Bref retour à la maison-mère
Il y a comme une routine qui s'installe à chaque fois que je prends l'Eurostar.
La première partie de mon rituel est de prendre plus de bagages que je ne peux en porter.
La seconde est de chercher du regard quelqu'un qui m'aiderait à les porter dans le métro.
Et la troisième est de voir mes espoirs systématiquement déçus.
Parfois un voyageur m'aide à mettre mes valises dans la rame, mais jamais à monter l'escalier. Cette fois-ci, il n'y avait même pas un seul employé du métro pour m'ouvrir l'entrée bagages; j'ai dû me débrouiller toute seule pour tout.
Il fait une chaleur étouffante; les filles de Londres portent toutes le même top, unicolore à rayures dégradées, qu'elles ont acheté chez Next. Mes cheveux, que j'ai oublié d'attacher, me font l'effet d'une écharpe. Je m'arrête à Finchley Road. La Jubilee line arrive. "Mind the gap", nous rappelle une voix aux sons automatiques.
Lorsque je rentre dans la rame, à tous les coups, cela ne manque pas: les voyageurs jettent un coup d'oeil à mes valises, puis me dévisagent. Je leur rend leur regard de retour et ils détournent les yeux, l'air embarrassé. Je me demande quelle est la question dans leurs yeux. Se demandent-ils ce qu'il y a dans mes valises? A quelle station je vais descendre? Dans quelle ville je compte me rendre? Me regardent-ils comme une terroriste potentielle? En tous cas, ils ne me le demandent jamais. Parfois, ils changent de rame.
Les portes se ferment. Je reste debout. Les stations passent et j'essaie de me souvenir je m'y suis jamais arrêtée. St John's Wood. Là où habitent Kanako et Laurent. Bond Street. Là où j'ai passé un week-end à Londres avec Maman, Noël 2004. Green Park. Là où j'ai dit au revoir à des inconnus que j'avais rencontré dans le train. Et enfin Waterloo.
J'arrive toujours à Waterloo station un bon quart d'heure à l'avance, c'est-à-dire, trois quarts d'heure avant d'embarquer. Cela me permet de faire les magasins. Je monte d'abord au niveau des départs de l'Eurostar, pour jeter un coup d'oeil à la file et juger du temps dont je dispose. Puis, je remonte la foule à contre-courant, avec mes deux valises encombrantes, et je tente de me frayer un passage parmi les gens pressés. Les magasins que je tiens à faire se situent à proximité des panneaux d'affichages. En dessous, les voyageurs sont agglutinés les uns contre les autres, les yeux en l'air, et l'air perdu.
Mon premier arrêt est Millies Cookies. J'achète une, deux, et parfois trois boites, de tailles différentes selon les gens que je verrai en Belgique. Hier, j'ai acheté une boite de 18 cookies pour ma famille; je ne verrai personne d'autre avant de partir en Allemagne.
Puis je me dirige vers Paperback, pour acheter un notebook. J'en use environ un par mois, et cela tombe bien, car cela coïncide souvent avec les moments où je passe par Waterloo station. J'ai déjà un exemplaire de chaque notebook de Paperback. J'attends avec impatience qu'ils renouvellent leur collection. La dernière fois, j'ai dû prendre un "travel book", plus gros, et avec des textures de pages changeant au fil du carnet, et des fuseaux horaires imprimés sur la bordure. Cela me fait mal de l'utiliser juste pour prendre des notes et pour mes interviews.
La station de Waterloo m'est devenue tellement familière... J'y passe souvent plus de temps que je ne le devrais, rien que pour sentir toute cette vie autour de moi, ces centaines de personnes qui se pressent sans se voir. A chaque fois, je suis en transit entre deux lieux que j'appelle "chez moi". Je me demande toujours combien de fois encore je répéterai ce même rituel de petites habitudes. Quand est-ce que je choisirai le pays dans lequel je veux me fixer.
Le trajet est devenue la partie la plus ennuyeuse du voyage. Je m'assieds confortablement dans un siège à côté d'une personne inconnue et n'en bouge plus. Les premières fois je n'avais rien de précis à y faire et je m'embêtais ferme. J'écrivais, je dessinais, ou je regardais par la vitre. J'allais au bar juste pour marcher un peu. Mais maintenant je sors mon iPod et un roman. A côté de moi, une fille à qui je donne vingt ans en est encore au stade où l'Eurostar est un voyage d'occasion. Pas de livre, juste un carnet de croquis où elle dessine pendant tout le trajet.
Et enfin j'arrive à Bruxelles. Cela m'a fait bizarre, hier, de ne pas arriver de nuit, et qui plus est sous une température agréable et un climat plutôt sec.
Ma petite famille va bien, elle vous dit bonjour.
Mon chien est toujours aussi stupide
Il y a comme une routine qui s'installe à chaque fois que je prends l'Eurostar.
La première partie de mon rituel est de prendre plus de bagages que je ne peux en porter.
La seconde est de chercher du regard quelqu'un qui m'aiderait à les porter dans le métro.
Et la troisième est de voir mes espoirs systématiquement déçus.
Parfois un voyageur m'aide à mettre mes valises dans la rame, mais jamais à monter l'escalier. Cette fois-ci, il n'y avait même pas un seul employé du métro pour m'ouvrir l'entrée bagages; j'ai dû me débrouiller toute seule pour tout.
Il fait une chaleur étouffante; les filles de Londres portent toutes le même top, unicolore à rayures dégradées, qu'elles ont acheté chez Next. Mes cheveux, que j'ai oublié d'attacher, me font l'effet d'une écharpe. Je m'arrête à Finchley Road. La Jubilee line arrive. "Mind the gap", nous rappelle une voix aux sons automatiques.
Lorsque je rentre dans la rame, à tous les coups, cela ne manque pas: les voyageurs jettent un coup d'oeil à mes valises, puis me dévisagent. Je leur rend leur regard de retour et ils détournent les yeux, l'air embarrassé. Je me demande quelle est la question dans leurs yeux. Se demandent-ils ce qu'il y a dans mes valises? A quelle station je vais descendre? Dans quelle ville je compte me rendre? Me regardent-ils comme une terroriste potentielle? En tous cas, ils ne me le demandent jamais. Parfois, ils changent de rame.
Les portes se ferment. Je reste debout. Les stations passent et j'essaie de me souvenir je m'y suis jamais arrêtée. St John's Wood. Là où habitent Kanako et Laurent. Bond Street. Là où j'ai passé un week-end à Londres avec Maman, Noël 2004. Green Park. Là où j'ai dit au revoir à des inconnus que j'avais rencontré dans le train. Et enfin Waterloo.
J'arrive toujours à Waterloo station un bon quart d'heure à l'avance, c'est-à-dire, trois quarts d'heure avant d'embarquer. Cela me permet de faire les magasins. Je monte d'abord au niveau des départs de l'Eurostar, pour jeter un coup d'oeil à la file et juger du temps dont je dispose. Puis, je remonte la foule à contre-courant, avec mes deux valises encombrantes, et je tente de me frayer un passage parmi les gens pressés. Les magasins que je tiens à faire se situent à proximité des panneaux d'affichages. En dessous, les voyageurs sont agglutinés les uns contre les autres, les yeux en l'air, et l'air perdu.
Mon premier arrêt est Millies Cookies. J'achète une, deux, et parfois trois boites, de tailles différentes selon les gens que je verrai en Belgique. Hier, j'ai acheté une boite de 18 cookies pour ma famille; je ne verrai personne d'autre avant de partir en Allemagne.
Puis je me dirige vers Paperback, pour acheter un notebook. J'en use environ un par mois, et cela tombe bien, car cela coïncide souvent avec les moments où je passe par Waterloo station. J'ai déjà un exemplaire de chaque notebook de Paperback. J'attends avec impatience qu'ils renouvellent leur collection. La dernière fois, j'ai dû prendre un "travel book", plus gros, et avec des textures de pages changeant au fil du carnet, et des fuseaux horaires imprimés sur la bordure. Cela me fait mal de l'utiliser juste pour prendre des notes et pour mes interviews.
La station de Waterloo m'est devenue tellement familière... J'y passe souvent plus de temps que je ne le devrais, rien que pour sentir toute cette vie autour de moi, ces centaines de personnes qui se pressent sans se voir. A chaque fois, je suis en transit entre deux lieux que j'appelle "chez moi". Je me demande toujours combien de fois encore je répéterai ce même rituel de petites habitudes. Quand est-ce que je choisirai le pays dans lequel je veux me fixer.
Le trajet est devenue la partie la plus ennuyeuse du voyage. Je m'assieds confortablement dans un siège à côté d'une personne inconnue et n'en bouge plus. Les premières fois je n'avais rien de précis à y faire et je m'embêtais ferme. J'écrivais, je dessinais, ou je regardais par la vitre. J'allais au bar juste pour marcher un peu. Mais maintenant je sors mon iPod et un roman. A côté de moi, une fille à qui je donne vingt ans en est encore au stade où l'Eurostar est un voyage d'occasion. Pas de livre, juste un carnet de croquis où elle dessine pendant tout le trajet.
Et enfin j'arrive à Bruxelles. Cela m'a fait bizarre, hier, de ne pas arriver de nuit, et qui plus est sous une température agréable et un climat plutôt sec.
Ma petite famille va bien, elle vous dit bonjour.
Mon chien est toujours aussi stupide

Guillaume a des oreilles de Spock

Et son frisbee continue à faire des émules.
Eeeeet je suis partie pour quatre jours à Cologne. Pour la Coupe du Monde. Oui, vous avez bien lu. Je vous enverrai des cartes postales.
3 comments:
1: C'est une très chouette façon de meubler ses vacances, l'écriture et le dessin
2: Didi n'est pas stupide, c'est Zingui, le chien de Micky qui a déteint sur elle.
Alors, t'es arrivée à quelle heure à Köln ? Je suis sur que si t'as du Nutella avec toi, tu dois toujours être en route...Parce que c'est aussi çà le moment Nutella.
moi je trouve que pour les vacances le must ca reste la gamecube...
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