Qu'il s'agisse de N. à Reykjavik
K. à Tokyo
B. à Bruxelles
Ou H. à Tournai
Si ça continue je serai en rupture de stock avant même d'avoir pu travailler à la collection automne-hiver!
Thursday, April 26, 2012
Tuesday, April 24, 2012
Oh, mais! Qu'est-ce qu'on retrouve dans les déménagements?
Mais ce ne serait pas le panier à enterrements de vie de jeune fille? Celui qui j'ai trouvé à Tokyo en 2007?
Hein? Dites?
Bon, du coup, je lui ai trouvé une application temporaire et plutôt adéquate, si vous me le demandez.
Je transporte du matos de point de croix avec et je le sors sans honte dans le Thalys. Parce que j'assume. (On ne peut pas en dire autant du passager à côté de moi, mais soit.)
Saturday, April 21, 2012
L'avantage, quand on fait beaucoup de couture...
Friday, April 20, 2012
Accumulation-procrastination
Un déménagement, c'est long. Pas aussi long qu'introduire un permis d'urbanisme, mais quand même, long. Moi qui avais prévu de déménager progressivement, pièce par pièce, catégorie par catégorie, histoire de bien mettre de l'ordre dans ma vie, finalement je suis à peine parvenue à transférer la moitié de mon bureau. Et là je suis au pied du mur: demain, tout doit partir. Pourtant cela fait des semaines que je fais des boites, (ou plus récemment, que je me dis que je dois faire des boites), mais c'est tellement pénible... Je dégage du temps, qui pourrait ô combien être utilisé à autre chose, et qui finalement se fait de toutes façons dévorer par des tâches plus urgentes.
Déménager, c'est toujours un énorme fardeau. Tout d'abord parce que je me rends compte de tout le brol que j'ai accumulé au fil des ans, et que je n'ai évidemment jamais trié, et encore moins rangé. Et j'ai à peine le temps de redécouvrir ces choses que se pose une pressante question: jeter ou garder? Qu'est-ce qui n'a pas de place dans mes cartons, qu'est-ce qui n'a plus de place dans ma vie? Alors pour me déculpabiliser je donne, pour rendre responsable quelqu'un d'autre de ce dilemme. Mais je ne sais pas tout donner. Je ne sais pas tout garder*. Qu'est-ce que je jette?
Et je me demande toujours à quoi ça sert de garder toutes ces petites choses qui me suivent de déménagement en déménagement, pour de toutes façons finir dans le fond d'une armoire. Ça sert juste à les redécouvrir quand je déménage, à m'émouvoir un peu, à me dire que je ne peux quand même pas jeter ça; jusqu'à ce que je redécouvre autre chose, m'émotionne aussi, et finalement tout cela est tellement, tellement fatiguant. Et à la longue, les souvenirs, ça saoule. Ça sert à quoi de trier tout le courrier que j'ai reçu, est-ce que je vais le relire? Et ces projets scrapbooking jamais achevés, je sais bien que je ne les finirai pas? Et ces vêtements dans lesquels je ne rentre plus, vais-je vraiment retourner aux tailles de mon passé? Et quand bien même, voudrais-je encore les mettre? Et puis, sérieusement, ces extraits de banque... Une enveloppe par mois depuis janvier 2008, et elles sont encore toutes fermées. Mais qu'est-ce qu'il y a de choses dans ces armoires!
Puis il y a tous ces objets qui n'appartiennent à personne, abandonnés là par ceux qui sont partis en premier et qui ont résolu leur dilemme du jeter-garder en laissant simplement leurs affaires derrière eux, pour que les autres s'en occupent. Et connaissant la récente notion de "les autres" dans ma colocation, ça veut dire, pour que ce soit moi qui m'en occupe. Sans entrer dans le détail. On sait tous bien que c'est l'accumulation d'une série de "détails" qui a fait que cette colocation se termine.
Bref, je déménage. Et c'est bizarre, parce que j'ai à la fois l'impression de connaître par coeur la maison que je quitte, et en même temps de n'y avoir jamais habité. La fin un peu amère de ma colocation me fait oublier tous les bons moments qui ont précédé, mais parfois je me surprends à me souvenir de petites choses que je jugeais insignifiantes à l'époque. Je ressens encore de temps en temps le sentiment de bien-être que j'avais eu quand je supportais encore de vivre dans la saleté, le froid, la colocation et le manque de confort. Je regrette presque de partir. Mais ce n'est plus que de la nostalgie, et je réalise que cette époque de ma vie aurait dû se terminer il y a quelques temps déjà, et que de l'avoir prolongée ainsi de façon presque artificielle n'a fait que générer de la frustration.
Oui, il est plus que temps de partir.
Mais déménager, qu'est-ce que c'est chiant.
* Ce que contrediront peut-être certains membres de ma famille, après tout je dois bien tenir le gène de l'accumulation-procrastination de quelqu'un.
Thursday, April 19, 2012
Trifle
(A prononcer "twaïfeul", la prononciation française faisant penser à un hasardeux rapprochement lexical avec un autre mot bien moins appétissant).
Le twaïfeul, donc, est encore une preuve de plus de l'impact néfaste de mon séjour en Angleterre sur mon mode d'alimentation. Il s'agit d'une composition classique faite de crème anglaise, biscuit et fruits; vous pouvez interpréter le "biscuit" et le "fruit" de façon assez large, un peu comme pour un crumble d'ailleurs. Le but est d'en faire des couches successives et si possible décoratives, même si au final ça goutera quand même exactement la même chose.
Ici, j'ai choisi:
- Couche du fond: framboises et coulis de framboises
- Couche intermédiaire: un rond de madeleines sur le bord épousant l'arrondi du bol, au milieu de ce rond un fameux remplissage de meringue, et de la crème anglaise par dessus, qui va aller couler dans tous les interstices.
- Couche supérieure: un rond de fraises sur le bord épousant l'arrondi du bol, et au milieu de ce rond le reste des framboises et des myrtilles (sans coulis cette fois).
- Un topping de meringue avec de la crème anglaise par dessus
- En déco, des amandes effilées et le reste des fraises.
Maintenant, on trouve des recettes avec des boudoirs, des petits beurres, des poires, des pommes, des prunes, des pêches, enfin un petit peu tout ce qu'on peut imaginer! Et au final c'est un vrai délice, les biscuits qui fondent presque sous la crème anglaise et le petit goût des fruits qui vient complémenter le tout... Rrrrr...
Mes seuls conseils sont:
- Faites le à l'avance, oui, mais pas trop quand même, parce que si vous utilisez des biscuits un peu crunchy à la base, vous laissez quand même pas mal de temps à la crème anglaise de les ramollir
- Faites votre propre crème anglaise. Tout le reste peut être acheté tout fait, mais la crème anglaise est vraiment la note dominante de cette composition.
- Attendez que ladite crème anglaise ait refroidi avant de la verser dans votre plat.
- Si vous faites votre propre crème anglaise, c'est formidable, puisqu'il vous reste alors des blancs d'oeufs pour faire de la meringue! Et,
- Soyez certains que tous vos invités voient bien la tête du truc quand vous l'apportez à table, parce qu'une fois qu'il aura fait le tour, il y a des chances que les derniers n'y voient qu'une pape infâme impropre à toute consommation. (Jusqu'à ce qu'ils y goûtent, soyons clairs).
Tuesday, April 17, 2012
Petit interlude
Dans la fougue de l'instant, j'en oubliais presque de mentionner ceci.
Gabi est devenue docteur. Avec une thèse au titre qui fait peur et des vidéos de petites goutes fluorescentes et des schémas pleins de pacmans.
Ca s'est bien passé, si vous me le demandez. A la défense de thèse, il y avait classiquement:
1. le jury de thèse;
2. les collègues;
3. d'autres scientifiques éminemment plus spécialisés que quiconque sur le sujet et que se sont sentis obligés de poser des questions pièges pour démontrer l'étendue de leur savoir;
4. la fière famille, qui ne comprenait pas grand chose mais qui était fière quand même;
5. les amis doctorants, les seuls à comprendre l'importance de cette étape dans la vie d'un thésard (et qui ne doivent pas prendre congé pour venir), qui à priori comprenaient encore moins que la famille mais trouvaient que les pacmans sur les schémas étaient quand même bien faits.
Gabrielle a reçu plein de cadeaux intellectuels, avec entre autres du papier WC avec des coeurs, une monopantoufle canard et de la moutarde alsacienne. Et - hommage ultime! - je me suis retrouvée dans les remerciements.
Cela vous arrivera aussi, amis lecteurs, si vous acceptez de me retranscrire des entretiens gratuitement.
Bon, et sinon, j'ai fait ceci.
iiiii un macaron au point de croix.
Elle était contente.
Friday, April 13, 2012
Berlinpinpin
D'une façon assez unanime, les gens ont généralement l'air surpris quand ils me voient à Bruxelles. "Mais! Mais t'es pas partie?" Il est vrai que je me déplace beaucoup ces derniers temps, surtout à Paris où on m'a donné accès à des archives (j'ai un gène d'historien qui s'emballe quand on me dit ce genre de choses), ce que je n'avais pas vraiment prévue dans mon planning de recherche. Et puis surtout, mon profil facebook regorge de petits détails allemands et berlinois alors que je n'y suis pas encore.
Il y a d'abord eu la grande angoisse par rapport à mon logement. J'en avais un, puis je n'en avais plus, puis j'en avais peut-être, enfin pas, enfin peut-être, enfin on ne me répondait pas, et puis finalement, finalement est arrivé à moi un plan non-foireux, ou du moins qui en a tout l'air, et j'ai dit oui. En espérant que ça ne foire pas.
Ensuite, il y a eu la myriade de petites différences culturelles et linguistiques auxquelles j'ai été confrontée en essayant de commencer mon terrain.
Et tout cela a commencé par ma confrontation avec des organigrammes.
Oui parce que si je pleurais pour avoir des organigrammes à la Commission ou dans les autres pays que j'ai étudié, là, en Allemagne, la chose non seulement existe (!) mais aussi est disponible (!!) sur internet (!!!) wunderschön, fête de la boule de Berlin. Et là, on ne parle pas en abréviations comme en France, oh non. On parle en divisions et en subdivisions, en Abteilung V et Referat Vc4. C'est même dans les emails, ton contact il signe Ida Currywurst Vc4, pour qu'on soit bien sûr. Et il y a des couleurs, aussi. Des couleurs pour les Referat qui sont à Berlin, et des couleurs pour ceux qui sont à Bonn. Avec parfois un petit rebelle délocalisé dans les Länder.
Alors bon, des prénoms, il y en a de tous genres. Il y a des Gerhard, des Günter, des Gisbert, des Gert. Des Gerda, des Rita, des Saskia, des Barbara. Et puis il y a ceux auxquels on a vraiment du mal à assigner un genre: Ute (femme), Uwe (homme), Renate (femme), Carlsten (homme). Et il y a des prénoms étonnamment francisés: Sabine, Odile, et surtout... Sybille. Oui mais on ne le prononce pas de la même manière. Essayez-le vous-même, allez sur google translate, tapez Sybille, traduisez en Allemand, et puis cliquez sur le "prononciation". (Vous pouvez faire ça avec votre propre prénom dans toutes les langues, généralement ce n'est pas bloqué, et vous verrez ça occupe bien quand on n'a rien à faire).
Enfin bon, une fois ces petites broutilles d'usage derrière soi, il faut prendre contact avec tous ces braves gens.
...
" Tüüüt... Tüüüt... - !ding! *Unsere Korrespondenten werden vorübergehend besetzt, danken Ihnen für Ihre Geduld* !ding! Unsere Korr..." - Klak - "BundesministeriumfürSauerkrautundWürstchenGutentaaaaag?"
"Heeeu... Goutèntague. Do you speak English?"
"Arh... Sprechen Sie Deutsch?"
"Ah, heu, ben oui, enfin, iche souche fure das Bureau von Ida Courriwourste?"
"Wer? Aaah! Doch, Ida Currywurst."
Enfin vous voyez le genre.
En plus généralement tous ces braves gens ne travaillent plus dans le ministère qu'ils avaient l'habitude de représenter à l'époque, et alors là, leur trace s'efface dans l'immensité du sillon de l'anonymat post-départ. C'est pas déprimant d'être fonctionnaire là-bas tiens, tu donnes dix ans de ta vie à travailler comme un malade sur un dossier spécifique, puis on te remplace et plus personne ne sait qui tu es. Surtout quand ton Referat a depuis été supprimé: jedoch, il n'est plus dans l'organigramme! Prions pour qu'Ida Currywurst n'ait pas pris sa pension, parce sinon là il n'y a absolument plus d'espoir.
Enfin voilà, le sujet de ma thèse en Allemand c'est die EU-Osterweiterung und die Arbeitnehmerfreizügigkeit (oui, un seul mot pour dire "libre circulation des travailleurs", sans même avoir un tout petit équivalent de "circulation" dedans).
J'en suis pour le moment à un stade où je commence à être légèrement fatiguée et où j'envoie des emails avec des fautes d'orthographe à Günter, c'est une assez mauvaise idée... En même temps si en France on m'a répondu à mes emails comme si de rien n'était quand j'ai utilisé "le cas échéant" comme synonyme de "dans le cas contraire" et que j'ai envoyé ça à un groupe de juristes... L'espoir est permis.
Thursday, April 12, 2012
J'ai 29 ans - part 3
Et voici, comme promis, la part 3, à savoir un combo entre mon anniversaire et ma pendaison de crémaillère (encore, oui, je sais, mes voisins doivent commencer à m'aimer). (Ils m'aimeront davantage quand j'en ferai une autre après les travaux pour parachever des mois de sonorités aimables de rénovation, tous les jours à partir de 7 heures du matin même les weekends). (Mais soit).
Voici. Le code est tout simplement le cadeau que vous m'avez offert, en lettres minuscules et sans article, et dont je vous remercie d'ailleurs très grandement. (Au pire j'ai un email et je réponds, hein).
Voici. Le code est tout simplement le cadeau que vous m'avez offert, en lettres minuscules et sans article, et dont je vous remercie d'ailleurs très grandement. (Au pire j'ai un email et je réponds, hein).
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