Aaaaaaaah
Et oui, un nouvel appareil photo. Je me suis décidée pour le Canon Ixus 800 is. Au départ j'étais plutôt partante sur le nouveau Pentax, d'ailleurs je soutiens que les Pentax font aussi d'excellentes photos, mais on m'a tellement conseillé Canon à gauche et à droite (quoique je pense que ceux qui m'ont conseillé était plutôt de droite, huhuhu). Je me suis laissée tenter. Appellez-moi influençable, en tous cas quand je n'y connais rien je préfère faire confiance aux autres.
Et bien jusqu'à présent je ne le regrette pas... Même si cela ne fait qu'une demie heure que je l'ai et que pour le moment la batterie charge. Appellez-moi naïve si vous voulez. J'ai un bon feeling sur cet appareil.

Je déclare solennellement l'acquisition de mon nouvel appareil photo comme l'événement de la semaine. Parce que bon, en blocus, il y a peu de choses qui se passent dans ma vie, mis à part compter mes heures de boulot, essayer de ne pas partir dans des rêveries éveillées pour échapper à ma matière, et me concerter avec ma personne sur les aliments que je vais manger.
A Louvain-la-Neuve, je faisais ce qu'Alice a appelé: des "blocus trashs", un intitulé très prometteur mais qui ne veut pas dire ce que cela veut dire. En réalité, je n'étais trash qu'avec mes heures de sommeil; je pouvais étudier entre 14 et 18 heures par jour, et mes pauses, c'était la douche et les repas. J'essaie de retourner à ce rythme mais je ne suis pas du tout dans le bain, hier j'ai fait 12 heures mais je ne suis pas arrivée à faire plus, mon cerveau a grillé. Déjà il fait étouffant, et la chaleur, je ne gère pas. Et puis je n'ai plus du tout la même énergie, c'est sans doute dû au fait que j'ai beaucoup plus étudié pendant l'année et que là je commence un blocus en étant fatiguée.
Certaines choses restent les mêmes de blocus en blocus. Quand mon cerveau est en surchauffe, je pars dans des rêveries éveillées sur tout et sur rien. Et mine de rien, hop, ce sont 20 minutes qui passent, parfois une heure, où je suis complètement déconnectée avec la réalité, et puis quand je reviens sur terre et que regarde ma montre, c'est le stress. Pour parfois plonger dans une autre rêverie cinq minutes plus tard.
Puis dès que j'ai un truc qui m'angoisse, un truc que j'ai oublié de faire, alors cela prend des proportions énormes et cela m'obsède pendant des heures. A Louvain-la-Neuve, ce qui me préoccupait surtout, c'était l'organisation chaotique de mes vacances, des barbecues de fin d'examens, de mes amitiés. En 2005 c'était le mémoire. En 2006, je n'avais pas eu de blocus (année bénie), mais là maintenant ce qui m'angoisse c'est le fait que je n'ai pas de boulot. Je consulte obsessivement mes emails pour constater que toutes les réponses sont négatives (mais nous ne doutons pas qu'avec vos qualifications vous trouverez un autre employeur, blablabla). Ca, c'est quand on est assez poli que pour me répondre, et je deviens pessimiste car je sais dès que j'ouvre un email qu'il me dira non. Et pourtant je n'ai pas proposé une constitution à l'Europe, ha, ha, mon Dieu il faut que je m'échappe de ma matière je deviens atteinte.
Ca c'est l'angoisse priorité numéro un, j'y pense sans arrêt. Maman a un peu soulagé cela en me disant que si il y a un gap entre mes études et mon potentiel boulot, je pouvais toujours combler en apprenant une langue. L'angoisse priorité numéro deux, c'est que je me fais du souci pour les gens qui m'entourent. Appellez-moi altruiste si vous voulez, moi je dirais plutôt que j'angoisse par procuration sur la vie des autres, tellement ma vie c'est le désert en ce moment. Cela passe de la santé de ma grand-mère au travail de mes amis, en passant par le regard de pitié du chien qui n'a pas eu ses croquettes. Ou alors c'est sur le temps qui passe. C'est assez nouveau comme angoisse, mais je tente de prédire les futurs fiançailles/les futurs bébés, je checke mes rides et puis je m'enfile une barre de chocolat. (Oui, oui, diète, hola, on se calme).
C'est assez dingue aussi de voir à quel point mon moral dépend de ce que j'étudie: ce week-end, c'était l'horreur absolue, personnifiée par mon chapitre sur le welfare state. J'ai perdu plein de temps dessus, j'ai lu deux ou trois articles de plus que ce que je n'aurais dû pour comprendre, mais je ne maitrise toujours pas la matière (et une matière très chiante, si je peux l'ajouter). Déprime totale. Et là, soudainement, ça parle des critères de Copenhague, de l'élargissement, ce qui est un sujet que j'adore et j'étudie avec beaucoup plus d'entrain. Bon, chacun ses sujets de prédilections, on est bien d'accord.
Ah oui et j'ai quatre jours de retard sur mon horaire, dont deux perdus sur ce welfare state à la c*n, alors ne vous vexez pas si je ne réponds pas aux emails et aux sms, que je refuse d'aller boire des verres ou d'aller au ciné. J'ai envie de vous voir, les gens, mais là je suis sous pression.
Allez j'ai encore perdu plein de temps à écrire mon blog. Encore une fois, je vais devoir conclure par... Au travail, feignasse.