Saturday, June 10, 2006

Cookies et MAJI party
Hier, vendredi 9 juin, anniversaire de Charlotte et Sainte Diane, nous célébrions notre deuxième MAJI party - à savoir, une fête de cours.
Pour l'occasion nous nous sommes mises à la cuisine.
Eliana a fait un tiramisu
J'ai fait des cookies MerrimanEt Wei Wei m'aidait à préparer les pépites de chocolat.
Certains d'entre nous étaient déjà partis, mais nous étions nombreux. Voici une photo des profs et élèves.Nous avons également reçu quelques exemplaires du magazine que nous avons réalisé au trimestre passé, et bien que ce ne soit pas la première fois que je le voie, je dois dire qu'il m'impressionne toujours autant. Il s'appelle Verve. C'est un magazine pour femmes, mais notre rédacteur en chef était un homme.

J'en ai bavé pour ce magazine, et je ne suis pas la seule, mais enfin, le résultat est là, devant mes yeux, en papier glossy et aux couleurs vibrantes.

Le buffet comprenait, comme d'habitude, une variété de plats internationaux dont nous ne sommes pas arrivés au bout. Personnellement, j'ai craqué sur le guacamole californien et sur la salade de pâtes égyptienne. Quand j'ai voulu goûter au tiramisu d'Eliana, tout était parti... Et mes cookies, je n'en ai pas vu l'ombre d'une miette.

Mais cela s'explique probablement par le fait que les profs en ont rafflé quelques uns en douce.

Thursday, June 08, 2006

Lunch @ Covent Garden avec Diane
Du jamais vu à Londres.
1. Il y a du soleil et il fait une p****n de chaleur
2. Diane est là
Enfin, était là, déménageant de Lancaster à Bruxelles, et munie de la plus lourde valise qu'il ne m'ai jamais été donné de porter.
C'est vrai que beaucoup de choses s'accumulent en un trimestre, et parfois on ne sait pas tout emporter avec soi quand on retourne au pays. Certains laissent à grand regret la plupart de leurs souvenirs. D'autres, comme Diane, achètent simplement une valise plus grande.
Si cette valise avait su le sort qui allait lui être réservé, elle aurait réfléchi à deux fois avant de se laisser emporter...
Lorsque je l'ai vue pour la première fois, posée gentillement aux côtés de notre chère amie, si neuve et si grande, elle était pleine à craquer. Sa fermeture éclair semblait prête à se déchirer par endroits, et elle avait du mal à se tenir droite sur ses petites roues.
"J'ai vraiment du mal à la porter"
me dit Diane. Et pour cause, la valise devait bien être plus lourde qu'elle.
Sur le chemin vers Covent Garden, la poignée s'est carrément dévissée. Pour la pousser jusque London Waterloo, cela a été épique...
Enfin sinon Diane va bien, elle est un peu triste de partir quand même. C'est sans doute la nostalgie qui l'a décidée de mettre des lunettes de mouches, tellement à la mode par ici.

Avec le retour de la chaleur, ma chambre (orientée au sud) est un vrai saunarium. Cela ne m'avait pas posé de problème durant mes longues nuits d'hiver, mais maintenant j'ai vraiment chaud, et même des douches froides à répétition n'y changent rien. Il n'y a pas un souffle de vent. Je manque d'air. Je passe des nuits d'insomnie incroyables et j'ai beaucoup de mal à me concentrer sur mon projet. Mais ça, c'est aussi probablement dû à l'ambiance de vacances qui règne depuis la fin des examens des Anglais.
D'ailleurs, si vous parcourez innocemment ma wish list, vous y verrez un ventilateur de table. Et elle, c'est Shirley, vous l'avez déjà vue lors de précédents posts. La bonne nouvelle, c'est qu'elle a déménagé dans mon flat. La deuxième bonne nouvelle, c'est qu'elle cuisine vachement bien.
La mauvaise nouvelle c'est qu'elle travaille beaucoup plus que moi et me complexe sur l'état de non-avancement de mon projet.

Ah oui et j'ai trouvé par hasard ce lien. Moi qui pensais avoir un copyright... Posted by Picasa

Wednesday, June 07, 2006

Lorsque j'ai vu deux grosses enveloppes
dans ma boite aux lettres, j'ai tout de suite su que c'était bon signe.
Une enveloppe de la London School of Economics, et une autre de University College London.
Les deux m'acceptent!
Rhaaaa! Les deux! Le même jour! Joie délirante, j'en embrassais mes flatmates, mes enveloppes, tout, même la porte de ma chambre, c'est dire.
Ce moment d'euphorie passé, une question me vient à l'esprit: mais laquelle choisir?
L'avantage d'être à la LSE, m'a dit Amaury, c'est que je pourrais suivre les cours à sa place.
Mis à part cela...
Me voici avec deux choix entre mes mains.
Main gauche: LSE, MSc European Identities
Main droite: UCL, MA European Society
La tension est à son comble. Que me conseiller?

Tuesday, June 06, 2006

Difficile de se lever
Me suis-je dit en me retournant dans mon lit ce matin. Plus difficile que d'habitude. Les yeux lourds, la bouche pâteuse, le cou raide, un petit mal de tête persistant... Décidément, quelque chose avait changé. "Un bon café" ais-je directement pensé, alors que mon corps entier ne demandait qu'un bon dafalgan.
Je me livrais à ces réflexions dans un demi-sommeil lorsque cela m'est revenu: la vodka.
Hier soir, j'ai suivi Julien dans un petit bar polonais, pour approfondir mon mémoire (bien entendu). La liste des boissons m'est rapidement apparue incompréhensible et il a fallu tout tester, un peu à l'aveuglette. Nous avons commencé par des bières: une Lech, une Carpatia, et après cela les noms ne me reviennent qu'à moitié dans les semi-brumes de mon cerveau, bien que je m'étais jurée de les retenir et avait même mis en oeuvre quelques moyens mnémotechniques. Nous avons terminé avec toutes sortes de vodka, aux fruits, au caramel, au miel, etc. Ce qui est trompeur, car le goût sucré fait oublier à quel point l'alcool est fort.
J'ai toujours admiré la capacité de Julien à se souvenir des choses les plus difficiles au moment où les verres vides commencent à s'accumuler (ce qui n'a rien à voir avec sa résistance à l'alcool beaucoup plus endurcie que la mienne). Il s'agissait en l'occurence des bases de son polonais (dzień cuie et nazdrowie), alors que la serveuse, qui parlait français, comprenait tout à fait ce que nous disions lorsque nous débattions sur la carte des boissons.

En rentrant j'ai eu quelques difficultés à trouver mon chemin dans le dédalle du métro londonien. Et j'ai même failli avoir quelques difficultés pour rentrer tout court, car j'ai attrapé de justesse le dernier métro (00:14 et non pas 00:34 comme je me l'étais imaginé). J'ai croisé par coincidence toutes les amies de la flatmate dépravée qui revenaient du pub, sans la flatmate dépravée, pour une fois. "Elle a décidé de rester un peu plus longtemps" m'ont-elles dit en échangeant des regards entendus. "Elle a raté le dernier tube" j'ai dit. "Je crois qu'elle en est consciente" m'a-t-on répondu, en insinuant qu'elle avait quelqu'un d'autre chez qui dormir. Ragot potentiel.

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Monday, June 05, 2006

De bonne heure à Dover
Midi à Canterbury
Lune nouvelle à Leeds Castle

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"Et si nous allions à Canterbury", j'ai proposé à Eliana. "Oh ou à Dover", a surenchérit Wei Wei. "OK, a répondu Eliana, si on va aussi à Leeds Castle". Et elle a trouvé un tour organisé faisant les trois sites.
C'est ainsi que samedi de tôt matin, nous nous sommes entassées dans un mini-bus avec de la carpette à fleurs sur tout l'intérieur. Le conducteur, chemise hippie et yeux digérant deux ou trois litres de bière, a la manie de commencer ses phrases par "all right, folks".
Nous commençons par les white cliffs of Dover.
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Il n'y a pas que les falaises qui y soient blanches; la mer, l'horizon, le ciel, tous de couleur laiteuse, se mélangeaient au loin. "All right, folks, look ahead, this is France", nous dit le guide. Moi, je ne vois que le brouillard.
Nous avons continués par Canterbury.
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Où que nos yeux se posent, il y avait soit un vitrail, soit une colonne, soit une gravure.
Je m'amuse à mettre en pratique ma formation d'historienne en lisant les inscriptions tombales en gothique caroline (enfin en gothique, ça c'est certain). Je mets un petit temps à réaliser qu'il s'agit de vieux français.
"Ce sont de vrais corps qu'il y a dans les tombeaux?" nous demande Wei Wei. Mouvement de recul simultané. Nous nous rassurons en nous disant que cela doit faire quelques siècles que ces éminents personnages sont enterrés.
Par contre, nous cherchons toujours la réponse à cette intrigante constatation: comment cela se fait-il que nous voyons si bien la couleur des vitraux de l'intérieur, mais pas de l'extérieur?
"All right folks, time to head to Leeds Castle", nous dit le guide.
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"Mais pourquoi Leeds Castle ne se trouve-t-il pas à Leeds?" demande Eliana au guide. Une question auquelle lui-même n'avait encore jamais songé. Probablement s'agit-il de deux endroits portant le même nom, répond-il. Deux endroits sans lien apparent entre eux.
En traversant le parc je me suis dit que cela ressemblait à un lieu de vacances familiales Regout: Dégustation de produits locaux pour Papa, jardin botanique pour Maman, des vieilles pierres pour Eliane et moi, un terrain de golf pour Alice, et des canards à "grincer" pour Guillaume.
"J'ai chaud", se plaint Eliana. "Enlève ton pull", lui répond-on. "J'ai pas l'énergie" dit-elle. "Il fait trop chaud". Wei Wei, elle, a déjà enlevé ses chaussures. Même moi dans mon t-shirt d'été je n'en peux plus. Du jamais vu en Angleterre.
Nous pensons un instant nous jeter dans les douves pour nous rafraîchir, mais un simple coup d'oeil à la couleur de l'eau nous en a dissuadés. D'autant plus qu'il n'y avait pas de lifeguards (et qui plus est, aucun jeune homme musclé et avenant) dans les environs.
L'intérieur du château est plus frais, bien décoré, si ce n'est une resplendissante carpette à fleurs. Mais pourquoi, pourquoi les Anglais mettent-ils toujours de la carpette immonde dans les intérieurs? Avec toute la pluie qu'ils ont, pourtant, ça doit être un enfer à nettoyer, et un nid d'humidité. Nous avons débattu de la question toute l'après-midi et avons simplement conclu que les Anglais avaient mauvais goût. Toute autre réponse à cette question est la bienvenue.
"All rights folks, time is running out", nous dit le guide, trop heureux de pouvoir retourner à sa Guinness ou à son wisky sitôt sa mission accomplie.
Wei Wei et moi dormons sur tout le trajet du retour, terrassés par cette journée de visite. Eliana, elle, passe près d'une heure et demie au téléphone. Derrière nous, un homme ronfle. "Hey folks, any American in this car?" nous demande le guide. Réponse négative. "That is why it is so quiet" conclut-il.
PS: Merci à Diane, F-Red et Seb pour m'aider à télécharger de la musique. Ensemble nous pouvons lutter contre le puissant firewall de mon université.

Sunday, June 04, 2006

One string
becomes two
becomes three
then suddenly many
jumbled together
a confused mass
from all over
pulled and strung
slowly woven
each piece begins to fit
complimenting one
enhancing another
pieced together
securely united
into something new
but only temporary
after being so tightly knit
things unravel
one string comes lose
then two
then three
then suddenly many
fall into a new pile
starting over
to be woven anew
once more
Alec, qui a écrit ce poême, est la première des ficelles "to come lose".
Il retourne chez lui demain, aux USA. Nous avons fait une fête dans sa cuisine, rassemblé des plats de tous les pays, rit une dernière fois, puis on s'est dit au revoir. "Let's say goodbye like if we were gonna see each other tomorrow", a-t-il dit. On s'est promis de garder le contact.
Je ne le reverrai probablement plus jamais.
La semaine prochaine, d'autres partiront. Bien sûr, les premières semaines, les emails afflueront. Je lirai leurs blogs de temps à autres. Mais d'ici un an, que saurais-je de leur vie? Et d'ici une dizaine d'années, auront-ils changé? Me préviendront-ils quand ils se marieront, auront des enfants? Leur parleront-ils de moi?
Et moi, parlerais-je encore d'eux?
C'est tellement étrange de penser que nous allons de nouveau nous retrouver disséminés de par le monde alors que nous avons été si proches. Rassemblés pour une année irréelle, que le temps va emporter. Ce que nous avons vécu si intensément ne sera plus que des souvenirs. Je finirai par les oublier.
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Friday, June 02, 2006

Journée de routine
...Internationalité de rigueur à WestminsterUniversity

Je ne pensais pas sortir de chez moi, lorsqu'en début d'après-midi s'est improvisée une pause Cappuccino avec amis japonais, français, indiens et libanais. La conversation? Tourne autours des sushis, principalement, et je rencontre par la même occasion la mère de Kanako en visite à Londres

Je me dirige vers la newsroom pour réaliser quelques interviews (dont le préfixe national commençait par +352, Dieu seul sait quel pays j'ai appelé), et discute quelques instants avec des amies du Kenya et d'Indonésie. Nous improvisons une petite sortie, le soir, avec des Indiennes et une Iranienne, au restaurant Thai où, finalement, nous mangeons Malaysien. Le débat principal était de déterminer l'accent international le plus sexy en Anglais. Dans la bouche d'une femme, c'est le français, mais dans la bouche d'un homme, c'est l'Espagnol d'Argentine. Il ne me reste plus qu'à trouver un Argentin, était la conclusion.


C
A
D
E
A
U
KITSCH

A gagner. Combien de nationalités différentes ais-je cotoyé aujourd'hui?
Question subsidiaire:
A quel pays renvoie le préfixe +352?



Je rentre chez moi, accueillie par un vrai festin grec, pendant que les fumeurs de joints squattent l'autre cuisine avec leurs amis camés. Je discutte avec les Grecs de politique chinoise, goute leur feta et leurs petites brochettes, tout en me servant un thé, cette fois-ci, bien anglais.

Fête, un des fumeurs de joints/voleur de vaisselle est retourné dans son pays cet après-midi. Il est parti en catimini et j'ai définitivement perdu tout espoir de revoir mes verres manquants. Le dealer s'en va d'ici la fin de la semaine. Et un autre fumeur de joints/amateur de porno va aussi dégager. Ca en fait trois de moins, et au moins le double de leurs amis camés qui ne viendront plus, sauf je suppose ceux avec qui la flatmate dépravée a fait plus intime connaissance.

Pour ajouter à ces bonnes nouvelles, je ne suis plus expulsée de ma chambre. Nous avons tellement protesté que plus personne ne bouge au troisième étage. C'est le troisième étage qui est déménagé chez nous. Eux, ils n'auront pas le temps de protester; dès demain, leur cuisine est nettoyée à fond et ils doivent avoir tout emballé.

Thursday, June 01, 2006

J'ai rencontré ma Promotrice
Elle s'appelle Kiki, bien que je doute qu'il s'agisse de son vrai nom.
D'une voix aux intonations théâtrale, elle me demande d'emblée: "Aimes-tu l'opéra?" Un peu déconcertée, je réponds par l'affirmative. "Que le monde est bien fait! Moi aussi, j'adore l'opéra", me répond-elle, prenant la pose d'une cantatrice et commençant à chanter. Son agenda, j'allais le découvrir plus tard, ne mentionne que les dates de prochains opéras joués à Londres.
Elle jette un coup d'oeil à mon projet et à mes premiers articles. Elle hésite, fait la moue, puis me déclame en une seule tirade: "Il faut que tu les rendes plus fort. N'aies pas peur de dire ce que tu veux dire. Sois franche. Sois désagréable. Sois méchante. Je veux que le lecteur se sente proche des gens que tu décris. Je veux qu'ils aient le goût du sang dans leur bouche."
L'article parle des peurs que cause l'immigration. L'immigration, Kiki connait bien, ses parents Italiens ont immigré à Philadephie, où elle est née. Et ses grands-parents italiens, restés au pays, la prévenaient: "Ils me disaient de faire attention aux gypsies. Ils me disaient que si je sortais seule le soir ils allaient m'attraper et me vendre." Mais Kiki ne voyait pas de quoi ses grands-parents voulaient parler, puisque des gypsies, elle n'en voyait pas beaucoup à Philadelphie.
Elle me demande ce que je souhaite faire plus tard. Quand je lui répond, journaliste européenne, elle s'arrête dans son mouvement, me dévisage et s'exclame: "Quelle ambition!", prenant à témoin les étudiants travaillant dans la pièce où nous parlons. Elle survole mon projet et arrête de rire en me disant: "Et ça, c'est un sujet difficile". Elle se jette en arrière sur son siège, roule les yeux et déclare, levant les bras aux ciel, "moi, je n'ai jamais eu beaucoup d'ambition".
Sa carrière, elle l'a commencée à New York, où elle était actrice. Terrible compagnie de théâtre, mais trépidantes aventures. Elle voulait juste vivre sa vie de la façon la plus glamour qu'elle puisse trouver. Puis un soir, lors d'une fête fort arrosée, un homme lui a demandé: "Peux-tu écrire de la façon dont tu parles?" "Bien sûr, bien sûr", me mime-t-elle en faisant le geste de porter une cigarette à sa bouche. Le lendemain, elle était journaliste.
Cela me semblait un peu bizarre, d'être assise là, ayant quarante années de moins qu'elle, et de la sentir plus jeune que moi.
A propos, Eliane, Sophie et Strepy, je vous conseille de regarder vos boites aux lettres attentivement pour l'arrivee de vos cadeaux kitschs