Sunday, May 31, 2009

20 km à pieds, ça use, ça use...

Km 1: mais qu'est-ce qu'il fait chaud dans ce pays, c'est moi où il fait genre 30 degrés?
Km 2: et en plus tout le monde me dépasse.
Km 3: de l'eau! Aaaah! Soif!
Km4: Mais c'est Caro que je vois? Carooo! Coucouuu! Je te dépasse!
Km 5: J'ai CHAUD, non mais c'est pas POSSIBLE, et ces tunnels de l'avenue Louise c'est DUR, et les gens courent VITE, et ceux qui sont devant moi ils courent trop LENTEMENT, et nom d'une chaussure de course, qu'est-ce que j'ai CHAUD...
Km 6: Aaaah ici on est dans le bois. C'est à l'ombre, logiquement, il va faire moins chaud.
Km 7: Non, il ne fait pas moins chaud.
Km 8: Il ne fait toujours pas moins chaud. Le bois, c'est long. Courir, c'est dur. Allez, je m'en vais me renverser sur moi ma bouteille d'eau.
Km 9: Non mais j'arriverai pas au bout, là. Bibil mais qu'est-ce qui t'a pris de vouloir les courir ces 20 km? Tu n'es pas entrainée, tu pèses 5 kg de plus que l'année passée, tu es lente, tu as chaud.
Km 10: Mais mais mais mais je suis à mi-parcours!
Km 11: La vache. Ca monte. Pas marcher, pas marcher, pas marcher. Je m'en vais renverser sur moi ma bouteille d'eau.
Km 12: Allez, c'est la descente, Bibil, là il faut courir. Oh mais c'est Caro! Carooo! Coucouuu! Je te dépasse! (Tiens, j'avais pas déjà fait ça avant?)
Km 13: Le stand Isostar, éclairé par une lumière céleste (rha il fait chaud ici), me tend les bras pour une boisson énergisante.
Km 14: Cette boisson est dégueu. En plus ça colle par terre.
Km 15: Allez, les 3/4 sont faits. Mais? Carooo! Carooo! Coucouuu! Je te dépasse! (La vie est un éternel recommencement).
Km 16: Je m'en vais renverser sur moi ma bouteille d'eau. (On nous en donne des nouvelles, non mais je dis ça pour que vous ne pensiez pas que j'utilise toujours la même.) Mais? Maman! Ohé! Maman!
Km 17: Ca MONTE. J'ai MAL. J'ai CHAUD.
Km 18: Après tout, je vais peut-être les finir, ces 20 km? Allez, je m'en vais me renverser sur moi ma bouteille d'eau.
Km 19: Oui mais, l'arrivée, c'est filmé non? Rhola mais je suis dégoulinante d'eau! Pas du tout photogénique!
Km 19,1: C'est long.
Km 19,2: C'est LONG.
Km 19,3: J'ai mal.
Km 19,4: et j'ai chaud.
Km 19,5: non mais ça n'en finit pas ce truc?
Km 19,6: le temps s'étire à l'infini, je suis aspirée dans le vortex d'un monde parallèle...
Km 19,7: Rha allez non, Bibil, cours un peu plus vite
Km 19,8: Pas marcher, pas marcher, pas marcher, pas marcher
Km 19,9: Oué, oué, oué!
Km 20: Finiiii! Hourré! Finiiii!
Arrivée: "Non mais non ça va bien, Mr le secouriste. Je vous assure. Non, ce n'est pas de la transpiration, c'est de l'eau."
En bref, je l'ai fait en 2h15, qui est meilleur que l'année passée, mais paradoxalement ça a été beaucoup plus dur. Je ne suis pas sûre de le refaire l'année prochaine. Enfin je dis ça, mais je vais craquer, d'office.

Bibil est ultra-ready

Ah oui, il faut bien, aujourd'hui c'est le grand jour.
Enfin, quand je dis ultra-ready, on va plutôt dire que je réalise ce que je vais devoir faire tout-à-l'heure, et que la perspective de manger mon Mars spécial 20 km m'enchante plus que celle de courir.
Un Mars, et ça repart!
Le plan initial était de courir 3 fois par semaine pendant 3 mois: 2 x 5 km en semaine et 1 x 10 km le week-end. J'étais pleine de bonne volonté. Comment dire? Ce n'était pas que la motivation m'avait manquée, hein, du tout du tout, mais bon. 1 x 5km le week-end, c'est déjà pas mal, non?
J'avais aussi comme plan initial de me constituer un capital sommeil béton, d'arrêter toute boisson déshydratante, comme alcool, thé, café, et de boire 2 litres d'eau par jour.
Bon.
Au moins ça fait 3 jours que je mange des pâtes, que je me repose (ah oui trèèèès important ça, se reposer) et que j'achète des barres énergétiques pour me soutenir dans l'effort.
Parce que Mars a beau être sponsor officiel des 20 km de Bruxelles, je veux pas dire, mais l'état du chocolat au bout de 17 km à suer sang et eau, ça donne pas envie.
Allez hop hop hop! Je vais faire un effort de préparation ultime, suivre les bons conseils des vrais sportifs et me reposer jusqu'au bout. Je ne sors pas de mon lit avant 11h30. C'est dit.

Saturday, May 30, 2009

Oh non. Le chien.

Je vous laisse tirer vos propres conclusions.
Evil Danio 2
(PS: Oui, c'est bien la Bibil Mobile que l'on voit en guest star à l'arrière-plan!)
Evil Danio 1
Sinon, ce dimanche sera pour vous la grande occasion de me montrer votre soutien. Car je cours. 20 km. Encore. Mais cette fois-ci je ferai mieux, alors je compte sur vous pour m'attendre dans une descente (si possible) avec une grande pancarte où vous écrirez, "Bibil tu es une star", ou "Cours, Forest, Cours".
Et pour finir, je me suis dit que j'allais partager avec vous cette petite vidéo, prise à 2h30 du matin de la fenêtre de ma chambre, le soir du fameux orage-stroboscope (cad l'orage où on n'avait que des éclairs, mais jamais un coup de tonnerre). C'est drôle, il y a des bruits bizarres qui se sont rajoutés au moment des éclairs, qui n'étaient définitivement pas là au moment de l'orage!

Wednesday, May 27, 2009

Bibil se prend un PV

Bon, je tue tout le suspense de ce post par ce titre sans glamour, et le lecteur attentif devinera qu'il n'y a pas de double sens, que je n'ai pas fait de collision frontale avec un homme nommé Pierre-Victor, non. Je me suis prise un procès-verbal.
J'explique.
J'étais à la place Meiser, téléphone à la main, insultant les autres automobilistes et écrasant les personnes âgées, selon la conduite irréprochable qui me caractérise si bien. Je venais de Reyers et je voulais faire demi-tour pour retourner sur Reyers. Je m'étais donc mise sur la bande de gauche pour pouvoir tourner plus facilement, illustration ci-dessous.
Jusque là, tout est normal.
Seulement voilà: je ne suis pas une conductrice sauvage, et quand beaucoup de personnes se pressent pour passer avant moi, j'avoue que je les laisse passer pour pouvoir peinard me tracer mon chemin après eux. C'est ce qui s'est passé hier. J'ai démarré au vert, puis j'ai laissé passer les conducteurs hargneux qui voulaient absolument me gratter le passage, me retrouvant ainsi dernière dans la file.
C'est là que je me suis fait héler de façon peu polie par un officier de police.
Ma première pensée, c'était qu'il était là pour faire la circulation et que je je gênais, donc qu'il voulait que j'avance.
Il tape sur ma voiture et m'engueule.
"NON, pas LA, mais ICI" s'époumonne-t-il comme s'il essayait de dresser un chien.
Toute traumatisée, je conduis la Bibil Mobile jusqu'à son collègue qui était arrêté un peu plus loin.
"Vous savez ce que vous venez de faire, là, mademoiselle?" qu'il me dit.
Je m'arrête un moment, ravie d'avoir l'air toujours assez jeune pour qu'on m'appelle mademoiselle (ne pensant pas que c'était peut-être dû à l'étiquette parking ULB sur le parbrise d'une toute vieille twingo jaune vomi). "Heu, non," je réponds.
Il me regarde d'un air désolé.
"Vous avez brûlé un feu rouge. Violation de l'article blablablablabla, et puis les piétons blablablablabla, enfin c'est une faute grave."
Je balbutie, n'ayant pas la présence d'esprit de me dire, heu mais non je ne l'ai pas brûlé ce feu rouge, je proteste, et puis d'abord comment est-ce que vous pouvez me dire ça? Vous êtes tellement loin du feu que vous ne pouvez pas le voir. Ah oui, comme j'aurais dû dire ça. A la place, je fais, "Ah bon?" et je le laisse me dire:
"C'est une amende de 150 euros, vous le savez, ça?"
Gloups.
"Ca fait beaucoup," que je réponds, non mais quelle conne vraiment, j'aurais eu la présence d'esprit de sortir de mon état de choc que je me serais rendue compte que ce feu, quand je l'ai passé, il était vert. Il me regarde d'un air condescendant. "Carte d'identité, permis de conduire, et papiers du véhicule."
Bon, ben la voie de l'humour, autant oublier. Je switche instantannément en mode naïf mais plein de bonne volonté, je ne savais pas, on ne m'y reprendra plus. C'est une stratégie qui m'a déjà fait éviter des amendes de resquillage de transports en commun à trois reprises. En fait, c'est la seule stratégie que je connaisse, et il faut croire que j'ai une tête de conne parce qu'en général ça marche à tous les coups.
Et cette fois-ci, je dois dire que ça a presque marché. Le policier commençait à prendre pitié, pour un peu je me serais mise à pleurer, il se serait senti méga-coupable et il m'aurait laissée partir avec un air attendri. Mais c'était sans compter sur le petit hargneux qui m'avait harponnée au début.
Il gueule par dessus le traffic: "C'est une ETUDIANTE, Jos, une GAMINE, regarde la date de son permis." Jos se laisse distraire, le charme est rompu, et il regarde mon permis. Le petit hargneux reprend de plus belle, "la DATE de son PERMIS Jos!" Et comme il ne comprennait pas la réponse de Jos, il est venu de lui-même pour constater que mon permis, je l'avais depuis 2002 (Diantre que ça avait l'air suspect, pour un peu il était prêt à croire que c'était celui de ma mère). Il m'a regardée avec un regard plein de haine, et il m'a dit, "150 euros et c'est tout." Et voilà, il m'a fait un signe de circuler.
Jos l'a regardé lui, puis il m'a regardée moi, il a haussé les épaules et m'a dit, "nous ne faisons que notre métier, mademoiselle."
Et meeeeerde.
150 euros pour une faute que je n'ai pas commise, franchement, la vie n'est qu'injustice.
150 euros, ce sont 2 aller-retour pour Londres.
5 kilos de dragées de qualité.
1 digital voice recorder flash 16MB pouvant enregistrer 176 heures d'entretien.
C'est plus que la somme totale de ma Wish List.
Si vous êtes un lecteur compatissant travaillant pour la police et pouvant faire sauter un petit PV, sachez que votre profil m'intéresse. (Ou, à défaut, si vous avez 5 kilos de dragée de qualité, ou l'un des livres se trouvant sur ma wish list...)

Friday, May 22, 2009

Découvrez Anonymous comme vous ne l'avez jamais vue

Huhuhu.

Je suis vraiment au bout de ma semaine

C'est pour varier un peu, comme ça vous n'êtes pas déçus.
Mais pour ma défense, j'ai été très occupée ces derniers jours.
Pièce à conviction numéro 1: Au lieu d'écrire le blog, je me suis laissée aller à des sports extérieurs multiples, comme un très nécessaire entrainement pour les 20 km de Bruxelles, et du vélo, pour les 60 ans de mon père ou encore pour aller pique-niquer dans l'allégresse.
Vélo au Cinquantennaire
2. Il est tombé des litres d'eau sur le sol belge, sur les routes belges, dans les caves belges, et dans les égouts belges, au point qu'à côté de chez nous se soit improvisée une mare qu'a même colonisée un colvert...
La mare
3. Pendant ce temps, un de mes coloc jouait à ceci:
Momo joue à James Bond
4. Et moi, je passais devant la maison de bambi:
La maison de bambi
(Agrandissez, vous n'en reviendrez pas)
(Pour votre information, un autre de mes colocs n'a pas été choqué par la profusion de kitcherie qui se trouvait dans ce jardin et a juste répondu, "ben quoi, c'est la campagne... C'est bien, la campagne...")
Bon, et j'ai été aussi pas mal occupée par les susmentionnés 60 ans de mon père, qui les a fêtés par un grand tour en vélo suivi d'un lunch dans l'intimité la plus stricte (150 personnes).
Et puis j'ai un peu bossé, aussi. Si peu, si peu. Argh. Vivement le week-end, que je dorme.

Sunday, May 17, 2009

Je suis au bout de ma vie

C'est dit.
Là je suis peinard dans mon lit, avec une tasse de thé, la radio et mon ordinateur. Je voudrais vraiment, mais alors là vraiment, faire deux choses:
- Chercher la collection complète des écrits de Katherine Mansfield, qui se trouve actuellement dans ma salle de bain.
- Dire bonjour à ma coloc que j'ai entendu rentrer.
Mais ces deux actions impliqueraient le fait de me bouger. Alors bon.
Je me suis dit que ce n'était pas grave. J'ai envoyé un sms à ma coloc pour lui dire bonjour (je pourrais crier et elle m'entendrait, mais en fait j'ai la flemme de crier aussi). Puis je me suis dit que je pourrais écrire. J'ai ouvert un document word vide, et j'ai essayé de faire une phrase - houla mais c'est pas possible. A la place, j'ai comaté en écoutant la radio. Elles sont bien ces chansons, elles sont calmes, tiens mon esprit s'égare et pense à plein de choses, et tiens il combine bizarrement des événements improbables, comme si j'étais en train de rêver... Oho, Bibil, tu dors, et comme une larve si je puis ajouter.
Misère.
Je ne peux pas aller me coucher maintenant.
1. Parce que me coucher avant 20 heures, c'est quand même un peu la loose.
2. Pour aller dormir, il faut que j'aille me brosser les dents. Pour me brosser les dents, il faut que je me lève. Et si je me lève, je peux tout aussi bien aller chopper le livre de Katherine Mansfield, ou dire bonjour à ma coloc, ou tout simplement choisir d'aller manger, et ne pas me brosser les dents du tout. Ce serait con que je me réveille à 2 heures du matin parce que j'ai la dalle, n'est-ce pas?
Déjà que je me réveille à 6 heures du matin parce que mon estomac fait un esclandre généralisé, genre mode grève de la faim maximal, et ses revandications sont claires: "Bibil si tu ne me nourris pas, je vais te faire défaillir d'hypoglycémie alors que tu ne t'es même pas levée, et on te retrouvera morte et mangée par des rats dans quelques jours". Alors que bon, quand on y réfléchit, ça ne fait jamais que depuis la veille que je n'ai plus mangé.
Je n'ai jamais compris les gens qui arrivaient à faire l'impasse sur le petit déjeuner, ceci dit en passant.