Monday, December 17, 2018

Le marathon de Noël du Fil de Bibil


Et voilà, le marathon de Noël est terminé pour le Fil de Bibil ! J’ai le plaisir de vous annoncer que j’ai tenu le coup!

Mais bon en vrai, je ne vous cache pas que la conclusion de cette année, c’est que je suis déçue. De mes 7 ventes de Noël, il n’y en a qu’une qui a vraiment marché, mais parce que cela avait marché pour tout le monde et pas seulement pour moi. Les autres ventes, en vrai, étaient juste okay. Pas la misère mais pas dingue. Comparé à l’année passée où j’ai cartonné à toutes mes ventes, puis aux efforts que j’ai mis dans le Fil de Bibil cette année pour être à la hauteur de ce que je pensais être une nouvelle succession de succès, la performance est franchement en dessous de mes attentes. Je suis parvenue à atteindre mes objectifs minimums, à savoir payer mes fournisseurs sur base de mes ventes et sans devoir y mettre de ma poche. Mais à part ça, le Fil de Bibil a tout juste frôlé la surface de l’eau sans jamais décoller. Et ça aurait été passable si cela faisait partie d’un contexte global peu favorable. Mais je vois bien comment c’était sur les stands des autres créateurs et créatrices. C’était une très bonne année pour tous les autres. Et c’est décevant, c’est vrai, parce que ça avait bien commencé, et que maintenant je me sens bloquée quand les autres avancent.
Je vois bien qu'il y avait un problème cette année avec mes stands. J’attirais moins le regard que l’année passée, et ce alors que j’avais plein de nouveautés. L’année passée, on n’arrêtait pas de me demander, « et vous faites ceci ? vous faites cela ? ». Alors j’en avais tiré des leçons, et je me suis concentrée pendant une année sur ce que je pensais me faire défaut. J’ai introduit ce que quelques personnes m’ont demandé d’introduire, pensant que cela correspondait réellement à une demande. Sauf que paradoxalement, maintenant que c’est là, ça n’intéresse plus personne. Le résultat, c’est que je me retrouve à déplacer des montagnes de brols sur mes stands et à devoir stocker des invendus (et je peux vous dire que ces petites choses non seulement ça ruine mais ça occupe bien l’espace). Et le plus frustrant c'est que personne ne m’a dit, « ah c’est trop cool que vous ayez des peignoirs/plaids/ensembles de bain/sorties de bain/etc etc, j’avais tellement envie que vous en proposiez ». On m’a juste dit, « tu sais quoi Bibil ?  Tu devrais faire des tabliers » ; « tu devrais changer tes bavoirs et mettre un biais autour ». Mais je peux vous parier que si jamais l’année prochaine j’ai une offre de tabliers et des bavoirs avec un biais autour, il n’y aura plus personne pour dire qu’il l’avait suggéré. Et donc j’avais tout ce brol sur mes tables car je n’avais pas su faire une choix, et à côté de moi, sur les autres stands, les gens se ruaient sur d’autres créatrices qui proposaient un ou deux produits phares qui attiraient le regard, sur des stands désencombrés.

Cette année, j’ai beaucoup douté sur le Fil de Bibil. J’ai passé beaucoup de temps à me dire que le problème se situait dans le manque de temps que je pouvais consacrer à mon activité, et sur le manque d’équilibre que j’avais avec ma vie privée (quelle vie privée franchement, je ne fais que du Fil de Bibil depuis juin). Puis je me suis dit que c’était parce que je manquais de conviction quand je faisais des ventes, que j’étais tellement fatiguée, que je n’avais plus la passion des premiers stands. Mais après ces marchés je pense que le problème se situe en réalité au niveau du produit. Je crois que mes trois problèmes principaux sont :
1.      Trop d’offre
2.      Une mauvaise politique de prix
3.      Aucun produit qui sorte du lot
Alors pour les deux premiers points, c’est relativement facile. Bon c’est vrai que j’ai un fameux stock et qu’il ne va pas partir tout seul, ce que me rappelle le fait de le voir tous les jours trainer dans mon salon, mais soit. Le soucis c'est d’amener tout mon stock à chaque fois que je me déplace sur une vente. Moi qui pensais que j’étais de la génération des diginatives, je dois avouer que je fais preuve d’un manque flagrant de stratégie digitale. Je vois bien que celles qui ont du succès amènent quelques articles et renvoient à leur webshop pour le reste. (Leur quoi ? ah non j’ai pas de webshop moi en fait). Puis en ce qui concerne les prix, j’ai fait des prix ronds pour me faciliter la vie, et en me disant que les gens n’étaient pas cons non plus, quand on leur propose un produit à 19,5€, ils savent quand même que c’est 20, alors autant dire 20 directement et ne pas m’embêter avec un fond de caisse de petite mitraille.
La leçon que j'en tire c'est que les gens ne sont pas cons, certes, mais ils sont paresseux (enfin parfois ils… non je m’arrêterai là). L’attention qu’ils te consacrent n’excède pas le temps qu’il leur faut pour dépasser ton stand. S’il n’y a rien pour attirer leurs regards au premier coup d’œil, ils passent au stand suivant. S'ils voient 19,5€, ils voient 19,5€ et ils passent à l'article suivant. L’année passée, mon stand a vraiment marché pour la simple raison que ce qu’on voyait en premier, c’est un essuie de cuisine brodé qui disait, « Maman a toujours raison ». Ca faisait rire les gens, du coup ils s'arrêtaient et ils regardaient le reste. Cette année, je n’avais rien qui attirait le regard aussi directement. Par contre, les créatrices autour de moi, oui.  
Ce qui m’amène au troisième point qui est plus problématique : je n’ai aucun produit qui sorte du lot. Pas de produit phare. Quand on dit, « le Fil de Bibil », je ne sais pas si les gens ont en tête une image qui leur vienne directement à l’esprit. Je me plais à penser qu’on pense à mes bavoirs (ils sont si beaux ! j’y passe tant de temps !). Mais à part une poignée de clients et amis fidèles que j’aime d’amour vrai, je pense plutôt que les gens se rappellent qu’une fois par an, j’amène ma machine à broder sur place. C’est un « pain reliever » sur le court terme (« oh ben on ne prendrait pas ça pour le cadeau de naissance de Pimprenelle ? »), si du moins il n’y a personne d’autre qui propose des cadeaux de naissance personnalisés autour de moi ; mais en dehors des stands on n’y pense plus. Je dois trouver un moyen de rendre mes produits plus mémorables, plus uniques. Je pense que c’est ce que j’ai essayé de faire en diversifiant à ce point mon offre. Mais je crois que j’ai cherché dans la quantité quelque chose qui devait se travailler sur la qualité. C’est peut-être le graphisme et le look de mes produits que je dois travailler pour me démarquer des gens qui ont la même machine que moi et qui savent faire la même chose.
Enfin, au delà du produit, une de mes autres priorités de cette année, cela va devoir être de mieux gérer mon temps et l'investissement personnel que je fais dans le Fil de Bibil. Car oui d’accord c’est très bien de vouloir faire en sorte que ça marche, mais le problème est quand cela se fait au détriment du reste... 
Et puis travailler sur ce côté perfectionniste à outrance qui fait que je suis persuadée de ne pouvoir apprendre que de mes faiblesses et non de mes forces, et qui fait que je suis incapable de profiter de mes succès. Car j'ai quand même rempli mon objectif minimum qui est de terminer l'année en rendant le Fil de Bibil auto-suffisant. Mine de rien ce n'est pas peu de choses étant donné le préfinancement conséquent nécessaire à cette activité. Mais bon voilà, j'avais espéré un peu plus... 
Mais que je me réjouisse! J'ai mon inventaire à faire pour me consoler :-)

No comments: