Monday, July 23, 2007

Eblouissements
C'était samedi après-midi, au mariage de mon cousin. J'étais debout dans un jardin belge, sous le soleil de l'été, un petit verre de champagne à la main. Juste après que j'aie dit au revoir à Londres. Après, juste après ces deux semaines folles où j'étais dehors tous les soirs, pour dire au revoir aux personnes et aux lieux que je laissais derrière moi. Après les lendemains où pendant toute la journée, je m'enfermais en bibliothèque pour courir derrière mes bouquins, me casser les yeux sur un écran d'ordinateur et photocophier des pages par milliers. Après que j'aie emballé ces photocopies dans des cartons avec le reste de mes affaires. Après que j'aie mis ces cartons dans une voiture, et après que j'aie traversé la Manche dedans. C'était après tout ça, les au revoir, le travail, le déménagement, après que je me sois soudainement retrouvée à Bruxelles, en plein soleil alors que Londres s'innondait. Après une nuit dans mon ancien lit, me demandant pour combien de temps j'y resterais cette fois.
Je n'étais plus habituée à toutes ces heures debout à parler de personne en personne et je commençais à sentir la fatigue de ces deux semaines de course me rattraper. Et d'un seul coup c'est venu. "Je m'assoierais bien", j'ai dit. J'ai regardé autour de moi, pas de siège, j'étais dans le jardin. "J'ai vraiment besoin de m'assoir". Je sentais mes jambes me lacher. Je me suis dit que j'allais viser la ballustrade à trois pas de moi. Sauf que le troisième pas je ne l'ai jamais fait: après un pas ma vision a commencé à se brouiller, et après deux pas j'étais par terre. La seconde d'après, ma mère était là, et Bernadette, qui est infirmière, me mettait les jambes en l'air. J'avais les yeux ouverts mais je ne voyais plus rien; j'entendais tout mais je ne répondais pas.
Et puis une fois allongée le sang est retourné vers ma tête et j'ai recommencé à voir.
Ma première chute de tension se terminant en syncope.
On m'a amenée à l'intérieur et on m'a fait m'assoir. J'ai tenté l'humour en disant à ma mère qu'elle aurait dû voir sa tête quand elle est arrivée, même si en réalité sa tête je l'avais devinée plus que je ne l'avais vue. C'est ma tête à moi que j'aurais dû voir, m'a-t-on répondu: blanche comme de la pierre, et les lèvres bleues.
Bernadette et Macy m'ont ramenée chez eux et m'ont dorlotée comme jamais. Aaaah que voici donc l'occasion de les remercier publiquement! Ils m'ont allongée sur un canapé avec une couverture, des tartines, du thé, puis un bon repas, servis sur des petits plateaux garnis et avec un bon DVD à la télé. Puis au bout de trois heures de squat je ne me sentais toujours pas mieux alors ils m'ont ramenée chez moi et je suis allée dormir. Pendant longtemps.
Le lendemain ça allait mieux, mais depuis la chute de tension s'est transmise à ma connection internet qui s'évanouit à intervalles réguliers de 7 minutes.
Voilà pourquoi vous n'avez pas de mes nouvelles, désolée... Encore une fois je privilégie mes heures de sommeil sur ma vie sociale. Buuuuh je suis pas drôle des fois.
Un jour j'aurais comme ça trois heures miraculeuses qui me tomberont du ciel et je pourrai me mettre à jour.

2 comments:

Esmeralda said...

Coucou, j'espère que tu vas mieux... Repose toi bien, respire à fond!
Et puis ça suscite tjs des réactions bizarres comme l'avant dernière fois, j'étais dans un bar à Bxl, et un gars voulait me faire du bouche à bouche, quel imbécile ou quel profiteur?!!lol

Anonymous said...

Pauvre Sybille! Bon rétablissement! Au moins tu as du soleil, pas comme ici. A bientôt sur msn, quand ta connection sera plus en forme!