Tuesday, March 24, 2009

Afterlife

Hier, nous avons eu une session d'écriture créative assez intéressante. (Pour ceux qui ne suivent pas, je fais partie d'un groupe d'écriture créative et nous nous réunissons tous les lundis).
(C'est en anglais, mais pour vous faciliter la vie je vais vous traduire la chose dans la langue de Molière.)
(Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, était un dramaturge et acteur français qui a vécu de 1622 à 1673).
(Voilà, c'est dit.)
Et maintenant que tout le monde suit, j'en retourne au vif du sujet. Enfin le vif, c'est beaucoup dire, car le thème de notre atelier d'écriture était... "Describe an afterlife".
Une fois la question énoncée, on s'est tous regardés d'un air hébété pendant quelques secondes, ne sachant pas trop comment comprendre la question. "Et si on ne croit pas en une vie après la mort?" a dit l'un. "Tu ne dois pas forcément parler de quelque chose auquel tu crois. Simplement une version fictive." Alors bon. On a tous écrit pendant 30 minutes, perdus dans une grande concentration. Celui qui a posé la question s'est levé pour aller aux toilettes puis est revenu en ayant trouvé l'inspiration. Par après, il nous a lu sa version des choses: quand on meurt, on va dans un lieu où il fait froid, où on est nu, et où notre seule distraction est de se ch*er dessus. "Ah mais on a dit une version. C'est une alternative comme une autre. Pourquoi pas?"
Tout le monde a ri, puis nous sommes passés à quelqu'un d'autre, en s'attendant à avoir au moins une fois dans la soirée un texte plombant et déprimant, ou en tous cas pas léger.
Et bien non.
Il semblerait qu'en 30 minutes, la seule option qui s'était offerte à nous pour traiter d'un sujet aussi lourd et philosophiquement chargé était la voie de l'humour.
La personne suivante avait imaginé un système où les gens se réincarneraient en objets symbolisant leur existence. Un banquier se serait réincarné en snowglobe, se retrouvant inondé de paillettes d'or à chaque fois qu'on le secoue. Un jeune fêtard décédé trop tôt se retrouverait en poisson exotique, plein de couleurs et sans mémoire. Le narrateur était lui-même un hibou, et avait anciennement été un vieil homme sage.
De mon côté, j'ai préféré décrire la punition d'un homme abject qui se retrouve réincarné en une mouche à m*rde, donc un truc velu, plein de pattes, et devant réprimer son envie de manger, et bien, la m*rde. La mouche se rebelle contre son sort, se suicide dans une toile d'araignée, puis se trouve réincarnée une seconde fois... en un ver de terre. Qui conclut: "I wish I was still a fly!"
Mon texte préféré décrivait une personne âgée se réveillant dans un lieu inconnu, avec une créature qu'elle ne reconnait pas, et en chemin vers une destination étrangère. Le texte était lu à des niveaux différents jusqu'à ce que l'on se rende compte que cette personne âgée était simplement un "unreliable narrator": elle souffrait d'Alzeimer et ne reconnaissait plus ce qui l'entourait.
Ce qui m'a donc le plus frappé, c'est que malgré le thème chargé de symboles et de croyances, nul d'entre nous n'a vraiment écrit un texte sérieux. Juste de la fantaisie, sans dogme ni jugement, avec seulement une vague notion que ce qui arrivait à nos personnages après leur mort était, grosso modo, lié à leur vivant. Etait-ce parce que nous étions pris par surprise? Pris dans une limite de temps? Ou bien simplement incapable de nous imaginer, sérieusement, ce qu'impliquerait une description objective d'un tel sujet?
Vous auriez parlé de quoi, vous?

1 comment:

Anonymous said...

Moi sans doute de ceux qui restent et de leur vie.. Plus tangible pour le lecteur et pour l'auteur...

Cela dit n'ayant aucun talent quelconque pour l'écriture c'eut été vraisemblablement archi mauvais