Monday, May 05, 2008

La plus grande peur de Bibil concrétisée

Je vais commencer par une petite définition.
PHOBIE.
Selon internet, les phobies sont des terreurs irrationnelles et obsédantes de certains objets, animaux, ou situations. En gros, une peur panique de quelque chose qui, objectivement, ne présente aucun danger pour ma vie, mais que je perçois comme une menace nucléaire.
Voilà. Et moi, ma phobie, c'est tout ce qui pique. Dans l'ordre des priorités:
1. Les guêpes
2. Les seringues
3. Les abeilles
Et bizarrement, ça s'arrête là, car les moustiques et les araignées je sais les écraser sans qu'ils me piquent et les objets domestiques (épingles, couteaux) c'est en général moi qui les manie.
Jusqu'à mes 20 ans, je faisais des crises de panique incroyables en présence d'un de ces objets (souvent en public (ce qui était fort gênant j'en convient (surtout pour les gens qui m'accompagnaient))). Les épisodes épiques incluent une lutte pour ma survie à force de coups et de cris contre les médecins qui voulaient me faire le vaccin contre la fièvre jaune (12 ans); quand je me suis mise à pleurer devant toute ma classe de secondaires pendant un test de dépistage (14 ans); la fois où je me suis enfermée dans une tente en pleurant parce qu'il y avait des guêpes sur mon assiette (18 ans); ou la fois où j'ai sauvé la vie de la fille que je babysittais en l'arrachant de façon extrême à son berceau quand une guêpe s'est approchée d'elle à moins de 5 mètres (20 ans).
C'est un peu contraignant au quotidien, je l'avoue. En été j'évite de manger dehors MÊME quand il fait 40°C à l'ombre, parce que la nourriture attire les guêpes. Par cela j'inclus aussi les boissons sucrées et les glaces. Mon plus grand rêve, quand j'étais enfant, c'était d'avoir un super-pouvoir qui tuait les insectes à un rayon de 1 mètre de mon corps, pour que j'arrête d'avoir peur de me promener dehors. Même maintenant je n'ose toujours pas m'approcher d'un parterre de fleurs en été ou me balader pieds nus dans l'herbe. L'été est une saison horrible. Surtout quand je pars en vacances dans un endroit où il y a des guêpes: je reste enfermée dans ma chambre. L'hiver, quand il gèle, ma seule pensée c'est que ça va peut-être tuer des guêpes dans leur sommeil. Je sais, c'est obsédant.
Je suis aussi en retard pour tous mes vaccins et quand je sais qu'une prise de sang arrive je commence à stresser une semaine à l'avance au point de ne pas savoir dormir la nuit la veille.
Bref.
Tout ça pour dire qu'il y a une semaine j'ai trouvé une abeille morte dans ma salle de bain. (Bruits stridents de violons qui crissent).
Les abeilles c'est moins vicieux que les guêpes parce qu'elles meurrent une fois qu'elles ont piqué l'adversaire, ce qui doit les faire réfléchir à deux fois avant de passer à l'acte, quoiqu'avec un cerveau de cette taille on se le demande bien. J'ai légèrement paniqué, pris un morceau de papier WC, ramassé le corps, balancé dans les WC, chasse d'eau (tant pis pour Kyoto, dans des situations pareilles l'urgence nécessite de grands moyens) et l'abeille a rejoint la tasse quelque part dans les canalisations.
Puis je me suis mise à tegiverser des divers moyens par lesquels cette abeille avait atterri là, la pire hypothèse étant un nid dans la maison, la moins pire consistant à dire qu'elle était venue par le trou d'aération, mais au final cela rejoignait la pire des hypothèses car cela voulait peut-être dire un nid dans le système d'aération.
Bref.
Avant-hier j'ai trouvé une deuxième abeille. Oui, j'ai aussi paniqué.
Et hier soir. Oui, hier soir. J'ai déplacé ma trousse de toilette et j'ai découvert un CORPS DE GUEPE juste en dessous. J'ai fait un bond de 10 mètres, j'ai courru hors de la pièce, c'était l'apocalypse totale, ma main avait approché une guêpe à quelques centimètres. Ma première réaction était de checker s'il n'y en avait pas une de vivante quelque part (mais étant sûre que non, parce que depuis le temps mon ouïe s'est surdéveloppée pour détecter le bourdonnement d'une guêpe à 100 mètres).
Il m'a fallu quelques exercices de respiration pour calmer ma panique parce que même inanimée, une guêpe reste une guêpe. Rien que d'imaginer que cette chose a été vivante dans une pièce que je fréquente tous les jours, et pire, qu'il s'en était peut-être fallu de peu pour qu'elle ait encore été vivante au moment où je me suis brossée les dents (sans parler de l'hypothèse qu'elle ait pu toucher la brosse à dents que je venais d'utiliser), et bien, j'en avais des sueurs froides.
Il m'a fallu énormément de courage pour prendre la chose inanimée avec du papier WC, la balancer dans ma cuvette et tirer la chasse de façon violente deux ou trois fois d'affilée au risque d'éveiller les soupçons de mes colocataires.
Damned.
Je ne sais plus que faire.
Je ne peux pas continuer à éviter ma salle de bain, il va bien falloir que je me lave un jour.

3 comments:

Anonymous said...

Il faut affronter ses peurs, Sybille. Pourquoi ne pas massacrer toutes ces bestioles, même si elles sont déjà mortes? Je te jure que ça fait un bien fou. On développe un sentiment de puissance vis à vis de ces créatures et la phobie s'atténue. C'est comme ça que je me suis à peu près guérie de ma phobie des araignées.

Sinon, c'est quoi, ces nouveaux systèmes de sécurité pour poster nos commentaires?

Anonymous said...

Je compatis Sybille, phobie je connais, des qu'il fait un peu humide, c'est le moment ideal pour les bebetes (a noter que je ne peux ni prononcer, ni ecrire, ni lire le dit mot, et donc garder cette page ouverte en sachant que mon regard peut tomber sur le dit mot ecrit a moins de 20cm de mes yeux me fige)de rentrer dans le chaumieres via les tuyaux et d'atterrir dans les eviers, douches et bains...

Anonymous said...

dimanche, j'étais à Anvers et j'étudiais sagement, mais j'entendais des bruits d'abeille coincée, ce qui m'angoissait déjà fort... Mais comme je ne la voyais pas (j'ai quand même cherché) j'ai conclu qu'elle devait être dehors. Quand tout à coup, elle a surgi de nulle part, elle était ENORME! J'ai couru chercher Cédric qui, stoïquement, a chopé un essuie, avec lequel il a enfermé l'abeille et en l'écrasant à moitié, puis il l'a foutu dehors. Il parait qu'en fait les trous du plafond pour les ampoules sont directement liées au grenier et que les abeilles viennent de là...