Thursday, August 07, 2014

L'appel des sirènes

Bon, je vais de nouveau vous balancer une Knacki story, désolée pour vous, c'est obligé. (Mais je parle de pompiers aussi, ça peut vous intéresser potentiellement).
***
Ceux qui s'inquiétaient pour ma thèse seront heureux de savoir qu'hier, comme aujourd'hui et en fait pas mal de jours ces derniers temps, j'étais à mon bureau à l'université. Bon, il est vrai que ce n'est que récemment que j'ai repris un vrai rythme de croisière thèse, avant cela le ballet incessant des différents corps de métiers rendait la chose difficile. Et il est aussi vrai que depuis le déménagement, Knacki accepte relativement difficilement d'être laissée seule à la maison. Mais bref, ce qu'il faut retenir, c'est qu'hier je travaillais à ma thèse, et Knacki était toute seule à la maison, et n'était pas heureuse.
Et aussi, qu'il pleuvait. 
Or, il faut savoir que Knacki n'aime pas beaucoup la pluie non plus. Quand il faut, il faut hein, mais tant qu'il ne faut pas tout à fait, il ne faut pas. C'est-à-dire qu'hier, je suis partie à 9h, rentrée à 18h, et elle a refusé de sortir tant que la pluie tombait toujours, à savoir 20h30. Et puis bon, la nature aidant, il a fallu. 
Vous vous demandez quand arrivent les pompiers hein? Attendez un peu la suite.
Comme Knacki était relativement déchainée, je me suis dit, on va faire un grand tour. Direction le Parc de la Woluwe et ses deux petites vallées en boucle où les chiens peuvent courir en liberté. Je fais une vallée, tout se passe bien. Il arrête de pleuvoir, Knacki évite les grands chiens, course un peu les pigeons, suit des pistes, se roule dans des trucs pas nets. Je fais une autre vallée, ça se passe toujours bien. Vers la fin de la boucle, elle rencontre un autre teckel qui arrive dans l'autre sens. Elle commence à jouer avec, à se dépenser un petit peu, et je me dis, ah ben, je vais faire demi-tour, discuter un peu avec la maitresse de l'autre teckel, tout ça. On marche la boucle dans l'autre sens et tout se passe sans encombre, jusqu'à ce que.
Et puis, ben, voilà.
Jusqu'à ce que Knacki croise la route d'un lapin. 
Et bon, il a fallu qu'elle le course jusque dans son terrier. Et là, ben, elle n'a plus voulu en sortir. Elle a commencé à creuser et creuser toujours plus loin, et j'avais beau l'appeler, elle n'en avait strictement rien à faire. Adolescence power. Un an de dressage pour en arriver à ce résultat. Mais soit. 
Parce qu'avec tout ça, j'étais mal barrée. Parce que c'était déjà arrivé par le passé: c'était chez mes parents, et elle est revenue d'elle-même, oui, mais après quatre heures. Et là, il était 21h30, et la nuit commençait à tomber. De plus, Nathalie, la propriétaire de l'autre teckel, était persuadée que mon chien était coincé, et au plus je l'observais, au plus j'en avais l'impression moi aussi. Et puis vers 23 heures, il faisait nuit noire, des formes bizarres commençaient à sortir des arbres. Nathalie qui avait eu la gentillesse de ne pas m'abandonner à mon sort, était allée chercher des lampes de poches et du salami dans la maison la plus proche, mais rien n'y faisait. Mon téléphone n'avait plus que 10% de batterie. Knacki ne montrait aucun signe de lassitude. Alors bon. J'ai laissé ma dignité de côté, et j'ai appelé les pompiers.
"Bonjour, j'appelle parce que mon chien est coincé dans un terrier dans le Parc de la Woluwe".
"Vous voulez dire que votre chien est coincé dans un arbre?"
"Non, en fait, dans un terrier. Dans un trou dans le sol".
"Il est loin dans le sol?"
"Ben, je ne sais pas, je ne le vois plus, mais à priori plus de 3 mètres".
"Ah. Oui. Bon. Je ne sais pas trop ce qu'on peut faire pour vous, mais je vous envoie quelqu'un."
Et figurez-vous, les amis, qu'ils sont venus. Avec leur beau camion et leurs beaux uniformes et leurs beaux muscles, j'en étais gênée de les confronter à une situation aussi ridicule. 
(Si, avouons-le, c'était quand même un peu ridicule).
Déjà, dès qu'ils sont arrivés, Knacki pleine de curiosité est sortie du terrier pour voir ce qui se passait, puis elle a vu, et elle est immédiatement retournée dedans. Donc bon, elle n'était pas du tout coincée en fait, et ma crédibilité est tombée d'un seul coup. Mais soit. Les pompiers ont établi une cartographie du terrier, avec l'entrée depuis laquelle Knacki n'était déjà plus visible et sur laquelle je m'acharnais, et trois autres entrées latérales que je n'avais évidemment pas remarquées. Ils se sont rendu compte qu'on pouvait sans doute l'attraper depuis une des entrées latérales. Ils ont identifié laquelle, ils ont creusé, Knacki ne s'est pas rendue compte du tour qu'on lui jouait, puis ils l'ont attrapée et l'ont sortie de là à son corps défendant.
Et voilà.
Ils me l'ont rendue en héros salvateurs alors qu'elle gigotait dans tous les sens pour y retourner. Ils m'ont demandé où j'habitais, m'ont dit que ce n'était pas safe d'être dans le parc à cette heure de la nuit (oui si j'avais eu le choix je serais sur mon canapé plein de puces, hein), et ils nous ont reconduite Nathalie et moi. Dans leur camion. La grande classe. Les voisins doivent être jaloux. On a fait un peu la conversation, ils m'ont dit que les gens les appelaient pour dégager des araignées de chez eux, donc par comparaison on pouvait quand même considérer que là j'étais en relative détresse. Mon chien présentait une couleur unie, était recouvert de croûtes de boue et sentait la vase. 
Et maintenant? Knacki m'en veut à mort. D'abord parce que je l'ai sortie de ce trou, ensuite parce que je l'ai lavée, ensuite parce que j'ai désinfecté ses blessures (quelques égratignures mais mieux vaut ne pas accumuler les tuiles), ensuite parce qu'elle a dû dormir dans la salle de bain parce qu'elle était mouillée, la même salle de bain que le soir des puces si vous suivez bien, et enfin parce qu'aujourd'hui je suis retournée à l'université.
Ahlala. 
Ce soir elle m'accompagne chez Picard en laisse et c'est tout ce qu'elle fait.

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