Wednesday, July 10, 2013

Update travaux

Oh mais dites, quelle période de silence sur ce blog! Vous vous étiez peut-être imaginés que je m'étais échappée vers une île paradisiaque pour boire des cocktails sur une plage de sable fin...
Ha. Ha. J'aurais bien aimé, c'est pas ça hein. Mais bon, j'ai comme qui dirait un problème. ("Une tuile" pourrait être un vocabulaire plus approprié, puisque ça touche à la construction, mais bon).
En clair, pour ceux qui ne le savent pas encore, mon entrepreneur va déposer le bilan.
Comment est-ce arrivé? Me demanderez-vous, et aussi, comment est-ce que je n'ai rien vu venir? Quand on a engagé mon entrepreneur tout allait bien. Il m'a fait payer un acompte, jusque là c'est normal. Sauf que bon, personne ne m'a informée qu'il devait aussi faire un acte de cautionnement, et évidemment dans le contrat que j'ai signé il n'y avait aucune garantie en cas de faillite. Il était sans doute déjà en difficulté à ce moment-là, malgré ce qu'il m'en a dit, ou alors il n'en est pas à sa première faillite et fait ça avec tous ses clients.
Ensuite il a commencé les travaux de démolition, normal aussi. Ca a duré quinze jours. On a dû s'arrêter à cause de cette affaire de béton pourri, faire appel à des experts, et il en avait l'air tellement heureux que j'aurais dû trouver ça suspect. Il a surfacturé son dernier état d'avancement, mais mon architecte m'a persuadée de le payer quand même, puisque de toutes façons on devait refaire le devis avec cette affaire de béton. Ca, c'était fin mai.
Tout le mois de juin, il y a eu des excuses: le retard du rapport de l'ingénieur stabilité, le besoin de recalculer le devis, le besoin de consultation technique pour établir quel type de fondations faire - vu que c'était la seconde surprise du chantier, pas de fondation - etc etc. Vers la fin du mois de juin, il est apparu clair que mon entrepreneur faisait tout pour postposer la reprise du chantier à l'après-congés du bâtiment. J'ai commencé à m'agiter, mais j'ai vite compris qu'en fait il y a beaucoup de gens qui se mettent en mode "congé" bien avant les congés, et que faire se bouger les gens pour deux ou trois semaines alors que l'étape suivante implique de commander du matériel à des compagnies déjà en congé, c'est difficile...
Puis finalement c'était pire que cela.
Il y a quelques jours, mon entrepreneur m'a annoncé qu'il était en faillite. Sachant qu'on étant en plein milieu des congés judiciaires, que ceux du bâtiment m'ont l'air de durer de mi-juin à mi-août, que ma maison est éventrée et à la merci de la météo, et surtout évidemment qu'il me doit surtout beaucoup d'argent. Genre, beaucoup. Un an de salaire par exemple, et même si dans la recherche on n'est pas payés comme ailleurs, ça reste une somme énorme. J'aurais pu m'acheter deux voitures pour ce prix-là. Ou 25 teckels de race. Ou 600 kilos de pralines Galler. Ou 1m² dans un appartement parisien. Rha, ça me rend malade.
Alors, je ne vous cache pas que c'est un coup dur. Pendant les premiers jours j'étais en colère contre le monde. Contre mon entrepreneur car je n'ai pas de doute qu'il savait quel risque pesait sur mon chantier en l'acceptant. Contre le système qui fait que les banques et l'Etat vont passer avant moi pour dépecer le cadavre de mes économies. Contre moi aussi, pour ne pas avoir vérifié quel type de contrat je signais, pour ne pas m'être renseignée sur cet acte de cautionnement, pour avoir payé un état d'avancement surfacturé, enfin bref, pour avoir fait confiance; alors qu'au fond de moi j'étais hyper parano et j'avais une voix intérieure qui n'arrêtait pas de m'envoyer des signaux d'alarme. Contre ceux qui ont acheté leur bien et fini leurs travaux en moins d'un an, et pour qui cela a été l'expérience de leur vie. Contre les entrepreneurs hyper fiables que je suis en train de rencontrer et que j'aurais dû voir avant de m'embarquer dans cette galère. Je me maudis même de m'être tellement battue pour acheter cette maison - si l'offre m'avait filé sous le nez, j'aurais trouvé un appartement deux chambres sans travaux comme je le voulais au début, et je n'en serais pas là.
Heureusement, je suis assez bien entourée. Tout d'abord, j'ai beaucoup d'amis et famille travaillant soit dans la construction, soit dans la loi, et qui ont été de bon conseil. J'ai aussi eu la bonne idée de prendre une assurance maître d'ouvrage avant mon chantier, et elle va intervenir en couvrant mes frais juridiques. Grâce à elle, j'ai aussi un bon avocat. Entretemps, mon entrepreneur a fait un geste en proposant une éventuelle solution - pas idéale mais c'est quelque chose, reste à voir les risques et les conditions de ce qu'il propose. Bref, la procédure est en cours. En dehors de la procédure, j'aimerais effectuer un contre-état d'avancement pour sa surfacturation. J'ai des commandes de carrelage qui ne seront jamais payées par cette société, et il faut les retenir jusqu'à ce que j'aie un nouvel entrepreneur.
Et bon, aussi, j'ai une maison éventrée dans laquelle il vente et il pleut, et si cette petite procédure dure trop longtemps, dans laquelle il pourrait geler et neiger - n'en déplaise aux canalisations de mes voisins qui se trouvent dans les murs mitoyens.
Enfin, voilà, aucune solution n'est parfaite, et l'essentiel est d'essayer d'en trouver une avec laquelle je suis à l'aise - et écouter cette petite voix qui m'envoie des signaux d'alarmes quand en effet, non, je ne suis pas à l'aise avec la situation. Entretemps je ne dois pas me prostituer pour financer mes travaux et la fin de ma thèse, mes parents sont toujours d'accord de m'héberger, tout le monde est en bonne santé, et les Dinosaurus sont revenus dans nos supermarchés. Ca pourrait être pire.
Hein.
Dites.
Je me demande combien de Dinosaurus je pourrais m'acheter avec cette somme, malgré tout.

1 comment:

Popol said...

Hey, tu sais qu'on est tous avec toi... n'empêche, tu as bien fait d'en parler, car beaucoup de gens sont dans le même cas que toi, ils ne savent pas à quoi il faut faire attention...