Le boulot, c'est la mort du blog
Il y a des gens qui arrivent à combiner blog et boulot. Des superhéros de la vie moderne qui passent leur journée devant leur PC, qui rentrent, et passent leur soirée... devant leur PC. Ou bien des gens qui se sentent suffisamment inspirés que pour écrire pendant leurs heures de travail.
Mais comme le dit si laconiquement mon titre, c'est quelque chose que je n'arrive pas à faire. Disons que proofreader une fiche technique en y ajoutant des <> ou des <> ne réveille pas en moi mon génie littéraire. Forcément, le blog s'en ressent, et je m'en excuse à mes fidèles lecteurs: ce n'est que temporaire.
Je n'avais jamais réalisé à quel point un job pouvait être prenant. Je passe mes heures de travail à planifier mes heures de loisir, et je passe mes heures de loisir à penser à mes heures de travail. A l'instant par exemple, je suis en train de me dire que c'est dimanche, et que lundi je dois retourner faire des tags html. Et ça ne me donne même pas envie d'aller dormir, même si je suis fatiguée, parce que je sais ce qui m'attend au réveil. J'ai reçu mes points de la LSE comme j'aurais reçu les minutes d'une réunion. Lorsque les gens me félicitaient, j'étais la seule à ne pas partager leur joie. Je n'arrive plus à me sentir enthousiasmée par rien, je suis juste fatiguée de tout. Mon niveau d'ennui et d'angoisse déborde sur toutes mes autres émotions.
J'avais imaginé la sortie de l'université sous beaucoup d'angles mais pas sous celui-là. Je n'aurais jamais pensé qu'il serait si difficile de trouver du travail... Si difficile de trouver quelque chose que j'aime bien faire, si difficile de savoir ce que je veux faire. Je suis à ce stage IT/Web parce que je n'ai trouvé rien d'autre. J'entend toute la journée les "tout le monde doit passer par là", même si je sais pertinemment bien que cela ne me mènera nulle part.
"Chaque boulot a une partie ennuyeuse" m'a dit un collègue de travail. "J'aime mon travail, même si j'estime la partie chi*nte à 30% de ce que je fais". Oui, mais est-ce normal que pour moi, la partie chi*nte soit à 90%, dans le seul but de faire diminuer cette proportion chez mon maître de stage?
J'ai donc donné ma démission pour fin novembre.
Et je dois dire que même si je déteste ce boulot, je me sens très coupable de le quitter. Tout d'abord à cause de la réaction que cela a suscité au travail quand je l'ai annoncé, mais surtout parce que je ne sais pas ce qui viendra après. Même si je n'aimais pas la raison pour laquelle je me lèvais tous les matins, il y avait au moins une raison.
Depuis que j'ai terminé mes études, je n'arrive jamais à imaginer de quoi mes journées seront faites un mois plus tard. C'est angoissant, et surtout, c'est usant.
2 comments:
J'ai vécu cette situation pendant près de trois mois... en juin j'avais décidé de quitter l'enseignement...marre de donner quelques heures de cours de grammaire à des mômes de 13 ans qui n'en avaient que faire... mais que faire d'autre justement??? Quel job pourrais-je bien décrocher avec ma licence en histoire et mon master en développement. travailler dans une ONG, sur le développement??? Utopie! Pas assez d'expérience ou alors stage non rémunéré...avec le loyer à payer le stage n'était pas envisageable. Et finalement j'en ai trouvé un de job! Un chouette job même avec plein d'avantages, un bon salaire, des perspectives d'avenir et même un travail intéressant! Alors si j'ai un conseil à te donner: ouvre tes perspectives et tes horizons! Je travaille au spf économie, je n'aurais jamais cru ça il y a deux ans! Avec ton CV tu trouveras certainement rapidement (dans un mois ou deux) un job intéressant mais peut être pas dans une ONG ou un think tank...
Dans tout les cas je suis de tout coeur avec toi et comprends tes impressions de "vide" et tes angoisses!! Et pour te remonter le moral, tu es tjs la bienvenue à Tournai pour un bon petit plat!!!!
Look at my blog! It's near dead, though I try to update a bit more tonight...
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