Thursday, April 25, 2013

De la Thèse et de la Vie Sociale - part 2

Au cas où cela ne se verrait, pas, là, ça fait quelques mois que je suis sur la finish line, et j'ai des longues journées agrémentées de pics de stress plus ou moins cycliques. A ce stade, la plupart de mes collègues vivaient une vie recluse et sédentaire exclusivement dédiée au but ultime de terminer leur thèse dans les temps. Ils avaient fermé leur facebook, fermé leur blog, ils ne voyaient plus personne, et ils puisaient leur motivation de leur force intérieure. Rha. Super héros quoi. Et bien, l'aurez-vous remarqué également, ce n'est pas mon cas. Cela ne devrait surprendre personne: déjà quand j'étais à l'étranger, je n'arrêtais pas de revenir en Belgique pour voir des gens. Tout simplement parce que dès le moment où je me reclus, je déprime. Il y a des thésards pour qui voir des gens constitue une source de fatigue; pour moi, voir des gens est une source de motivation. 
Oui c'est bien joli de dire ça Bibil, mais comme pour toute chose, il s'agit d'une question de dosage, et l'excès nuit en tout. Je dois admettre que je suis bien crevée et que les limitations s'imposent d'elles-mêmes comme un impératif physique. Donc bon, je dois sélectionner. Et choisir, c'est renoncer. S'il vous en est bonne souvenance, je vous avais déjà parlé des difficultés de concilier fin de thèse et vie sociale. J'avais conclu que le plus difficile était de dire non. Et bien, je vous confirme que c'est toujours le cas, c'est très dur de dire non. Mais le plus dur, c'est de dire non à soi-même.
Sauf que bon. A quoi renoncer?
Et bien je remarque qu'il y a comme des critères de sélection presque mécaniques qui s'opèrent.
- Ont des chances de se trouver sur la liste des refus: les gens que je connais moins, les activités qui impliquent plus de 30 minutes de route, qui impliquent un effort vestimentaire, de chercher une place de parking, de rester debout, où il y a trop de bruit, qui ont lieu le lendemain d'un autre truc, ou au contraire la veille d'une deadline. Bref, les activités qui me fatiguent plus qu'elles ne me boostent.
- Sont automatiquement refusées les activités se déroulant avant 18h30, même les week-ends, parce que le week-end est devenu un jour de travail comme les autres (1).
- Sont automatiquement tuées dans le cocon mes velléités d'organiser des trucs, des repas, des brunchs, des apéros, des balades dans le parc, des après-midi couture, des city trips. Enfin vous savez! D'organiser, quoi.
- Par contre, tout ce qui est sport est automatiquement accepté et entraine des dérogations à ce principe d'horaire, parce que ça aide tellement à réduire le stress que de toutes façons cela ne peut qu'augmenter ma productivité.  
- Et bon, si c'est votre anniversaire de 30 ans ou votre mariage, hein, peu importe où j'en suis dans ma deadline, ça reste important.
Bref, tout cela suit une logique relativement logique (hum, oui, j'écris des phrases comme ça aussi dans ma thèse). Mais la conséquence, c'est une culpabilité énorme par rapport à cette sélection. Cela me conduit à refuser systématiquement les activités pouvant conduire à augmenter mes cercles d'amis. Très clairement je me recentre sur mon groupe d'amis déjà existant. Mais du coup cela crée comme une anxiété de me fermer des portes, des opportunités, et fermer ces opportunités impliquent qu'elles ne se reproduiront pas plus tard, et donc de faire du surplace. C'est l'acceptation la logique de la paresse. 
Ahlala.
Mais d'un autre côté je ne pourrais pas en faire autrement, je dirais. Ce n'est juste plus possible de me bouger pour aller à l'autre bout de Bruxelles pour une activité qui commence à 22h, même si c'est en week-end. Ou d'aller à ces apéros géants au Châtelain les mercredis. Ou de rendre visite à des amis qui ont des enfants, puisque c'est toujours en journée. Ou d'appeler les gens dont je n'ai plus de nouvelles pour voir comment ils vont. Bref. 
J'ai l'impression de vivre moi-même avec un nouveau-né et donc des contraintes d'horaires et d'énergie assez fortes. 
En sachant que le gros de l'écriture va quand même se dérouler pendant la saison des barbecues et des apéros, et que parfois tout ce que je veux c'est me planter sur la terrasse et boire du thé glacé en ne pensant à rien, sauf à la prochaine recette que je vais tester.
Vivement que ce soit fini cette thèse, c'est moi qui vous le dis.

(1) Je m'excuse d'ailleurs envers ma mère à qui je reproche de faire des repas familiaux le dimanche midi. Oui bon. Ca va. 

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