Saturday, August 19, 2006

Mauvais rêve
Je viens de me réveiller. Un mauvais rêve. L'un de ceux qui vous fait sursauter, sans souffle, sous le choc, le coeur battant. Un rêve dont on n'arrive pas à percevoir le sens mais que l'on sait avoir beaucoup d'importance.
C'était une fin d'après-midi, et nous étions à plusieurs à tuer le temps autour d'une falaise. Les visages, je ne m'en souviens plus; je sais seulement que ces gens m'étaient familiers. Des gens très proches de moi, tous de mon âge ou moins âgés. Nous voulions passer de l'autre côté de la falaise.
Alors j'ai fait un pont de corde: deux cordes principales reliant les deux bords du précipice, reliées entre elles par des liens perpendiculaires et en oblique. Je devais d'abord tisser les cordes entre elles, puis rajouter des planches de bois par au dessus.
Seulement personne n'a pu attendre les planches de bois. Les gens ont commencé à traverser, le vide en dessous d'eux, et aucun sol pour les en protéger. J'avais beau leur dire, revenez, le pont n'est pas fini, ils s'y lançaient quand même. Ce n'était plus un jeu. C'était dangereux. Ils avaient peur.
Et l'un d'eux, juste un enfant, s'est lancé sur les cordes, tel un funambule. Je l'ai regardé s'avancer avec terreur. Je savais très bien ce qui allait se passer et je ne pouvais l'en empêcher. Il a perdu l'équilibre. Et il est tombé.
Pendant l'espace d'une minute, tous les regards se sont fixés sur la chute. On ne soufflait mot. La chute interminable, sans un cri, sans un souffle, bouche bée mais n'y croyant pas, connaissant cependant la fin. Le temps s'est arrêté en une minute d'horreur. L'enfant est tombé dans l'eau. Sans un son, sans aucune violence, comme s'il n'était pas mort, mais il était mort. Je savais qu'il était mort, c'était si réel, mon coeur chavirait, malade, et tout cela c'était la faute de mon pont.
J'ai posé ma main sur l'épaule d'une personne à côté de moi, sans un geste de tension qui, déjà, était un geste de condoléances.
Et je me suis réveillée.
Je sais que ce rêve signifie quelque chose d'important, mais je n'arrive pas à mettre la main dessus. Ces falaises, ces personnes, je les ai vues les jours précédents. Et même ce geste, la main sur l'épaule, je l'ai effectué la semaine passée. Mais ce pont, je ne l'ai jamais vu. Qu'est-ce qu'il représentait? Quel était ce pont que je voulais offrir aux autres, et qui n'était pas prêt?
Je n'ai eu qu'un seul rêve d'une telle intensité auparavant. C'était lorsque j'ai visité Mathilde en Espagne au mois d'avril.
Dans mon rêve, j'étais assise sur le lit dans lequel je m'étais endormie. On m'avait prévenue: il y avait dans le coin un insecte parasite qui pondait ses oeufs sous la peau. Quand on en voyait un, il fallait agir vite: avant que l'oeuf n'éclose, il fallait l'arracher, sinon on était perdu.
Et quand j'en ai vu un sur ma peau, je n'ai pas réagi assez vite. L'oeuf a éclot. Ce sont alors des centaines d'insectes qui ont voyagé à travers mon corps par dessous ma peau, partout, me déchirant de tous côtés. Je pouvais les sentir bouger. Je ne pouvais rien faire pour les arrêter. J'ai paniqué. C'était comme si c'était réel.
Ils se sont fixés autour de mon ventre, comme une ceinture. Comme un bébé, j'ai pensé, avant qu'ils ne jaillissent de mon estomac, transperçant ma peau comme des milliers de lames.
D'une certaine façon je sais que ces deux rêves sont connectés, mais je ne sais pas dire en quoi. A quelque chose que je n'ai pas réussi à faire à temps. Construire un pont, enlever des oeufs. Dans les deux cas le drame s'est produit. Deux drames qui jouaient avec mes plus grandes peurs, la peur de ce qui peut traverser ma peau et la peur du vide.
C'était comme un avertissement. Comme si je ne pouvais pas me permettre de perdre du temps. Quelques secondes ratées, et l'oeuf avait éclot, et les gens étaient sur mon pont de corde. Le temps... C'était ça qui m'avait fui. Qu'est-ce qui peut donc être si important qu'il ne souffre pas de délai? Ou bien est-ce juste la peur du temps qui passe?

5 comments:

Anonymous said...

Soyons plus pratiques : tu avais trop mangé la veille? Tu étais loin de ta maman? tu avais une grosse décision à prendre? le fumeur de joints a fumé devant ta porte ouverte?
je réserve mon interprétation à ton retour, de vive voix

Anonymous said...

et puis tu marques que tu viens de te réveiller à 12h17...

Anonymous said...

Tu regardes trop Koh Lanta :-D

Bibil said...

il était 1h17 ici...

Anonymous said...

Bibil a une nouvelle fois passé la soirée à fumer de la beu... C'est du propre!