Tuesday, July 31, 2012

Et voilà, Bibil est à présent un auteur de fiction. (!!!!!!)

Les amis, voici qu’est arrivée mon heure de gloire, le moment où mon nom passera à la postérité, celui où ma Maman chérie pleurera d’émotion… (Non je n’ai pas fini ma thèse, mais pourquoi me parlez-vous de ma thèse ?) Car c'est avec fierté que je vous annonce que je vais être publiée. Oui, moi. Je vais officiellement devenir un auteur de fiction.

Enfin, gardons une certaine perspective sur ce sujet et précisons d’emblée qu’il s’agit d’un recueil de nouvelles à neuf auteurs, dont je fais partie. Mais ne vous trompez pas sur cette apparence trompeuse, considérez plutôt cela comme la première pièce d’une collection, un peu comme le tout premier livre de Jamie écrit en 1999, où il avait encore les cheveux longs, le tour de taille svelte et la peau boutonneuse. Imaginez. L’équivalent Bibilblog du premier livre de Jamie de 1999 dans votre bibliothèque, pour qu’un jour vous puissiez dire à vos enfants (qui ne liront plus de livres sauf en format électronique de toutes façons), vous savez, j’étais là dès le début de sa carrière. Et pour preuve vous leur montrerez une dédicace. Parce que oui, amis lecteurs, je vais vous dédicacer mon œuvre. Parce que je vous aime, et surtout parce que vous allez l’acheter. 

Alors cette œuvre, quelle est-elle ? Me demanderez-vous. 

Le livre s'appelle « the Meantime : nine short stories from Brussels ». Il s’agit d’une initiative de mon groupe d’écriture créative. Nous voulions en effet compiler plusieurs nouvelles à thème libre se déroulant à Bruxelles avec un élément récurrent entre chacune d'elle, à savoir une décision qui doit être prise à pile ou face. Avec les mêmes instructions de départ, nous sommes arrivés à un résultat très varié: un stagiaire dans une organisation internationale quelconque, un mec qui se retrouve à organiser un photoshoot d'un Commissaire européen et d'un cochon, une train manager qui rêve de linguistique... Ma nouvelle s’appelle "A Belgian Wedding Picture" et en l’occurrence ne se situe pas à Bruxelles, mais quelque part dans le BéWé, restons chic dites. Elle raconte l’histoire d’Anne-Laure qui assiste à un mariage dont elle ne connait pas les mariés, ainsi que les histoires parallèles d’autres protagonistes racontées par son point de vue. 

Alors, d’emblée, j’ajoute un général disclaimer
- L’anglais n’est pas ma langue maternelle et j’ai eu un peu de mal à trouver les tournures de phrases qui exprimaient correctement les nuances désirées. Au bout d’un long processus d’editing, mon anglais est devenu correct, mais le sens de mon écriture un peu moins… Il y a des pans de textes qui ont été changés de place ou supprimés, des phrases ajoutées, etc. Au final je trouve que le texte coule beaucoup moins facilement (surtout l’introduction) et que les dialogues sont un peu artificiels, voire niais. Mais il y a un moment où il faut savoir figer le texte et l’assumer. Le mieux est l'ennemi du bien.
- Le personnage principal n’est pas moi. Il y a une similitude de statut civil mais cela s’arrête là. Il s’agit d’un personnage que j’ai volontairement rendu cynique, frustré et légèrement désespéré, qui pense de façon cruelle sur certains points sur lesquels je suis totalement neutre. Ses considérations ne sont donc pas les miennes. Ne lisez pas cette nouvelle en vous disant, "c'est comme cela que Sybille pense, ah ben, c'est beau l'amitié franchement". Nous avons fait énormément d'exercices d'écriture pour nous dissocier de nos personnages et cette nouvelle est supposée l'illustrer.
- Par conséquent, les personnages secondaires ne sont pas mes amis. Je dis ça parce qu'en relisant le brouillon, certaines personnes ont cru y reconnaitre des gens de mon entourage. J’insiste sur le fait que si parfois il y a une concordance de situations ou de métiers, j’ai volontairement caricaturé les personnages secondaires pour les rendre conformes à la vision cynique d’Anne-Laure. Je ne pensais à personne en particulier quand j’écrivais le texte, mais en cherchant une intrigue les situations qui me sont venues en tête étaient inspirées de mon vécu; j'ai gardé celles qui me semblaient suffisamment universelles pour que personne ne se sente visé. 
Par contre, il est vrai qu’un des personnages porte le second prénom de Dgé (à vous de deviner lequel), elle n’avait qu’à pas oublier sa carte d’identité chez moi au moment de la rédaction du texte!

Concrètement parlant, comment est-ce que cela se passe
Il y a deux options qui s’offrent à vous.(Deux options! Mais quel luxe!)
1. Vous ne pouvez pas attendre et vous le commandez dès aujourd’hui sur Amazon. Il vous coutera entre 8,40€ et 9,10€ (en fonction des taxes en vigueur chez vous). Livraison gratuite en Belgique à partir d'Amazon.fr, ainsi qu'en Allemagne, Espagne, Etats-Unis, France, Italie et Royaume-Uni à partir de leurs amazon respectifs. N'hésitez pas à laisser une review! Et si vous venez me voir avec votre copie, je vous la dédicace. 
2. Vous pouvez attendre fin aout que je reçoive des copies à vendre à tarif préférentiel. Le livre vous coutera 7€. Droppez-moi un email et je vous en mettrai un de côté, dans la limite des stocks disponibles évidemment. Je vous dédicace votre copie mais vous devrez toujours venir la chercher en main propre: je ne fais pas de livraison. Pour notre marge de profit, les deux options sont relativement équivalentes, donc choisissez celle qui vous convient le mieux.

Nous avons un site web qui sera live d'ici quelques jours, et la version Kindle sera disponible la semaine prochaine si tout va bien. 

Aaaahlala cette situation me met dans tous mes émois, vous ne vous imaginez même pas... Tout d'abord parce que c'est mon texte qui va se retrouver lu par toutes ces mains anonymes, et aussi parce que cela m'a fait un premier contact avec le monde de l'édition... Qui je l'espère se réitérera dans l'avenir! Maintenant il parait que la phase suivante est de se préparer aux potentielles critiques littéraires et sensibilités heurtées, et je serai définitivement parée à me lancer en solo!
A cet effet, je décline toute responsabilité par rapport à l'utilisation qui sera faite des seconds prénoms se trouvant sur les prochaines cartes d'identités oubliées chez moi.

Monday, July 30, 2012

Berlin, c'est la fin...

Et voilà, Berlin, c'est la fin! A l'heure actuelle je devrais etre dans l'avion du retour, avec Sophie et Rodolphe qui portent mes bagages, et espérons que cette fois-ci je ne me sois pas trompée d'aéroport!
Berlin, c'était bien, c'était fin, cela se mangeait sans faim... (pfu dites il y a plein de choses qui riment avec Berlin!). C'était vraiment une ville hautement sympathique, agréable à vivre, avec un bon esprit et pas bling bling pour un sou. J'étais là aussi à une bonne période, avec la coupe d'Europe et le retour de l'été berlinois (apparemment pourri cette année, même si je pense que c'est une insulte à la Belgique que de dire des choses pareilles, qu'ils aillent faire un tour à Bruxelles pour voir ce qu'est un vrai été pourri). Mon seul regret aura été de ne pas maitriser suffisamment la langue, ce qui ne m'a pas permis de me fondre dans la masse, et m'a sans doute fait passer à coté de belles choses. Mais d'un autre coté j'ai vécu à fond l'expérience d'expat, et je suis restée suffisamment longtemps que pour être ecoeurée de la pils et de la nourriture allemande! (Ce qui est toujours signe d'un séjour réussi - c'est un peu la même chose que quand on est écoeuré par les barbecues au bout d'une semaine trop estivale).
Je suis triste de partir mais en même temps, je vous avoue que je suis aussi très heureuse de revenir! Cela fait un an et demi que je voyage, et ce système de trois mois par pays, s'il semblait etre idéal au début, s'est en fait avéré être très angoissant sur la fin. Quoiqu'on en dise il y a toujours un stress initial à arriver dans un nouveau pays: trouver un logement, déménager, se faire à son nouveau domicile, à son nouveau lieu de travail, à ses nouveaux collègues, à une nouvelle langue, se faire des amis... Pendant les premières semaines, en fait, on ne fait que travailler à se faire une place! Et puis une fois que c'est fait, et bien, il faut déjà repartir. Les amis qu'on a laissés traitent ton départ comme quelque chose de temporaire, et continuent à t'inviter à tous des trucs cools, et tu as envie de retourner les voir, mais en même temps tu es déjà en train de recommencer le processus d'adaptation ailleurs... Et pour la buffer zone de trois mois en Belgique entre chaque terrain, c'est globalement pareil: on n'a même pas le temps de reprendre ses marques qu'on est déjà reparti. C'est très frustrant! Trois mois c'est trop court pour être un long séjour, et trop long pour être un court séjour.
A présent je contemple la perspective d'une année entière en Belgique comme un luxe absolu... Je suis contente de retrouver un peu de stabilité, de ne plus être sur une deadline de départ, de pouvoir investir dans des amitiés et dans des activités étendues dans le temps... Et surtout de savoir où j'habite. C'est ça qui était le plus usant je pense, c'était de ne pas pouvoir trouver une réponse franche quand on me demandait, "et en fait, heu, tu habites où?"
J'ai d'ailleurs plein de projets pour le mois de septembre. D'abord, je vais commencer par retrouver ma famille, mes amis, mes lieux familiers, Danio, mon lit, ma garde-robe, ma machine à coudre, ma collection de livres de Jamie, et mon Delhaize local. Je pourrai appeler et envoyer des sms à un tarif local. Je pourrai recommencer mes cours d'écriture créative, planifier des cours de sport (yoga anyone?), lancer des diners à thème, me recréer une routine, rattraper mes projets de couture et de scrapbooking laissés en plan depuis avril 2011. Et aussi faire un bon régime: j'accuse à présent dix kilos de plus qu'au début de ma thèse. Ils sont venus insidieusement sous le titre de "découverte de la gastronomie locale", ou au contraire de "rhaaa un steak frites belge ça fait si longtemps". Mais surtout à cause du stress. 23 août, rendez-vous chez une diététicienne, c'est annoncé.
Mais tout cela c'est pour plus tard. En attendant, je vous annonce que je pars en vacances, et que le Bibilblog aussi! Le programme bloggeste de ce mois d'août sera donc: 1. bien entendu la série de l'été "La Vie des Autres" tous les mercredis, 2. des posts programmés et photos de frère en hot dog, et 3. des guests posts! Vous allez vite remarquer que quelques lecteurs privilégiés vont avoir accès à mon blog jusque fin septembre et qu'ils pourront en faire ce que bon leur semble. Pendant ce temps je serai à l'autre bout du monde en train de me dorer les orteils (sortis de leurs birkenstocks) sur une plage de sable fin, m'abritant du soleil trop brutal sous un sombrero mexicain avec un cocktail plein de tequila et de mangue fraiche!
(Puis aussi de terminer un document intitulé "plan de thèse", et des retranscriptions d'entretiens)
Bonne vacances les amis!

Saturday, July 28, 2012

Nappies Cake

(ou Diapers Cake si vous etes américain)
Il est dans la vie des apparences qui sont trompeuses. En l'occurence, ne vous laissez pas leurrer par l'aspect un peu farfelu et frivole de cette belle chose qu'est un nappies cake: mes amis lecteurs ayant progéniture m'affirmeront que dans certains cas de figure, une couche culotte peut vous sauver la vie. Mais il n'empeche. Quoi de plus satisfaisant que de pouvoir transformer un objet malgré tout très utilitaire en quelque chose d'un peu fantaisiste? Hein? Dites?
Nappy Cake
Nappy Cake 
C'est une des Sophie qui lit mon blog qui m'a enseigné l'art très secret de la confection du Nappies Cake. Mais si vous googlez la chose vous pouvez tomber sur des tutoriels très détaillés. Il s'agit, en clair, de rouler des couches culottes, de les faire tenir ensemble avec des élastiques (Sophie m'avait conseillé trois par trois, dans le tutoriel on vous conseille par sept), puis de les assembler en plusieurs étages comme pour faire une pièce montée. Vous pouvez y ajouter quelques gadgets pour bébés à l'intérieur et à l'extérieur, comme du talc, des bavoirs, des chaussons, des petits jeux, enfin des brols qui individuellement ne forment pas un cadeau mais qui collectivement sont en fait assez cools (un peu comme les chaussettes de Noel chez les Merri) (mais je me perds). Après cela, ajoutez-y un beau ruban. Mais un beau, hein. Apprenez de mes erreurs: si vous pouvez trouver plus imposant que celui-ci, c'est mieux. Et avant de commencer n'oubliez surtout pas de mettre un carton en dessous pour pouvoir le déplacer plus aisémment par la suite. Pas comme ici non  plus, quoi.
Nappy Cake
Nappy Cake
Pour votre bonne information, ce cake utilise 135 couches de type newborn, mais il y a moyen de rendre la chose beaucoup plus intéressante si vous en utilisez plus de 200, et sans doute d'une taille allant au dessus des trois mois (confirmation, Sophie?). Ne soyez pas effrayés par le nombre, ce n'est pas comme une retranscription d'entretien, ca va plus vite qu'on ne le pense.
Nappy Cake Nappy Cake Nappy Cake détail guitare point de croix 
Sur ce cake vous pouvez trouver: deux anneaux de dentition, des chaussettes orphelines (spéciale référence aux habitudes du futur papa, enfin heureusement quand on les remet ensemble elles forment des paires), des chaussons 50% Maman 50% Papa, et un bavoir sur lequel figure une guitare au point de croix.
Si vous voulez un point de comparaison voici celui qu'a fait Sophie pour des jumeaux!
Enfin, sachez que le Nappies Cake existe aussi en toilet paper cake... Si d'aventure vous etes invités à l'inauguration d'un lieu d'aisance...

Thursday, July 26, 2012

Good bye drink

A tout départ appartient sa tradition: celle du good bye drink. A Londres, où j'étais devenue super pote avec mes collègues, j'ai été emmenée dans un pub où on servait de la bière belge et où on mangeait des trucs à la Leffe. On m'a fort regrettée, on m'a donné un cadeau (un échantillon de biscuits anglais que je n'avais pas encore apportés au bureau), on a été tristes, tout ça.
A Paris par contre, festival de l'ambiance, j'ai vite compris que toute tentative de marquer mon départ de façon bibitive se résumerait à un cuisant échec. J'ai donc amené une boite de chocolats belges, au grand étonnement de mes collègues qui ont unilatéralement déclaré que les Belges étaient super sympas. (L'un d'eux a même dit, "beaucoup plus civilisés que les Français"). J'ai laissé la boite de chocolats dans l'open space et elle a été volée pendant la nuit.
Ici, à Berlin, organiser une occasion bibitive aurait été assez simple, mais comme je n'en peux plus de la Berliner Pilsner et que par contre j'aime toujours bien le chocolat, et que je partage mon bureau avec une Suisse, voici l'email qui a été circulé:

Dear colleagues, 
You are not without knowing that there is a small rivalry between Belgium and Switzerland on one subject of great academic relevance: who makes the world's best chocolate? Since O. and I could not agree on a diplomatic answer that would satisfy all parties involved (i.e. the current occupants of B314), we have decided to open the question to a referendum. 
This is why we are inviting you to a blind chocolate review on Thursday 26th of July at blablabla. We will have Belgian and Swiss chocolate in direct importation from our home countries, and to trick you we have hidden American chocolate in the batch. 
Coincidentally, Thursday the 26th will be my last day here at blablabla, so it would be a nice opportunity to thank you for your warm welcome and to air some brand new business cards. 
Chocolatement vôtre, 
(s'ensuit une signature).

On a du Galler, on a du Lindt, et on a du Hershey's pour faire contrepoids. Je vous tiendrai au courant du résultat des votes...

Wednesday, July 25, 2012

La vie des autres - Caroline

Cette semaine nous avons un post de Caroline, auteur du site handilien.eu. Caroline est mon ancienne colocataire. Elle a eu un accident vasculaire cérébral en janvier 2010 qui l’a laissée lourdement paralysée, dans une condition appelée le « locked-in syndrom » ou syndrome d’enfermement. Grâce à ses efforts et à sa volonté de vivre, elle est parvenue à regagner la mobilité d’une partie de son corps (principalement son visage, son cou et son bras gauche), à manger, et par le biais de la technologie parvient à communiquer avec son entourage. Une nouvelle installation domotique lui permet également de manier certains éléments de son domicile, comme l’ouverture des portes ou la télévision. Suite à son expérience, elle a été frappée par le manque d’informations disponibles aux personnes se trouvant dans sa situation, et a donc lancé un site regroupant des renseignements sur la technologie et les associations disponibles aux personnes handicapées, ainsi qu’une série d’articles témoignant de son quotidien. Aujourd’hui, elle accepte de nous partager, dans la lignée de ses précédents témoignages, ce qui a changé par rapport à sa vie d’avant.  



Ce qui a changé 

Suite à mon accident beaucoup de choses ont changé : parce que je ne sais pas parler, parce que ma langue bouge peu, parce que j'ai besoin de rééducation, parce que je suis devenue ultra dépendante, parce que je suis en fauteuil roulant, ma vie n'est plus comme avant. Elle est devenue hors du commun ou dans le premier sens du terme extraordinaire. 

Je ne sais pas parler. Ce fut le sujet de mon article précédent. Bien que très handicapant, cela débouche parfois sur des situations comiques telles que des gens qui tentent d’avoir un entretien téléphonique avec moi. Ne sachant presque pas bouger, la langue des signes ne m'est pas inaccessible. Je communique donc avec un petit ordinateur qui dit et affiche ce je tape. Ce n'est pas mal mais c'est extrêmement lent. Ayant des difficultés à parler, je me contente d'écouter. A un dîner, être en bout de table est très désagréable car tout le monde a le réflexe de tôt ou tard tourner le dos à la personne qui ne dit rien. Manger parmi des gens qui ne prêtent pas attention à vous est franchement ennuyeux. Pour bien me donner à manger, il faut être concentré, ce qui n'est pas évident dans ces conversations de bout de table. Même s'il est souvent plus facile d'accès, je redoute cet endroit! 

Je ne sais pas bien bouger la langue, du coup il m'est difficile d'amener les aliments sous les dents et de mâcher convenablement. J'arrive quand même à presque tout manger, ce qui fut socialement une avancée considérable, car juste après mon accident j'étais nourrie par sonde et les restos et petits soupers étaient rendus inutiles. À présent seuls les biscuits, pommes et Chokotoffs que j'adore sont trop difficiles à manger. Mon médicament principal donne aussi un sale goût à l'alcool, et le pétillant me fait tousser, ce qui fait que je bois essentiellement de l'eau ou du jus de fruit. 

Suite à mon accident, je suis devenue très dépendante et je suis retournée vivre chez mes parents. Sans colocataire, loin de Bruxelles, mon copain évanoui dans la nature, entourée de couples démarrant leur vie de famille, et privée de beaucoup d'activités de par mon handicap, je peine à occuper mes journées. Grâce à beaucoup d'amis, à mes parents qui me laissent inviter souvent et à mon énergie, je trouve des activités à faire presque chaque week-end. Sans quoi je serais vite devenue une ermite! 

Mes activités ont elles aussi fort changé. Mon boulot est devenu la rééducation. La kinésithérapie et la logopédie me prennent du temps, et rendent la pratique d’un travail adapté difficile. Limitée dans mes mouvements, je suis beaucoup sur mon ordinateur. Je me suis d'ailleurs lancée dans la création d'un site internet suite à mon expérience. Sur www.handilien.eu vous pouvez voir ce qu'il existe pour handicapés mais aussi mes articles précédents. 

Enfin, être réduite à un fauteuil roulant me confronte au problème de l'accessibilité. Légalement, les lieux publics doivent être devenus accessibles d’ici 2015. Magasins, bibliothèques, hôtels de ville, endroits de réception, restaurants, trottoirs… La liste est longue, et tous ont encore du chemin à faire. Rendre un lieu accessible est déjà bien, mais l'indiquer clairement est mieux. Se renseigner à chaque fois est pénible. Je rêverais que chaque invitation soit munie d'un logo accessible ou non. En plus d'être utile à toute personne à mobilité réduite, il sensibiliserait un public plus large à la question de l'accessibilité... 

Mon accident est encore relativement récent et vu d'où je viens [NDLR du locked-in syndrom qui a suivi son accident], il n'est pas toujours aisé de savoir ce dont je suis capable. Que ce soit pour les sorties, la nourriture ou ma communication, mon entourage s'adapte. Depuis six mois j'ai un nouveau fauteuil électrique qui requiert une accessibilité des lieux quasi totale. Je préfère de loin ce fauteuil électrique, même si ma chaise manuelle est très maniable. Souvent, par peur de me retrouver coincée, je choisis ma chaise manuelle, plus légère à porter. Voilà une nouvelle situation à laquelle doit aussi s'adapter mon entourage ! 

*** 

Merci beaucoup Caroline pour cette description de ton nouveau quotidien ! Handilien est aussi sur facebook. Personnellement je pense toujours à Caroline quand je prends un métro et que je constate le manque d’accessibilité aux fauteuils roulants… A Londres, les bus ont été adaptés pour permettre aux fauteuils d’y entrer, ce qui est pas mal, et à Berlin beaucoup de stations de métro ont été équipées d’un ascenseur (qui sont overmonopolisés par les vélos), mais à Paris la situation est presque grotesque, et j’attends de voir ce qui va être fait avec le RER à Bruxelles… 

La semaine prochaine nous aurons Emilie qui nous écrit de Hong Kong !

Tuesday, July 24, 2012

Der Türkische Pizza

(Bon, d'accord, il existe une probabilité pour que le mot "Pizza" soit aussi féminin ou neutre - ou autre, sait-on jamais).
Il y a peu de temps, je suis tombée sur un objet de curiosité scientifique:
Türkische Pizza
Une pizza turque surgelée. Qui me promettait d'un coté ceci:
Türkische Pizza
Et d'un autre coté cela.
Türkische Pizza
(Suggestion de présentation). Pour seulement 366 calories (Diantre que c'est précis).
Bon, je savais bien que la petite salade là qui avait l'air trop bonne, cela serait difficilement passé à la surgélation, donc je ne m'attendais pas à la retrouver dans le produit fini. Mais je ne m'attendais pas vraiment à trouver ceci non plus:
Türkische Pizza
Enfin, une fois cuit et avec un peu de salade dessus, je dois dire que c'était relativement... On aurait dit une flamenkuche bolognaise mais sans tomate.
Türkische Pizza
Sauf que je regardais ca devant les Gilmore Girls, pleine de frustration parce qu'elles n'arretent pas de manger des burgers et des pizzas en toute impunité (meme si dans la vraie vie elles se font sans doute une semaine de bouillon entre chaque tournage). Et bon, 366 calories, forcément, ca manquait un peu de fromage fondu.
J'ai eu une pensée émue à Gatien qui, jadis, adorait précuire des pizzas la veille pour pouvoir les manger au petit déjeuner. Je ne sais pas s'il aurait eu très faim le matin où il aurait mangé celle-ci.

Monday, July 23, 2012

Mohnkuche

Dorothy Parker avait jadis dit, "the cure for boredom is curiosity. There is no cure to curiosity". Cette bonne dame n'a jamais gouté de Mohnkuche il faut croire... Amis lecteurs, j'ai récemment pu faire l'expérience d'une grande leçon de vie, et de là j'en découle une précieux conseil pour votre survie en terre germanique: si jamais vous vous trouvez, comme moi, devant un stand de cakes inconnus, que votre curiosité vous pousse à en gouter un et que celui-là est celui qui vous tente le plus:
Cake au pavot
Considérez bien vos options.
Car dans la lignée des trucs singulièrement dégueulasses qu'on peut trouver en Allemagne, je vous présente un candidat de choix: le Mohnkuche, ou cake au pavot. Pourtant, me direz-vous, le pavot ce n'est pas mauvais. Quand vous demandez à la vendeuse de quoi est fait le cake, elle vous répond: de graines de pavot et d'amandes. Et vous vous dites, rien ne peut jamais aller de travers quand on associe ces deux aliments.
Et bien, détrompez-vous.
Parce que, croyez-moi ou non, après avoir mélangé des graines de pavot et des amandes, les Allemands se sont dit que c'était la meilleure des idées que d'y rajouter du sel. Oui, du sel, mais seulement dans la couche supérieure... Au point qu'on a en bouche un mélange de cake relativement fade (parce qu'ironiquement la couche inférieure manque de sel), ainsi que d'une couche style streusel faite d'une bonne pelletée de sel marin. 
En même temps, à la cantine, on nous le sert après que le repas principal soit un truc sucré à base d'airelles et de Griesspudding. "De temps en temps, oui, on mange sucré le midi".
Croyez-moi amis lecteurs, dans les cantines allemandes, il y a des jours où le buffet salade reste votre meilleure option...

Friday, July 20, 2012

La trilogie berlinoise - Philip Kerr

Avant mon départ vers Berlin, les Merri m'ont offert un livre s'intitulant "la trilogie berlinoise" de Philip Kerr... Une énorme brique d'un auteur qui m'était alors complètement inconnu. 
Mais cela a vite changé, parce qu'ici c'est le premier livre que tout nouvel arrivant se voit recommander! Pas forcément sous ce titre, cependant, généralement on parle d'une "Bernie Gunther investigation". La trilogie berlinoise regroupe en effet les trois premières enquetes du flic/détective privé Bernhard Gunther dans le Berlin de 1934, 1939 puis 1947... 
Pour moi, il y a trois raisons universelles (indépendantes du fait que vous etes un touriste, donc) pour lesquelles vous devez lire ce livre:
1. C'est une intrigue policière. Quand vous la commencez, vous avez donc envie de connaitre la suite. Il y a du suspense, il y a des rebondissements, il y a une chute qui vous surprend la blinde, impossible de deviner la fin avant d'etre arrivé à la fin!
2. Le personnage principal, Bernhard Gunther, est proprement désopilant. Solitaire, désabusé, cynique, ironique et n'ayant rien à perdre, il a une facon très particulière de voir la vie. Un personnage qui est donc définitivement très terre à terre, et qui ne se laisse jamais dicter sa conduite, si ce n'est par une jolie femme, car c'est là sa petite faiblesse... De plus, il a un répertoire de métaphores absolument fabuleuses.
3. Ce livre fait aussi votre éducation historique. Il dépeint l'ambiance à quelques moments phares de l'histoire berlinoise: la première intrigue se déroule pendant les jeux olympiques de 1936 avec la montée du nazisme et de la persécution des Juifs; la seconde, juste avant la Seconde Guerre mondiale; la troisième, juste après la guerre, pendant la reconstruction et l'isolation progressive de Berlin Est. Il parait qu'il y a trois autres enquetes qui sont sorties, situées à des périodes ultérieures comme antérieures aux intrigues précédentes.
Une très bonne lecture, donc, pour toute personne que l'histoire de l'Allemagne de cette époque intéresse... Vous en ressortirez plus intelligent, et vous ressortirez à l'occasion certaines de ses métaphores, comme par exemple, "tel un homme qui s'est gavé de pruneaux au petit déjeuner, je m'attendais à ce que quelque chose se produise..." (Je ne m'en remets toujours pas).
Mais avant d'investir dans cette oeuvre littéraire, je vous conseille d'attendre quelques jours, car il est très probable qu'un très chouette livre ne sorte quelque part dans la fin juillet...

Wednesday, July 18, 2012

La vie des autres: Audrey

Salut à toi, internaute de passage ou lecteur friand du BibilBlog !
Le plat du jour se compose d’une tranche de vie d’Audrey, de 25 ans d’âge et appellation bruxelloise contrôlée, marinée depuis deux ans dans un jus de consultance en optimisation et servie avec le menu familial à cinq plats. Puisqu’une illustration en dis plus que mille mots (bien que je me méfie des restaurants où la carte contient des photos, ce n’est généralement pas indicateur de haute gastronomie), me voici :
Mon premier contact intime avec Bibil remonte à l’université, époque où, ayant repris une chambre dans son ancienne colocation, j’avais l’immense bonheur de profiter de ses illustrations humoristiques chaque fois qu’un besoin pressant m’emmenait dans la pièce qui avait le plus bénéficié de ses talents de décoratrice. Un prélude à ce que serait plus tard le BibilBlog, j’imagine. 
Depuis lors, j’ai déménagé. J’habite maintenant une maison bruxelloise « typique » à Woluwé-Saint-Lambert. Entendez : quatre fois plus haute que large et coincée entre des voisines dont la largeur n’excède pas non plus la taille d’une place de parking, raison pour laquelle le quartier sature de véhicules en stationnement… A moins que ce ne soit parce que de si paisibles jardinets se cachent derrière ces façades que le tout Bruxelles s’y retrouve pour d’agréables soirées entre amis. 
Entassement urbain oblige, je loge sous le toit. Non, pas dans une sordide mansarde, mais bien dans une spacieuse chambre avec mezzanine. Et c’est juste sous le Velux que j’ai placé mon lit, d’où je contemple chaque matin la couleur sans cesse renouvelée de l’azur. Enfin, façon de parler, puisqu’en Belgique on parlerait plus souvent de grisaille, la preuve par l’exemple :
Qu’importe, ce petit coin de ciel a l’immense privilège de se pencher par-dessus mon épaule à mes trop rares heures gagnées : celles où je m’absorbe, entre chien et loup, dans quelque lecture. En ce moment, je passe le plus sombre de mes soirées en la charmante compagnie de Gatsby le Magnifique, amant éconduit de la bibliothèque de Bibil. 
Outre la lecture, j’ajoute volontiers mon grain de sel dans une casserole en ébullition. Le temps manquant pour faire de bons diners, je concocte néanmoins des plats tout simples pour mes déjeuners au boulot. Le dernier en date fut un tian provençal : coupez des tomates et courgettes en rondelles, alternez-les dans un plat à gratin, saupoudrez de sel, poivre, thym et chapelure, enfournez 20-25 minutes à 240°C et le tour est joué ! Remarquez, au passage, que cela fait déjà deux légumes sur la journée. 
Voici, donc, cher lecteur, le plat du jour. Je pourrais encore assaisonner cette tranche de vie de mille épices savoureuses, mais je ne voudrais pas te causer une indigestion. Je te laisse à présent l’occasion de déguster d’autres récits du Bibilblog et, qui sait, peut-être ma vie sera-t-elle à nouveau au menu d’un autre post ? D’ici là, je te souhaite de goûter à tous les bonheurs qui surviendront dans ton propre quotidien ! 

***

Merci Audrey! Tout ceci m'a remémoré de bons souvenirs pré-Bibilblog de ce fameux kot à Louvain-la-Neuve à la décoration, comment dire, assez unique. Je suis allée fouiller des dossiers et j'ai trouvé ceci.
Décembre 2004, les amis, c'était pas y a huit ans, on n'a pas vieilli depuis.

Souvenir kot Louvain-la-Neuve from Bibil on Vimeo.
La semaine prochaine nous accueillerons Caroline!

Sunday, July 15, 2012

Ils sont partis!

Départ au Cinquantenaire ce matin à 9h30! Aaaahlala ils ont pas l'air serrés... C'est le costume de hot dog qui prend toute la place, je le savais.

Friday, July 13, 2012

Les Brussels Riders sont prêts à partir...

Dimanche, l'équipe de mon frère (les "Brussels Riders") se lancera dans l'aventure du siècle, j'ai nommé, le Mongol Rally. Ils ont acheté une toute vieille Peugeot 206 et vont rouler 16 000 kilomètres jusqu'en Mongolie, avant de la donner à une famille sur place... Ces derniers mois, ils ont trouvé moultes sponsors qui leur ont donné entre autres du matos de camping, des t-shirts thermiques, des cours de mécanique et surtout qui leur ont pimpé leur voiture...
Brussels Riders
Ils ont tous leurs visas et sont gonflés à bloc! Vous pouvez suivre leurs progrès récents comme futurs sur leur groupe facebook.
Et pour l'occasion j'ai préparé un petit cadeau de départ à mon frère, pour qu'il se souvienne de moi le jour où il se sentira esseulé au milieu d'un désert Mongol, leur voiture en rade, leurs GPS universels volés par une bande de brigands (qui leur auront aussi pris tout leur matos de camping, leurs vêtements chauds et leur aura cassé une jambe et un bras pour faire bonne mesure), et sachant qu'il doit encore prendre 6 photos de hot dogs pour satisfaire les demandes des participants du Hot Dog Challenge.
Ledit déguisement est dans leurs bagages, je l'ai vu de mes yeux.
Brussels Riders pochette
Une petite pochette, brodée avec les couleurs du drapeau belge (c'est sur leur logo), et des motifs pris ici et . J'étais à mi-parcours de mon oeuvre quand mon frère, suspectant la chose, m'a quand même fait un commentaire alarmé, "Heu Bibil tu n'es pas obligée de me faire un truc en point de croix tu sais". Mais c'est trop tard, il doit le prendre maintenant.
Et puis c'était l'occasion de récupérer un de ses caleçons trop usés pour en faire le dos de la pochette.
Brussels Riders pochette
Et hop! Doublé en jaune à l'intérieur, pour rester dans les tons.
Brussels Riders pochette
Il y a une conserve de Corned Beef Hash à l'intérieur. Bon voyage, petit hot dog!
Brussels Riders pochette
Si vous voulez participer au hot dog challenge sachez que c'est toujours possible!

Wednesday, July 11, 2012

La Vie des Autres - Ophélie

Cette semaine nous avons le plaisir d'accueillir Ophélie, 23 ans, petite soeur d'un ami de mon frère, ancienne guide de ma soeur, amie proche des Merri et retranscriveuse d'entretiens pour la gloire de ma thèse (le monde est ainsi interconnecté, ou autrement dit, la Belgique est un petit pays). Elle entre dans cette phase douloureuse que nous avons tous connue (ou devrons tous connaitre, pour mes plus jeunes lecteurs), certains pour une période plus longue que d'autre - sauf quand on a la chance d'etre ma soeur et que son employeur vient la recruter à la sortie de l'auditoire, mais enfin je me perds - j'ai nommé: trouver son premier job. Je lui cède la parole...

***

Dimanche 17 juin 2012, 8h35, le soleil brille (pas pour longtemps, il ne faut pas rêver) et me voilà assise à la table de mon bureau, petit-déjeuner et café engloutis, cheveux à peine essorés, fin prête à enfin commencer la rédaction de mon mémoire de fin d’études. Je regarde désespérément cette monstrueuse farde de documents, que je me suis attachée à remplir soigneusement durant les deux dernières semaines à force d’impressions, de photocopies et d’aller-retours dans toutes les bibliothèques de Louvain. Et dire qu’il y a trois semaines à peine j’étais encore dans le pays de Galles, à Aberystwyth (Aber – ouist – with) en train de profiter de la plage et du soleil (et oui, il y a aussi du soleil au pays de Galles) et surtout de mes derniers jours d’insouciance en Erasmus. 4 mois d’insouciance, le pied, et pourtant, à peine arrivée gare du midi, la réalité me rattrapait déjà : je m’appelle Ophélie, je suis en dernière année de droit à l’UCL, je rêve d’acquérir mon entière indépendance l’année prochaine donc je dois me trouver un bon job, et pour ça je dois cartonner ma dernière année et donc cartonner mon mémoire… Good luck with that…

La plage d'Aber-ouist-with


Nous voilà donc 3 semaines plus tard, et à l’heure où je devrais être en train de taper dans le document intitulé « Mémoire sur le contrat de franchise », je me sens plutôt d’humeur à faire le bilan de ces trois dernières semaines.

Au moment où j’arrivais en Belgique, je comptais déjà 9 candidatures dans mes « sent messages » de gmail. 4 d’entre elles étaient toujours sans réponse, 2 ont directement conduit à des refus, 2 autres ont conduit à des interviews qui se sont également terminées sur des refus, quant à la dernière, l’interview était programmée 3 jours plus tard. Jour de l’interview, la routine s’installe déjà, dodo à Bruxelles, pep talks des proches et pep talk personnel bien sûr devant le miroir, pages internet du cabinet bien imprimées dans ma mémoire. Je pénètre dans le bâtiment, attente interminable dans la salle de réunion, et puis les voilà, on peut commencer. Une trentaine de minutes plus tard, les jeux sont faits, je reçois un « on vous écrira la semaine prochaine », aïe, c’est pas bon ça. 3 jours plus tard, le temps de m’organiser, de m’acheter un beau, rutilant, nouveau classeur, j’entame mes recherches de mémorante, bien décidée à aborder la chose de façon positive, sans prise de tête : tout le monde est passé par là, y a pas de raison que je n’y arrive pas ! En attendant, une autre de mes candidatures restées sans réponse vient d’aboutir sur un refus, en même temps, je m’étais trompée de nom de firme dans le mail… la tarte

Le nouveau classeur
Début de la deuxième semaine, la réponse fatidique arrive, il me faut une matinée pour trouver le courage d’ouvrir le mail dont je connais déjà le contenu, et… c’est le coup dur il faut bien l’admettre. Je m’accorde une aprem déprime en bonne et due forme, chocolat et séries au programme ! 3 jours plus tard, c’est reparti ! 2/3 de mon classeur rempli, je jongle entre lecture des différents documents sur la franchise, rédaction de nouvelles lettres de motivation, optimisation de mon CV, et sms d’encouragement au Jules lancé dans une session d’exam au rythme effréné. Entre temps, 2 de mes candidatures aboutissent sur des non, je me réjouis d’avoir au moins obtenu une réponse.


Dimanche 17 juin 2012, 11h11, le soleil est toujours là, mon classeur déborde, 6 nouvelles candidatures dans mes « sent messages » et déjà une interview programmée pour vendredi prochain, ainsi qu’un nouveau refus (au moins c’était rapide).

C’est l’époque la plus difficile de votre vie nous dit-on, et bien c’est pas peu dire, si j’avais su que ce serait la croix et la bannière rien que pour ne fut-ce qu’obtenir une interview… En fait je ne sais même pas si j’aurais fait les choses différemment ! Période difficile, certainement, mais loin d’être impossible, tant qu’on garde le moral et la confiance en soi (I think I can, I think I can, I think I can…) et qu’on profite de moments privilégiés d’évasion avec ceux qui nous soutiennent coûte que coûte… Vérone, nous voilà !

***

Et voilà! Bon, évidemment, amis lecteurs recruteurs dans des cabinets d'avocats, si jamais vous avez une vacance, vous pouvez toujours transmettre... La semaine prochaine nous aurons Audrey!

Monday, July 09, 2012

La chic lit de l'été

Samedi soir, vers 23h58, Gabrielle m'a envoyé:
"J'ai fini the Other Side of the Story... Faut que j'en achète un nouveau mnt!!! Si t'as des conseils... Et en English comme ça j'ai l'impression de faire un truc utile!"
Ce à quoi je lui ai proposé de venir puiser dans ma bibliothèque personnelle, moyennant tout de même que je ré-ouvre quelques cartons qui sont au grenier, ce qui risque de ne pas être une mince affaire, et elle m'a répondu, "ou alors déjà des titres de livres ce serait bien! Ca me fera une excuse pour aller sur amazon et acheter [hahaha! vous ne le saurez jamais]".
Ce qui m'a fait penser qu'il était grand temps de vous donner mes recommandations en littérature girlie anglophone pour l'été qui s'annonce (du moins dans des pays au climat plus clément que le nôtre, ce qui tombe bien si vous prévoyez des vacances). J'admets qu'il est difficile de choisir sa chick lit de l'été, le marché est saturé de ce genre de littérature aux couvertures ultra kitschs qui vous lurent et vous leurrent, et j'y ai lu de grosses daubes tout comme des petits chefs d'oeuvre... Alors voici rien que pour vous une petite sélection basée sur ma bibliothèque perso (que vous pouvez compléter dans les commentaires si vous le voulez, ça m'intéresse figurez-vous).
1. Sophie Kinsella, "Remember me".
Lexi se réveille dans un hôpital après avoir fait un accident de voiture. Un accident de voiture? se dit-elle. Mais depuis quand est-ce que je sais conduire? Elle se sent aussi un peu différente, un peu comme si elle avait perdu une bonne dizaine de kilos et que sa dentition était à présent parfaite, et quand on lui ramène ses effets personnels c'est le choc: un sac Gucci, des bijoux, dont une bague qui ressemble à... mais dites donc, mais c'est une alliance! Il doit y avoir erreur sur la personne, elle est célibataire, non? Et d'ailleurs, quelle date sommes-nous? Quoi? Quelle année, dites-vous? Lexi doit vite se rendre à l'évidence: elle a oublié trois ans de sa vie. Trois ans dans lesquels sa vie a basculé, et elle se découvre avec un corps parfait, un époux canon et millionnaire, et tiens donc, elle est devenue le boss de sa boite. Mais tout est-il vraiment si rose? Pourquoi ses meilleures amies de toujours agissent comme si elles la détestaient?
Pour moi il s'agit là du meilleur livre de Sophie Kinsella, même si tous ses livres sont une valeur sûre des longs trajets d'avion et des plages de cocotier. Mais si vous me le demandez, il y en a bien un autre que j'ai préféré aux autres...
2. Sophie Kinsella, "the Undomestic Goddess".
Samantha est une avocate à succès; sa vie est divisée en petites fractions de 6 minutes facturées à £500 chacune. Son but ultime est de devenir partner de sa firme, et elle y sacrifie tout, au détriment de sa vie privée et sentimentale. Jusqu'à ce qu'un jour, elle fasse une grosse erreur, tellement grosse qu'elle lui coûte sa carrière... En état de choc, elle prend le premier train, descend à une station au hasard, et se fait engager sous un malentendu comme housekeeper. Ce qui inclut, entre autres, d'apprendre dare-dare à faire le ménage, la cuisine, la lessive, et surtout de cacher à ses patrons pas très méchants mais pas très brillants non plus qu'elle a un QI de 158 et un diplôme de Cambridge... 
En prenant ce livre j'avais l'impression que je lirais un machin sexiste qui me révolterait au possible, et en fait non, c'est même carrément drôle... Les situations sont assez cocasses et tournent au vaudeville à tous les coins de page!
Sinon, en vrac, si vous aimez Sophie Kinsella, vous aimerez aussi Confessions of a Shopaholic, Twenties Girls, ou Can you Keep a Secret? Ce qui est bien c'est que chacun de ses livres est différent, avec une idée de base qui ne ressemble pas aux livres précédents... Ce qui n'est pas le cas de Marian Keyes, l'autre reine de la chic lit anglaise.
3. Marian Keyes, The Other Side of the Story
Car en effet tous les romans de Marian Keyes se ressemblent un petit peu: trois personnages féminins, dont une fille bonasse, une fille pas bonasse (la bonasse ayant d'ailleurs souvent piqué le mec de l'autre) et une femme carriériste. Quelque part dans l'intrigue il y a des retournements de carrière, de vie sentimentale, quelques passages drôles, et un personnage secondaire qui fait une dépression. Les livres de Marian Keyes sont très enjoyables, mais en lire un signifie tous les lire; surtout qu'il s'agit généralement de gros bouquins qu'on ne finit pas en une seule nuit. Dans le tas, je trouve que The Other Side of the Story se défend mieux que les autres, parce que les trois personnages féminins en question travaillent dans le monde littéraire, qui est forcément le monde que l'auteur connait le mieux... On a deux écrivains, l'une à succès et l'autre non, l'écrivain à succès a piqué le mec de l'autre, et leur agent littéraire ultra carriériste. Quoique je vous recommanderais peut-être aussi Sushis for Beginners, parce qu'un des personnages centraux fait une dépression clinique, qui est une maladie que Marian Keyes rencontre à intervalles réguliers et comprend de l'intérieur. This Charming Man a eu beaucoup de bonnes critiques au moment de sa sortie (même si le synopsis est relativement le même que les livres précédents), et "Saved by Cake" (que je n'ai pas encore lu) est sorti cette année est un roman autobiographique racontant comment l'auteur, justement, est sortie de sa dépression en cuisinant des pâtisseries.
4. Jenny Colgan, Meet me at the Cupcake Café
Bon d'accord, ce livre n'est pas aussi bon qu'un Sophie Kinsella, et ses notions de gestion d'entreprise sont relativement bancales, mais regardez-moi juste cette couverture... Avouez... Un city trip, un café latte, et ce livre... Ne serait-ce pas parfait?
D'ailleurs on a le nom de Sophie Kinsella sur la cover, de quoi l'acheter sans sourciller! Wait a minute... Ah non ce n'est qu'une recommandation de Sophie Kinsella, mais pourquoi est-ce là et pas sur la quatrième? Sont-ils si désespérés de vendre ce bouquin?
On s'en fout, il y a des cupcakes qui brillent, si c'est vrai je vous le jure, les parties foncées de la couverture c'est fait en papier reflet...
Voilà, j'espère que cela vous aide à faire votre sélection! Surtout n'oubliez pas de les commander en anglais, sinon vous perdez toute justification intellectuelle à acheter votre livre! Bonne lecture, et... Ne vous imaginez pas que je ne lis que cela, j'ai aussi des bouquins intelligents dans mes cartons, il ne faut pas croire!
Ceci dit, si vous pouviez réfléchir à votre sélection pendant quelques jours et attendre avant de commander, il se peut que j'aie une surprise pour vous dans les jours à venir...

Wednesday, July 04, 2012

La Vie des Autres - Victoria

Cette semaine, dans cette fabuleuse saga de l'été du blog, c'est Victoria qui s'y colle! Victoria est française, mais je l'ai rencontrée à Londres mon premier jour de cours, elle était en Angleterre depuis plus longtemps que moi et y est restée plus longtemps aussi. Au cours de nos conversations multiples il est apparu que la Belgique avait l'air de singulièrement la fasciner, mais malgré cela curieusement elle habite à présent au Qatar... Elle avait envie de vous partager son impression de la Belgique comme moi j'avais partagé mon impression de la France! Désolée pour vous si vous n'êtes pas Belges, ce n'est pas votre faute, ne blâmez pas vos parents surtout...

***

Mes très Chers Belges. 

Vous ne me connaissez pas. Moi non plus, mais je vous devine un peu travers ce blog. J’avoue, je suis un peu intimidée. Je sais bien que vous avez vos petites habitudes quand vous venez par ici. C’est le soir, vous avez attendu ce moment avec impatience. Vous êtes tous derrière votre petit écran d’ordinateur en robe de chambre, les pieds dans vos charentaises, touillant délicatement votre thé et ricanant à chaque trait sybillien. Mais ce soir, pas de Sybille, pas de photo de bouffe. A la place une usurpatrice vaguement légitimée par une histoire de guest post. C’est que Sybille elle a tellement de talent, elle est tellement drôle et intelligente et pleine de créativité, en plus on la connait… qu’est-ce qu’elle vient nous saouler avec ces guest posts… La prochaine fois je ramènerais le journal. Vous imaginez la pression pour ceux qui se coltinent le dit guest-post. C’est bien simple, je ne dors plus depuis trois semaines. En plus je suis même pas belge, bonjour le décalage culturel ! 

Sybille avait des instructions bien précises pour ce billet: elle souhaitait que je parlasse de mon quotidien. Mon quotidien le voilà : j’habite au Qatar. En ce moment il fait près de 50C et nous ne mettons presque plus le pied dehors la journée (juste pour aller jusqu’à la voiture). C’est pas pour dire mais c’est la déprime, je vais jamais réussir à vous divertir avec ca. 

Mais revenons à nos chameaux Pluto. 

J’ai pris une décision. Cette année j’ai pu suivre avec un brin de tristesse le désarroi de Sybille à Paris. Je me souviens d’un des premiers posts sur cette étape parisienne où je m’étais fendue la poire. Cela peut-être aussi un peu déstabilisant de découvrir les observations relativement détaillées, qui plus est dans sa langue maternelle, d’un étranger sur son pays d’origine. Je me demande comment vous réagiriez si je vous parlais un peu de la Belgique. Je connais très mal votre pays malheureusement mais j’aimerais vous en parler un peu. En fait c’est Sybille qui m’a fait découvrir le plus de choses sur la Belgique même si ce ne sont que de petites choses du quotidien : genre c’est elle qui m’a parlé des « Kots », des « kokoteurs » et des « kokoteuses ». Extraordinaire terminologie. 

 Au début je voulais vous raconter l’histoire du Belge qui prend un taxi à Paris et qui tue un passant mais je me suis rappelée du précieux conseil de mon père. Le moment était grave – je le revois encore. Nous étions dans notre domicile parisien. Il a rabaissé son journal et incliné sa tête pour mieux me voir derrière ses lunettes de presbyte. Très sérieux, il m’a dit que « quand tu racontes une histoire belge à un Belge, c’est mieux de transformer les Belges de l’histoire en Suisses ». Ca m’avait fait réfléchir : « Et pour l’histoire des trous du cul qui font du ski ? Je dis que c’est des Belges et pas des Suisses ? ». Mon père a eu un temps de réflexion mais avait finalement l’air assez sur de lui: « Non, l’expression ‘trou du cul’ n’est pas utilisée en Belgique, tu es donc coincée avec les Suisses ». Moment de bonding intense entre un père et sa fille. 

Mon père sait très bien de quoi il parle car il avait eu le temps de visiter la Belgique étant jeune homme. Un jour quand il avait 20 ans il a voulu aller passer des vacances en Grèce et comme ses parents l’avaient envoyé se faire cuire un œuf, il avait fait du stop. Sauf que : le chauffeur de camion s’était bien fichu de lui et il s’était retrouvé à Bruxelles. Si vous n’étiez pas tous Belges je vous dirais bien que mon père c’était lui le Belge de l’histoire mais malheureusement dans ce cas de figure très précis, je ne peux pas appliquer la règle citée plus haut et traiter de Suisse mon Marseillais de père qui se retrouvait en Belgique. Franchement, c’est tordu. 

J’ai été deux fois en Belgique. La première fois, c’était en 1999 pour le weekend de Pâques. J’avais quinze ans. J’allais avec une copine qui connaissait des vrais Belges (moi je connaissais que des doubles nationalités qui habitaient hors de Belgique). Je me suis retrouvée dans un endroit étrange qui s’appelait le Whos-Whos. Je n’oublierai JA-MAIS. J’avais tiré cinq enseignements de ce séjour (non pas au Whos Whos mais bien en Belgique) : 
1. Les Belges prononcent « ui » inversement de nous les Français. Par exemple, le « ui » de Quick se prononce comme celui de notre « huit » et vice versa. A l’époque je m’étais demandé comment vous vous sentez, vous, les Belges, quand un Français vous donne rendez-vous chez Quick à huit heures. Je n’avais pas osé poser la question, mais ce soir j’ose tout: Alors, c’est comment ? Dieu Merci, on se rejoint sur le « Oui » . 
2. Les Belges éclairent leurs autoroutes, eux. 
 3. PERSONNE ne ponctue ses phrases d’un « une fois ». 
4. Les Belges sont accueillants, sympas et joyeux. Évidemment c’est stupide de généraliser mais vous savez dans mon pays, on est tous un peu comme ça. 
5. Les Belges pensent que nous sommes belges et se prennent pour des Français : ils nous regardent bizarrement parfois et parlent lentement. 

Je ne m’étendrai pas sur ma deuxième visite en Belgique – un échec cuisant puisque je me rendais à Charleroi depuis Paris pour aller chercher mon amoureux anglais de l’époque sans portable et que cet idiot avait raté son avion et s’était rabattu sur un Londres/Paris… C’est pour vous dire que dans notre famille il y a une malédiction qui traine : on est happés par la Belgique. Cela se confirme avec ma sœur qui part s’installer à Bruxelles en juillet, également sur un quiproquo puisqu’au fond elle me le disait encore hier « je ne sais pas ce que je fiche en droit européen ». 

Avec tout ca, vous ne savez pas beaucoup de choses de moi et vous êtes rongés par la curiosité, c’est certain. « C’est qui cette folle qui s’est foutu de notre prononciation des « ui » sur ton blog Sybille ? ». Et moi qui essayais d’être drôle… J’ai même réussi à ne pas vous raconter de blague… jusque là… En fait il y en une que j’ai sur le bout de la langue et qui doit sortir. C’est une blague qui se raconte chez moi au Pays Basque. 
 - Qu’est-ce qu’un Basque ? 
- Un Belge qui n’a pas trouvé l’Espagne. 

Hahaha.

***

Victoria me précise qu'elle espère que mes lecteurs ont de l'humour au premier degré... Je l'ai rassurée en lui disant que vous étiez bon public (hein, dites?)
La semaine prochaine, nous avons Ophélie qui parle de son mémoire et de sa recherche d'emploi!

Monday, July 02, 2012

J'habite dans le quartier bio

Quand je vous disais que chaque quartier à Berlin avait sa propre particularité, j'ai oublié de préciser que le mien aussi. Votre guide touristique, en vous parlant de la Bergmannstraße, vous dira qu'il s'agit du quartier le plus branché de Kreuzberg (lui-meme déjà branché), mais plutot version upmarket et bourgeois bohème. Pour vous offrir une comparaison, mon boss habite près dans mon quartier. Mes collègues, eux, habitent un peu plus loin, là où c'est moins cher. Pensez Quartier du Chatelain, mais la partie chic, si vous voulez vous faire une comparaison.
Et qui dit quartier bobo upmarket dit - bon d'accord il n'y a pas de nécessaire corrélation entre les deux, mais quand meme - dit donc quartier bio.
Je vous jure, le bio est partout. Il me suit, me poursuit, il me hante.
Le bio se trouve en supermarché:
Bio 1
Où l'on retrouve, entre autres, tous les produits de chez Shanti, mais en plus de variétés, en moins cher, et version "je mange ca tous les jours enfin".
Le bio se trouve aussi en marché bio du samedi, qui attire le badaud tout comme l'expert en sciences organiques.
Bio 4
Le bio se retrouve dans les cafés, dans les restaurants, dans la junk food, il se trouve meme en nourriture pour chien:
Bio 3
Ce qui fait que bon, après un bon petit moment shopping dans mon quartier, je me retrouve à m'acheter des fleurs bio pour décorer mon intérieur (wtf?), à me faire des petites salades de saison et à me cuisiner des trucs de ce genre:
Saumon au fenouil et à l'orange
Mais attention! Il n'est pas dit que Bibil n'a pas la classe quand elle s'en va rencontrer son destin biologique! Oui mes amis! Car figurez-vous que j'ai un sac de courses en lin bio. Si. Il y a écrit "je suis tout bio" dessus, en francais dans le texte, avec un beau dessin de fleur.
Bio 2
Et l'ironie dans tout cela c'est que j'avais acheté ce sac chez Carrefour lors de mon premier jour à Paris...