Thursday, June 01, 2006

J'ai rencontré ma Promotrice
Elle s'appelle Kiki, bien que je doute qu'il s'agisse de son vrai nom.
D'une voix aux intonations théâtrale, elle me demande d'emblée: "Aimes-tu l'opéra?" Un peu déconcertée, je réponds par l'affirmative. "Que le monde est bien fait! Moi aussi, j'adore l'opéra", me répond-elle, prenant la pose d'une cantatrice et commençant à chanter. Son agenda, j'allais le découvrir plus tard, ne mentionne que les dates de prochains opéras joués à Londres.
Elle jette un coup d'oeil à mon projet et à mes premiers articles. Elle hésite, fait la moue, puis me déclame en une seule tirade: "Il faut que tu les rendes plus fort. N'aies pas peur de dire ce que tu veux dire. Sois franche. Sois désagréable. Sois méchante. Je veux que le lecteur se sente proche des gens que tu décris. Je veux qu'ils aient le goût du sang dans leur bouche."
L'article parle des peurs que cause l'immigration. L'immigration, Kiki connait bien, ses parents Italiens ont immigré à Philadephie, où elle est née. Et ses grands-parents italiens, restés au pays, la prévenaient: "Ils me disaient de faire attention aux gypsies. Ils me disaient que si je sortais seule le soir ils allaient m'attraper et me vendre." Mais Kiki ne voyait pas de quoi ses grands-parents voulaient parler, puisque des gypsies, elle n'en voyait pas beaucoup à Philadelphie.
Elle me demande ce que je souhaite faire plus tard. Quand je lui répond, journaliste européenne, elle s'arrête dans son mouvement, me dévisage et s'exclame: "Quelle ambition!", prenant à témoin les étudiants travaillant dans la pièce où nous parlons. Elle survole mon projet et arrête de rire en me disant: "Et ça, c'est un sujet difficile". Elle se jette en arrière sur son siège, roule les yeux et déclare, levant les bras aux ciel, "moi, je n'ai jamais eu beaucoup d'ambition".
Sa carrière, elle l'a commencée à New York, où elle était actrice. Terrible compagnie de théâtre, mais trépidantes aventures. Elle voulait juste vivre sa vie de la façon la plus glamour qu'elle puisse trouver. Puis un soir, lors d'une fête fort arrosée, un homme lui a demandé: "Peux-tu écrire de la façon dont tu parles?" "Bien sûr, bien sûr", me mime-t-elle en faisant le geste de porter une cigarette à sa bouche. Le lendemain, elle était journaliste.
Cela me semblait un peu bizarre, d'être assise là, ayant quarante années de moins qu'elle, et de la sentir plus jeune que moi.
A propos, Eliane, Sophie et Strepy, je vous conseille de regarder vos boites aux lettres attentivement pour l'arrivee de vos cadeaux kitschs

4 comments:

Anonymous said...

à Londres, on rencontre toutes sortes de gens... il y en aurait même des normaux, si on cherche bien.. Bref, j'attends tes prochains commentaires sur KIKI.

Anonymous said...

I know Kiki! She's a funny person.Well, she's different, but I like her ;))

Anonymous said...

'lut biboule,

U are simply the funniest. Me suis bien marrée en lisant toute ta 1ere page. 1 conseil : l obsession complique le regime.
Vu que je suis rentree tôt en Belgique, ca me donne envie de te rendre visite SI ca t arrange. Mais les we de juin je suis une petite formation donc il reste les semaines. Je dois trouver du boulot aussi. Bonne m, t as pas dit ton sujet de memoire? Gros kiss, Diane M

Anonymous said...

COOL pour le Kdo!!! J'attends avec impatience! un peu de gaieté pendant ces exams qui commencent mardi pour moi!!