Comme vous le voyez, j'ai laissé passer plus d'une demi-année depuis mon dernier post, ce qui correspond au moment où j'ai fait passer mon blog en mode privé. Fin 2017, j'avais eu envie de m'exprimer librement sur une expérience professionnelle malheureuse sans que cela ne me poursuive. Lors de mon précédent boulot, un membre de ma hiérarchie était en effet tombé par hasard sur mon blog et l'avait mentionné en pleine réunion, surpris de la virulence avec laquelle j'avais critiqué les derniers mois de ma thèse. J'ai eu peur d'avoir dépassé les bornes. J'avais dit à l'époque que je ne parlerais pas de travail sur le blog et je m'y étais tenue; mais je ne m'attendais pas à ce qu'on me reproche ce que j'avais écrit lors de ma thèse. Alors j'ai limité les accès à mon blog, et je me suis exprimée librement sur ce que j'avais à dire à ce moment-là.
J'ai en effet en tête ce qui est arrivé à Petite Anglaise. Elle avait mentionné dans un de ses anciens posts son travail de manière anecdotique, en termes neutres mais dans un jour où elle n'avait pas une motivation extraordinaire pour y aller. Lorsqu'elle a révélé son identité et que son boss a découvert le blog, elle s'est ensuite fait licencier car dès le moment où elle pouvait être identifiée, la société pouvait elle aussi être identifiée. C'était au début du blog 2.0, avant l'ère de facebook, et Petite Anglaise avait à l'époque une notoriété folle. A l'heure actuelle, les ressources humaines ont peut-être un petit peu plus l'habitude d'être confrontés à l'activité internet de leur personnel. Ou en tous cas, on peut dire que le fait que leur personnel publie du contenu sur internet n'est peut-être plus aussi anecdotique qu'à l'époque. Et puis je prends un cas extrême, licencier quelqu'un pour faute grave car elle se plaint une fois sur internet qu'on soit un lundi matin et que la motivation n'y est pas, c'est un peu drastique.
Il n'empêche que j'aime vraiment beaucoup le travail que je fais actuellement. Même si j'assume totalement ce que j'ai écrit lors de mes expériences professionnelles précédentes, je n'ai pas envie que cela pose un cas de conscience à ma hiérarchie actuelle. Car je ne sais pas comment Petite Anglaise a fait pour rester anonyme, mais moi mon nom est partout, que je le veuille ou non, et à l'heure actuelle impossible que les moteurs de recherche ne mêlent pas sur la même page mon blog, mon employeur, mes études, les membres de ma famille, ou même mon adresse. Que je le veuille ou non, mon nom est associé tant à mon travail qu'à ce blog, qu'à plein d'autres choses.
Mais je constate que le blog me manque. Une fois que je suis passée en mode privé, plus personne ne parvenait à se connecter à mon blog, et ce même si j'avais délivré (parfois plusieurs fois) les autorisations nécessaires. A force d'être confrontée à des problèmes techniques, j'ai laissé tomber. Mais j'ai l'impression d'avoir perdu quelque chose en arrêtant de blogger. Après tout, cela fait treize ans que je fais cela. Je regrette d'avoir arrêté ce blog, d'avoir laissé la peur prendre le dessus. C'est quelque chose que j'ai besoin de faire.
Pour le moment, j'ai donc pris la décision de continuer à blogger en mode public, en respectant toujours la règle de ne pas mentionner le travail avec lequel je suis liée par un contrat, et de me garder d'exprimer des opinions pouvant y être reliées. Je me sens par contre libre de parler du Fil de Bibil et de tout ce qui concerne ma vie privée.
Cela fait du bien d'être de retour!






























