Je me suis posée beaucoup de questions sur mon avenir récemment. Mon stage à la Commission se termine en juillet, cela fera 5 mois que je serai employée au même endroit, ma plus longue période de boulot full time jusqu'à présent. Oui, ça a l'air un peu abhérent dit comme ça, et croyez-moi ça l'est. Depuis juillet je collectionne des expériences professionnelles sous-payées (voire non payées) d'une période variant de un à trois mois. En additionnant tous ces stages avec ceux que j'ai effectués dans le cadre de mes études de journalisme, j'en suis déjà à mon septième stage, et je n'ai jamais eu de vrai boulot.
Je vous avoue que c'est usant. Au début on me taquinait un peu avec ça mais maintenant ce n'est carrément plus drôle. J'en ai assez de me demander ce que je ferai dans trois mois, ou dans quelle ville je le ferai, si je peux développer des attaches quelque part sans me dire que de toutes façons c'est une affaire de jours pour que tout redevienne différent. J'ai besoin d'un projet à long terme.
"Tu as ton doctorat" me dira-t-on. Oui et non, parce que je n'ai toujours pas de bourse. C'est difficile de se sentir motivée quand on n'a pas de deadline, aucune ligne directrice, et quand au bout de quelques mois à lire et à lire on n'a toujours pas l'impression d'avoir commencé.
En fait, je voudrais pouvoir me lever le matin pour aller à un job que j'ai envie de faire, tout simplement.
Mais rien n'est simple.
Tout d'abord, c'est extrêmement difficile de décrocher un premier boulot, surtout dans le secteur européen, où la compétition est si grande et où l'expérience professionnelle compte plus que les diplômes. En juillet je pourrai ajouter "Commission européenne" à mon CV et logiquement cela m'ouvrira un peu plus de portes que juste "London School of Economics". Ajouter "PhD" à cela et je pourrais presque avoir un job. Tout cela pour décrocher un boulot que j'aurais pu faire sans aucun de ces diplômes et me sentir trop qualifiée en permanence, comme la plupart des gens qui travaillent dans le secteur européen. Mais soit.
L'autre grande question, c'est que c'est extrêmement difficile de savoir ce que je voudrais faire, en fin de compte. J'ai dit non au journalisme parce que je trouvais que c'était trop stressant, des horaires trop contraignants, que cela me drainait de toute ma créativité pour finalement très peu d'épanouissement personnel. J'ai dit non à la communication, pour de multiples raisons, pouvant simplement se résumer à que ce n'est pas fait pour moi. Je suis en train de dire non à l'administration européenne: on n'est qu'un chaînon qui doit suivre une procédure. J'ai une opinion mitigée quant aux ONGs - tout dépend de la mission de l'ONG, de son efficacité et de la motivation de l'équipe. Le secteur des ONG est malheureusement très difficile à percer et cela n'en vaut la peine que lorsqu'on peut voir qu'on a un impact véritable sur la cause qu'on défend. Il me reste encore à tester: les think tanks, les boites de consultance, ou être assistante d'un parlementaire. Seulement j'en ai marre des stages, cette fois je veux un job, je veux pouvoir payer mon loyer à la fin du mois et être mieux traitée que la personne sur qui on se décharge des dossiers dont personne ne veut. Quand j'avais commencé l'université j'avais l'illusion que je pourrais faire carrière, que je pourrais atteindre le top (de quoi? bonne question), qu'on se souviendrait de mon nom même après ma mort. La grosse désillusion, c'est que finalement je suis très petite parmi une foule de gens aux mêmes ambitions.
Alors que faire? Est la grande question.
Depuis environ un mois j'ai l'impression que tous les gens qui m'entourent se posent la même question. Il y a ceux qui veulent changer de job, qui postulent dans tous les secteurs et dans tout pays, sans trop savoir ce qu'ils veulent sauf qu'ils veulent du changement. Il y a ceux qui rompent des relations de quelques années, parce qu'ils ne voient pas de futur commun - c'est triste à dire mais je peux maintenant compter les cas sur les doigts de deux mains. Les "relations confortables" mais "ne menant à rien" qu'on rompt à cause du "temps qu'on ne peut plus se permettre de perdre".
Plus le temps passe, plus la pression semble grande. Je ne compte plus les amis qui étaient traditionnellement connu pour collectionner les petites aventures et qui maintenant cherchent une relation durable, comme si soudainement tout ce qui dure était devenu une nécessité. Se trouver un plan à long terme. Un avenir.
Et la difficile sensation que tous les choix qui seront pris maintenant nous engageront pour le reste de notre vie...
Je vous laisse avec cette photo des stagiaires de ma DG (équivalent de Ministère mais au niveau européen, si vous vous demandez). Le prix de l'excellence géographique à qui reconnait cet endroit.

5 comments:
place du luxembourg
Diantre! Alice, ton excellence m'étonnera toujours
si j'avais lu ce psot avant Alice qui est supposée bloquer, je l'aurais dit aussi. En face de la gare du quartier Leopold, près de Marie Haps, là où certaines mères vont chercher leurs petits rentrant de Godinne (ou les déposant suivant le jour).
Et où on retransmet les matchs de foot sur grand écran, diraient d'autres.
à vrai dire je n'ai pas du tout reconnu la place, mais je sais que tu travailles dans ces environs là...
bouhouhou moi aussi j'avais reconnu...enfin presque j'allais proposer la réponse :dans le quartier européen près de la gare du Luxembourg...
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