Wednesday, July 18, 2012

La vie des autres: Audrey

Salut à toi, internaute de passage ou lecteur friand du BibilBlog !
Le plat du jour se compose d’une tranche de vie d’Audrey, de 25 ans d’âge et appellation bruxelloise contrôlée, marinée depuis deux ans dans un jus de consultance en optimisation et servie avec le menu familial à cinq plats. Puisqu’une illustration en dis plus que mille mots (bien que je me méfie des restaurants où la carte contient des photos, ce n’est généralement pas indicateur de haute gastronomie), me voici :
Mon premier contact intime avec Bibil remonte à l’université, époque où, ayant repris une chambre dans son ancienne colocation, j’avais l’immense bonheur de profiter de ses illustrations humoristiques chaque fois qu’un besoin pressant m’emmenait dans la pièce qui avait le plus bénéficié de ses talents de décoratrice. Un prélude à ce que serait plus tard le BibilBlog, j’imagine. 
Depuis lors, j’ai déménagé. J’habite maintenant une maison bruxelloise « typique » à Woluwé-Saint-Lambert. Entendez : quatre fois plus haute que large et coincée entre des voisines dont la largeur n’excède pas non plus la taille d’une place de parking, raison pour laquelle le quartier sature de véhicules en stationnement… A moins que ce ne soit parce que de si paisibles jardinets se cachent derrière ces façades que le tout Bruxelles s’y retrouve pour d’agréables soirées entre amis. 
Entassement urbain oblige, je loge sous le toit. Non, pas dans une sordide mansarde, mais bien dans une spacieuse chambre avec mezzanine. Et c’est juste sous le Velux que j’ai placé mon lit, d’où je contemple chaque matin la couleur sans cesse renouvelée de l’azur. Enfin, façon de parler, puisqu’en Belgique on parlerait plus souvent de grisaille, la preuve par l’exemple :
Qu’importe, ce petit coin de ciel a l’immense privilège de se pencher par-dessus mon épaule à mes trop rares heures gagnées : celles où je m’absorbe, entre chien et loup, dans quelque lecture. En ce moment, je passe le plus sombre de mes soirées en la charmante compagnie de Gatsby le Magnifique, amant éconduit de la bibliothèque de Bibil. 
Outre la lecture, j’ajoute volontiers mon grain de sel dans une casserole en ébullition. Le temps manquant pour faire de bons diners, je concocte néanmoins des plats tout simples pour mes déjeuners au boulot. Le dernier en date fut un tian provençal : coupez des tomates et courgettes en rondelles, alternez-les dans un plat à gratin, saupoudrez de sel, poivre, thym et chapelure, enfournez 20-25 minutes à 240°C et le tour est joué ! Remarquez, au passage, que cela fait déjà deux légumes sur la journée. 
Voici, donc, cher lecteur, le plat du jour. Je pourrais encore assaisonner cette tranche de vie de mille épices savoureuses, mais je ne voudrais pas te causer une indigestion. Je te laisse à présent l’occasion de déguster d’autres récits du Bibilblog et, qui sait, peut-être ma vie sera-t-elle à nouveau au menu d’un autre post ? D’ici là, je te souhaite de goûter à tous les bonheurs qui surviendront dans ton propre quotidien ! 

***

Merci Audrey! Tout ceci m'a remémoré de bons souvenirs pré-Bibilblog de ce fameux kot à Louvain-la-Neuve à la décoration, comment dire, assez unique. Je suis allée fouiller des dossiers et j'ai trouvé ceci.
Décembre 2004, les amis, c'était pas y a huit ans, on n'a pas vieilli depuis.

Souvenir kot Louvain-la-Neuve from Bibil on Vimeo.
La semaine prochaine nous accueillerons Caroline!

Sunday, July 15, 2012

Ils sont partis!

Départ au Cinquantenaire ce matin à 9h30! Aaaahlala ils ont pas l'air serrés... C'est le costume de hot dog qui prend toute la place, je le savais.

Friday, July 13, 2012

Les Brussels Riders sont prêts à partir...

Dimanche, l'équipe de mon frère (les "Brussels Riders") se lancera dans l'aventure du siècle, j'ai nommé, le Mongol Rally. Ils ont acheté une toute vieille Peugeot 206 et vont rouler 16 000 kilomètres jusqu'en Mongolie, avant de la donner à une famille sur place... Ces derniers mois, ils ont trouvé moultes sponsors qui leur ont donné entre autres du matos de camping, des t-shirts thermiques, des cours de mécanique et surtout qui leur ont pimpé leur voiture...
Brussels Riders
Ils ont tous leurs visas et sont gonflés à bloc! Vous pouvez suivre leurs progrès récents comme futurs sur leur groupe facebook.
Et pour l'occasion j'ai préparé un petit cadeau de départ à mon frère, pour qu'il se souvienne de moi le jour où il se sentira esseulé au milieu d'un désert Mongol, leur voiture en rade, leurs GPS universels volés par une bande de brigands (qui leur auront aussi pris tout leur matos de camping, leurs vêtements chauds et leur aura cassé une jambe et un bras pour faire bonne mesure), et sachant qu'il doit encore prendre 6 photos de hot dogs pour satisfaire les demandes des participants du Hot Dog Challenge.
Ledit déguisement est dans leurs bagages, je l'ai vu de mes yeux.
Brussels Riders pochette
Une petite pochette, brodée avec les couleurs du drapeau belge (c'est sur leur logo), et des motifs pris ici et . J'étais à mi-parcours de mon oeuvre quand mon frère, suspectant la chose, m'a quand même fait un commentaire alarmé, "Heu Bibil tu n'es pas obligée de me faire un truc en point de croix tu sais". Mais c'est trop tard, il doit le prendre maintenant.
Et puis c'était l'occasion de récupérer un de ses caleçons trop usés pour en faire le dos de la pochette.
Brussels Riders pochette
Et hop! Doublé en jaune à l'intérieur, pour rester dans les tons.
Brussels Riders pochette
Il y a une conserve de Corned Beef Hash à l'intérieur. Bon voyage, petit hot dog!
Brussels Riders pochette
Si vous voulez participer au hot dog challenge sachez que c'est toujours possible!

Wednesday, July 11, 2012

La Vie des Autres - Ophélie

Cette semaine nous avons le plaisir d'accueillir Ophélie, 23 ans, petite soeur d'un ami de mon frère, ancienne guide de ma soeur, amie proche des Merri et retranscriveuse d'entretiens pour la gloire de ma thèse (le monde est ainsi interconnecté, ou autrement dit, la Belgique est un petit pays). Elle entre dans cette phase douloureuse que nous avons tous connue (ou devrons tous connaitre, pour mes plus jeunes lecteurs), certains pour une période plus longue que d'autre - sauf quand on a la chance d'etre ma soeur et que son employeur vient la recruter à la sortie de l'auditoire, mais enfin je me perds - j'ai nommé: trouver son premier job. Je lui cède la parole...

***

Dimanche 17 juin 2012, 8h35, le soleil brille (pas pour longtemps, il ne faut pas rêver) et me voilà assise à la table de mon bureau, petit-déjeuner et café engloutis, cheveux à peine essorés, fin prête à enfin commencer la rédaction de mon mémoire de fin d’études. Je regarde désespérément cette monstrueuse farde de documents, que je me suis attachée à remplir soigneusement durant les deux dernières semaines à force d’impressions, de photocopies et d’aller-retours dans toutes les bibliothèques de Louvain. Et dire qu’il y a trois semaines à peine j’étais encore dans le pays de Galles, à Aberystwyth (Aber – ouist – with) en train de profiter de la plage et du soleil (et oui, il y a aussi du soleil au pays de Galles) et surtout de mes derniers jours d’insouciance en Erasmus. 4 mois d’insouciance, le pied, et pourtant, à peine arrivée gare du midi, la réalité me rattrapait déjà : je m’appelle Ophélie, je suis en dernière année de droit à l’UCL, je rêve d’acquérir mon entière indépendance l’année prochaine donc je dois me trouver un bon job, et pour ça je dois cartonner ma dernière année et donc cartonner mon mémoire… Good luck with that…

La plage d'Aber-ouist-with


Nous voilà donc 3 semaines plus tard, et à l’heure où je devrais être en train de taper dans le document intitulé « Mémoire sur le contrat de franchise », je me sens plutôt d’humeur à faire le bilan de ces trois dernières semaines.

Au moment où j’arrivais en Belgique, je comptais déjà 9 candidatures dans mes « sent messages » de gmail. 4 d’entre elles étaient toujours sans réponse, 2 ont directement conduit à des refus, 2 autres ont conduit à des interviews qui se sont également terminées sur des refus, quant à la dernière, l’interview était programmée 3 jours plus tard. Jour de l’interview, la routine s’installe déjà, dodo à Bruxelles, pep talks des proches et pep talk personnel bien sûr devant le miroir, pages internet du cabinet bien imprimées dans ma mémoire. Je pénètre dans le bâtiment, attente interminable dans la salle de réunion, et puis les voilà, on peut commencer. Une trentaine de minutes plus tard, les jeux sont faits, je reçois un « on vous écrira la semaine prochaine », aïe, c’est pas bon ça. 3 jours plus tard, le temps de m’organiser, de m’acheter un beau, rutilant, nouveau classeur, j’entame mes recherches de mémorante, bien décidée à aborder la chose de façon positive, sans prise de tête : tout le monde est passé par là, y a pas de raison que je n’y arrive pas ! En attendant, une autre de mes candidatures restées sans réponse vient d’aboutir sur un refus, en même temps, je m’étais trompée de nom de firme dans le mail… la tarte

Le nouveau classeur
Début de la deuxième semaine, la réponse fatidique arrive, il me faut une matinée pour trouver le courage d’ouvrir le mail dont je connais déjà le contenu, et… c’est le coup dur il faut bien l’admettre. Je m’accorde une aprem déprime en bonne et due forme, chocolat et séries au programme ! 3 jours plus tard, c’est reparti ! 2/3 de mon classeur rempli, je jongle entre lecture des différents documents sur la franchise, rédaction de nouvelles lettres de motivation, optimisation de mon CV, et sms d’encouragement au Jules lancé dans une session d’exam au rythme effréné. Entre temps, 2 de mes candidatures aboutissent sur des non, je me réjouis d’avoir au moins obtenu une réponse.


Dimanche 17 juin 2012, 11h11, le soleil est toujours là, mon classeur déborde, 6 nouvelles candidatures dans mes « sent messages » et déjà une interview programmée pour vendredi prochain, ainsi qu’un nouveau refus (au moins c’était rapide).

C’est l’époque la plus difficile de votre vie nous dit-on, et bien c’est pas peu dire, si j’avais su que ce serait la croix et la bannière rien que pour ne fut-ce qu’obtenir une interview… En fait je ne sais même pas si j’aurais fait les choses différemment ! Période difficile, certainement, mais loin d’être impossible, tant qu’on garde le moral et la confiance en soi (I think I can, I think I can, I think I can…) et qu’on profite de moments privilégiés d’évasion avec ceux qui nous soutiennent coûte que coûte… Vérone, nous voilà !

***

Et voilà! Bon, évidemment, amis lecteurs recruteurs dans des cabinets d'avocats, si jamais vous avez une vacance, vous pouvez toujours transmettre... La semaine prochaine nous aurons Audrey!

Monday, July 09, 2012

La chic lit de l'été

Samedi soir, vers 23h58, Gabrielle m'a envoyé:
"J'ai fini the Other Side of the Story... Faut que j'en achète un nouveau mnt!!! Si t'as des conseils... Et en English comme ça j'ai l'impression de faire un truc utile!"
Ce à quoi je lui ai proposé de venir puiser dans ma bibliothèque personnelle, moyennant tout de même que je ré-ouvre quelques cartons qui sont au grenier, ce qui risque de ne pas être une mince affaire, et elle m'a répondu, "ou alors déjà des titres de livres ce serait bien! Ca me fera une excuse pour aller sur amazon et acheter [hahaha! vous ne le saurez jamais]".
Ce qui m'a fait penser qu'il était grand temps de vous donner mes recommandations en littérature girlie anglophone pour l'été qui s'annonce (du moins dans des pays au climat plus clément que le nôtre, ce qui tombe bien si vous prévoyez des vacances). J'admets qu'il est difficile de choisir sa chick lit de l'été, le marché est saturé de ce genre de littérature aux couvertures ultra kitschs qui vous lurent et vous leurrent, et j'y ai lu de grosses daubes tout comme des petits chefs d'oeuvre... Alors voici rien que pour vous une petite sélection basée sur ma bibliothèque perso (que vous pouvez compléter dans les commentaires si vous le voulez, ça m'intéresse figurez-vous).
1. Sophie Kinsella, "Remember me".
Lexi se réveille dans un hôpital après avoir fait un accident de voiture. Un accident de voiture? se dit-elle. Mais depuis quand est-ce que je sais conduire? Elle se sent aussi un peu différente, un peu comme si elle avait perdu une bonne dizaine de kilos et que sa dentition était à présent parfaite, et quand on lui ramène ses effets personnels c'est le choc: un sac Gucci, des bijoux, dont une bague qui ressemble à... mais dites donc, mais c'est une alliance! Il doit y avoir erreur sur la personne, elle est célibataire, non? Et d'ailleurs, quelle date sommes-nous? Quoi? Quelle année, dites-vous? Lexi doit vite se rendre à l'évidence: elle a oublié trois ans de sa vie. Trois ans dans lesquels sa vie a basculé, et elle se découvre avec un corps parfait, un époux canon et millionnaire, et tiens donc, elle est devenue le boss de sa boite. Mais tout est-il vraiment si rose? Pourquoi ses meilleures amies de toujours agissent comme si elles la détestaient?
Pour moi il s'agit là du meilleur livre de Sophie Kinsella, même si tous ses livres sont une valeur sûre des longs trajets d'avion et des plages de cocotier. Mais si vous me le demandez, il y en a bien un autre que j'ai préféré aux autres...
2. Sophie Kinsella, "the Undomestic Goddess".
Samantha est une avocate à succès; sa vie est divisée en petites fractions de 6 minutes facturées à £500 chacune. Son but ultime est de devenir partner de sa firme, et elle y sacrifie tout, au détriment de sa vie privée et sentimentale. Jusqu'à ce qu'un jour, elle fasse une grosse erreur, tellement grosse qu'elle lui coûte sa carrière... En état de choc, elle prend le premier train, descend à une station au hasard, et se fait engager sous un malentendu comme housekeeper. Ce qui inclut, entre autres, d'apprendre dare-dare à faire le ménage, la cuisine, la lessive, et surtout de cacher à ses patrons pas très méchants mais pas très brillants non plus qu'elle a un QI de 158 et un diplôme de Cambridge... 
En prenant ce livre j'avais l'impression que je lirais un machin sexiste qui me révolterait au possible, et en fait non, c'est même carrément drôle... Les situations sont assez cocasses et tournent au vaudeville à tous les coins de page!
Sinon, en vrac, si vous aimez Sophie Kinsella, vous aimerez aussi Confessions of a Shopaholic, Twenties Girls, ou Can you Keep a Secret? Ce qui est bien c'est que chacun de ses livres est différent, avec une idée de base qui ne ressemble pas aux livres précédents... Ce qui n'est pas le cas de Marian Keyes, l'autre reine de la chic lit anglaise.
3. Marian Keyes, The Other Side of the Story
Car en effet tous les romans de Marian Keyes se ressemblent un petit peu: trois personnages féminins, dont une fille bonasse, une fille pas bonasse (la bonasse ayant d'ailleurs souvent piqué le mec de l'autre) et une femme carriériste. Quelque part dans l'intrigue il y a des retournements de carrière, de vie sentimentale, quelques passages drôles, et un personnage secondaire qui fait une dépression. Les livres de Marian Keyes sont très enjoyables, mais en lire un signifie tous les lire; surtout qu'il s'agit généralement de gros bouquins qu'on ne finit pas en une seule nuit. Dans le tas, je trouve que The Other Side of the Story se défend mieux que les autres, parce que les trois personnages féminins en question travaillent dans le monde littéraire, qui est forcément le monde que l'auteur connait le mieux... On a deux écrivains, l'une à succès et l'autre non, l'écrivain à succès a piqué le mec de l'autre, et leur agent littéraire ultra carriériste. Quoique je vous recommanderais peut-être aussi Sushis for Beginners, parce qu'un des personnages centraux fait une dépression clinique, qui est une maladie que Marian Keyes rencontre à intervalles réguliers et comprend de l'intérieur. This Charming Man a eu beaucoup de bonnes critiques au moment de sa sortie (même si le synopsis est relativement le même que les livres précédents), et "Saved by Cake" (que je n'ai pas encore lu) est sorti cette année est un roman autobiographique racontant comment l'auteur, justement, est sortie de sa dépression en cuisinant des pâtisseries.
4. Jenny Colgan, Meet me at the Cupcake Café
Bon d'accord, ce livre n'est pas aussi bon qu'un Sophie Kinsella, et ses notions de gestion d'entreprise sont relativement bancales, mais regardez-moi juste cette couverture... Avouez... Un city trip, un café latte, et ce livre... Ne serait-ce pas parfait?
D'ailleurs on a le nom de Sophie Kinsella sur la cover, de quoi l'acheter sans sourciller! Wait a minute... Ah non ce n'est qu'une recommandation de Sophie Kinsella, mais pourquoi est-ce là et pas sur la quatrième? Sont-ils si désespérés de vendre ce bouquin?
On s'en fout, il y a des cupcakes qui brillent, si c'est vrai je vous le jure, les parties foncées de la couverture c'est fait en papier reflet...
Voilà, j'espère que cela vous aide à faire votre sélection! Surtout n'oubliez pas de les commander en anglais, sinon vous perdez toute justification intellectuelle à acheter votre livre! Bonne lecture, et... Ne vous imaginez pas que je ne lis que cela, j'ai aussi des bouquins intelligents dans mes cartons, il ne faut pas croire!
Ceci dit, si vous pouviez réfléchir à votre sélection pendant quelques jours et attendre avant de commander, il se peut que j'aie une surprise pour vous dans les jours à venir...

Wednesday, July 04, 2012

La Vie des Autres - Victoria

Cette semaine, dans cette fabuleuse saga de l'été du blog, c'est Victoria qui s'y colle! Victoria est française, mais je l'ai rencontrée à Londres mon premier jour de cours, elle était en Angleterre depuis plus longtemps que moi et y est restée plus longtemps aussi. Au cours de nos conversations multiples il est apparu que la Belgique avait l'air de singulièrement la fasciner, mais malgré cela curieusement elle habite à présent au Qatar... Elle avait envie de vous partager son impression de la Belgique comme moi j'avais partagé mon impression de la France! Désolée pour vous si vous n'êtes pas Belges, ce n'est pas votre faute, ne blâmez pas vos parents surtout...

***

Mes très Chers Belges. 

Vous ne me connaissez pas. Moi non plus, mais je vous devine un peu travers ce blog. J’avoue, je suis un peu intimidée. Je sais bien que vous avez vos petites habitudes quand vous venez par ici. C’est le soir, vous avez attendu ce moment avec impatience. Vous êtes tous derrière votre petit écran d’ordinateur en robe de chambre, les pieds dans vos charentaises, touillant délicatement votre thé et ricanant à chaque trait sybillien. Mais ce soir, pas de Sybille, pas de photo de bouffe. A la place une usurpatrice vaguement légitimée par une histoire de guest post. C’est que Sybille elle a tellement de talent, elle est tellement drôle et intelligente et pleine de créativité, en plus on la connait… qu’est-ce qu’elle vient nous saouler avec ces guest posts… La prochaine fois je ramènerais le journal. Vous imaginez la pression pour ceux qui se coltinent le dit guest-post. C’est bien simple, je ne dors plus depuis trois semaines. En plus je suis même pas belge, bonjour le décalage culturel ! 

Sybille avait des instructions bien précises pour ce billet: elle souhaitait que je parlasse de mon quotidien. Mon quotidien le voilà : j’habite au Qatar. En ce moment il fait près de 50C et nous ne mettons presque plus le pied dehors la journée (juste pour aller jusqu’à la voiture). C’est pas pour dire mais c’est la déprime, je vais jamais réussir à vous divertir avec ca. 

Mais revenons à nos chameaux Pluto. 

J’ai pris une décision. Cette année j’ai pu suivre avec un brin de tristesse le désarroi de Sybille à Paris. Je me souviens d’un des premiers posts sur cette étape parisienne où je m’étais fendue la poire. Cela peut-être aussi un peu déstabilisant de découvrir les observations relativement détaillées, qui plus est dans sa langue maternelle, d’un étranger sur son pays d’origine. Je me demande comment vous réagiriez si je vous parlais un peu de la Belgique. Je connais très mal votre pays malheureusement mais j’aimerais vous en parler un peu. En fait c’est Sybille qui m’a fait découvrir le plus de choses sur la Belgique même si ce ne sont que de petites choses du quotidien : genre c’est elle qui m’a parlé des « Kots », des « kokoteurs » et des « kokoteuses ». Extraordinaire terminologie. 

 Au début je voulais vous raconter l’histoire du Belge qui prend un taxi à Paris et qui tue un passant mais je me suis rappelée du précieux conseil de mon père. Le moment était grave – je le revois encore. Nous étions dans notre domicile parisien. Il a rabaissé son journal et incliné sa tête pour mieux me voir derrière ses lunettes de presbyte. Très sérieux, il m’a dit que « quand tu racontes une histoire belge à un Belge, c’est mieux de transformer les Belges de l’histoire en Suisses ». Ca m’avait fait réfléchir : « Et pour l’histoire des trous du cul qui font du ski ? Je dis que c’est des Belges et pas des Suisses ? ». Mon père a eu un temps de réflexion mais avait finalement l’air assez sur de lui: « Non, l’expression ‘trou du cul’ n’est pas utilisée en Belgique, tu es donc coincée avec les Suisses ». Moment de bonding intense entre un père et sa fille. 

Mon père sait très bien de quoi il parle car il avait eu le temps de visiter la Belgique étant jeune homme. Un jour quand il avait 20 ans il a voulu aller passer des vacances en Grèce et comme ses parents l’avaient envoyé se faire cuire un œuf, il avait fait du stop. Sauf que : le chauffeur de camion s’était bien fichu de lui et il s’était retrouvé à Bruxelles. Si vous n’étiez pas tous Belges je vous dirais bien que mon père c’était lui le Belge de l’histoire mais malheureusement dans ce cas de figure très précis, je ne peux pas appliquer la règle citée plus haut et traiter de Suisse mon Marseillais de père qui se retrouvait en Belgique. Franchement, c’est tordu. 

J’ai été deux fois en Belgique. La première fois, c’était en 1999 pour le weekend de Pâques. J’avais quinze ans. J’allais avec une copine qui connaissait des vrais Belges (moi je connaissais que des doubles nationalités qui habitaient hors de Belgique). Je me suis retrouvée dans un endroit étrange qui s’appelait le Whos-Whos. Je n’oublierai JA-MAIS. J’avais tiré cinq enseignements de ce séjour (non pas au Whos Whos mais bien en Belgique) : 
1. Les Belges prononcent « ui » inversement de nous les Français. Par exemple, le « ui » de Quick se prononce comme celui de notre « huit » et vice versa. A l’époque je m’étais demandé comment vous vous sentez, vous, les Belges, quand un Français vous donne rendez-vous chez Quick à huit heures. Je n’avais pas osé poser la question, mais ce soir j’ose tout: Alors, c’est comment ? Dieu Merci, on se rejoint sur le « Oui » . 
2. Les Belges éclairent leurs autoroutes, eux. 
 3. PERSONNE ne ponctue ses phrases d’un « une fois ». 
4. Les Belges sont accueillants, sympas et joyeux. Évidemment c’est stupide de généraliser mais vous savez dans mon pays, on est tous un peu comme ça. 
5. Les Belges pensent que nous sommes belges et se prennent pour des Français : ils nous regardent bizarrement parfois et parlent lentement. 

Je ne m’étendrai pas sur ma deuxième visite en Belgique – un échec cuisant puisque je me rendais à Charleroi depuis Paris pour aller chercher mon amoureux anglais de l’époque sans portable et que cet idiot avait raté son avion et s’était rabattu sur un Londres/Paris… C’est pour vous dire que dans notre famille il y a une malédiction qui traine : on est happés par la Belgique. Cela se confirme avec ma sœur qui part s’installer à Bruxelles en juillet, également sur un quiproquo puisqu’au fond elle me le disait encore hier « je ne sais pas ce que je fiche en droit européen ». 

Avec tout ca, vous ne savez pas beaucoup de choses de moi et vous êtes rongés par la curiosité, c’est certain. « C’est qui cette folle qui s’est foutu de notre prononciation des « ui » sur ton blog Sybille ? ». Et moi qui essayais d’être drôle… J’ai même réussi à ne pas vous raconter de blague… jusque là… En fait il y en une que j’ai sur le bout de la langue et qui doit sortir. C’est une blague qui se raconte chez moi au Pays Basque. 
 - Qu’est-ce qu’un Basque ? 
- Un Belge qui n’a pas trouvé l’Espagne. 

Hahaha.

***

Victoria me précise qu'elle espère que mes lecteurs ont de l'humour au premier degré... Je l'ai rassurée en lui disant que vous étiez bon public (hein, dites?)
La semaine prochaine, nous avons Ophélie qui parle de son mémoire et de sa recherche d'emploi!

Monday, July 02, 2012

J'habite dans le quartier bio

Quand je vous disais que chaque quartier à Berlin avait sa propre particularité, j'ai oublié de préciser que le mien aussi. Votre guide touristique, en vous parlant de la Bergmannstraße, vous dira qu'il s'agit du quartier le plus branché de Kreuzberg (lui-meme déjà branché), mais plutot version upmarket et bourgeois bohème. Pour vous offrir une comparaison, mon boss habite près dans mon quartier. Mes collègues, eux, habitent un peu plus loin, là où c'est moins cher. Pensez Quartier du Chatelain, mais la partie chic, si vous voulez vous faire une comparaison.
Et qui dit quartier bobo upmarket dit - bon d'accord il n'y a pas de nécessaire corrélation entre les deux, mais quand meme - dit donc quartier bio.
Je vous jure, le bio est partout. Il me suit, me poursuit, il me hante.
Le bio se trouve en supermarché:
Bio 1
Où l'on retrouve, entre autres, tous les produits de chez Shanti, mais en plus de variétés, en moins cher, et version "je mange ca tous les jours enfin".
Le bio se trouve aussi en marché bio du samedi, qui attire le badaud tout comme l'expert en sciences organiques.
Bio 4
Le bio se retrouve dans les cafés, dans les restaurants, dans la junk food, il se trouve meme en nourriture pour chien:
Bio 3
Ce qui fait que bon, après un bon petit moment shopping dans mon quartier, je me retrouve à m'acheter des fleurs bio pour décorer mon intérieur (wtf?), à me faire des petites salades de saison et à me cuisiner des trucs de ce genre:
Saumon au fenouil et à l'orange
Mais attention! Il n'est pas dit que Bibil n'a pas la classe quand elle s'en va rencontrer son destin biologique! Oui mes amis! Car figurez-vous que j'ai un sac de courses en lin bio. Si. Il y a écrit "je suis tout bio" dessus, en francais dans le texte, avec un beau dessin de fleur.
Bio 2
Et l'ironie dans tout cela c'est que j'avais acheté ce sac chez Carrefour lors de mon premier jour à Paris...