Wednesday, October 28, 2015

Petite envolée bucolique

Les gens me demandent si je ne m'ennuie pas trop maintenant que j'ai rendu ma thèse. Et bien la réponse est non, parce que depuis dix jours je ne fais que courir après ma to-do list, ce qui fait qu'en fait je suis encore plus crevée qu'avant. Où est passé mon idéal post-thèse de séries télés, grasses matinées et couture, je vous le demande bien. A la place je postule, je termine mes travaux, je rends des invitations trop longtemps retenues et je fais tout l'admin over-chiant que j'ai postposé depuis mai. Bref, la consolation est que je ne suis plus en train de faire ma thèse mais en attendant quand aurais-je enfin droit à ce grand vide post-thèse où je ne saurai plus quoi faire de ma vie, hein, dites?
Ceci dit, hier il a fait beau, et j'ai mis le tout en pause pour aller promener les chiens dans les bois et prendre des photos pour checker la case récurrente "blog" de ladite liste. Et voilà ce que ça donne.



(Pour le cadrage, j'ai fait ce que j'ai pu avec la micro-seconde pendant laquelle ils étaient tous les trois immobiles)

Sinon, hier soir, je me suis tapée les urgences vétérinaires avec Salami qui avait bouffé une boite entière d'antibiotiques. C'est là qu'il faut assumer le choix du nom de son chien quand un vétérinaire clame "Salami" dans une salle d'attente over-bondée de Newton, Médor ou Osiris...
Comme ça, vous savez.

Friday, October 23, 2015

Oh! Un plaid, ça fait longtemps dites...

Un post que je voulais partager depuis longtemps... J'ai fait un plaid pour la naissance de Julia chez Magda et Steve! Comme elle est à moitié britannique, et bien... Voici voilà...


Bon il y a un peu de triche, le tissu avait déjà un motif de Union Jack, je n'ai fait que piquer sur les contours du motif! Mais mine de rien ça m'a quand même pris un certain temps... 
Bonne journée à vous!

Wednesday, October 21, 2015

Votez pour Nicho!

Je n'ai pas l'habitude de partager ce genre de requête, mais là il s'agit d'un projet qui me tient à coeur (et à l'estomac): Nicho, le fils Merri, voudrait lancer sa propre bière! Cela fait des années qu'il brasse dans son garage, il a développé plusieurs recettes, et il y en a une qui est particulièrement réussie: la Hoptomic Bomb, une bière très houblonnée. Si vous votez pour lui, the Brussels Beer Project brassera sa recette... Le lien est ici: http://www.beerproject.be/fr/contest/120#.ViZVQ0ern-4.facebook
Et pour vous persuader davantage voici quelques petites photos.
Ci-dessous, vous avez Nicho dans son élément...

Mais en réalité, son brassin est un peu plus artisanal et ressemble à ceci:
Et voici le résultat!
 (Mon père est très enthousiaste sur cette recette, by the way)





Et voilà! N'hésitez pas à voter pour lui, si j'ai bien compris vous pouvez voter plusieurs fois si c'est espacé dans le temps! Pour le moment il est en tête mais comme Jésus dans le désert, il va devoir tenir 40 jours... Go go go!

Monday, October 19, 2015

Libérée, délivrée...

Vendredi, j'ai envoyé ma thèse à mon promoteur.
Alors, pour la distinction technique, cela ne veut pas encore dire que j'ai déposé ma thèse. Logiquement, la façon dont cela devrait se passer, c'est qu'à ce stade-ci j'aurais officiellement déposé ma thèse, qui serait arrivée aux membres de mon jury, six semaines après il y aurait eu une défense privée où mon jury m'aurait exposé les modifications à faire, je les aurais faites, puis quelques semaines après j'aurais eu ma défense publique pour bien avaliser le tout. Mais comme on ne fait rien comme les autres ici en sciences sociales, on a la défense privée et publique le même jour, ne me demandez pas pourquoi, on n'a pas la réponse. Mais le résultat c'est qu'il n'y a pas le temps de faire des corrections entre les deux défenses... Et donc c'est un job qui doit être fait en amont entre moi et mon promoteur, et celui-ci doit me donner l'autorisation de rendre avant que je ne puisse déposer officiellement.
Si vous lisez bien, cela veut dire que le job de 5 personnes doit être faite par une personne, et sans limite temporelle déterminée. Et quand votre promoteur est devenu doyen et que vous rendez votre thèse pile au moment où il doit gérer la fusion entre deux facultés, vous êtes, pour ainsi dire, dans une situation légèrement problématique. Je ne sais donc pas quand sera la prochaine étape, à mon avis pour décembre au plus tôt. Et oui, c'est une étape que je peux passer, mais que je ne veux pas passer, car cela relèverait d'un acte kamikaze.
Mais à que cela ne tienne. J'ai rendu. Vendredi soir, c'était bizarre, je voulais tout le temps revenir sur ma thèse, mais je ne pouvais pas, parce que réellement il n'y avait plus rien que je puisse faire de plus à ce stade-ci. Mais samedi, quelle sensation! Je me suis réveillée en croyant que c'était le matin de Noël. Quand on me disait que cette thèse était toujours à l'arrière de mon esprit et qu'elle me bouffait de l'intérieur je disais toujours que non, ça allait, je ne me sentais pas si stressée que ça. Mais maintenant que cette épée de Damoclès n'est plus au dessus de ma tête, dites donc qu'est-ce que je me sens mieux!
Puis évidemment je fais ce que je fais toujours, c'est à dire que j'avais prévu de glander comme jamais entre séries et sieste, et au lieu de ça j'ai bourré mon week-end au maximum. Je suis allée à un mariage, un brunch, un lunch, une virée shopping, un cours de yoga, un apéro et un théâtre. J'ai fait de la broderie, de la cuisine et de la couture. J'ai promené mes chiens pendant des heures et des heures. Et cette semaine je ne suis pas désoeuvrée non plus. J'entame la to-do list post-thèse, qui remplit une page A4 (je vous jure elle existe vraiment), comprenant essentiellement des postes liés à ma recherche d'emploi, à mes travaux et à un retour en force à la vie sociale. Bref, je n'ai pas encore vraiment eu le temps de sentir le grand vide de post-remise de thèse, ce mix entre le baby blues et le syndrome de Stockholm. Pour le moment j'en suis surtout à espérer avoir un maximum de temps entre maintenant et la phase suivante pour que je puisse un peu récupérer. 
Il n'empêche... C'est vraiment bizarre de se sentir tout à fait légitime dans le fait de ne pas bosser sur sa thèse. Je veux dire, de ne pas se sentir coupable, de se sentir tout à fait autorisée à prendre son temps pour faire les choses, et à sortir de cette logique de rentabilité où il faut produire, produire et encore produire. Et je suis beaucoup moins angoissée de savoir que je partage maintenant la responsabilité de cette thèse avec quelqu'un d'autre, et qu'au cas où il m'arrive un truc, une autre personne pourra prendre soin d'elle quand je ne serai plus là.
Potentiel de faire-part de naissance au moment du dépôt officiel, je ne vous dis que ça.

Monday, October 12, 2015

Guest post!

Les plus fidèles lecteurs ont été inspirés à l'occasion des 10 ans du blog... Voici pour vous un premier guest post rédigé par un "anonyme" (qui n'est pas Anonymous, ceci dit). Enjoy! Parce que moi, personnellement, j'ai bien enjoyé - mais c'est normal, me direz-vous, quand vous l'aurez lu.

***

"Ce blog a dix ans", anonyme, Bruxelles, 2015. 

Ce blog a dix ans.
Dix ans.
A la vitesse d’Internet, c’est presqu’un millénaire.
Dix ans.
Dix ans de la vie de notre chère Bibil où ses peines, ses joies, ses découvertes nous sont contées.
Dix ans.
En filigrane, c’est dix ans de notre vie qui défile.
On se souvient de sa découverte des chicons à la crème.
On se souvient de son accident de voiture en Suède.
On se souvient de son amour pour les muffins.
On se souvient de sa découverte de la gastronomie anglaise.
On se souvient du kot de Louvain-la-Neuve.
On se souvient du 302 et de ses soirées épiques.
On se souvient des chasses aux œufs.
On se souvient des soirées aux touches marines et gauloises.
On se souvient de ses débuts en couture.
On se souvient de ses travaux.
On se souvient de ses maux divers et variés.
On se souvient de sa thèse.
On se souvient de son terrain à Berlin.
On se souvient de son terrain à Paris.
On se souvient de ses voyages.
On se souvient de ses tergiversations, doutes, interrogations.
On se souvient de sa Twingo.
On se souvient de sa Yaris.
On se souvient de ses chiens.
On se souvient de sa voiture qui pue les chiens.
On se souvient de ses dîners.
On se souvient de ses invitations.
On se souvient des séjours au ski.
On se souvient surtout de son amitié indéfectible.
On se dit que Bibil a une vie hors du commun.
On se dit que Bibil est un peu barrée.
On se dit que c’est génial.

On se dit qu’on voudrait que ce blog ne s’arrête jamais.


Thursday, October 08, 2015

Et après la thèse?

Aujourd'hui je voudrais évoquer un des sujets qui fâche: la discrimination hommes-femmes. Voyez-vous, finir un doctorat, c'est aussi atteindre ce fameux plafond de verre. Faire une thèse, c'est donné à tout le monde; mais réussir son après-thèse, ce n'est donné qu'aux hommes.
"Oh mais tu exagères Bibil," me répond-on quand j'en parle. 
A chaque fois, je me sens obligée de me justifier pour dire que non, je n'exagère pas. Et je vais vous dire pourquoi.
Quand j'ai commencé à travailler dans l'académique, j'avais 24 ans. J'avais les mêmes chances de décrocher une bourse qu'un homme, tout allait bien. Je remarquais quand même que dans le centre de recherche, la plupart des doctorants et assistants étaient des femmes, mais que les deux boss étaient des hommes. Enfin, ça pouvait être un hasard des statistiques, après tout.
Quand j'ai commencé ma thèse à 26 ans, la balance a commencé à s'incliner. Mon promoteur m'a dit, avec des mots prudents, de bien réfléchir à ce que serait ma vie dans cinq ans. En étant jeune c'est facile de s'engager dans une thèse. Quand on approche de la trentaine, par contre, les priorités changent. Je voudrais peut-être avoir des enfants, m'a-t-il dit. Il fallait que je réfléchisse au fait que je sois sûre de terminer malgré cela. Aujourd'hui, son discours inclut aussi l'achat d'une maison et des travaux de rénovation, je ne sais absolument pas sur qui il prend exemple pour dire ça. Toujours est-il que mes collègues masculins n'ont jamais dû réfléchir à s'ils termineraient leur thèse si leur femme tombait enceinte. 
Puis, il y a deux ans, quand j'avais 30 ans et quand la phase de rédaction a commencé à devenir sérieuse, j'ai évoqué avec mon promoteur l'idée de poursuivre ma carrière dans l'académique. Et là, cela a été la claque. Mon promoteur est très gentil, bien intentionné, mais en effet il faut constater qu'il y a beaucoup de gens qui sortent et peu d'opportunités qui suivent. Il m'a dit que malheureusement, mon CV n'était pas assez bon en comparaison avec mes concurrents pour poursuivre dans cette voie: pas assez de publications, pas d'expérience d'enseignement, et d'abord il fallait que je finisse ma thèse... Et puis bon, globalement, enfin, comment dire... Libre à moi de postuler pour un post-doc, mais il ne me soutiendrait pas.
Je ne pense pas avoir jamais raconté honnêtement cet échange auparavant. Cela a été un vrai choc. J'ai eu vraiment honte de moi, honte d'avoir pensé à cette carrière alors que je valais si peu. J'ai commencé par complètement perdre le contrôle de ma thèse. J'ai arrêté d'écrire, je me suis déconnectée, pour ce qui allait devenir un an de pause. Je me suis complètement remise en question. J'ai pensé à abandonner. Puis, progressivement, j'ai repris confiance en moi. J'ai écrit des articles, j'ai repris la rédaction de ma thèse, et curieusement je vaux quelque chose en tant que chercheuse, même si j'étais finalement parvenue à me persuader du contraire. Puis surtout, j'ai commencé à regarder autour de moi.
En sept ans, pas mal de collègues ont terminé leur thèse. Les hommes, eux, avaient tous un job, trouvé via le soutien de l'université, avant même d'avoir pu organiser leur défense. Ah, qu'on ne nous dise pas qu'il n'existe pas d'opportunités dans l'académique! Les femmes, elles, n'avaient un job que quand elles quittaient l'académique, et elles ne pouvaient compter que sur leurs propres contacts. Quand elles voulaient s'accrocher malgré tout, et bien...  Celles-là sont parties dans des galères impossibles, post-doc sur post-doc, expatriation, chômage, exploitation, dépressions, burn-out. Je peux vous dire qu'elles en ont bavé. Elles ont donné tout ce qu'elles avaient pour pouvoir percer. Mais elles étaient soit "trop agressives", "pas assez assertives", "pas assez charismatiques", "leur thèse était nulle", pour ne citer que quelques uns des justificatifs de leur long chemin du rejet. Et s'il s'avérait qu'elles osaient faire un bébé dans le processus, je ne vous raconte même pas le décuplement de la galère. Evidemment ce n'était jamais officiellement parce qu'elles étaient des femmes. Mais j'imagine qu'on ne dit pas à un homme qu'il a une approche trop agressive. On se dit qu'il est ambitieux. 
Ce n'est pas que les opportunités n'existent pas. En sept ans, deux postes se sont libérés dans la faculté. Même si la majorité des candidats étaient des femmes, ce sont des hommes qui l'ont emporté. Mais il y a quand même deux femmes en sept ans qui sont devenues profs! Sauf que leur poste est à l'étranger, pas en Belgique. 
C'en est tellement flagrant que c'en est caricatural.
J'ai vu circuler sur internet que 68% des Européens ne pensaient pas que les femmes soient capables d'être des scientifiques de haut niveau. Capacités intellectuelles ou capacités émotionnelles? Moi je pense qu'il est normal qu'on finisse par craquer quand la galère est tellement disproportionnée en fonction de son genre.
Ceci dit, j'ai insisté pour qu'il y ait au moins une femme dans mon jury de thèse. Ce n'est pas évident, mais on l'a trouvée. Le commentaire qu'on m'a balancé sur elle? Heureusement qu'elle a un mari qui s'occupe des enfants. 
C'est pas gagné, je vous dis.

Wednesday, October 07, 2015

Mais restons positifs, voulez-vous...

Aujourd'hui est un jour exceptionnel: pour la première fois depuis des semaines je n'ai pas mal à l'estomac, pas mal au dos, pas mal aux jambes, en fait je n'ai mal nulle part. Et dites donc, on voit la vie complètement différemment quand on n'est pas constamment en train de taire une douleur. Bref, j'ai fait de la cuisine, de grandes promenades avec les chiens, j'ai écrit full pages de thèse, j'ai mangé avec mes parents, et maintenant je vous update le blog avec quelques photos.

1. Knacki et Salami, en mode classique: Knacki se dore la pilule au soleil, et Salami se pose au dessus, juste par principe.
2. J'ai acheté du minkee. Plein de minkee. Maintenant il ne me reste plus qu'à trouver une généreuse âme qui me prête une surjeteuse le temps d'un week-end pour que je couse tout ça.
 3. J'ai investi dans une laisse à double embout. J'ai un de ces succès avec ça...( C'est Fourchette sur la photo!)
 4. Ma mère a eu 60 ans! Félicitez-la chaudement les amis! (Balyballon a fait ce beau bouquet)
 5. Une photo de Salami pour la forme, et d'un panier qui a vécu 24 heures

 6. Knacki n'a pas eu une miette de pizza, malgré son anticipation enthousiaste.
Oui, que voulez-vous, ça parle de chiens, mais c'est la fin de thèse qui le justifie.

Tuesday, October 06, 2015

Et comment va ta thèse?

Me demanderez-vous après 15 jours de silence.
Et bien, il y a du positif et du négatif. Le positif, c'est que c'est moins difficile que ce que je pensais. Je sais ce que je veux écrire dans ma conclusion, j'y travaille chaque jour et je me rapproche toujours un petit peu plus près de la fin, même si c'est lentement. Maintenant je domine complètement ma thèse et je sais où je veux l'amener, il faut juste le faire. Ça, c'est le positif.
Le côté négatif c'est que j'en ai marre. Mais alors là qu'est-ce que j'en ai marre! J'ai envie de tout balancer par la fenêtre et abandonner, ce qui serait vraiment con vu à quel point je suis proche du but. C'est le kilomètre 19 des 20km de Bruxelles, celui qui suit la montée de l'avenue de Tervuren et qui semble particulièrement long... et pour cause, en vrai il faut 1,2km ce vieux tortionnaire. Et comme à ce stade-ci il est difficile de dissocier la thèse de tout le reste, et bien j'en ai marre du reste aussi. 
D'abord, j'en ai marre des problèmes de santé. Je vais faire court parce que personne n'a vraiment envie de m'entendre me plaindre là-dessus, mais depuis avril je suis dans un inconfort permanent. A chaque fois le problème est différent, parfois plus grand et parfois moins grand, mais j'ai toujours mal quelque part sans savoir vraiment pourquoi et jusque quand ça va durer. Il y a des jours où je pète vraiment un câble, à devoir constamment me persuader du "c'est ton estomac, c'est le stress et tu ne vas pas crever", même quand j'ai le ventre en feu, les jambes qui lancent, une migraine de trois jours ou les symptômes d'une crise cardiaque qui s'étale sur deux semaines ("c'est l'estomac Bibil, c'est l'estomac"). Alors oui, je suis d'accord avec le fait qu'une fois que j'aurai rendu ma thèse il y a des problèmes qui vont disparaitre, et qu'il faut laisser le temps au temps, et que rien de tout cela n'est mortel, que l'impact du psychologique sur le physique n'est pas négligeable. Mais ça ne m'empêche pas d'en avoir vraiment ma claque.
Ensuite, et ça ce n'est pas très surprenant, j'en ai marre d'écrire ma thèse. J'en envie de pouvoir récupérer ma vie d'avant: mes weekends, ma vie sociale, mon énergie, des conversations normales, des blagues nulles, inviter des gens chez moi, ce genre de choses. Mais pour l'instant je suis crevée, et même quand j'ai du temps libre je le passe à me traîner parce que je n'ai l'énergie de rien faire. Je dors entre 10 et 12 heures par nuit et j'ai l'impression de ramer pour tout ce que je fais. Ce qui est paradoxal, puisque comme je l'ai dit, en fait c'est plus facile que ce que je pensais et au final je ne bosse pas tellement plus d'heures qu'avant. Mais quand on entame le dernier kilomètre, même en le marchant, et même quand c'est sur du plat, on quand même a tout le reste de la course dans les jambes.
Puis parfois je me surprends à comparer ma vie à celle des autres, ceux qui n'ont pas fait de thèse, qui à la place ont un job qui leur plait, un partenaire avec qui ils ne se disputent jamais, et parfois même des enfants faciles et mignons qui rigolent sur toutes les photos... Ceux qu'on ne fait pas chier aux réunions de famille à cause de leur horloge biologique et du "quand est-ce que tu trouves un vrai job?" ou du "en tous cas je t'admire d'être encore aux études à ton âge"... Enfin tous ceux qui semblent tellement plus heureux et épanouis que moi maintenant qui suis en train de vomir du texte sous la contrainte. Alors je sais bien que l'herbe est toujours plus verte chez le voisin, que les gens ne partagent de leur vie que ce qu'ils ont envie qu'on en voie, et qu'on ne gagne rien à se comparer aux autres, mais il n'empêche. Quand je rentre chez moi et que je me demande ce que je suis en train de faire de ma vie, d'où est passé le temps, puis que je me pose la question de savoir si je vais encore angoisser d'être seule ou que cette fois ça va aller, et bien j'en ai marre. 
En clair, il est vraiment temps que je rende cette p*tain de thèse, si vous voulez mon avis, que je range ce gros tas de papier anxiogène dans une case de ma bibliothèque et que je passe à autre chose.
Enfin, comme ça vous savez comment va ma thèse.  
Vous ne regrettez pas de l'avoir demandé, j'imagine.