Tuesday, May 17, 2016

Le cycle de l'attente d'un entretien d'embauche

Jeudi, j'ai un entretien d'embauche. Et comme à chaque fois, avant un entretien d'embauche, je me mets dans des états pas possibles. Peu importe la fréquence des entretiens, l'importance du job et mes compétences pour l'exercer. A chaque fois, c'est le même cycle de stress qui se répète.

1. La réalisation
"Aaaaaaah mais dites, c'est dans moins de 48 heures ce truc! Nom de nom, ça me semblait tellement loin, et maintenant, là, ça me semble tellement proche..."

2. Le vent de panique
"Ils vont se rendre compte que je suis un imposteur, que je n'ai pas les compétences pour le poste, qu'ils sont juste en train de perdre leur temps, je vais me faire humilier, rire au nez, rejeter, traîner par terre, les goudrons et les plumes, aaaaah mais quelle angoisse!"

3. La préparation frénétique
A savoir, la seule partie du processus qui est légèrement constructive, sauf que quand on panique trop laisse tomber qu'on retienne, par exemple, des formules mathématiques. Puis on n'est jamais totalement prêt, puisqu'on ne sait pas à quoi s'attendre, et on ne sait pas quoi faire de plus, mais on se dit qu'il y aurait encore sans doute quelque chose à faire, qu'on devrait pousser plus loin, et qu'est-ce qu'on fout à glander, là. Et on repanique un petit peu.

4. La tentative de raisonnement
"Attends Sybille, tu es déjà passée par bien pire. La peur d'un événement est toujours pire que l'événement en question. Quel est le pire qu'il puisse t'arriver? De toutes façons ces gens tu ne les connais pas, et si tu n'as pas ce job et bien c'est qu'il n'était pas fait pour toi, il y aura d'autres entretiens qui suivront, et l'essentiel est que tu aies l'air à l'aise parce que si tu es stressée c'est ça qui te mettra dedans, et blablabla. Et te mettre dans des états pareils, tu vas juste te pourrir la santé."

5. L'overconfiance
"Bon Sybille, tu n'as pas un si mauvais CV quand même, et comparé aux autres candidats (qu'évidemment je n'ai jamais rencontrés), je suis sûre que tu te compares, et bon on ne s'attend pas à ce que tu excelles dans tous les domaines demandés, si tu parviens à te vendre il y a quand même moyen." 

6. Le déni
L'oubli temporaire de l'imminence de l'événement anxiogène par l'occupation de son temps et de son attention à une tâche triviale. Comme par exemple updater le blog.

La fin de la boucle: la fustigation devant tant de naïveté et retour au stade numéro 1.

Puis, quelque part dans le processus, je vais sortir l'homéopathie, puis quand ce ne sera plus assez, la phytothérapie, et déjà ça c'est limite un peu trop pour moi, alors je vais stresser d'avoir pris trop de trucs qui m'empêcheront de penser correctement.
Et évidemment, après l'entretien, je vais mâcher et remâcher dans ma tête tout ce que j'ai dit de travers, tout ce qui m'a enfoncée, tout ces petits moments d'humiliation larvés... Et enfin, seulement après, mais pas tout de suite, je vais progressivement relâcher la pression. Genre, deux jours après. Oui, mais seulement jusqu'à ce que je me souvienne de cet article sur internet (ne jamais lire internet!) qui disait que la plupart des maladies ou accidents cardiaques n'arrivent pas au moment du stress, mais quand on se relâche après le stress, alors du coup je vais me blâmer de m'être mise dans des états pareils pour un simple entretien, puisque bon, au final, tout ça pour ça. 
Puis de me demander combien de fois je peux répéter l'expérience parce que sérieusement, c'est usant.  
Surtout qu'à la base, j'avais postulé à ce job en me disant que dans ce domaine-là, les enjeux étaient moins élevés, et donc que dans l'hypothèse très improbable où je passais les multiples tests de sélection et que je me retrouvais à l'interview, et bien, je ne serais pas trop stressée.
TU. PARLES.
Enfin qui ne tente rien n'a rien.
(Mais qui tente, parfois n'a rien non plus au final, remarquez).

1 comment:

Anonymous said...

Ca fait relativiser l'angoisse existentielle de se morfondre dans un job alimentaire, merci