Friday, April 22, 2016

Appelez-moi Docteur Bibil

Libérée, délivrée, je ne thèserai plus jamais...
Et oui, unbelievable, unglaublich et incroyable! La thèse, c'est terminé! Mein Gott, mais ce blog sera-t-il jamais le même?
Du haut de mon état de serpillière en fin de vie, je vais vous faire un bref compte-rendu...
Mardi, j'ai eu ma défense privée. Il va de soi que j'ai stressé comme un goret toute la semaine, et que j'ai beau m'être préparée à défendre ce qu'il y avait dans ma thèse, la plupart des critiques portait sur ce qu'il n'y avait pas dans ma thèse... La défense privée a commencé par une critique hyper acerbe de 45 minutes qui m'a complètement déstabilisée, je ne savais pas quoi répondre, puis on a enchaîné avec les critiques du ponte de ma discipline qui avait fait le déplacement depuis l'étranger et dont je n'ai compris qu'un mot sur deux... Et après cette intervention, j'avais vraiment eu l'impression qu'il avait fait le déplacement pour rien. Bref, ce n'était pas glorieux. Pour les quatre autres interventions cela allait, mais commencer par un double foirage, ce n'est pas ce qu'on fait de mieux. Je suis rentrée déprimée en me disant, si c'est comme ça que culminent six ans et demi de travail, c'est un peu décevant. 
Heureusement il y a eu la publique le lendemain pour rattraper la chose, et heureusement je n'ai pas eu le temps de plonger dans le stress abyssal de la perspective d'une humiliation publique, parce qu'il faut dire que j'avais invité large! J'ai rempli un auditoire prévu pour 120 personnes... Entre temps j'ai pu potasser les critiques qui avaient été dites la veille, et y trouver des réponses convenables dans un état qui n'était pas encore celui de la panique complète. La discussion à la défense publique n'a pas fondamentalement divergé de celle de la privée, et cette fois-ci j'ai pu bien répondre. Mais ça a duré longtemps dites donc, deux heures de questions-réponses, et j'admire mon auditoire... Même si ils m'ont dit que c'était très clair et qu'ils avaient tout compris, perso ceci est la seule thèse de doctorat que j'ai suivie jusqu'au bout! Enfin depuis l'invention des smartphones, il existe des possibilités de divertissement conséquentes, et l'attente n'a paru interminable que pour moi. Mais voilà, j'ai défendu, ça a été mon heure de gloire, l'aboutissement d'un travail énorme, travail qui a été bien souligné par mon jury, cela fait plaisir! Et à la grande déception de mes collègues qui avaient pris des paris, je n'ai pas pleuré aux remerciements... 
Le buffet, évidemment, a été a la hauteur de l'événement, remercions bien mes parents qui s'en sont chargés! Mais vous verrez tout cela en reportage photo lorsque j'aurai un peu tout centralisé... En attendant je ne fais que dormir, j'ai une période d'autonomie de deux heures hors de mon lit, c'est fou. Docteur Bibil vous fait de grosses bises et vous dit à la prochaine fois!

Saturday, April 09, 2016

Un petit update?

Mais oui, un petit update! (Ou une update, le débat reste ouvert). Cela fait longtemps que je n'ai plus vraiment posté et pour cause: après la remise de ma thèse il y a deux mois, j'ai été assommée par une énorme fatigue. Cette fatigue, mes cours de néerlandais, la recherche d'emploi et une petite trachéite derrière les fagots, couronné par les événements du 22 mars, tout cela m'a complètement raplatie. Je n'ai pas connu le baby blues qu'on m'avait tant décrié, ni le syndrome de Stockholm, croyez-moi la thèse ça ne me manque pas! Mais j'ai par contre enclenché le mode survie, ma préoccupation principale étant mes heures de sommeil et garder ma tête au dessus de l'eau. Il a fallu les vacances de Pâques pour que je puisse commencer à récupérer, et dites donc, deux semaines ce n'est pas assez, j'ai l'impression qu'il me faudrait des mois à ce rythme pour pouvoir de nouveau ressembler à un semblant d'être humain! Mes collègues docteurs me disent que chez eux, cette phase a duré entre trois et six mois, c'est encourageant... Mais donc, updatons-nous, les amis.

1. La thèse

La date fatidique de la défense se rapproche et globalement je suis presque prête. Le texte est presque prêt, le powerpoint est presque prêt, l'organisation de la chose, ben, presque... Il n'y a que les invitations qui soient définitivement lancées, et au vu du monde attendu on m'a donné un auditoire de 125 personnes, bam, comme ça. C'est dans un bâtiment glauque et sans lumière mais c'est ça qui donne tout le cachet de la défense, ça n'aurait pas de sens de m'avoir donné un beau bâtiment historique avec un jardin intérieur comme celui qui est par exemple juste à côté. Mais cela ravivera les souvenirs des plus studieux d'entre nous, aaaaah le charme d'un bel auditoire éclairé aux néons, rien de tel. Et comme toutes les salles de réception du bâtiment ont été transformées en salles de séminaires, je ne sais pas trop où pouvoir organiser mon drink d'après-défense...
Ceci dit, après la phase de motivation initiale, je commence doucement à comprendre les collègues qui ont à peine invité la famille proche parce que plus la date se rapproche, plus la pression monte! Je commence à me demander si je ne vais pas me ridiculiser et j'espère vaguement que le public ait déjà décroché quand ce sera au tour des membres du jury les plus incisifs de prendre la parole... 

2. La recherche d'emploi

Ah ça aussi c'est la galère! Je postule déjà depuis pas mal de temps, mais j'avais toujours l'excuse de la thèse pour ne pas avoir de trou dans mon CV... Mais comme cette excuse ne sera bientôt plus là... Du coup je postule à tour de bras, tous les jobs liés de près ou de loin aux institutions européennes, tous les jobs de la fonction publique, tous les jobs liés à la recherche... Mais en matière d'entretiens d'embauche c'est comme d'habitude le désert. Quand je postule à un job d'eurocrate, je suis en compétition avec 300 autres personnes, dont certaines ont des réseaux que je n'ai pas. Quand ce job demande spécifiquement d'avoir un doctorat, on n'est plus que 100, quelle chance... Mais là je me retrouve dans le même piège que les jobs liés à la recherche, à savoir que je n'ai pas vraiment de publications, pas le soutien de mon promoteur, et pas vraiment la motivation de continuer dans l'académique non plus. Quant aux jobs de la fonction publique, je ne dis pas que je n'ai pas mes chances, mais le processus de recrutement se fait à un autre rythme... C'est long, très long. Et en plus le système est un peu incohérent: je me suis fait recaler dès le début pour les jobs liés à l'immigration (alors qu'on ne va pas dire que j'ai presque un doctorat dans le sujet), mais par contre je cartonne les tests d'économistes alors que je n'ai aucune compétence en la matière. Mais qui sait, peut-être que cela doit juste m'envoyer un message par rapport à mon choix d'orientation de carrière...
En attendant je fais des cours intensifs de néerlandais, 3,5 heures par jour, je peux vous dire que c'est tuant. Je termine un module fin avril, et j'hésite à peu à compléter tout le cursus avec des cours en mai et juin. Je me demande si je ne dois pas me garder une poire pour la soif au cas où je n'ai toujours pas de job en septembre... 

3. Les chiens




Ils sont séparés! Non pas que ça n'aille plus entre eux, au contraire, cela allait un peu trop bien. Knacki est de nouveau dans une période intéressante et le plan anti-inceste a été mis en place. Du coup c'est plutôt cool: je me retrouve avec Knacki qui pionce toute la journée et qui ne cherche que des câlins et une place au soleil, tandis que mes parents se retrouvent avec Salami l'hyperactif en plein éveil hormonal qui n'obéit à personne, aboie sur tout et surtout détruit tout, spécialement quand c'est en tissu et que ça a soit mis beaucoup de temps à coudre, soit a coûté très cher.
Exemple ci-dessous avec mon si beau canapé de chez BoConcept, paix à son âme. (Evidemment c'est un tissu qu'ils ne font plus).

Ceci dit sur cette photo je ne peux m'empêcher de remarquer que Knacki a l'air plus sensible à l'engueulade que Salami... Ce n'est pas gagné.

4. La couture

Mis à part les réparations des bêtises de Salami... 
J'ai fait quelques robes trapèzes! Une première pour ma filleule Blanche, avec un appliqué teckel qui m'a généreusement été donné par Delphine

Et puis, comme j'étais lancée, j'en ai fait deux autres, pour Eléonore et Astrid (qui se reconnaîtront même si elle n'apprendront à lire que dans six ans).
Et d'ailleurs, cela nous a tellement inspirées qu'Alice en a faite une elle aussi... Ca, c'est l'influence Cousu Main... L'ourlet est à raccourcir un peu mais aura-t-elle le courage de le faire, ou attendra-t-elle que le modèle grandisse?
Et sinon, je suis dans une phase tote bags! Cela se voit à ma boutique Etsy (il y en aura plus à venir après la défense de thèse) et aux cadeaux que je fais... 

Et enfin, j'ai cousu quelque chose pour moi-même! Aaaah ça, les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés, j'ai plein de projets de couture pour moi et je n'en fais jamais aucun... Mais là c'était urgent, Salami ayant mangé mes pantalons de pyjama, j'ai été forcée et contrainte de m'en faire un!

Il est super confort et méga chaud! (Oui bon l'été arrive mais il n'arrive pas très vite quand même)
Et sinon la bonne résolution pour les mois qui viennent: faire des barbecues avant l'arrivée des guêpes! Cette année je n'ai plus de fin de thèse et mon estomac va mieux donc je pourrai un peu en profiter! Je looke forward évidemment...
A fort bientôt!

Thursday, March 24, 2016

In Brussels

Mon ami Alec, avec qui j'ai étudié le journalisme, m'a demandé si je voulais bien écrire un témoignage des attentats de Bruxelles pour son journal, the Conway Daily Sun. Je me sens un peu coupable de "témoigner" alors que vraiment, tout ce que j'ai fait c'est suivre l'actualité enfermée dans une salle de classe. Je n'ai rien vécu de dramatique si ce n'est par écran interposé. Depuis mardi, je n'arrête pas de me rappeler toutes les fois où je suis passée en métro à Maelbeek, où j'ai enregistré mes bagages à Zaventem, toutes celles où j'y ai conduit des amis - et d'imaginer ce que j'aurais fait si cela avait été moi. Mais ce n'était pas moi. Mon témoignage n'est en rien exceptionnel, mais il reflète le vécu de la majorité des Bruxellois: enfermés en sécurité et impuissants... 

Tuesday, March 22, 2016

Gueule de bois

Que dire? Je n'ai pas pris d'avion ni de métro aujourd'hui. Je n'étais pas dans les attentats. J'ai quelques amis qui y étaient, mais qui ne font pas partie des victimes. La journée se termine sur un soulagement. Une journée très bizarre, inhabituelle, une ville de Bruxelles vide de son monde et abritant à la place un ballet d'ambulances et d'hélicoptères. Sans nul doute, nous avons vécu une des journées les plus marquantes de notre histoire. Aujourd'hui, je me checke 'en sécurité' sur facebook et je regarde les nouvelles de façon obsessionnelle. Demain, nous nous réveillerons avec la gueule de bois: que va-t-il ressortir de ces événements? 

Sunday, March 13, 2016

Et sinon Bibil, qu'en est-il de tes projets couture?

Bonne question! Et je suis bien contente que vous me l'ayez posée, car depuis que j'ai récupéré l'usage de ma machine, de ma brodeuse et de ma surjeteuse, je ne suis pas restée inactive.
Tout d'abord, un gros projet que je procrastinais depuis le mois de décembre... Des tabliers! C'est du tissu à colorier, et une doublure personnalisée pour chaque pièce... Pour pouvoir vêtir Papa, Maman et les trois filles! (Je vous laisse deviner chez qui ça part, je peux juste vous dire que l'une des filles est ma filleule et que le colis est potentiellement parti à l'étranger avec plein de feutres pour tissu).



Ensuite, j'ai fait une pochette en toile de jouy (et noeud papillon assorti) pour mes parents qui avaient un événement mondain sur le thème Recyclart. Maman m'a rendu la pochette après. Elle a failli connaître un triste destin quand Salami l'a trouvée mais heureusement elle est toujours là.


Je suis allée au Stoffenspektakel à Leuven (hé oui, les cours de néerlandais ça progresse) et je suis revenue avec plein de chouettes tissus! (Mais non je n'en ai pas trop, qui vous a dit ça?). J'ai notamment trouvé des tissus teckel... Dont j'ai fait un sac réversible, en vente sur ma boutique Etsy!



Et pour conclure, très prochainement, vous pourrez voir le résultat d'une collaboration avec K.rakol, une boutique et atelier de patchwork à Bruxelles, que je vous conseille chaudement (c'est en face de la Basilique de Koekelberg, parking très facile, mais évitez les heures de pointe). 

Sunday, March 06, 2016

Fräulein Doktor

Pour célébrer ma fin de thèse, mon père et moi avons brassé une bière spéciale, à édition limitée (18 litres seulement!) à boire après ma défense de thèse... Papa l'a appelée la Fräulein Doktor, en référence à mon nouveau statut et au temps que j'ai passé sur le cas de l'Allemagne dans cette recherche, mais aussi à un film d'espionnage des années 60 aux affiches un peu suspectes. Nous vous avons tout (mais alors tout!) documenté. Enjoy.

Concassage du malt (les tuyaux à l'arrière c'est parce que nous sommes une brasserie super professionnelle) (non en fait c'est la chaudière)
Cuisson des flocons d'orge (pour la tenue de la mousse)
Mise en place du filtre (ça devient sérieux)
Trempage du malt (que nous avons concassé à l'étape un, si vous avez suivi)
On touille, on touille, pour rendre le mélange homogène (vous remarquerez au passage le tablier Pater Dominicus)

Et là c'est le brassage!
Ce n'est pas fini! Filtrage du moût (les drêches seront donnée aux poules) (elles pondent bien, curieusement) (les poules, pas les drêches)
Rinçage des drêches
Refroidissement du moût après ébullition et houblonnage (ça va, vous suivez toujours?)
Transfert dans la cuve de fermentation et ajout de levure
Tadaaaam! Voici la cuve avant ajout du barboteur
Et la touche finale...  ça barbote. Enfin, ça fermente. Bloup. Bloup.
Et voilà, on se revoit trois semaines plus tard pour la mise en bouteille!

Wednesday, March 02, 2016

Des nouvelles de l'après-thèse

Et alors Bibil, ça fait quoi d'avoir fini sa thèse?
Et bien, je vais vous le dire: je suis crevée! Après avoir rendu ma thèse j'ai passé une semaine à dormir, puis j'ai repris mes cours de néerlandais, et ça ne m'a pas laissé beaucoup de temps pour me reposer... Je suis complètement HS, raison pour laquelle j'update si peu! Je suis passée au niveau supérieur de néerlandais et mes cours se sont déplacés au matin, de 9h à 12h30, ce qui en fait me casse complètement pour le reste de la journée: en partie à cause de la concentration demandée trop tôt après le réveil, et en partie parce qu'avec cet horaire j'ai vraiment faim en mode non stop et que du coup les problèmes d'estomac reviennent - et ça, ça vous casse aussi. En plus avec mes cours de couture et d'écriture cela me fait deux soirs par semaine où je ne peux pas aller dormir avant 23h-minuit et quand on est sujette aux insomnies d'entre 4h et 6h du matin ça ne pardonne pas. Bref, je procrastine l'update du blog. Mais au moins je n'ai ni le baby blues ni le syndrome de Stockholm, ce qui me place dans une catégorie à part parmi les doctorants, à moins qu'en réalité je ne fasse que procrastiner le baby blues, qui sait.
Ceci dit, j'ai quand même constaté trois choses:
1. Cela fait franchement plaisir de ne plus devoir bosser sur cette thèse. Mais vraiment. Récupérer la notion de weekend après des mois d'esclavage est un sentiment que je conseille à tout le monde.
2. Je ne fais plus de cauchemars. Ce n'est pas pour autant que je dors bien, mais au moins je dors mieux. Je remarque que je suis beaucoup plus relax, sauf quand j'ai l'estomac qui, bon, mais ça même Charles Quint n'y résistait pas. 
3. L'administration de l'université a une temporalité qui lui est propre. Ce qui fait que oui, cela fait presque un mois que j'ai rendu, et non, je n'ai toujours pas d'info concrète à donner sur ma défense. Mais en fait ça ne me fait pas grand chose, parce que dès que cela bougera, cela voudra dire que je devrai aussi me bouger, et bon, enfin.
Il y aura plus passionnant comme update de blog dans les prochains jours ceci dit! Stay tuned!

Wednesday, February 10, 2016

Rendue!!!

J'ai l'immense bonheur de vous faire part de la naissance de Thèse, déposée le mardi 9 février à 14h18. Elle fait 374 pages en Calibri 11. La maman se porte bien et est ravie!

Quelle beauté.
Mis à part les jeux de mots évidents sur la durée de la grossesse, la douleur de l'accouchement et la menace du baby blues, qu'est-ce que cela fait de rendre sa thèse?
Et bien, curieusement, ce n'est pas ce qu'on imagine. Moi j'avais en tête la sensation de soulagement instantanée, avec les cieux qui s'ouvrent et la lumière céleste qui éclaire mon oeuvre alors que m'envahit un sentiment de liberté débridée. Et en fait, c'était comme si j'avais rendu un chapitre: c'est clair que c'est cool, mais c'est une étape. Il parait qu'il faut plusieurs jours pour réaliser que non ce n'est pas une étape, en vrai c'est terminé. Et là, devant tout ce temps libre, apparemment on est déchiré entre le baby blues et le syndrome de Stockholm: la thèse nous manque, sans elle on ne sait pas quoi faire, sans elle on n'est rien.
Je ne sais pas si ça va me concerner, ceci dit, j'ai tellement de choses à faire! Je n'ai pas trop l'occasion de ralentir le rythme. J'ai mes cours de néerlandais intensifs, la recherche d'emploi, les travaux que je dois finir (depuis juillet), la rétrospective, sans doute un bon grand rangement de fond de ma maison, et surtout... je vais pouvoir ressortir ma machine à coudre. Et puis je suis tellement contente de ne plus rédiger, je ne vois pas trop comment ça pourrait me manquer, enfin pas tout de suite en tous cas.
Par contre, ce qui va être bizarre, c'est récupérer la notion de weekend. 
Avant, je faisais quoi de mes weekends? (de la couture je crois?)