrit-elle.

Il y a une semaine déjà, j'étais à Milan avec des amis, écoutant les cigales sous un soleil de vacances. Le jour de son arrivée, Sara apprend que l'aéroport de Beirut a été bombardé. Elle appelle sa famille. Tout le monde va bien. Nous sommes soulagés pour la journée, loin d'imaginer l'ampleur qu'allait prendre la crise.

Mais les jours suivants, les bombes continuent. Chaque jour un nouvel appel, chaque jour de nouvelles craintes. Et chaque jour, après une conversation mixée d'arabe et d'anglais, elle nous dit: "Ma famille va bien". Ajoutant parfois: "Mais le pays est détruit". Espérant que le conflit s'arrête. Découragée, "tout recommence comme il y a vingt ans".

Et elle conclut souvent: "Il faut que je fasse quelque chose". Mais que peut-elle faire, seule en pays étranger, sa famille dans les bombes?

Et nous, que pouvons-nous faire? A part nous assoir, et regarder l'escalade sans fin de la violence. Et dire, "Il faut que ça s'arrête". Mais ça ne va pas s'arrêter.

Wednesday, July 19, 2006

La plus belle des cités mortelles
Disait Pindare en parlant d'Agrigente au 5e siècle ACN.
Il est vrai qu'à l'époque, la cité possédait plus de temples que l'acropole athénienne.
Et maintenant, ben, maintenant... Il en reste bien quelque chose, quelques vieilles pierres, des légendes, et surtout beaucoup d'échaffaudages. Mais au coucher du soleil, du haut de la Vallée des Temples, surplombant la mer et à l'ombre d'un amandier, le romantisme des lieux est incontestable.

On peut aisément imaginer les dimensions des temples rien qu'en voyant le diamètre des colonnes. Et se demander aussi comment, 2500 ans auparavant, ces énormes pierres ont pu faire le chemin jusqu'en haut. Un défi de logistique auquel Guillaume a nonchalament répondu: "Ben, ils avaient des esclaves". Ce qui n'était pas la réponse d'Eliane mais j'avoue que la subtilité de la chose est un peu difficile à expliquer, là, comme ça. Non pas que je n'ai pas compris, loin de moi cette pensée. Hem.


Nous avons choisi d'y aller le soir pour voir les pierres au coucher du soleil. La chaleur n'était toujours pas descendue et, sous 40° et un soleil bien tapant, je me demandais s'il était bien normal que je commence à voir des insectes là où il n'y en avait pas, et le sol bouger comme de l'eau lorsque je le regardais trop fixement. Phénomène que j'ai expliqué par la chaleur, mais qui s'est expliqué plus tard par mon angine blanche et un peu d'anémie que j'ignorais alors.
En tous cas on aurait pu me prendre pour une touriste américaine, en bleu blanc rouge. Ou alors pour une touriste française à l'approche du 14 juillet (ou de la finale, au choix).

Posted by Picasa

Tuesday, July 18, 2006

Amis internationaux
Craintes internationales

Ceci est le train que mon ami Neeraj aurait dû prendre la semaine passée à Bombay. Et ça, c'est ce qui se passe au Liban pour le moment, où habitent les familles de Noor et Sara.

L'année passée, ces événements m'auraient paru trop distants pour me toucher vraiment. Maintenant c'est différent. Maintenant et dans le futur, peu importe les kilomètres. L'actualité me paraîtra toujours proche tant qu'elle touchera quelqu'un de proche.

Photographies: AP

Wednesday, July 12, 2006

Etna

Notre premier jour en Sicile a commencé à Taormina, une petite ville aux accents médiévaux, construite sur le flanc d'une colline. Aaaah ces petites ruelles étroites à pente raide et aux couleurs du Sud, ces fenêtres geminées (dixit Papa - à comprendre: aux motifs arabes)... Et le Wonderbar où les célébrités les plus en vogues des sixties allaient, parait-il, siroter un Coca-Cola.

Le théâtre grec est très bien conservé. Nous sommes supposés y avoir une vue imprenable sur l'Etna, comme vous le voyez ci-dessous

<-- En réalité, voici ce que nous aurions dû voir.

Papa est très emballé, il s'imagine à l'époque des gladiateurs dans un remake quelconque de Ben Hur.

Sur ce Alice lache une blague: Quel est le point commun entre le Roi et le gladiateur? Réponse: Tous les deux entrent dans l'arène (je préfère l'écrire comme ça pour faire croire que je n'ai pas compris).

La journée continue par un challenge un peu plus sportif: l'ascension de l'Etna. J'aime le dire comme ça, cela pourrait vous donner l'impression que nous sommes partis de tout en bas pour monter tout en haut... Mais en réalité nous avons pris des cabines pour nous amener à mi-chemin, et le reste nous l'avons fait à pied. C'est-à-dire pour moi à peu près deux heures de montée dans une pente plutôt raide couverte de petits graviers (du magma séché, en fait) pour arriver au cratère à touristes. Le cratère à touristes, par définition, ne comporte aucun risque et donc est complètement éteint, ne crachotant qu'avec peine et par intermittence un peu de fumée nauséabonde.

Posted by Picasa

Papa et Guillaume, quant à eux, ont fait fi des indications "Accès interdit - danger de mort" pour arriver à un cratère encore relativement actif, émettant une abondante fumée toxique dont l'on ne peut logiquement pas s'approcher sans masque. Tout cela ils ne le savaient pas, et ils ne l'ont pas eue très bonne lorsque le vent a brutalement changé de direction et les a étouffés dans ces funestes émanations. Heureusement ils s'en sont sorti. Mon opinion est que la fumée a quand même atteint leur cerveau/les a transformés en mutants.

Campioni del Mondo
Voici qui s'annonce bien pour mon voyage vers Milan: les Italiens sont champions du monde... Je sais je ne vous apprend rien mais que voulez-vous, ce blog souffre d'un retard d'une semaine, alors je fais ce que je peux.
Personnellement j'avais commencé par être pour la Suède. Puis quand elle s'est fait éliminer j'ai été pour le Portugal. Puis quand il s'est fait éliminer, ben... Je me suis rattrapée sur l'Italie. Pourquoi pas la France, me direz-vous? Mais ça va pas la tête? Les Français m'ont rendue FOLLE en Sicile. J'ai été à deux doigts de commettre un homicide volontaire lorsque trois jours après les demi-finales, au petit-déjeuner, nous entendions encore des "on est en finale" ou des "tu te rappelles en 2000? Le but en or?". Oui nous nous rappelons 2000, et aussi 1998, et tant qu'on y est 1986, et eux aussi d'ailleurs, et c'est bien pour celà que si les Français gagnaient cette Coupe du Monde notre vie allait devenir un ENFER vivant, encore pire que si l'Angleterre avait été à leur place.
Autant vous dire que dimanche passé j'avais un petit drapeau italien dans les cheveux, résignée à endurer les claxons italiens jusqu'au bout de la nuit plutôt que l'égo des Français jusque dix ans après.
Nous regardions le match chez Gatien, et qui avait soigneusement aligné ses pandas devant la télé.

Et lorsque les Italiens ont gagné nous avons sorti le champagne (ah oui quand même).


Tout cela m'avait presque fait oublié ce mal de gorge grandissant qui revenait en force après la Sicile. Je précise qu'il ne faut pas y voir de lien de cause à effet avec le post précédent intitulé "le difficile lendemain", mais plutôt une surinfection de ce que j'avais eu en Angleterre et qui n'a jamais été soigné.
Bref cette fois-ci j'étais quand même un peu inquiète parce que mes ganglions surinfectés étaient carrément sortis, me donnait l'impression d'avoir des petits kystes un peu partout - Désolée pour ceux qui seraient en train de manger, mais en même temps on vous a toujours dit que ce n'était pas bon de manger devant l'ordinateur. Le résultat: c'est une angine blanche bien infectée, et le docteur m'a donné des antibiotiques à dosage massif et des antidouleurs qui me donnent l'impression de sortir d'une anésthésie en permanence.
Mais malgré cela j'ai eu bien mal (et ceux qui m'ont parlé sur msn ont difficilement pu ignorer mes plaintes). Enfin croisons les doigts et tout cela sera bientôt derrière moi j'espère.
Evidemment il a fallu que je parte à Milan aujourd'hui et que par radinerie je n'ai pas pris d'assurance annulation sur mes billets. Hé ben je ne peux que m'en tenir pour seule responsable et partir quand même, en espérant que je n'aggrave pas mon cas.
Et puis vous ne verrez même pas que je suis partie parce que pendant mon absence il y aura quand même des posts.
Je vous rappelle encore que si vous voulez m'aider pour mon project de fin d'études, je cherche ardemment à pouvoir parler à des personnes habitant en Europe de l'Ouest et ayant une relation particulière avec un des pays ayant rejoint l'Union Européenne en 2004...

Posted by Picasa

Monday, July 10, 2006

Le difficile lendemain
Ou: les 1001 Ennuis
Ce n'est pas le premier post à s'appeller de la sorte et ce n'est certainement pas le dernier (pardon Maman, tu ne devrais pas lire ceci). Et d'une façon ou d'une autre, à chaque fois que cela arrive, ce sont les mêmes personnes que j'ai vues la veille. Mais soit.
Cette fois-ci ça a été particulièrement violent. Une fois de retour à Bruxelles, 6 heures du matin, les yeux explosés par mes lentilles que je n'avais pas enlevées et mon niveau d'alcoolémie ne descendant toujours pas... Je l'ai tout de suite su: ce serait une journée difficile.
Difficile d'abord parce qu'il me fallait terminer ma valise afin de partir dans cette même matinée. Et plus difficile encore lorsque je me suis retrouvée à l'aéroport à 11h, fraîche comme une rose du désert (si je puis ici me permettre cette métaphore en relation encore avec mon post précédent), avec toute ma famille, en un 1er juillet et premier jour de vacances survolté. Le plan: vol de Bruxelles à Munich puis de Munich à Catania (Sicile), puis louer voiture et rouler jusqu'à Taormina.
J'ai peu de souvenirs de la première partie jusque Munich, mis à part celui de sombrer dans un coma profond et encore semi-éthilique. Dans ma tête, les paroles de la chanson de Tryo "Désolé pour Hier soir" me reviennent. Glup. Comme un semblant de réalité.
C'est à Munich qu'est survenue l'épreuve. Je sors de l'avion, encore presque à jeûn et expérimentant la joie des différences de pression, et là, l'inévitable se produit: je tombe dans les pommes. Ce qui aurait pu passer pour de l'émotion, car à l'instant même nous apprenions qu'Eliane avait réussi ses examens (félicitations encore).
Ma mère un peu alarmée par ma couleur virant du blanc au vert puis du vert au jaune me traîne à la pharmacie, où la vendeuse, après avoir ri intérieurement de mon pitoyable état, m'a donné des concentrés de glucose et autres médicaments douteux.
Et à partir de là ça a plus ou moins été. C'est-à-dire que j'ai de nouveau sombré dans un coma profond sur les sièges du terminal, puis sur les sièges de l'avion, puis sur les sièges de la voiture, et enfin une fois arrivée à Taormina et le soir venu, j'ai dormi de façon ininterrompue jusqu'au lendemain matin dans un VRAI lit.
Tous ceux qui ont déjà tenté de dormir assis et réveillés à intervalles d'une demie-heure comprendront mon soulagement. Ceux qui n'ont pas encore essayé, testez, je vous le recommande chaudement; vous m'en direz des nouvelles.
Dire que pendant ce temps, la France battait le Brésil et je ne me rendais compte de rien. Sûrement, si j'avais supporté le Brésil les choses se seraient passées différemment... A la place ils ont été supportés par Alice qui a prouvé, une fois de plus, qu'elle porte la poisse aux équipes qu'elle affectionne.
Dans la magie des 1001 Nuits
Il y a des soirées comme on en fait peu.
Une seule, en tous cas, où la promenade à dos de chameau et d'éléphant a été de rigueur. Ou encore, où l'on a reçu du thé à la menthe sur un son de musique arabique.

C'est que le thème de la soirée a été poussé jusqu'au bout pour nous faire vivre 1001 Nuits en l'espace d'une seule.
Nous avons voyagé en bus pendant trois heures dans une chaleur déjà presque arabique pour nous rendre dans le fin fond de la France, mais cela en valait la peine. Fraichement descendus du bus, (dont certains déjà bien entamés, comme à leur habitude, pas besoin de citer de noms), nous nous sommes fait accueillir par moultes coupes de champagnes et petits fours apportés par des serveurs sortant droit d'un film Bollywoodien. Puis c'était au tour d'un éléphant et d'un couple de chameaux de nous emmener d'un endroit à l'autre.

Les princesses de la soirée, Valentine, Catherine et Idalie, avaient choisi des robes bien dans le thème également.

Ci-dessous, Eliane sur l'éléphant

<-- Sur cette photo, si je regarde un peu dans le vague avec un semi-sourire béat... C'est normal. Assoiffée et à jeûn, je n'ai pu résister lorsque j'ai vu défiler les coupes de champagne. Et si vous reconnaissez les personnes sur cette photo, vous pouvez aisément deviner que les coupes sont venues en nombre. Mon célèbre manque de résistance à l'alcool aidant, et les susmentionnés s'étant retrouvés à ma table... Voici ci-dessous une photo prise deux heures plus tard...

Je vous laisse deviner les résultats! Ma vue de plus en plus trouble m'a néanmoins permis d'admirer la superbe tente dressée pour l'occasion.

Et mon pas de plus en plus titubant m'a néanmoins autorisée à danser une valse avec mon cousin, qui m'a rapidement refilée à Geof Hermans tellement je devais être pénible. Mais Sybille, me direz-vous, tu ne danses pas la valse. C'était bien là le problème. Mais c'est drôle de foncer dans les autres couples. Et de se retrouver avec des bleus le lendemain.

Ci-dessous, une photo de la tente et des participants

Et une photo de ma joyeuse table (dont je disculpe la plupart d'accusations éhontées d'alcoolisme qu'impliquerait le récit de ma propre expérience). Mais sur la photo, si vous cherchez bien, se trouve celui pour lequel nous avons dû défoncer la porte de nos WC parce qu'il s'était endormi dessus.
Superbe soirée, donc, dont je garderai des souvenirs inoubliables. Le lendemain a été un peu plus difficile. J'en parlerai dans mon prochain post. (Ce genre de phrase, c'est supposé tenir le lecteur en haleine et le garder rivé sur mon blog dans l'attente du prochain post... J'espère que ça marchera)


Et j'envoie toutes mes félicitances à Strepy, Diane et Manu pour leur Grande Distinction, à Alice, Amaury et Seb (qu'on appelle aussi Calla) pour leur Distinction, et à tous ceux que j'oublie et qui d'ailleurs ne m'ont pas dit leurs points.

Sunday, July 09, 2006

Je suis de retour
Avec cette magnifique image qui, à nouveau, aurait donné bien mieux si elle avait pu être scannée.
Cliquez dessus pour l'agrandir, on ne sait jamais, vous pourriez la voir mieux.Hé oui je suis bel et bien rentrée hier soir dans notre nuageuse Belgique (qui a pourtant bien des charmes).
Après le match Allemagne-Portugal, j'ouvre mes emails avec la curiosité familière des retours de vacances: qu'ais-je raté pendant cette semaine, qui a pensé à moi quand je ne pensais pas à eux? Rapidement, c'est la déception: mes emails, lorsqu'il ne s'agit pas de spam, concernent presque tous mon projet final.
Je clique alors sur mon blog dans l'espoir d'y trouver myriades de commentaires à l'endroit prévu à cet effet. Et là, je ne trouve que deux réactions venant de membres de ma famille (partis avec moi, en plus).
Et quoi, quand je ne suis pas sur mon blog, je n'existe plus? Mon lectorat est tombé de 70% pendant mon absence. Apparemment, mon blog fait partie des choses qu'on oublie avec les vacances, remplacé par une plage ou par la série de l'été.
En plus, mes coups de soleil me font mal, mes cheveux sont devenus tous secs avec l'eau de mer, et j'ai des acouphènes suite à l'avion. Ma chambre est toujours dans un urgent besoin d'être rangée, mon projet final dans un urgent besoin d'être terminé, et un nouvel appartement dans un urgent besoin d'être trouvé.
Aaaahlala vous ne le méritez pas, mais demain, je vous raconte le premier épisode de mon voyage en Sicile.