Dans les journaux
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Une fois de plus, l'actualité belge me désole, et qui plus est, elle résonne d'une façon désagréablement familière dans le ton des journaux. La nouvelle est venue à beaucoup comme un choc, parce qu'il y avait encore de l'espoir de retrouver les deux fillettes vivantes. Je ne me faisais personnellement pas beaucoup d'illusions.
J'ai hésité à lire le récit un peu macabre de l'autopsie, parce que j'éprouve toujours une gêne à voir les faits exposés de façons aussi neutre. C'est un peu comme un manque de respect, comme si j'entrais de plein pied dans une histoire privée dont je n'aurais pas dû me mêler. Mais en même temps, j'avais envie de savoir. La Belgique entière en avait envie, je pense. Cela fait bientôt trois semaines que Nathalie et Stacy font la une des médias.
D'un côté j'apprécie que les médias prennent l'événement tant à coeur, tout comme ils ont médiatisé l'assassinat de Joe pendant près d'un mois. D'un autre côté, ils ne le feraient pas si cela ne boostait pas leurs ventes. Et pourquoi est-ce que cela booste les ventes? Parce que le lecteur s'identifie aux victimes. Parce que l'article personnifie leurs peurs. Les attisent.
Combien de fois n'ais-je pas entendu de mères craindre pour leurs enfants, filles ou garçons, ces deux dernières semaines... Tout comme j'avais entendu des gens avoir peur des étrangers après le crime de Joe.
En Angleterre, les médias parlent de cela de façon différente. Je n'ai jamais vu la même histoire faire la Une deux jours d'affilée. Et pourtant Dieu sait si elles étaient plus macabre qu'ici! Une adolescente rêvant de ressembler à Kate Moss, assassinée à 200 mètres de chez elle par son ancien petit ami. Une fille de 11 ans violée en plein jour dans les toilettes du supermarché. Un test médical qui plonge ses cobayes dans un coma permanent, après avoir fait gonfler leur corps jusqu'à trois fois leur taille. Tout cela était horrible à lire, mais tout cela a disparu des journaux en une semaine. Banalisé, remplacé par l'histoire suivante. Parce que là-bas, personne n'achète un journal qui parle d'une histoire dépassée depuis 24 heures.
En un sens, donc, je préfère que les journaux parlent de Nathalie et Stacy. Mais je préférerais qu'ils ne le fassent pas uniquement pour mieux se vendre. Il ne s'agit pas ici d'une foire à qui condamnera le mieux le manque de responsabilité des parents des victimes. A qui soupçonnera le mieux le seul inculpé, un immigrant. C'est l'histoire d'une douleur privée.
2 comments:
Clair que c choquant, je plains vraiment les parents. Il n'y a pas de mots.
Comme tout le monde ici, je considère qu'il est déplorable de voir que de pareils drames soient transformés en machines de ventes. Mais d'un autre côté, le rôle de la presse est capital dans la mesure où il peut apporter les réponses aux questions que tout le monde se pose, peut rassurer la population et surtout conscientiser les gens.
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