Monday, March 18, 2013

Institutions matter

... Ou autrement dit, je suis actuellement lancée dans une analyse approfondie et passionnelle des néoinstitutionnalismes. Car oui, les amis, je suis en plein dans la rédaction du chapitre le plus captivant de ma thèse, j'ai nommé le cadre théorique, où je vais vous exposer tour à tour les bienfaits et inconvénients de théories telles que l'intergouvernementalisme libéral, néoinstitutionnalisme du choix rationnel, néoinstitutionnalisme historique, néoinstitutionnalisme sociologique, et néoinstitutionnalisme discursif; concluant avec les théories que je n'ai pas considérées et pourquoi je les ai laissées de côté (outre que ça me gave), comme le social constructivism, ou les policy networks, ou la sociologie de l'action publique, entre autres. 
Bref.
Captivant, je vous l'ai dit.
Le truc, avec ces théories, c'est qu'elles ont toutes pour particularité d'étudier le comportement humain dans le contexte de dilemmes d'action collective. Ce qui s'applique merveilleusement à mon case study bien sûr, mais s'applique encore plus à une cause encore plus noble: j'ai nommé la vie de tous les jours.
C'est affreux. Toute action quotidienne qui implique la collectivité me renvoie à un concept. Je demande à une amie si elle compte aller à une fête? Paf, adaptive expectation, je réalise que j'adapte mon comportement en fonction de mes attentes du comportement d'autrui. Je prends une tasse de café au bureau et le note dans l'inventaire, même si personne ne me regarde? Hop, je m'interroge sur les problématiques de free-riding. On est au resto et arrive le moment où on doit payer l'addition? Pouf, game theories, je vais regarder les asymétries de pouvoir; ou alternativement je vais regarder si les acteurs agissent en tant que utility-maximisers ou satisficers. Quelqu'un me donne un bon ragot? Je m'interroge sur le discours en tant que porteur d'institutions informelles et sur la communication comme facteur de changement. Même quand je souffre un peu sur ma thèse, je pense qu'il s'agit d'une concession sur le court-terme pour une maximisation de mes intérêts sur le long-terme.
Bref, je pense thèse, je parle thèse, ma perception du monde qui m'entoure (outre des facteurs structurels comme le voudrait l'institutionnalisme sociologique) n'est que thèse.
Et encore, je vous dis ça, pour l'instant je ne suis allée à fond que dans l'exploration de 3 théories sur 5. Et après ça je me lance dans toutes des lectures de méthodologie d'analyse des politiques publiques, et là je vais commencer à réfléchir à quand un sujet a été mis à l'agenda, aux réseaux d'acteurs, etc etc. Bref, on n'est pas rendus.
Alors, forcément, ça commence à gaver les gens. Mais imaginez amis lecteurs, imaginez seulement une seconde comment ça me gave moi. J'étais parfaitement heureuse avant que tous ces outils d'analyse ne s'implantent dans ma thèse et ne m'amènent à décortiquer le monde qui m'entoure. 
Cette thèse aura raison de ma santé mentale, c'est moi qui vous le dis. 
Ceci dit il faut admettre que ces néoinstitutionnalistes sont de joyeux lurons. Perso, quand on me dit "institutions matter", moi je pense à ceci:

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