Wednesday, February 10, 2016

Rendue!!!

J'ai l'immense bonheur de vous faire part de la naissance de Thèse, déposée le mardi 9 février à 14h18. Elle fait 374 pages en Calibri 11. La maman se porte bien et est ravie!

Quelle beauté.
Mis à part les jeux de mots évidents sur la durée de la grossesse, la douleur de l'accouchement et la menace du baby blues, qu'est-ce que cela fait de rendre sa thèse?
Et bien, curieusement, ce n'est pas ce qu'on imagine. Moi j'avais en tête la sensation de soulagement instantanée, avec les cieux qui s'ouvrent et la lumière céleste qui éclaire mon oeuvre alors que m'envahit un sentiment de liberté débridée. Et en fait, c'était comme si j'avais rendu un chapitre: c'est clair que c'est cool, mais c'est une étape. Il parait qu'il faut plusieurs jours pour réaliser que non ce n'est pas une étape, en vrai c'est terminé. Et là, devant tout ce temps libre, apparemment on est déchiré entre le baby blues et le syndrome de Stockholm: la thèse nous manque, sans elle on ne sait pas quoi faire, sans elle on n'est rien.
Je ne sais pas si ça va me concerner, ceci dit, j'ai tellement de choses à faire! Je n'ai pas trop l'occasion de ralentir le rythme. J'ai mes cours de néerlandais intensifs, la recherche d'emploi, les travaux que je dois finir (depuis juillet), la rétrospective, sans doute un bon grand rangement de fond de ma maison, et surtout... je vais pouvoir ressortir ma machine à coudre. Et puis je suis tellement contente de ne plus rédiger, je ne vois pas trop comment ça pourrait me manquer, enfin pas tout de suite en tous cas.
Par contre, ce qui va être bizarre, c'est récupérer la notion de weekend. 
Avant, je faisais quoi de mes weekends? (de la couture je crois?)

Wednesday, February 03, 2016

Posons-nous autour d'un petit feu, voulez-vous

Ambiance du mercredi soir.
Vous pouvez aisément déduire de cette photo: 1. que si j'ose vous la montrer, c'est que ceci répond à mon concept de "rangé"; et 2. quel est l'endroit de ma place dans le canapé, de par la localisation des chiens et de mon ordinateur. Ce soir je travaille non pas à ma thèse, non pas à mon cours de néerlandais, mais bien à un entretien d'embauche. Ahlala que ce sera bien quand je pourrai un peu lever le pied! Ce qui, entre nous, est prévu. Oui, c'est prévu pour vendredi, c'est-à-dire pour quand je chopperai la grippe, juste à temps pour mon entretien et pour les tous derniers jours de ma thèse. Non mais je le sens que ça va se passer comme ça. Je le sais. J'en suis certaine. 
Mais soit.
En attendant la libération, je voulais partager avec vous deux informations cruciales.
Elles concernent toutes les deux la couture.
(Mais revenez! Vous ne savez même pas ce que je vais dire!)
Tout d'abord, je voulais vous faire part de l'ouverture d'une chouette boutique de tissus à Bruxelles, à proximité de la rue des Tongres: Chipote et Papote. J'étais déjà très fan de la boutique en ligne, et maintenant les tissus sont aussi disponibles dans une boutique physique! Séverine, qui est derrière ce projet, est très dynamique, se donne à fond pour vivre son rêve et je trouve que ça mérite tous les encouragements du monde... Vous pouvez suivre de nombreux ateliers sur place, par exemple pour faire des tote bags, des trousses, mais aussi des blouses ou des robes! Checkez sa page facebook et vous y verrez sans doute du made by Bibil dans l'album du fan club :-)
Et ensuite, une seconde info, et non des moindres: une de mes amies participe à l'émission Cousu Main. Si vous ne connaissez pas, c'est un concours pour couturiers amateurs, un peu comme Le Meilleur Pâtissier mais version couture. Je vous assure que ça en vaut le détour, il ne faut pas spécialement savoir coudre pour suivre! C'est déjà la seconde saison, et les émissions sont disponibles sur M6 Replay (particulièrement l'épisode deux qui est top!). Avec mes potes de couture (oui, j'ai des potes de couture) on ne parle quasiment que ça et j'y ai même converti ma soeur, c'est dire comme c'est l'émission tendance du moment... 
Mais au delà de l'émission, c'est Astrid qu'il faut remarquer! Car en effet, ce n'est pas tous les jours qu'une de ses potes de couture (car oui, je vous l'ai dit, j'ai des potes de couture) se retrouve dans cette émission! Vous connaissez déjà Astrid par sa société Cute You're qui confectionne des accessoires pour enfants. Son rêve est de lancer sa marque de vêtements pour enfants, et vu comme elle cartonne, elle est bien partie pour y arriver... Ou en tous cas d'atteindre la finale! Parce qu'il faut quand même reconnaître qu'elle a une concurrente redoutable, qui ne se démarquait pas au début mais qui commence à prendre de l'assurance, et je commence à avoir un peu les chocottes, quel suspense dites donc. Bref, allez-y, regardez-vous le premier épisode, puis pourquoi pas le second parce qu'il est très chouette aussi, et de fil en aiguille, vous verrez.. 
Allez, je conclus avec la superbe jupe plissée de l'épisode 2 (prise de la page facebook de Cousu Main)
Ma Chéééééééérie c'est magnifaïque ce que tou as fait de ce tissou mémérisant! (Parce que c'est Cristina Cordula qui présente l'émission, si vous vous demandez).
Le prochain post vous annoncera ma remise de thèse! (Ou la grippe, en désespoir de cause).

Friday, January 22, 2016

Mais où est passée Bibil?

Je vous rassure, je suis vivante! Mais j'ai été relativement absente de la blogosphère à cause de la conjonction de deux facteurs importants:
1. J'ai commencé des cours de néerlandais intensifs, 3h30 par jour + les devoirs et l'étude; mais aussi
2. Je suis en train de terminer ma thèse!
Enfin, quand je dis terminer ma thèse... Je veux réellement dire que je suis en train de terminer les modifications de mon manuscrit selon les conseils que m'a donnés mon promoteur, manuscrit qui était déjà le manuscrit numéro 2, pour rappel. Puis je lui soumettrai mon manuscrit numéro 3 pour approbation, et là on verra si je suis vraiment près ou loin de la terminer... Parce qu'il y aura d'office un numéro 4, ne nous leurrons pas... Ce qui me donne envie de vous partager ce PhD Comics très approprié:

Mais l'important est que chaque jour qui passe me rapproche du Saint Graal, à savoir le cachet de l'administration sur mon manuscrit, ce qui officialisera le moment où cette thèse quittera le giron familial pour aller dans la cour des grands. Au bout de 6,5 ans je pense que la comparaison se vaut. Sérieux, j'ai des potes qui ont eu des enfants au même moment que mon début de thèse, et le fait de les savoir déjà en primaire, comment dire...
Et aussi, j'ai des estimations de dates! En théorie, je devrais rendre mi-février, pour une défense en avril-mai (selon les disponibilités du jury). Alors non, je n'ai pas encore de date précise. Et encore moins de lieu, et clairement je n'ai pas encore planifié ma fête de fin de thèse. Mais j'ai un jury, c'est déjà pas mal. D'autant plus que je suis parvenue à avoir un des pontes de ma discipline, ce qui me rend en même temps fière (waw! ça claque!) et nerveuse (oui mais... si il me détruit?). Et en fait, plus je progresse dans l'écriture, et plus j'ai l'impression que la qualité de ma production, disons... Comme le disait "Vie de thésarde", à l'époque...

Là, j'en suis au stade de la flaque. Le rafistolage, c'était l'étape d'avant. Le sentiment est un peu, comment dire...
Bref, pour vous dire à quel point je suis sérieuse, j'ai rangé ma machine à coudre (!!!!!!) et plus de couture jusqu'à la remise. Sauf les cours, parce que sinon je suis paumée par rapport au reste du groupe. Et sauf Cousu Main, parce que là c'est pas pareil, je regarde de la couture, je n'en fais pas. Ce qui est exactement le même type de torture que de regarder le Meilleur Pâtissier quand on est au régime.
Mmmmh, pâtisserie...

Sunday, January 03, 2016

Et bonne année, hein!

Aaaah que voici venu le moment d'une année nouvelle... Un moment de réflexion et d'évaluation sur l'année écoulée, des résolutions sur la façon de s'améliorer, de viser à la perfection, d'atteindre les étoiles... Ou alors simplement la survie à un mois entier de bonne nourriture et boissons trop abondantes. Raclettes, tartiflettes, croziflettes, foie gras et autres viandes en sauce, enfin bref, c'est le moment où on roule sur une nouvelle couche de gras quand on se tourne dans son lit, et où les blogs de cuisine vous proposent du light et du détox.
Il est fréquent dans les conversations de cette année, 1. de se souhaiter la bonne année à outrance jusqu'à l'envie de défenestration, et 2. d'exposer ses bonnes résolutions. D'un côté, il y a ceux qui disent qu'ils ne prennent pas de résolution, que leurs résolutions c'est toute l'année (lire: ils n'ont pas le foie suffisamment en crise pour lâcher le champagne et le canard au calvados). Et d'autres qui tentent quand même de se fixer un objectif. Pour ma part, ma fin de thèse et ma gastrite ont décidé pour moi des restrictions gastronomiques et festives de 2015 et de me faire vivre en ascète pour la majeure partie de l'année. D'ailleurs je pense qu'on peut le dire sans crainte: l'année qui vient de s'écouler n'a pas été ma meilleure. J'ai dû apprendre à vivre seule. J'ai dû terminer ma thèse. J'ai été en crise de mars à octobre, avec gastrite, sciatique, tendinite, et même si en relativisant on réalise que rien de cela n'est mortel, vivre avec la douleur jour et nuit pendant six mois, ce n'est pas de nature à vous rendre le moral guilleret. En bref, j'en ai bavé. L'année se termine sur une note positive, cependant, puisque j'ai une réelle perspective de rendre ma thèse, et que je pourrai enfin passer à autre chose, et je l'espère me trouver un emploi assez rapidement. 
Mes bonnes résolutions, une fois ma thèse rendue, sera de retourner à la vie sociale, quitte à limiter la couture s'il le faut (arg! drastique!). Il est vrai que la plupart des occasions sociales tournent autour de la nourriture et des boissons, le plus souvent le soir, et quand on a eu une dure journée, il faut vraiment se forcer. On est vite tentés de se faire une soirée canapé. Ma thèse n'est pas encore rendue, ma gastrite est toujours là, et j'ai toujours piscine, couture, écriture créative et yoga en plus de mon planning thèse et des cours de néerlandais que je vais commencer demain. Bref, j'ai réalisé que je ne voyais plus les gens que par concours de circonstance, alors qu'avant j'étais assez proactive dans l'entretien de mes amitiés. S'il y a une bonne résolution à prendre en 2016, c'est bien celle-là.
Ca, et me coudre des blouses. Plein de blouses.

PS: Pour les soldes, il y a 20% de réduction sur le Fil de Bibil à partir de 15€ d'achat en introduisant le code "soldes"... Offre jusqu'au 31 janvier!

Monday, December 14, 2015

L'image

Je vous présente ma thèse.
Ça, c'est juste le texte, sans la bibliographie ni les annexes...

Wednesday, December 09, 2015

Des nouveautés dans ma boutique Etsy

Ho Ho Ho! Noël est à nos portes, et je me suis un peu emballée sur les tissus de Noël... J'ai investi dans des mètres et des mètres et j'ai posté le tout sur ma boutique Etsy! Mais je n'ai pas fait que cela... Forte du feedback de mes ami(e)s, j'ai aussi développé de nouveaux patrons pour vous proposer de nouveaux produits! Bref, voyez par vous-mêmes...



Et ce n'est qu'un maigre échantillon!
(Oui, Etsy nous conseille d'ajouter des "props" à nos photos, voyez ce lit de houx comme il est bien fait)
Sinon, j'ai ajouté des bavoirs XL pour les enfants à partir de 18 mois, 40x28 cm, histoire qu'ils puissent se glisser sous l'assiette (testés et approuvés par Joséphine, 21 mois)



J'ai aussi des tabliers réversibles pour enfants (à thème Noël, obligé)


Et enfin, la suite du programme est de développer des sacs avec des citations rigolotes dessus... On n'y est pas encore (la thèse et la recherche d'emploi restent prioritaires) mais on y arrive petit à petit!


Le lien est https://www.etsy.com/fr/shop/LeFildeBibil... Et parce que c'est vous, les lecteurs du Bibilblog ont droit à une réduction de -10% avec le code "bibilblog" jusqu'au 20 décembre.
Bonne journée à tous et joyeuses fêtes de Noël à ceux qui y sont déjà (perso c'est mon cas, je suis déjà bien dans l'ambiance)!

Friday, November 27, 2015

The Great Escape

Vendredi passé, un hasard de calendrier avait fait que nous avions Chica, et Fourchette, Knacki et Salami sous le même toit, ce qui était à la base plutôt rigolo comme perspective. Nous avions tous les ingrédients pour un bon scénario: Knacki et Chica les deux meilleures amies du monde, avec Salami jaloux comme une teigne et sans doute secrètement amoureux des deux en même temps, et Fourchette comme personnage burlesque mono-obsessionnel pour contrebalancer la tension narrative de ce triangle amoureux. Bref, ça s'annonçait plutôt prometteur. 
Sauf que. (Et je vous rassure, vous qui allez lire la suite, cela se termine bien).
(Et aussi, je raconte les événements dont j'ai été témoin, donc cela se concentre beaucoup sur ma version des événements, mais je ne suis pas au centre de cette histoire! Nous étions très nombreux à être mobilisés de beaucoup de manières différentes...)
Le lendemain matin, samedi, on a ouvert la porte du jardin aux chiens pour qu'ils aillent faire leurs besoins, comme d'habitude. Généralement ils rentrent très vite car ils veulent manger. Mais Knacki et Chica étaient visiblement heureuses de se revoir et sont restées plus longtemps. Un peu plus longtemps. On ne s'inquiétait pas, au début. Puis de plus en plus longtemps. Au bout d'un moment on a réalisé qu'elles n'étaient pas à leur endroit habituel, et que d'ailleurs on ne les entendait plus. Trois heures après, Knacki est rentrée seule. Là, c'était le stress. 
Dans le jardin de mes parents, le premier scénario catastrophe du teckel, c'est le terrier qui s'écroule. On a fouillé tous les terriers, démoli tous les tas de bois, on a appelé comme des malades, appelé les voisins, fouillé leurs jardins, on n'a pas trouvé Chica. Il a commencé à pleuvoir, puis le froid est descendu d'un coup, et il a commencé à neiger. Quel bad! Quand on ne l'a pas entendue dans les terriers, on a envisagé le second scénario catastrophe: l'exploration téméraire des alentours. Nous avons alors fait des rondes du quartier, mais difficile de mobiliser des passants, car il n'y avait personne dans les rues à cause du temps affreux et de la menace terroriste (ambiance ambiance). A chaque heure l'obscurité gagnait du terrain, puis la nuit est tombée, et il a commencé à geler. C'est le coeur lourd que nous sommes allés dans notre lit, alors que le froid traversait les fenêtres et que même sous nos couettes nous avions du mal à nous réchauffer. 
A. et R. (les maîtres de Chica) sont revenus dare-dare dans le premier avion, qui était le lendemain matin, dimanche. Entre temps ils avaient posté un avis de disparition sur facebook qui avait commencé à circuler. Espoir! Grace à cette annonce, quelqu'un a appelé pour dire qu'il avait vu Chica la veille, près de chez mes parents. Le problème est qu'elle ne se laissait pas attraper, elle était très craintive. L'espoir est cependant vite redescendu lorsque les battues du dimanche n'ont rien donné et qu'une seconde nuit de gel est tombée. Les jours suivants ont été tout aussi silencieux et aussi froids, plus personne n'a vu Chica pendant des jours, malgré la diffusion de l'avis de disparition sur les réseaux sociaux et les affiches mises dans les rues. Il y avait de quoi être pessimiste.
La photo que vous avez pu voir passer...

Puis, mercredi, soit cinq jours après sa disparition, l'espoir est soudainement revenu. Une dame a appelé pour dire qu'elle avait aperçu Chica à Duisburg (Tervuren), soit à 7km de son lieu de départ. Cette fois-ci on croisait des gens dans les rues, et quand on montrait les affiches, ils reconnaissaient Chica et son collier! Ils l'avaient vue la veille à Tervuren! Et toute la matinée autour du terrain de foot! Et vingt minutes plus tôt à deux pâtés de maisons! Mais elle fuyait tout le monde et était très rapide. Nous étions cinq à la chercher avec la certitude que nous étions tout près d'elle, et malgré cela nous ne l'avons pas vue. L'espoir a tenu jusqu'à la tombée du jour. Puis la nuit est tombée à nouveau, et les recherches ont été abandonnées à contre-coeur. 
Le soir, A. et moi sommes revenues pour distribuer des affiches (traduites en néerlandais approximatif en triple vitesse) dans les commerces. Nous étions prêtes à partir quand à 18h30, retournement de situation: Chica était à nouveau au terrain de foot! Nous nous sommes précipitées. Toute la soirée, cela a été une course-poursuite. On l'avait vue à 500 mètres 5 minutes plus tôt, mais elle n'y était plus, elle était partie dans telle direction, puis on perdait de nouveau sa trace, on la retrouvait... On roulait les fenêtres ouvertes en criant son nom... Pour finir par perdre définitivement sa trace. Nous avons terminé la soirée en écoutant les habitués du bar du football club nous dire qui l'avait vue et où, et qui n'était pas parvenu à l'attraper, en espérant qu'elle reste sur place le lendemain. 
Sauf que le lendemain, jeudi (soit hier), nous avons pu établir qu'elle était partie sur Eizer (Overijse). Puis, vers 14 heures, elle a été aperçue à Huldenberg. Elle commençait à vraiment courir de la distance et était décrite comme maigre et paniquée. Par un coup de chance j'étais à côté, je suis donc allée en éclaireur. J'ai interrogé les habitants d'Huldenberg ("Guten Tag, heu goedendag, wir hebben eine hond verloren"). Par chance, j'ai croisé un officier de police en vadrouille, qui m'a dit avoir vu Chica quelques kilomètres plus loin, à Ottenburg (près de Wavre), et me donne le nom d'une rue. Je me rends à Ottenburg, et là je croise une dame qui me confirme avoir vu Chica dans cette même rue! Mais comme pour la veille, j'arrivais après les faits. Chica avait quand même fait 13 kilomètres pendant la nuit, contre 7 kilomètres cumulés pour les cinq jours précédents, elle était visiblement en panique en train de fuir sans direction. Et en effet lorsque la team battue est arrivée, il est vite apparu qu'elle pouvait être n'importe où. Le soir a commencé à tomber, encore une nouvelle nuit de gel. Pour couronner le tout la police a appelé A. pour désavouer l'information que j'avais recueillie: le teckel qui avait été vu à Ottenburg n'était pas Chica. Bizarre, car pour moi deux personnes l'avaient formellement reconnue sur base de la photo que je leur avais montrée. Mais c'était encore plus décourageant, car du coup cela voulait dire qu'on cherchait au mauvais endroit. On la pensait peut-être à Loonbeek. Quoiqu'il en soit, on était là en pleine campagne, et il fallait en faire de la route avant de croiser des gens et des commerces. Qui allait attraper Chica dans ces conditions?
Et puis ce matin, la nouvelle qu'on n'attendait plus: Chica a été attrapée à Ottenburg! Paf, comme ça, un dénouement miracle, comme quoi l'espoir reste permis en toute circonstance. Une amie d'amie des maîtres de Chica, qui avait vu l'annonce, a aperçu Chica dans le jardin d'une ferme! A côté de l'endroit où nous avions cherché la veille et où soit-disant elle n'était pas... Cette fille était au travail avec son équipe, ils s'y sont tous mis, et Chica a enfin pu être attrapée!
Voici plus ou moins le trajet de Chica...
Six jours et six nuits de cavale, à des températures très basses, probablement sans manger, et plus de 20 km parcourus (estimation à vol d'oiseau)... Les retrouvailles ont bien sûr été très émouvantes, et Chica va bien même si elle est très amaigrie.
La photo de la victoire

Et voilà! Heureusement l'histoire se termine bien, parce qu'on se sentait quand même sacrément responsables de cette histoire. Au final quand ce genre de chose arrive ce n'est la faute de personne et en même temps tout le monde se sent coupable... La faute à la personne qui a ouvert la porte, à celle qui n'a pas surveillé la promenade des chiens, à celle qui a accepté le dogsitting... A notre naïveté de penser que quatre teckels c'était gérable... Ou encore à la personnalité fugueuse de Knacki, à la personnalité craintive de Chica, et plus généralement à la menace terroriste qui a vidé les rues et au gel qui a si rudement frappé au moment le moins opportun! On se sentait tous horriblement mal et angoissés au possible! En tous cas c'est un magnifique élan de solidarité qui est sorti de cette aventure, avec une mobilisation incroyable, tant d'amis que d'inconnus. Cela vous rend confiance en la nature humaine et envoie un message d'espoir pour les situations qui semblent perdues d'avance...
Et vivent les teckels, saucisses warriors de l'extrême!

Friday, November 20, 2015

Allez, c'est reparti.

Il est ressorti de ma dernière réunion avec mon promoteur que:
1. Il a relu la moitié de ma thèse. Mais faut pas abuser, l'autre moitié sera pour janvier.
2. Du coup, ma défense de thèse sera pour fin février au plus tôt.
3. De ce qu'il a relu, il n'avait pas l'air plus emballé que ça. L'analyse c'est bon, mais la synthèse, c'est améliorable. 
4. Pour ce qui est de mon jury, d'accord j'ai envie de faire venir des grands spécialistes, mais d'un autre côté il ne faut pas que je fasse venir de trop grosses pointures sinon je vais me faire démonter.
5. Et puis de toutes façons je n'ai pas d'avenir dans l'académique.

Bref. Je dois ravaler ma fierté. Objectivement les modifications sont mineures, mais je sors quand même de là en ayant l'impression d'avoir fait un travail médiocre. En clair le plus gros reproche est que je suis historienne et pas sociologue. Du coup j'ai fait un travail d'historienne alors que le but d'une thèse en sciences sociales est de faire avancer la théorie dans ce domaine... Qui est une théorie que je maîtrise pour les besoins de la thèse mais ça s'arrête là. 
Alors d'accord, tout le monde se prend des claques dans la figure de temps en temps, et ça ne peut pas me faire de mal d'être parfois confrontée à une remise en question. Et puis mon promoteur ne veut pas dire que j'ai fait une mauvaise thèse, si je la défends je passe ("elle est défendable" est le terme utilisé). Elle n'est juste pas exceptionnelle. Mais après six ans de surinvestissement ça fait quand même mal à entendre. Cette thèse est devenue tellement personnelle qu'à ce stade ce n'est pas le texte qui n'est pas assez bon, c'est moi qui ne suis pas assez capable. Syndrome de l'imposteur, bonjour.
Mon père a eu les mots justes en me disant que de toutes façons, le but de tout cela était d'avoir un diplôme de docteur, et que le reste j'allais pouvoir le mettre derrière moi et l'oublier. 
Mais pour ça il faudrait aussi trouver un job. Et ça c'est encore un autre sujet...