Tuesday, September 22, 2015

Bon anniversaire, Blog!

Dites donc, le blog a dix ans...
DIX ANS!!!
Cela ne rajeunit personne. Moi-même, j'ai eu du mal à y croire, il me semblait qu'hier encore on fêtait ses 5 ans... Et bien non, voilà, le temps passe à une vitesse... Demain il aura 15 ans. Et un jour les blogs seront aussi vintage qu'une cassette VHS. Nos enfants se moqueront de nous et on passera pour des ploucs. Mais soit.
Il y a dix ans, j'avais 22 ans. J'allais passer une année à Londres pour faire un master. Ma vision de l'avenir se définissait en terme d'années académiques. En 2005, facebook n'existait pas, on n'avait pas de smartphones, et le web 2.0 était un concept novateur et encore peu maîtrisé. En clair, la technologie ne nous proposait pas grand chose. On avait MSN, skype avec des connexions pourries, des cartes prépayées pour appeler à l'étranger, et depuis quelques mois, les blogs. Et les blogs, c'était neuf, mais alors là super neuf. Peut-être que c'est à cela que celui-ci doit le jour: c'était la bonne plateforme qui est arrivée au bon moment.
Et le blog est né, donc. 
Je peux vous dire qu'à l'époque, j'étais une pionnière.
Si on m'avait dit, il y a dix ans, que je continuerais à blogger, je ne l'aurais pas cru. Je pensais que le blog s'arrêterait quand je rentrerais à Bruxelles. Puis quand facebook a débarqué, j'ai pensé que le blog allait naturellement lui céder sa place. Mais non, il est toujours là. Comme quoi. En même temps, si on m'avait dit il y a dix ans qu'en 2015 je serais toujours à l'université, puis que je m'étais mise à la cuisine, à la couture, que j'avais des teckels, que j'avais fait près de 3 ans de travaux de rénovation, et que non je n'avais toujours pas écrit mon roman, je ne l'aurais pas cru non plus. Mais là n'est pas la question.
En dix ans, le blog a beaucoup changé. Il fut un temps où il servait de forum à mes amis: les posts avaient pour vertu de les faire réagir, et c'étaient les commentaires qu'il fallait suivre plus que les posts en eux-même. D'ailleurs je n'étais pas la seule à avoir un blog, c'était un vrai phénomène. A l'époque des écrivains naissaient grâce à cela, et la tendance était au blog-to-book. Puis la mode est passée. La plupart des blogs de l'époque ont fermé. La célébrité sur internet se trouve ailleurs à présent. Mais moi, je suis toujours là. 
Maintenant je n'écris plus pour les autres. Certes, il y a quelques très fidèles qui lisent encore mon blog régulièrement et qui se plaignent que je ne le mette pas assez à jour. Il y a aussi ceux qui m'avouent, pleins de remords, qu'ils n'y sont plus allés depuis des mois. Et ceux qui me demandent, "ah bon, ton blog, il existe toujours?" Mais ce n'est pas grave, ce n'est pas le but du blog, parce que maintenant si je veux une gratification narcissique immédiate me permettant accessoirement de procrastiner ma vie, je vais sur facebook.
Alors pourquoi le blog? Me demanderez-vous. La réponse est simple. je tiens ce blog parce que j'aime écrire. J'aime pouvoir me mettre derrière mon ordinateur, prendre un peu de recul, réfléchir, et rédiger. J'aime documenter ma vie, créer des archives personnelles dans lesquelles je puisse replonger. J'aime aussi laisser une trace de mon passage. Un beau jour, une bonne dizaine d'années pré-blog, j'ai réalisé qu'on pouvait disparaitre à tout moment. J'ai réalisé que la mémoire était une faible chose, que les souvenirs s'effaçaient, et que si on ne laissait rien derrière soi on allait progressivement être oubliés. Cela m'avait dévastée à l'époque, et cela me frappe encore, de temps en temps.
Mais le blog, lui, il est là, et il peut témoigner de tous ces souvenirs. Et il a 10 ans. 
Bon anniversaire, blog. 
Puisses-tu être encore là dans dix ans. 
Contrairement à MSN. 
Paix à son âme.

Sunday, September 20, 2015

Faire un blocus

Faire un blocus à 20 ans et à 30 ans, ce n'est pas, mais alors là pas du tout pareil. Ambiance blocus du weekend: Alice (qui a repris les études) et moi (qui ne suis pas sortie des études), dans la salle à manger familiale, en tenues à la limite du pyjama, old-style... Sauf que...
1. Il faut faire avec les heures de sieste d'Eléonore.
2. Il faut résister à facebook (à l'époque on n'avait que MSN et ça n'avait aucun intérêt en dehors des heures de pointe).
3. Dans la to-do list urgente s'ajoute des trucs qui ne se trouvaient pas du tout dans celle d'il y a 10 ans. Comme, gérer les problèmes de plomberie de sa maison, emmener Knacki chez le véto, éduquer Salami ou s'occuper des cadeaux de mariage, naissance ou baptême.
4. On est super fatiguées. Mais le café nous fatigue encore plus, et depuis le temps on ne le digère plus, alors on est à la tisane. Et aux médicaments aussi: l'estomac, le foie et les yeux pour moi, les maux de tête pour Alice. Et les vitamines, cette fois, ce n'est pas parce que notre mère nous pousse à les prendre.
5. Bref, on ne se fait plus tout jeunes. A l'époque, je m'enchaînais 14 heures par jour sans souci et ça pouvait durer des semaines. Je dormais comme une masse. Les pires des maux de ventre étaient causés par l'alcool cheap et les frites de Jean-Lou. Ahlala ce n'était pas pareil.
Ceci dit, on avait aussi 3 mois de vacances en été.
Aaaaaah, des vacaaaaances.

Thursday, September 17, 2015

Le doute

Après les premières révisions arrive l'heure cruciale où on lit les commentaires de son promoteur qui disent: "où est ton interprétation?" et "analyse pas assez aboutie". L'heure où on se demande ce qu'on a fait de trop peu, s'il ne faut pas se taper un retour dans la théorie, approfondir encore, si près de la date de remise. Le moment où on se demande si on a vraiment le niveau pour faire une thèse, si ce qu'on fait n'est pas juste du journalisme informé, avec un semi-nappage de pseudo-théorie pour qu'on ne devine pas qu'on est un imposteur. Mes collègues appellent ce moment "le patchwork", là où on se rattrape à tout ce qu'on peut trouver dans la science pour potentiellement appuyer ce qu'on dit, et où on patchworke toutes ces idées ensemble dans l'espoir que ça passe. 
My God, je vais me faire démonter à ma défense, d'une force, mais d'une force...
Venir d'un diplôme d'histoire et passer en sciences sociales, en tentant d'auto-combler son manque théorique, c'est dur. Déjà, faire une thèse, quelle que soit la discipline, c'est difficile. Sur la fin, il y a un stade où la thèse devient tellement associée à sa vie que toute critique est prise comme un manquement personnel. Après six ans on a juste envie de rendre et peu importe si l'analyse n'est pas assez aboutie, de toutes façons on ne fera pas mieux, on n'en est pas capable, on n'est pas assez intelligent, on est nul, et de toutes façons on n'est pas fait pour l'académique et qu'est-ce qui nous a pris, d'abord, de commencer cette thèse. 
Les collègues appellent ça aussi "le syndrome de l'imposteur". On a tous l'impression qu'on n'a pas sa place là, mais si on fait suffisamment semblant, on pense qu'on parviendra à en persuader les autres - pour un petit temps, du moins. 
Et pour dépasser ça, ben, il faut s'y remettre, et essayer de ne pas se rendre malade et de ne trop s'en faire des insomnies. Bref, je suis de retour dans la littérature pour effacer cette "analyse pas assez aboutie" et trouver un truc correct qui ne soit pas trop du patchwork... 
Mais franchement, qu'est-ce qui m'a pris de commencer cette thèse?

Sunday, September 13, 2015

5 trucs que m'apprennent ces dernières semaines de thèse

1. Faire un blocus à 32 ans, ce n'est pas du tout pareil qu'en faire un à 22 ans.
2. Mes parents sont des gens patients. Très patients. 
3. C'est quoi ce mythe comme quoi on perd du poids en fin de thèse? A qui est-ce que c'est arrivé? (Non ne me dites pas, ça me déprimerait)
4. Oui, il est possible de terminer sa thèse sans café. Quand on le remplace par du gaviscon. 
5. Le meilleur conseil qu'on m'ait donné, c'est "une bonne thèse est une thèse terminée". Et aussi, "la thèse parfaite n'existe pas"...

Sinon, Knacki et Salami vous disent bonjour, ils sont en train de détruire des trucs chez mes parents, qui sont patients, très patients...

Thursday, September 03, 2015

La Fin est Proche

Repentissez-vous!
Il y a deux jours, j'ai rendu mon dernier chapitre de thèse (celui sur la France) à mon promoteur. Oui, je vous l'annonce comme ça, entre deux lignes. En vrai je l'ai déjà annoncé sur facebook au moment même et j'ai déjà plus de 60 likes, ce qui correspond à 2/3 des likes de l'annonce de naissance de Salami, et 1/2 de quand j'ai posté une simple photo de ma nièce sans raison particulière. 
Là, j'ai vraiment envie de finir. Je traine cette thèse comme un boulet depuis près de 6 ans maintenant, dont déjà deux sans financement. On a beau dire qu'on s'y fait, au final le stress s'accumule, ainsi que les incertitudes par rapport à mon avenir, les problèmes de santé se développent, on ne dort plus, on devient désagréable et on ne voit plus les gens... Alors qu'en même temps l'actualité déborde de sujets liés à mes questions de recherche et que maintenant n'a jamais été un meilleur moment pour trouver du boulot dans le domaine. Bref, il est temps d'en finir. Et cela tombe bien car c'est le plan.
J'ai rédigé ce dernier chapitre dans le temps record de deux mois, alors que j'avais passé plus d'un an sur le Royaume-Uni. Là je suis lancée, et pour pouvoir encore défendre ma thèse en décembre 2015, mon promoteur et moi avons décidé que je rendrais pour le 15 octobre... Il me reste un peu moins de six semaines pour tout corriger. Pour l'instant, je suis en train de réécrire mon chapitre sur l'Allemagne, et dites donc qu'est-ce que je dois en changer des trucs, tout réagencer, supprimer, modifier, et écrire toute une section que j'avais négligée - pour un truc que j'ai écrit en 2013 ça me parait très loin. Mais je suis motivée. 
Je n'ai pas vu cet été passer, tellement j'étais concentrée dans mon écriture. Je n'ai pas fait de confiture de pêches à la lavande, comme je l'avais voulu. Je n'ai pas fait d'orgies de moules. Je n'ai bu qu'un verre de Pimm's. Dans mon planning couture pour ma garde-robe d'été, je n'ai fait qu'un pantalon. J'ai du retard sur tous mes cadeaux de naissance depuis juin. Mon jardin est une jungle, mais je ne le remarque plus d'ailleurs, car je passe l'essentiel de mon temps chez mes parents à écrire. A la base l'excuse officielle c'est parce que Salami détruit tout et fait ses besoins partout. En vrai, c'est parce que je suis de nouveau en blocus. 
Ou en fin de thèse, si vous préférez.
Ceci dit, quand je vous annonce décembre... C'est là mon grand espoir, et je me focalise dessus, mais il y a une chance que cela ne convienne pas aux membres de mon jury. Donc update à suivre, décembre ou janvier, mais j'espère vraiment en avoir fini pour Noël et pouvoir en profiter pleinement...
Enfin, dans les deux cas de figure, le plus ironique est sans doute que je recevrai ma carte étudiant après avoir défendu ma thèse.