Me demanderez-vous.
Si, si, vous allez me le demander, vous allez voir. Imaginez que je commence une conversation par, "Ah ben j'ai passé un très bon week-end, merci de me le demander! Je suis allée à Londres faire un peu de shopping de Noël. Mais j'ai pris un train un peu plus tôt le vendredi pour pouvoir faire des entretiens pour ma thèse. Enfin j'ai failli ne jamais les faire à cause des retards de l'Eurostar..." Et là vous voudrez me demander, ça vous brûlera les lèvres, "ah ben oui tiens! Bibil, ton Eurostar, ça s'est passé comment?"
Mal, ça s'est passé mal, c'est là ma réponse.
La veille, déjà, je regarde les infos, un train sur trois qui est annulé, il neige, il gèle, c'est la big catastrophe. Je suis intérieurement persuadée de ne pas partir. D'autant plus que nous étions quatre à être au taquet par rapport aux horaires de train.
11h29: mon train.
18h59: celui de Dgé.
19h59: celui de D. et A. (ah! vous voyez qu'avec des initiales PERSONNE ne devine qui c'est).
Un peu comme une big lotterie: dans le tas il y en a d'office un qui ne partira pas. Un train sur trois. C'est la règle. Dgé me dit, "oh mais Bibil, il faut un peu croire à ta bonne étoile hein!" Ce qui est sûr, c'est que ce soir-là notre bonne étoile n'était pas Eurostar.
Vous avez remarqué le jeu de mot franglais? Quand même un peu, non?
Le lendemain matin, les résultats de la tombola sont publiés, et nous découvrons avec consternation que c'est le train de Dgé qui est annulé.
Bon moi je pars le matin, pleine d'optimisme et bien à l'avance, pour me rendre compte qu'à Bruxelles-midi c'était le chaos: là où il y avait les embarquements on n'embarquait pas, mais par contre il y avait des bureaux vers le côté qui me semblaient un peu plus prometteurs. Et en effet c'est là que le personnel était en train de redistribuer les places. Ca prenait un temps dingue, tout le monde semblait partir en groupe de dix et vouloir être assis ensemble. Enfin, sauf pour moi. "Vous êtes seule?" me demande la guichetière. "Heu... (je regarde autour de moi, houlala, n'est-ce pas dans ce genre de circonstances hollywoodienne qu'un Prince Charmant débarque et qu'on se retrouve propulsés par le destin?) (Non?) (Non.) ... heu, ben, en effet." Hop, elle décolle un sticker, elle le colle sur mon billet, et elle passe au suivant.
Bon, j'ai passé les postes de contrôle, je suis super à l'avance, c'est bien, je suis hyper ready pour l'embarquement. Sauf que, bon, on entend le bruit familier d'une annonce Eurostar, priant tous intérieurement pour que ce soit quelqu'un qui ait oublié ses clés au contrôle, mais sachant tous très bien que ce ne sera pas le cas.
1h d'attente. La rame qui devait venir nous chercher n'est pas arrivée, elle a des problèmes techniques.
(Ici, le lecteur intuitif pourra déjà deviner que les problèmes techniques de la rame ne se seront pas miraculeusement résolus pour la suite du trajet. Mais soit.)
Nous embarquons, donc. Le train est plein comme un oeuf, ça crie dans tous les sens, hyper pratique pour comprendre les annonces de notre train manager, ainsi que pour bosser, accessoirement. Puis notre train tombe en panne au bout de 15 minutes de trajet, et j'ai eu comme un mauvais pressentiment.
Au final, j'ai envoyé une série de sms du genre:
"Je suis arrivée en gare! ... de Lille-Europe. On n'est pas rendus."
"Je suis arrivée en gare! ... de Calais Fretun. Non, ce n'était pas prévu, je crois."
"Ah oui non là ça va je suis en Angleterre! Je suis en panne à la sortie du tunnel. La vie doit être fun pour ceux qui sont dedans juste après nous." (Gardant à l'esprit que j'étais en bout de voiture 18 et espérant vaguement qu'il n'y ait pas de collision).
"Je suis arrivée en gare! ...d'Ebbsfleet International. Oh tiens, il fait nuit".
Puis finalement je suis arrivée à Londres au bout de 5h30, juste à temps pour pouvoir faire mes entretiens pour ma thèse.
(D'ailleurs petite annonce à qui veut l'entendre: j'ai un entretien en français à retranscrire! Super intéressant, on a parlé des relations franco-allemandes à la fin des années 90 et de l'attitude française face à l'élargissement de 2004. Allez, si, ça vous tente, vous ne croyez pas?)
Et voilà. J'ai pris un Gingerbread latte et des mince pies. Happy end.
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Puis vient le tour de Dgé, dont le train était annulé, rappelons-le. Pleine d'optimisme, elle décide de prendre une après-midi de congé, pour venir à la gare à 15h avec sa valise et essayer de chopper une place dans un autre train.
2 heures. Il lui a fallu 2 heures pour qu'elle arrive au guichet. Et finalement elle loupe de justesse les dernières places disponibles dans le train de 17h, pour se retrouver dans le train de 19h59. Celui de D. et A. donc, ça tombe bien, ça me permet de coupler deux histoires en une.
Bon, évidemment, il y avait du retard. Curieusement leur rame est aussi arrivée à la bourre, m'est avis qu'il s'agissait de la mienne qui était revenue de Londres entre temps. Et ils sont arrivés à 23h au lieu de 21h heure locale. Ce qui fait que Dgé a dédié en tout 9 heures de sa vie à essayer d'aller à Londres ce week-end. Mais ce n'est pas grave, elle est allé au bar et elle a rencontré plein de gens elle en a profité pour travailler, elle aussi, malgré son jour de congé.
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Et au final? Dgé n'a pas eu de compensations car son retard "était dû à la météo". Et on considérait qu'elle avait déjà eu des compensations au fait que son train ait été arbitrairement annulé, car après tout, n'avait-elle pas eu de place dans le train suivant? "Oui mais heeeeeu j'ai passé 5 heures dans votre gare pour ça" n'a pas ému, apparemment. Par contre, moi, j'ai eu droit à un billet gratuit aller-retour. Allez savoir pourquoi.
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Mais j'ai eu un très bon week-end, sinon. On a découvert, entre autres, que Jamie a maintenant un stand au Winter Wonderland, que quand on nous dit "ce sera un peu épicé" c'est un signe qu'on va juste vouloir mourir dans la minute qui suit, et que les karaokés anglais jouent "les Champs Elysées" sur demande.
Ah oui, et que Dgé met 2h30 répartis sur deux journées pour choisir une veste. Que Laurent aime bien faire du shopping, mais seulement chez Liberty. Que Thibault a une théorie du marketing appliqué à la drague (les promos, la nouvelle collection, tout ça). Et qu'Esmé fait un excellent spaghetti au gratin!
2 comments:
c'est ce qu'on appelle un weekend bien chargé! hahaha
je t'échange l'entretien entièrement en français dont tu parles dans ce post contre celui que je t'avais proposé de faire pcq en anglais j'en touche pas une, c'est horrib' :s
si tu es ok envoie moi le nouveau
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