Thursday, April 26, 2012

Voici des enfants qui ont du goût...

 Qu'il s'agisse de N. à Reykjavik
 K. à Tokyo
 B. à Bruxelles
Ou H. à Tournai
Si ça continue je serai en rupture de stock avant même d'avoir pu travailler à la collection automne-hiver!

Tuesday, April 24, 2012

Oh, mais! Qu'est-ce qu'on retrouve dans les déménagements?

Oh! le panier des enterrements de vie de jeune fille
Mais ce ne serait pas le panier à enterrements de vie de jeune fille? Celui qui j'ai trouvé à Tokyo en 2007?
Hein? Dites?
Bon, du coup, je lui ai trouvé une application temporaire et plutôt adéquate, si vous me le demandez.
Oh! de la broderie kitsch
Je transporte du matos de point de croix avec et je le sors sans honte dans le Thalys. Parce que j'assume. (On ne peut pas en dire autant du passager à côté de moi, mais soit.)

Saturday, April 21, 2012

L'avantage, quand on fait beaucoup de couture...

... C'est que du coup, de temps en temps, on reçoit des petits mots doux.
Cadeau.
Pleins de reconnaissance envers notre talent et notre dévouement.
Pour votre info on voit le trou en question sur cette photo.

Friday, April 20, 2012

Accumulation-procrastination

Un déménagement, c'est long. Pas aussi long qu'introduire un permis d'urbanisme, mais quand même, long. Moi qui avais prévu de déménager progressivement, pièce par pièce, catégorie par catégorie, histoire de bien mettre de l'ordre dans ma vie, finalement je suis à peine parvenue à transférer la moitié de mon bureau. Et là je suis au pied du mur: demain, tout doit partir. Pourtant cela fait des semaines que je fais des boites, (ou plus récemment, que je me dis que je dois faire des boites), mais c'est tellement pénible... Je dégage du temps, qui pourrait ô combien être utilisé à autre chose, et qui finalement se fait de toutes façons dévorer par des tâches plus urgentes.
Déménager, c'est toujours un énorme fardeau. Tout d'abord parce que je me rends compte de tout le brol que j'ai accumulé au fil des ans, et que je n'ai évidemment jamais trié, et encore moins rangé. Et j'ai à peine le temps de redécouvrir ces choses que se pose une pressante question: jeter ou garder? Qu'est-ce qui n'a pas de place dans mes cartons, qu'est-ce qui n'a plus de place dans ma vie? Alors pour me déculpabiliser je donne, pour rendre responsable quelqu'un d'autre de ce dilemme. Mais je ne sais pas tout donner. Je ne sais pas tout garder*. Qu'est-ce que je jette?
Et je me demande toujours à quoi ça sert de garder toutes ces petites choses qui me suivent de déménagement en déménagement, pour de toutes façons finir dans le fond d'une armoire. Ça sert juste à les redécouvrir quand je déménage, à m'émouvoir un peu, à me dire que je ne peux quand même pas jeter ça; jusqu'à ce que je redécouvre autre chose, m'émotionne aussi, et finalement tout cela est tellement, tellement fatiguant. Et à la longue, les souvenirs, ça saoule. Ça sert à quoi de trier tout le courrier que j'ai reçu, est-ce que je vais le relire? Et ces projets scrapbooking jamais achevés, je sais bien que je ne les finirai pas? Et ces vêtements dans lesquels je ne rentre plus, vais-je vraiment retourner aux tailles de mon passé? Et quand bien même, voudrais-je encore les mettre? Et puis, sérieusement, ces extraits de banque... Une enveloppe par mois depuis janvier 2008, et elles sont encore toutes fermées. Mais qu'est-ce qu'il y a de choses dans ces armoires!
Puis il y a tous ces objets qui n'appartiennent à personne, abandonnés là par ceux qui sont partis en premier et qui ont résolu leur dilemme du jeter-garder en laissant simplement leurs affaires derrière eux, pour que les autres s'en occupent. Et connaissant la récente notion de "les autres" dans ma colocation, ça veut dire, pour que ce soit moi qui m'en occupe. Sans entrer dans le détail. On sait tous bien que c'est l'accumulation d'une série de "détails" qui a fait que cette colocation se termine.
Bref, je déménage. Et c'est bizarre, parce que j'ai à la fois l'impression de connaître par coeur la maison que je quitte, et en même temps de n'y avoir jamais habité. La fin un peu amère de ma colocation me fait oublier tous les bons moments qui ont précédé, mais parfois je me surprends à me souvenir de petites choses que je jugeais insignifiantes à l'époque. Je ressens encore de temps en temps le sentiment de bien-être que j'avais eu quand je supportais encore de vivre dans la saleté, le froid, la colocation et le manque de confort. Je regrette presque de partir. Mais ce n'est plus que de la nostalgie, et je réalise que cette époque de ma vie aurait dû se terminer il y a quelques temps déjà, et que de l'avoir prolongée ainsi de façon presque artificielle n'a fait que générer de la frustration. 
Oui, il est plus que temps de partir. 
Mais déménager, qu'est-ce que c'est chiant.

* Ce que contrediront peut-être certains membres de ma famille, après tout je dois bien tenir le gène de l'accumulation-procrastination de quelqu'un.

Thursday, April 19, 2012

Trifle

(A prononcer "twaïfeul", la prononciation française faisant penser à un hasardeux rapprochement lexical avec un autre mot bien moins appétissant).
Le twaïfeul, donc, est encore une preuve de plus de l'impact néfaste de mon séjour en Angleterre sur mon mode d'alimentation. Il s'agit d'une composition classique faite de crème anglaise, biscuit et fruits; vous pouvez interpréter le "biscuit" et le "fruit" de façon assez large, un peu comme pour un crumble d'ailleurs. Le but est d'en faire des couches successives et si possible décoratives, même si au final ça goutera quand même exactement la même chose.
Ici, j'ai choisi:
- Couche du fond: framboises et coulis de framboises
- Couche intermédiaire: un rond de madeleines sur le bord épousant l'arrondi du bol, au milieu de ce rond un fameux remplissage de meringue, et de la crème anglaise par dessus, qui va aller couler dans tous les interstices.
- Couche supérieure: un rond de fraises sur le bord épousant l'arrondi du bol, et au milieu de ce rond le reste des framboises et des myrtilles (sans coulis cette fois).
- Un topping de meringue avec de la crème anglaise par dessus
- En déco, des amandes effilées et le reste des fraises.
Maintenant, on trouve des recettes avec des boudoirs, des petits beurres, des poires, des pommes, des prunes, des pêches, enfin un petit peu tout ce qu'on peut imaginer! Et au final c'est un vrai délice, les biscuits qui fondent presque sous la crème anglaise et le petit goût des fruits qui vient complémenter le tout... Rrrrr... 
Mes seuls conseils sont:
- Faites le à l'avance, oui, mais pas trop quand même, parce que si vous utilisez des biscuits un peu crunchy à la base, vous laissez quand même pas mal de temps à la crème anglaise de les ramollir
- Faites votre propre crème anglaise. Tout le reste peut être acheté tout fait, mais la crème anglaise est vraiment la note dominante de cette composition.
- Attendez que ladite crème anglaise ait refroidi avant de la verser dans votre plat.
- Si vous faites votre propre crème anglaise, c'est formidable, puisqu'il vous reste alors des blancs d'oeufs pour faire de la meringue! Et,
- Soyez certains que tous vos invités voient bien la tête du truc quand vous l'apportez à table, parce qu'une fois qu'il aura fait le tour, il y a des chances que les derniers n'y voient qu'une pape infâme impropre à toute consommation. (Jusqu'à ce qu'ils y goûtent, soyons clairs).

Tuesday, April 17, 2012

Petit interlude

Dans la fougue de l'instant, j'en oubliais presque de mentionner ceci.
Doctorat Gabrielle
Gabi est devenue docteur. Avec une thèse au titre qui fait peur et des vidéos de petites goutes fluorescentes et des schémas pleins de pacmans.
Ca s'est bien passé, si vous me le demandez. A la défense de thèse, il y avait classiquement:
1. le jury de thèse;
2. les collègues;
3. d'autres scientifiques éminemment plus spécialisés que quiconque sur le sujet et que se sont sentis obligés de poser des questions pièges pour démontrer l'étendue de leur savoir;
4. la fière famille, qui ne comprenait pas grand chose mais qui était fière quand même;
5. les amis doctorants, les seuls à comprendre l'importance de cette étape dans la vie d'un thésard (et qui ne doivent pas prendre congé pour venir), qui à priori comprenaient encore moins que la famille mais trouvaient que les pacmans sur les schémas étaient quand même bien faits.
Gabrielle a reçu plein de cadeaux intellectuels, avec entre autres du papier WC avec des coeurs, une monopantoufle canard et de la moutarde alsacienne. Et - hommage ultime! - je me suis retrouvée dans les remerciements.
Doctorat Gabrielle
Cela vous arrivera aussi, amis lecteurs, si vous acceptez de me retranscrire des entretiens gratuitement.
Bon, et sinon, j'ai fait ceci.
Dr Gabi trousse de toilette au point de croix
iiiii un macaron au point de croix.
Yeah.
Elle était contente.

Friday, April 13, 2012

Berlinpinpin

D'une façon assez unanime, les gens ont généralement l'air surpris quand ils me voient à Bruxelles. "Mais! Mais t'es pas partie?" Il est vrai que je me déplace beaucoup ces derniers temps, surtout à Paris où on m'a donné accès à des archives (j'ai un gène d'historien qui s'emballe quand on me dit ce genre de choses), ce que je n'avais pas vraiment prévue dans mon planning de recherche. Et puis surtout, mon profil facebook regorge de petits détails allemands et berlinois alors que je n'y suis pas encore.
Il y a d'abord eu la grande angoisse par rapport à mon logement. J'en avais un, puis je n'en avais plus, puis j'en avais peut-être, enfin pas, enfin peut-être, enfin on ne me répondait pas, et puis finalement, finalement est arrivé à moi un plan non-foireux, ou du moins qui en a tout l'air, et j'ai dit oui. En espérant que ça ne foire pas.
Ensuite, il y a eu la myriade de petites différences culturelles et linguistiques auxquelles j'ai été confrontée en essayant de commencer mon terrain.
Et tout cela a commencé par ma confrontation avec des organigrammes.
Oui parce que si je pleurais pour avoir des organigrammes à la Commission ou dans les autres pays que j'ai étudié, là, en Allemagne, la chose non seulement existe (!) mais aussi est disponible (!!) sur internet (!!!) wunderschön, fête de la boule de Berlin. Et là, on ne parle pas en abréviations comme en France, oh non. On parle en divisions et en subdivisions, en Abteilung V et Referat Vc4. C'est même dans les emails, ton contact il signe Ida Currywurst Vc4, pour qu'on soit bien sûr. Et il y a des couleurs, aussi. Des couleurs pour les Referat qui sont à Berlin, et des couleurs pour ceux qui sont à Bonn. Avec parfois un petit rebelle délocalisé dans les Länder.
Alors bon, des prénoms, il y en a de tous genres. Il y a des Gerhard, des Günter, des Gisbert, des Gert. Des Gerda, des Rita, des Saskia, des Barbara. Et puis il y a ceux auxquels on a vraiment du mal à assigner un genre:  Ute (femme), Uwe (homme), Renate (femme), Carlsten (homme). Et il y a des prénoms étonnamment francisés: Sabine, Odile, et surtout... Sybille. Oui mais on ne le prononce pas de la même manière. Essayez-le vous-même, allez sur google translate, tapez Sybille, traduisez en Allemand, et puis cliquez sur le "prononciation". (Vous pouvez faire ça avec votre propre prénom dans toutes les langues, généralement ce n'est pas bloqué, et vous verrez ça occupe bien quand on n'a rien à faire).
Enfin bon, une fois ces petites broutilles d'usage derrière soi, il faut prendre contact avec tous ces braves gens. 
...
" Tüüüt... Tüüüt... - !ding! *Unsere Korrespondenten werden vorübergehend besetzt, danken Ihnen für Ihre Geduld* !ding! Unsere Korr..." - Klak - "BundesministeriumfürSauerkrautundWürstchenGutentaaaaag?"
"Heeeu... Goutèntague. Do you speak English?"
"Arh... Sprechen Sie Deutsch?"
"Ah, heu, ben oui, enfin, iche souche fure das Bureau von Ida Courriwourste?"
"Wer? Aaah! Doch, Ida Currywurst."

Enfin vous voyez le genre.
En plus généralement tous ces braves gens ne travaillent plus dans le ministère qu'ils avaient l'habitude de représenter à l'époque, et alors là, leur trace s'efface dans l'immensité du sillon de l'anonymat post-départ. C'est pas déprimant d'être fonctionnaire là-bas tiens, tu donnes dix ans de ta vie à travailler comme un malade sur un dossier spécifique, puis on te remplace et plus personne ne sait qui tu es. Surtout quand ton Referat a depuis été supprimé: jedoch, il n'est plus dans l'organigramme! Prions pour qu'Ida Currywurst n'ait pas pris sa pension, parce sinon là il n'y a absolument plus d'espoir.
Enfin voilà, le sujet de ma thèse en Allemand c'est die EU-Osterweiterung und die Arbeitnehmerfreizügigkeit (oui, un seul mot pour dire "libre circulation des travailleurs", sans même avoir un tout petit équivalent de "circulation" dedans). 
J'en suis pour le moment à un stade où je commence à être légèrement fatiguée et où j'envoie des emails avec des fautes d'orthographe à Günter, c'est une assez mauvaise idée... En même temps si en France on m'a répondu à mes emails comme si de rien n'était quand j'ai utilisé "le cas échéant" comme synonyme de "dans le cas contraire" et que j'ai envoyé ça à un groupe de juristes... L'espoir est permis.

Thursday, April 12, 2012

J'ai 29 ans - part 3

Et voici, comme promis, la part 3, à savoir un combo entre mon anniversaire et ma pendaison de crémaillère (encore, oui, je sais, mes voisins doivent commencer à m'aimer). (Ils m'aimeront davantage quand j'en ferai une autre après les travaux pour parachever des mois de sonorités aimables de rénovation, tous les jours à partir de 7 heures du matin même les weekends). (Mais soit).

Voici. Le code est tout simplement le cadeau que vous m'avez offert, en lettres minuscules et sans article, et dont je vous remercie d'ailleurs très grandement. (Au pire j'ai un email et je réponds, hein).

Tuesday, April 10, 2012

J'ai 29 ans - part 2

Ah, je vous avais prévenus que cela allait vous tomber dessus! Dans des délais certes plus longs que ceux auxquels je vous avais habitués, mais que voulez-vous, ma to-do list est toujours là et elle ne devient pas plus courte... Mais rassurez-vous ce n'est pas le symptôme d'un coup de blues lié à l'outrepassement de ma deadline annuelle, même si bon on ne va pas dire qu'actuellement je sois un exemple de détente et de sérénité, comme on peut l'être quand on va à Berlin dans trois semaines et qu'on n'a toujours pas de logement, et qu'entre temps on doit aller à Paris consulter des archives, introduire un permis d'urbanisme, se rendre à Bonn et accessoirement déménager (pour aller où d'ailleurs, quelle excellente question).
Mais soit.
Anniversaire 29 ans
Parlons plutôt de ceci.
(Et je m'excuse d'avance pour L., lecteur fidèle dont flickr est bloqué au boulot, et qui se trouvera momentanément dans une situation frustrante).
Or, que voyez-vous sur cette photo?
- Beaucoup de verres
- Remplis de Pimm's
- Sur une nappe vintage
- Sur fond d'un mur neutre qui n'était pas encore passé par l'épisode qui sera détaillé dans la part 3
- Et par un temps relativement ensoleillé, de l'époque où on pensait naïvement qu'on "allait vers les beaux jours".
Comme quoi il y a des choses qui ont changé depuis l'année passée. Au lieu d'opter pour un restaurant, j'ai choisi d'inviter ma famille (et assimilés familiaux, i.e. les Merris) dans ma nouvelle maison et de choisir l'option livreur thaï (forcément, quand on n'a pas de cuisine). Et au lieu de recevoir un téléphone ultra tendance (merci encore Maman), cette fois-ci j'ai massivement reçu de la vaisselle... (Merci encore Maman, et tous les autres). Mentionnons au passage ceci, il y aura bientôt un guest post à ce sujet mais quand ma to-do list se fera moindre.
D'ailleurs la personne mentionnée ci-dessus a aussi réalisé ceci:
Anniversaire 29 ans
Le contenant, pas le contenu; même si le contenu nous a aidé à tenir le coup quand on s'est rendus compte que le livreur thaï nous avait tout bonnement oubliés et que du coup le Chinois du coin était probablement notre meilleure chance de survie.
Sinon, autres étapes remarquables de la soirée:
Anniversaire 29 ans
Ma famille est tout aussi concierge que moi. Cette grande baie vitrée c'est la pire des tentations. Il faudra que j'investisse dans des voiles qui parviennent à dissimuler mes activités de voyeurisme aussi bien que les personnes âgées de l'immeuble d'en face.
Anniversaire 29 ans
Les pièces rapportées ne sont que des gros cuveurs et ils s'habillent en bleu.
Anniversaire 29 ans
Quand on n'a pas de canapé, on fait avec ce qu'on a.
Anniversaire 29 ans
Comme des coussins, par exemple.
Anniversaire 29 ans
Et ça marche.
Anniversaire 29 ans
Plutôt bien d'ailleurs.
Anniversaire 29 ans
Ici, on mentionne qu'on a beaucoup pensé à une absente. Alice serait même en train de lui faire un "ping" virtuel que ça ne m'étonnerait pas.
Anniversaire 29 ans
Et puis sans prévenir, paf! Eine Größe carrot cake.
Et voilà! Comme vous pouvez le voir, 29 ans, et toutes mes dents.
Ce qui me rappelle par ailleurs que je dois prendre rendez-vous chez le dentiste avant de partir à Berlin.

Monday, April 02, 2012

J'ai 29 ans - part 1

Il y a dans ce titre deux choses qui devraient potentiellement vous faire peur: la première est que j'ai 29 ans, et la seconde est que j'ai de toute évidence décidé de faire plusieurs posts sur ce thème. Oui, plusieurs posts, mais détail que tout cela et commençons par le commencement, voulez-vous.
La date que vous cherchez est le 21 mars, date qui avait traditionnellement été associée au début du printemps, mais apparemment il semblerait que cela ne soit plus le cas. A la place, au lieu de se dire, "bon printemps", on se dit, "et une bien joyeuse journée contre la discrimination raciale". Enfin, on pourra toujours me souhaiter un joyeux anniversaire, c'est toujours ça.
Le 21 mars, donc, était en réalité une journée un peu atypique, parce que 1. j'étais à Paris, et 2. il faisait super beau.
J'ai commencé ma journée en allant faire un entretien à la Défense:
La Défense
La Défense
Puis j'ai enchaîné avec un entretien à côté des Champs Elysées:
Oh! beau cadeau d'anniversaire que cela
Tout benef.
Sur le chemin du retour vers l'appartement de Gab et Antoine (dont j'abusais une fois de plus de l'hospitalité) (merci à eux), je suis tombée sur un magasin de tissus qui rentrait sa collection printanière. La vendeuse était en train de mettre ses nouveaux tissus sur l'étal quand je suis passée devant. C'était un signe. Je peux positivement affirmer que j'étais la première personne à Paris faisant acquisition de ces petites merveilles.
Petit cadeau de moi à moi, anniversaire 29 ans
Comme quoi, dans les magasins, le printemps commence quand même le 21 mars et c'est tout.
Ensuite, je me suis fais un goûter digne de ce nom:
Fruits à poêler Picard
Et, non contente de squatter comme un vieux parasite le canapé-lit de Gab et Antoine, je les ai aussi forcés à m'organiser une petite fête d'anniversaire... Eux disent qu'ils ont fait ça de leur propre initiative, mais je ne les crois pas. C'était une bonne surprise, car Antoine est allé fouiller tous les emails collectifs que j'ai envoyés pendant mon séjour à Paris et a invité tous les gens qui se trouvaient dedans, qu'il les connaisse ou non. Nous sommes allés au Fuxia et j'ai eu un de ces tiramisu... Cath, je suis au regret de te dire que tu as de la concurrence.
Anniversaire 29 ans Paris
Et j'ai reçu un livre de recettes Picard! Ce à quoi j'ai répondu avec tristesse que malheureusement Picard c'était en France et que c'était assez difficile de conserver la chaîne du froid pendant tout le trajet jusqu'en Belgique (j'y ai déjà sérieusement réfléchi). Puis on m'a informée (tenez-vous bien) que Picard LIVRAIT EN BELGIQUE!!!!!! (C'est fou!) A mon retour de Berlin je fais une commande groupée, réfléchissez donc à ce qui vous ferait plaisir entre temps.   
***
Bon, sinon, à part ça, 29 ans.
C'est pas le bout, parce que techniquement, ce n'est pas encore 30 ans, et puis finalement 30 ans n'est pas 40 ans et ainsi de suite. Mais enfin, 29 ans, mine de rien, c'est différent de 28, de 27, et à priori encore plus de 25 ou de 20 ans. Il y a des choses qui ont changé au fil des années.
Il y a d'abord l'aspect physique de la question. Prenons le rythme de vie par exemple: maintenant, une sortie jusqu'à 3 heures du matin, ça ne pardonne plus, non seulement le lendemain, mais aussi le surlendemain, et encore pire les jours qui suivent (entrer ici un nombre peu avouables de jours pendant lesquels on se jure de ne plus jamais jamais jamais sortir de sa vie). Avoir une activité sociale tous les soirs n'est devenu possible que si on me laisse dormir le samedi matin jusque midi. Ou qu'on me laisse, à défaut de mieux, faire une sieste pendant le weekend. Sans quoi il faut que j'annule une de mes activités (souvent mes cours d'allemand, curieusement) pour pouvoir "récupérer". C'est fou le temps qu'on perd à récupérer, alors qu'avant, on faisait des tas de choses. C'est peut-être pour ça qu'on a l'impression que les années d'unif ont duré une éternité, alors que celles qui ont suivi ont passé en un clin d'oeil.
L'approche de la trentaine, c'est aussi une accumulations de petites déchéances physiques qui font suspecter le montant du poste "Photoshop" quand on voit Madonna se trémousser en mini-short sur son nouveau clip. Le corps change, non seulement de forme (bon déjà ça c'est pas top), mais aussi de texture et de structure. Les muscles s'affaissent, la peau se détend, la pilosité devient difficile, la cellulite se propage, et là où notre teint avait toujours été uniforme et lisse, apparaissent d’insidieuses petites taches plurichromes. On commence à comprendre pourquoi toutes nos tantes portent des vêtements amples et des maillots de bain une pièce, ont des cheveux courts et refusent toujours de manger les oeufs au chocolat à Pâques. L'approche de la trentaine, c'est aussi la découverte de multiples façons de faire jouer les bretelles de son soutien-gorge. C'est se demander à quel point on se ferait du mal si on comparait la taille des vêtements qu'on a acheté pendant les soldes à ceux qu'on avait acquis la saison précédente. C'est regarder avec circonspection la culotte ultra-gainante que portait sans complexe la génération de nos grand-mères.
Bref, au final, le physique finit par nous rattraper, et il devient plus facile de ne plus faire d'excès que de se dire qu'on va rattraper ledit excès plus tard. On va dormir tôt, on mange moins (enfin les autres mangent mois), on sort moins, on met des crèmes et on fait attention à notre niveau de stress. On sort des phrases comme "rho dis le blocus je ne pourrais plus", ou "rho dis les 20km de Bruxelles ça devient plus difficile chaque année", ou "rho dis je devrais jeter ce jeans, ça fait au moins 5 ans que je ne rentre plus dedans", ou "rho dis tu as vu ça il est déjà 22h30... On va rentrer, hein."
Et puis au delà de la dimension physique, il y a aussi l'aspect psychologique, à savoir le dictat social qui veut qu'à trente ans tu dois avoir accompli tous tes objectifs de vie. Alors bon, à 29 ans il faut quand même se dépêcher, parce que c'est pas comme si c'était pas l'année prochaine, hein. J'ai pu leurrer le monde entier pendant quelques mois en devenant propriétaire, mais est ensuite arrivé mon anniversaire, et avec lui le constat qu'il y a sommes toutes fort peu de chances que d'ici mes trente ans, j'aie terminé ma thèse, écrit un livre de fiction, trouvé un plan d'avenir stable ou fondé une famille; et ce n'est pas en changeant de pays tous les trois mois que cela va vraiment évoluer.
Et puis, l'approche de la trentaine, c'est aussi l'approche d'un âge où il faut sérieusement commencer à faire attention à sa santé. C'est peut-être ça que je trouve le plus dur, c'est de savoir que d'ici un an, la cause principale de mortalité parmi les personnes nées en 1983 ne sera plus l'occasionnelle conduite en état d'ébriété, qui fait à chaque fois monter les statistiques de quelque chose qui ne devrait pas arriver aux 20-30 ans. L'année prochaine, on entre tous officiellement dans la tranche d'âge à risques de cancers et maladies cardiaques. 30 ans, c'est l'âge ou le docteur commence à nous prendre au sérieux quand on dit qu'on a mal au ventre ou qu'on est essoufflé quand on monte les marches.
Enfin, il parait qu'une fois passé le cap fatidique ça va mieux, et qu'on arrête de voir la vie comme une ligne droite dont la seule direction est inexorablement celle de nous rapprocher de la vieillesse. Passé trente ans, il parait qu'on peut commencer à dire, "l'âge en fait c'est juste un chiffre". Mais tout cela je propose de le laisser à 2013.
Évidemment, ça n'aidera pas de voir que ceux qui commenceront une thèse de doctorat en 2013 seront pour la plupart nés en 1990. Mais c'est une autre question.