Monday, July 22, 2013

Travaux et eau

Une petite update travaux pour ceux qui me le demandent, depuis mon constat de dégât des eaux:
- Le dégât des eaux est temporairement sous contrôle. Pour abréger une longue histoire, et sans donner trop de détails sur mes interactions avec mon entrepreneur ("infructueux" est le qualificatif que vous cherchez), au bout de deux jours j'ai fini par craquer et appeler moi-même un intervenant. Alors je sais qu'il y a une procédure à respecter et que cette procédure n'est pas celle-là, mais là vous avez vu les photos, ça flottait sévère; et après tout, de toutes façons mon argent est perdu, autant ne pas se taper en plus des réparations à effectuer ultérieurement à mes frais et un litige avec les voisins. Le dégât des eaux, donc, était causé par le fait que ça continuait à flotter même après avoir coupé l'eau, ce qui signifiait qu'il y avait un problème dans les vannes qui coupent l'eau. De toutes façons, à part ces vannes et quelques canalisations sectionnées, il n'y avait plus grand chose d'autre dans la maison, pas besoin d'être très expert. Donc pour l'intervenant, je pouvais me la jouer à pile ou face: soit la vanne défectueuse était la mienne et je devais appeler un plombier, soit c'était la vanne d'Hydrobru et je devais les appeler eux. Au final, j'ai décrété qu'elles étaient toutes les deux défectueuses, ce qu'Hydrobru a confirmé quand ils sont venu. Cela aurait pu s'en arrêter là, une simple vanne changée, pas de quoi faire venir un huissier. Sauf que. (Oui vous avez remarqué comme cela ne se passe jamais comme prévu?) 
(Allez, je vais à la ligne pour faire durer le suspense).
Sauf que, donc, la vanne se trouve sur une canalisation en plomb. Haha mais dites, cette maison n'en finit pas de révéler des surprises. D'autant plus que ladite canalisation se trouve en dessous d'un container qui doit partir "de façon imminente" depuis fin mai. Ne donnons pas trop de détails, disons juste que le container a été enlevé par le sous-traitant dans un geste de compassion envers ma personne, mais qu'il avait de très bonnes raisons de le laisser là s'il en avait eu l'envie. Bref, un poste imprévu donc, et avec tout ça j'ai toujours un problème de flotte. Le technicien a minimisé les dégâts en bloquant au maximum toutes les vannes avec une pince, mais sa solution est très temporaire malgré tout. Ca flotte toujours, juste un peu moins. Si je pouvais juste m'arranger en bilatéral avec Hydrobru tout se passerait bien, le seul problème c'est que dans ce cas j'apporte de belles modifications au travail de mon entrepreneur, puisqu'il va y avoir tranchées et autres joyeusetés, et qu'il y a une procédure à respecter, avec des huissiers et tout le reste, et que comme je n'y connais rien, cela me prend un temps extraordinaire pour vérifier que je ne me fasse pas avoir.
- Ce qui est quand même bof bof, c'est aussi la protection du chantier. C'était un problème pendant les travaux et cela l'est encore plus maintenant. Heureusement, maintenant que je sais où se trouvent les structures porteuses, je peux vous affirmer avec certitude qu'il n'y a qu'un huitième de ma maison qui risque de s'effondrer. Mais là aussi il y a une procédure à suivre, je ne peux pas juste faire venir un autre entrepreneur lorsque mon propre entrepreneur n'intervient pas. Rha dites.
- Sinon, le côté bureaucratique de la chose suit son petit bonhomme de chemin. Là non plus je ne vous donnerai pas de détails car tout est encore en cours. Ce que je peux dire par contre, c'est qu'au final, je pourrai presque m'estimer heureuse si je ne perds que l'acompte dans cette histoire, et que je ne me retrouve pas à payer une seconde fois les sous-traitants que mon entrepreneur n'a pas payés. Le système est malgré tout scandaleusement inégal. Franchement, si je peux donner un coup de gueule c'est bien celui-ci. Peu importe les circonstances de la faillite, au final ce sont toujours les plus petits qui se retrouvent dans des situations dramatiques: les créanciers non-prioritaires et les sous-traitants. C'est l'injustice de la situation qui me rend le plus furieuse, c'est de me sentir impuissante, de ne pas pouvoir me battre avec les mêmes armes que les créanciers prioritaires. Et dire que toutes ces micro-catastrophes sont entrainées par la mauvaise gestion (involontaire ou non) d'un seul homme, qui malgré tout ne s'en sort pas si mal, car il peut recommencer à faire exactement la même chose avec une autre société sans que le système ne l'en empêche, et sans qu'on ne lui demande, mais avec quel argent au juste parvient-il à se ressaisir de la sorte?
Et encore, moi j'ai un avocat payé par mon assurance, et même si je vais devoir revoir mes travaux à la baisse, il y a des chances que je puisse les terminer sans sombrer dans le surendettement. Il existe circonstances beaucoup plus dramatiques. Mais malgré tout il y a de quoi s'en rendre malade. Cela fait des semaines que je ne dors plus, que je n'arrive plus à travailler à ma thèse, que je n'arrive plus qu'à penser qu'à ça, à ne parler que de cela (et ça vous gonfle et je le sais, sorry les gens). 
Si jamais vous envisagez des travaux de rénovation et que mon histoire vous fait peur, je ne peux que vous donner ces conseils:
- Prenez une assurance maître d'ouvrage qui couvre vos frais juridiques et autres joyeusetés comme les litiges avec les voisins ou la garantie décennale en cas d'intervenant défaillant. Ca vous coûte une douille mais ce n'est rien à côté des frais engendrés si jamais vous vous retrouvez dans une situation comme la mienne.
- Faites un acte de cautionnement. Il s'agit d'un pourcentage des travaux que l'entrepreneur doit bloquer sur un compte, libérable à 50% au moment de la réception provisoire, et 100% au moment de la réception définitive.
- S'il y a moyen de ne pas payer d'acompte, c'est mieux. Enfin allez-y pour trouver un entrepreneur qui accepte cette condition, en même temps.
A bientôt avec d'autres rebondissements extraordinaires...

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