Thursday, August 11, 2011

Vintage, vintage.

Et hop! Que voici une photo que j'ai retrouvée par hasard (et pas du tout en fouillant les albums photos de ma mère dans le but d'y trouver du dossier sur un certain cousin qui vient de se marier). Elle date de 1984. On y voit mon père (avec de magnifiques chaussettes) examiner un vélo avec son pote Zep. Le vélo et le pote Zep sont toujours là, presque trente ans après, d'ailleurs. On y voit aussi mon ancienne maison qui malheureusement a brûlée depuis, avec les belles roses que Maman passait des heures à entretenir, et une aquarelle de ma grand-mère dans le couloir. Et puis un tout petit machin, là, qui se balade partout (et au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, ce petit machin, c'est moi). 
Il m'a fallu un peu de temps pour sortir de cette phase adolescente de je-suis-plus-cool-que-mes-parents et de être-jeune-maintenant-ce-n'est-plus-la-même-chose-qu'être-jeune-à-leur-époque, et pour voir cette photo selon l'oeil de, ah tiens c'est marrant, que faisaient mes parents quand ils avaient mon âge? Et bien, c'est assez drôle à regarder, car 1. ils font toujours les mêmes choses maintenant (du vélo pour mon père, prendre des photos pour ma mère), et 2. il y a des choses qui sont indémodables. Mine de rien nous aussi on fait aussi du vélo le weekend (ou on court, selon), on a aussi des enfants en bas âge (enfin surtout les autres), et enfin, si d'aventure ce modèle de petite robe venait à se revendre dans les magasins... Je serais la première à me jeter dessus. (Très bon choix Maman, tiens d'ailleurs tu ne sais pas où cette robe se trouverait actuellement?)

Wednesday, August 10, 2011

Bon ben voilà, ça se calme (à Londres en tous cas)

Contrairement à ce que je l'avais pensé, les émeutes du Nord-Est et du Sud-Ouest ne se sont pas rejointes diagonalement à travers le centre de Londres, mais l'ont contourné par le Sud-Est. Sur cette carte on voit en bleu les événements du weekend, et en rouge ceux de la nuit de lundi à mardi. En orange, une seule incidence pour la nuit passée. (Source)
J'ai eu un peu de mal à comprendre leur stratégie. J'aurais été à leur place et j'aurais voulu faire passer un message, je serais allée faire du bruit du côté où cela aurait eu un impact. Genre, les ministères ou les banques, quelque part dans le centre. Mais à la place ces jeunes se tournent contre leur propre communauté. Ce qui me fait penser qu'ils n'ont pas de stratégie. Ce sont des jeunes qui n'ont rien à faire et rien à perdre. Ils restent là où ils sont, le long des rues commerçantes, et vont piller les magasins devant lesquels ils passent pour se rendre au métro, surtout de matériel électronique, de téléphonie mobile ou de vêtements de sport. Une petite pensée à la famille Reeves, qui a tout perdu suite à l'incendie volontaire de leur magasin plus que centenaire. Et dans une moindre mesure à l'ami Jamie, dont le resto de Birmingham a été saccagé, mais bon on va dire que vu son empire financier ce ne sont pas quelques vitres brisées qui vont le ruiner.
Ce qui surprend c'est là où ça éclate. Bon, à Lambeth, Lewisham ou Elephant & Castle, ce n'est qu'une histoire de plus de coup de poignard ou de jeunes à problèmes. Mais à Clapham par exemple, quartier jeune, dynamique et un peu bobo (équivalent belge, on va dire, le Chatelain), tout a été mis à sac.
J'ai checké avec mes amis sur place, ils vont tous bien. Certains se sentent juste un peu forcés de rester barricadés chez eux ou au bureau en écoutant les voitures de police passer. Mais ça se calme, cette nuit a été super calme (en même temps 16.000 policiers dans les rues ça calme bien, le seul endroit où il y a eu un incident est à Canning Town qui est juste l'endroit le plus au milieu de rien qu'on puisse imaginer). Les journalistes se déplacent à Manchester, et tout le monde sait bien que c'est là où les journalistes sont que les émeutes ont lieu.
Aujourd'hui, un Waterstones disait: "We are staying open and if they steal our books they might learn something".

Tuesday, August 09, 2011

London is burning

La première fois que je suis arrivée à Londres était en 2006. A ce moment-là, je vivais dans la périphérie au Nord-Ouest, zone tranquille; toute la zone à l'Ouest de Londres a toujours été très tranquille. En 2007 j'ai déménagé au Sud, quartier réputé chaud; je l'ai trouvé pauvre, certes, et chaud de façon localisée (ne visons pas Elephant and Castle ou Lambeth). Tous les jours je prenais le bus à travers ces quartiers pour me rendre dans le centre et voir la métamorphose progressive des bâtiments et des gens au fur et à mesure du trajet. La plupart de mes amis de l'époque habitaient également au Sud. La LSE avait des hall of residence à Borough, à Tower Hill et à Southwark. Esmé habitait Stockwell, Audrey habitait Brixton.
Brixton, vous devez en avoir beaucoup entendu parler ces derniers jours. A l'époque, le quartier avait une mauvaise réputation, mais Audrey insistait que l'endroit avait changé; et en allait lui rendre visite on ne pouvait qu'être d'accord avec elle: de superbes bâtiments de la Belle Epoque, petits appartements ou même petites maisons de maître où il fait bon vivre, vraiment un joli quartier. Et signe suprême de sa sécurité nouvelle, une multitude de chaines récemment ouvertes qui avaient jugé le quartier assez sûr pour s'y installer. C'est assez ironique de voir que ce sont ces chaines qui se trouvent maintenant les cibles des émeutiers. Plus là dessus plus loin.
Cet été, je suis allée vivre au Nord (on va dire, au Nord Nord, la partie bourgeoise, parce que bon on a beau dire que Tottenham est au Nord, je vous assure qu'on ne parle pas de la même chose), et je suis allée travailler à l'Est. Et en quatre ans l'Est était devenu the place to be. Tous mes nouveaux collègues y habitaient. J'y faisais de longues promenades et de mémorables sorties nocturnes. La cause? Sur le long terme, l'arrivée prochaine des jeux olympiques à Stratford, qui avaient mené à un énorme investissement dans le quartier et à une hausse de l'immobilier. Sur le court terme, l'ouverture d'un nouveau overground reliant les quartiers d'Hackney et Dalston au centre. Mais tout cela était encore très récent, tout était encore en construction, comme une promesse d'une nouvelle ville dans la ville. J'ai été frappée de voir que contrairement à Brixton, aucune chaine n'y avait encore mis le pied, on y achetait tout chez des vendeurs turcs locaux. Mais leur faillite prochaine était annoncée avec l'ouverture prochaine d'un Marc & Spencer, d'un Tesco, et d'un restaurant Jamie Oliver.
Et maintenant, en août 2011. Je suis à Bruxelles, mais j'ai les yeux rivés sur la propagation de la violence à Londres. Elle a commencé à Tottenham, au Nord-Est. Un jour après est descendue presque naturellement vers Dalston et Hackney, le long de la route principale qui relie Tottenham au centre de Londres. (Route que j'ai empruntée lorsque j'ai marché de Finsbury Park à Hackney). Pour l'instant elle stagne plus ou moins à Stratford. Puis un deuxième foyer a éclaté à Brixton, population similaire, mais qui se trouve très très loin, à son opposé géométrique, genre comptez une heure de trajet.
Petite carte pour illustrer mes dires, qui doivent vous sembler très hermétiques (oh ça va c'est mal fait mais c'est artisanal hein)
Mis à part retracer le parcours de la violence, les médias n'ont qu'un mot à la bouche: mais pourquoi font-ils cela? Certains y voient une opportunité prise par la racaille de Brixton de piller toutes ces chaines qui se sont installées là mais qui restent trop chères pour eux; ça peut expliquer certains comportements (la première cible ayant été la chaine Curry's, une sorte de combo entre Vandenborre et the Phone House, qui vendaient des iPhones; suivi par des branches de O2, un réseau de téléphone qui vendait... des iPhones). Mais je pense qu'il y a une insatisfaction plus large. Quand je suis arrivée en avril, il y avait un climat de frustration ambiante à cause des réductions budgétaires du gouvernement, notamment en ce qui concerne le financement des universités. Les manifestations n'avaient rien changé, il faut dire que la culture des grèves et de la syndicalisation est beaucoup moins développée en Angleterre que dans certains pays limitrophes. Il y avait une sorte de sensation désagréable que le gouvernement, dans sa volonté de limiter ses dépenses au strict essentiel, avait comme oublié d'investir dans l'avenir de sa jeunesse. C'est mon avis personnel, mais je pense que les émeutes n'ont plus rien à voir avec des émeutes raciales comme dans les années 1980s, et comme l'incident qui les a déclenchées pourrait laisser penser; ce sont des émeutes socio-économiques, une jeunesse frustrée face à un cout de la vie croissant et à des opportunités d'avenir de plus en plus maigres. D'accord, les classes socio-économiques les plus défavorisées sont souvent racialement définies. Mais en même temps je trouve cela assez révélateur que la première des cibles ait été des magasins vendant des iPhones; symboles d'un statut social plus élevé, pouvant être revendus facilement et chers.
L'évolution? Je crois que les émeutes vont entrer vers l'intérieur de Londres via la route reliant Dalston à Angel, puis Angel à King's Cross, ou pour le dire plus rapidement, le long de la Victoria line entre Tottenham Hale et le centre. Et puis à partir du Sud depuis Brixton, de l'autre côté de la Victoria line depuis Brixton vers le centre. Pas étonnant que la Victoria line soit temporairement fermée, on va dire. Mais j'espère en même temps que je me trompe et que cela va se calmer avant d'en arriver là...
Pour votre info, la Victoria Line est la ligne bleue claire reliant le Nord au Sud de Londres.

Friday, August 05, 2011

Et sinon, la thèse, ça marche?

Avant de vous parler du fameux mariage de Charlotte et Frédé, pour lequel je vous tiens en suspense pendant une semaine, je vais d'abord vous parler de moi. Mais si, de ma personne. De un, c'est un sujet qui m'inspire, et de deux, c'est mon blog, j'ai le droit.
Petite blague à part (Diantre que je me sens d'humeur taquine), c'est surtout pour vous mettre à jour, parce qu'on me demande souvent si la thèse ça va mieux, depuis un post en avril où je me plaignais de la difficulté d'entrer en contact avec mes répondant. Je ne veux pas vous donner l'impression que ce job est absolument horrible et déprimant, hein! J'adore ma thèse, je n'y vois que des avantages. Il est vrai que chaque début de terrain est un peu difficile, mais avec du temps et de la détermination on arrive à tout...
En l’occurrence, mon terrain londonien a été un succès. Via un PV de réunion parlementaire de 2001 j'ai pu identifier un ancien chef de service qui m'a redirigé vers un responsable qui m'a redirigée vers un autre, qui s'est avérée être ze source... Puis j'ai trouvé d'autres contacts via des académiques, en lisant leurs articles puis en les rencontrant pour en discuter. Et à chaque interview que je faisais je demandais des contacts, qui ont parfois débouché vers d'autres interviews qui ont débouché sur d'autres contacts. C'est un vrai travail d'investigation, on se sent un peu comme un détective. Bon, ici, j'ai eu la chance que la majorité des anciens responsables aient accepté de me parler. Le Royaume-Uni avait le bon rôle dans toute cette histoire et personne n'était sur la défensive, c'est aussi un peu pour cela que j'avais décidé d'en faire mon premier terrain. 
L'étape suivante: la France. Je ne sais pas du tout ce que je vais y découvrir, mais qu'importe ce suspense, je pars à Paris de novembre à janvier en échange interuniversitaire avec Sciences Po. D'ailleurs, si d'aventure vous habitez à Paris et avez un canapé-lit, ou faites de fréquents aller-retour en voiture sur Bruxelles sachez que je vous aime à l'avance; mes chances d'obtenir une bourse sont jusqu'à présent assez incertaines, mais bon, en même temps au mois d'août on ne sait pas faire avancer l'administration vous allez me dire.
Bon et sinon depuis juillet et jusqu'au mois d'octobre, je suis à Bruxelles. Je n'ai plus de vacances prévues, mis à part un road trip en France à l'occasion du mariage de ma cousine. J'ai pris un nombre aberrant de kilos sans avoir forcément changé mon quotidien, et je blâme entièrement les mariages et mon séjour à Londres ayant occasionné des excès qui, ajoutés à ma gourmandise naturelle, font que je ne rentre plus dans ma garde-robe d'hiver. 
Remarquez par ailleurs la tristesse de cet aveu: garde-robe d'hiver. On va diplomatiquement dire que je ne perds pas espoir de pouvoir un jour ressortir ma garde-robe d'été en été, mais avec la météo actuelle c'est plutôt compromis.
Pour l'été prochain, je me dis qu'il faut que je fasse un grand voyage. Cela fait deux ans que je n'en ai plus fait et malgré tout, avec une semaine par ci et un long weekend par là, on ne récupère pas beaucoup... Et finalement en étant fatiguée au quotidien la productivité souffre plus que si j'étais partie une bonne fois pour toutes pendant bien longtemps. Donc si vous avez des propositions n'hésitez pas non plus, je suis preneuse!
Voilà, c'était tout pour le moment.
Ah oui, on est en plein dans la récolte des prunes chez mes parents. Vous allez me dire, des prunes, un fruit d'automne? Que voulez-vous, il n'y a plus de saisons.

Thursday, August 04, 2011

By the way, il parait que ceci serait une plante rare?

Edelweiss rose
Pour ma mère, ceci est un edelweiss rose. Pour internet, l'edelweiss rose n'existe pas... (Sorry Maman). Donc, bon. Cela reste un mystère...

Wednesday, August 03, 2011

Et sinon, en Belgique, ça marche?

Ben oui, la vie suit son cours, la famille ça va, tout ça. Voici quelques petits highlights de la semaine passée (ben oui j'ai du retard dans ce blog et je l'assume, pas de violence, c'est les vacances).
La petite Adélaïde est venue rendre visite à mes parents, qui étaient tout contents.
Adelaïde
(Babysitters gratuits, avis à ceux qui ont des bébés).
J'ai acheté full miel artisanal à une amie qui a des ruches chez elle, c'était plutôt cool, et le miel est plutôt bon (Contactez-moi si vous voulez ses coordonnées, je pense qu'elle en a encore).
Miel
Je suis hyper admirative des gens qui parviennent à faire ce genre de choses, car ma maitrise de la nature se limite bien malheureusement à ceci:
Fleurs
Il était temps vous allez me dire, depuis avril que je me dis que je vais le faire, des fraises sauvages avaient commencé à pousser dans ce bac, et un nid de sortes de mouches/abeilles/fourmis (des insectes très bizarres, en tous cas) s'y était pleinement établi. Bon malheureusement une semaine plus tard ces plantes sont en train de décéder doucement, malgré la notice pourtant claire, "balkonbloomen", je ne comprends pas. Mon coloc me dit que les campanules ont souvent besoin d'un sol plus schisteux et que bon, nos bacs ne sont pas comme qui dirait situés mi-ombre, alors c'est normal qu'elles meurent (booooo triste).
Ah et sinon mes parents ont pu temporairement accueillir Jacques et Daniel, résidus du camp louveteau de mon frère, qui sont restés là deux jours avant de partir vers le poulailler d'un de ses amis.
Jacques et Daniel
Funky crête en tous cas.

Et hopla, une petite vidéo de Walram


Walram from Bibil on Vimeo.
Il ne se passe pas grand chose dans la vie d'un bébé, ça doit être un peu frustrant à la longue.

Tuesday, August 02, 2011

La suite de la Suisse

Oui, je sais, j'ai quelques posts de retard, alors autant y aller méthodiquement et commencer dans l'ordre par celui que j'aurais dû écrire il y a dix jours.
Notre expédition dans l'Oberland étant donc tombée à l'eau (huhu - ben quoi?), nous n'avons eu d'autre choix que de retrouver ma mère qui se trouvait à Verbier, avec nos sacs trempés et nos imperméables totalement perméabilisés. Et à Verbier, devinez quoi? Il faisait beau. Enfin, plus ou moins. C'est-à-dire qu'au niveau des magasins et des terrasses il faisait beau, mais au niveau des promenades, non.
(Dgé, tu aurais kiffé grave).
Nous avons donc été forcés contre notre gré à faire des parties endiablées de Pentago (malade ce jeu, je vous le conseille fortement). Vous pouvez d'ailleurs voir que là, au tour suivant, Cédric allait gagner - à moins que ce ne soit au tour d'Alice de jouer, dans lequel cas c'était elle qui gagnait. La stratégie de Maman dans tout cela m'apparait plus qu'incertaine, mais pour son honneur, elle s'est bien rattrapée par la suite.
Pentago
Et sinon, on a aussi beaucoup mangé de fondue.
Fondue!
Et heu, nous avons pu apprécié toute la beauté des ronds de serviette.
Ahem.
Nous avons aussi quand même pu faire quelques belles balades en restant au niveau des alpages, comme par exemple du côté du plan du Fou.
D'ailleurs, là vous voyez les alpages,
Alpage
Là vous voyez le plan,
Vue depuis Mayens de Riddes
Et là vous voyez le Fou.
Le Fou
Et bon, quand vraiment il faisait dégueu, on pouvait toujours regarder le tour de France!


Tour de France from Bibil on Vimeo.

Bon mardi à tous, profitez bien du soleil, d'ailleurs vous ne devriez même pas être en train de lire mon blog, qu'est-ce que vous faites devant votre écran là?