Sunday, October 12, 2008

Les recommandations littéraires de Bibil

Aujourd’hui, je vais vous donner du texte. Du texte ? Aaaah comme ce mot fleure bon les devoirs scolaires ou les rapports de réunion. Mais je vous rassure, aujourd’hui, je ne vais pas vous donner n’importe quel texte. Je vais vous offrir une petite sélection littéraire ; et comme je lis beaucoup, c'est une sélection qui a été drastique.

1. Thomas Taddeus, La dernière lueur du diamant.

Je l’accorde volontiers, l’auteur est un de mes amis; mais je ne l’aurais pas connu que le livre aurait quand même passé ma sélection.
Il s’agit du deuxième tome des aventures de Bossa Nova, un jeune inspecteur de police idéaliste enquêtant sur des affaires peu reluisantes pour le genre humain. Le tome 1 avait déjà une sacrée dose d’humour. De ce point de vue là, Taddeus a de nouveau frappé un grand coup – mais je ne vous en dis pas plus.
Cependant le tome 2 n’est en rien une suite ou une redite du 1. Au contraire, Taddeus a trouvé une nouvelle veine avec une histoire tout à fait différente. Il approfondit le monde imaginaire où se situe l’action, et où s’étale au grand jour toute la cocasserie de la bureaucratie et des mécanismes du pouvoir. Les thématiques sont plus profondes – famille, amitié, pouvoir, corruption, minorités et après-guerre ; c'est un pays manipulé avec joyeuseté qu'il nous livre avec son roman. La seule similitude avec le premier tome sont les personnalités féminines fortes, et qui savent s’y faire (jeu de mot inside, vous n’avez qu’à lire le livre).

Extrait
Le constable Skolar [avait] une carrure de molosse surplombée d'une tête minuscule aux allures de cône renversé. Son front était inexistant, ses cheveux semblant jaillir dès le haut des sourcils. - Ouais, grogna-t-il après nous avoir écoutés. Je me souviens de l'accident avec la gamine parce que c'était hier, alors c'est facile de se souvenir. Des fois, quand c'est avant-hier ou la semaine d'avant, c'est plus difficile de se souvenir. [...] Aujourd'hui, c'est pas longtemps après hier, alors j'ai la tête qui est pleine parce que tout est resté dedans.
Je suis bon pour une seconde ration d'aspirine, songeai-je alors que le constable Skolar nous décrivait, avec son style inimitable, la scène de la veille.
- Hier, vers onze heures quarante-six exactement et approximativement, j'ai été appréhendé pour l'intervention du quai des Falsificateurs, où qu'un accident venait de se produire. Quand j'ai arrivé au lieu susnommé du quai des Falsificateurs, j'ai interpellé des témoins et des témoines de me décrire avec leur bouche ce qu'ils avaient vu avec leurs yeux.

… A suivre.

2. Catherine Sanderson, Petite Anglaise

Vous connaissez peut-être Petite Anglaise, et pas seulement par le lien qui se trouve sur ma sidebar : c’est le nom du blog qui a valu le licenciement de son auteur, sous prétexte qu’il portait préjudice à la compagnie. Le procès a fait couler beaucoup d’encre, parler quelques micros et clignoté quelques pixels.
Le livre, cependant, ne parle de rien de tout cela. Il remonte plus loin dans le temps, à la naissance du blog et aux années qui l’ont précédé. Le synopsis a aussi de quoi surprendre. Catherine Sanderson est arrivée à Paris lorsqu’elle avait la vingtaine et est tombée amoureuse de la ville, de la culture française et surtout d’un Français. Neuf ans plus tard, cependant, le rêve a perdu de son éclat : son travail de secrétaire n’a rien de palpitant et ses nouvelles responsabilités de mère l’isolent. D’autant plus que son partenaire, omnibulé par son travail, brille surtout par son absence… Pour tromper son insatisfaction, Catherine commence un blog sous le pseudonyme de Petite Anglaise. Quelques mois plus tard, le blog est déjà célèbre, et vit par procuration la vie dont aurait rêvé son auteur. Catherine tombe amoureuse d’un de ses lecteurs…
Le livre explore en profondeur la question d’une identité bouleversée par une célébrité inattendue. Il pose aussi la question de l’inexorable fin des relations usées par le temps et celle de la précarité de celles qui viennent de naitre. Il explore l’amour d’une mère pour sa fille, d’une femme pour une ville, et surtout, d’un auteur pour l’écriture. Le tout rédigé dans le style inimitable du blog, qui parvient à rendre poétique une crotte de chien dans un parc…

Extrait :

My online persona was wittier and sexier than I could ever hope to be. Petite anglaise's words were scripted and edited, her every move choreographed, whereas in real life I often stumbled over my words, and my humour was as hit and miss as the next person's. My readers couldn't see whether my socks matched, or whether my highlights needed touching up, and they seemed to assume I was elegant and poised, as though some of the glamour they associated with Paris had rubbed off on me, too. I wasn't about to set anyone straight - I enjoyed projecting this new, improved version of myself, this person I longed to be. Being popular as petite anglaise online took some of the sting out of feeling so lonely and hollow, so taken from granted at home. And, over time, it was as though petite anglaise really did begin to write a part of me back to life. The girl I used to be - who had reluctantly taken a back seat while I grappled with the realities of work and motherhood - grew stronger and more confident with every post. Petite anglaise leaped of the screen; she lived and breathed; she cast a shadow. Together we walked taller.
Une traduction française est prévue dans le courant de l’année 2009. Mais vous me décevrez éternellement si vous ne le choisissez pas dans sa version originale.

3. Quelques nouvelles.

Il paraît qu’il s’agit de grands classiques de la littérature anglo-saxonne ; tellement classiques qu’il y a longtemps que les auteurs nous ont quittés. Est-ce ma faute si du temps de ma prime jeunesse on me faisait lire du Balzac ? Ce n’est pas grave, j’ai à présent comblé mon ignorance, et je vous livre les liens suivants:
Katherine Mansfield, Bliss
John Cheever, The Enormous Radio

Voilà, et maintenant si vous n’avez vraiment plus rien à lire, allez voir ici.

2 comments:

Anonymous said...

tu me prêterais petite anglaise??? siouplé madame bibil :D

Bibil said...

Ah mais pour cela... Il faudrait qu'on se voie!
Oho!
On va arranger ça!