Tuesday, January 31, 2012

On peut encore, on est toujours en janvier.

Voici pour votre bonheur personnel une vidéo que je voulais vous poster début janvier, au moment où je l'ai réalisée, donc. Elle porte sur mes fêtes de Noël, afin de vous éviter de trop longs posts, parce que j'aime faire des vidéos, et parce que comme le dit l'adage, une vidéo vaut parfois mieux qu'un long discours.
Ca, c'était le plan.
Est arrivé le moment où je me suis dit que ce serait cool d'y intégrer les vidéos que mon père avait prises. Ca a pris trois semaines. Bon, d'accord, j'ai d'abord tenté de lui faire essayer wetransfer et puis dropbox, pour finalement nous amener à un constat d'échec d'apprentissage technologique à distance. Enfin, nous sommes parvenus à nous débrouiller, et finalement la vidéo est là.
Ceux qui me connaissent un peu devineront d'eux-mêmes le password. Pour indice, il s'agit d'un mot en six lettres désignant un dessert que j'affectionne particulièrement. Sans majuscule. Si vous ne trouvez vraiment pas vous pouvez toujours m'emailer.
Et techniquement parlant, nous sommes toujours en janvier, j'ai donc toujours officiellement le droit de vous souhaiter une bonne année...

Sunday, January 29, 2012

Soph & Manu à Paris

Vous n'avez pu ignorer lors du post précédent la présence de deux têtes familières en territoire non-familier. C'est normal. C'est parce que le weekend passé, Manu et Soph sont venues me rendre visite à Paris. Juste à temps pour la seconde démarque des soldes; autant vous dire que le programme du weekend était tout tracé.
Entre les magasins, il nous est arrivé de nous poser. Souvent. Parce que faire les magasins ça fatigue, et parce qu'il n'y a rien à faire, un bon ragot est mieux échangé autour d'une tasse de café.
Nous avons, entre autres, trouvé ce que d'autres mettent un épisode entier de How I Met à débusquer: The Best Burger in Town. La tâche m'avait un peu été prémâchée (remarquez le choix hautement approprié du vocabulaire) par la chaude recommandation qu'en avait faite ce blog. Et il n'avait pas tort, pain et frites homemade, viande et légumes bio, et des associations de goût à tomber par terre... (Comme je suis une aventurière du goût j'ai pris un burger au fromage bleu; Sophie et Manu n'ont pas osé, elles ont juste pris un classique). Et voici.
The Best Burger in Town!
Never mind ma tête de blocus, pleine de cernes et de traits tirés, dans exactement trois jours j'ai une autorisation de dormir et croyez-moi que je ne vais pas m'en priver.
Et puis bon, un autre highlight est venu peu après, où fortes d'une envie d'approfondir notre culture littéraire et historique, nous sommes allées prendre un verre au Café de Flore.
Café de Flore
6€ le verre de Coca. Mais bon. Nous avons pu checker une case supplémentaire dans la liste des choses à faire une fois dans une vie. On n'a pas vu de célébrités. Mais par contre, il y avait des caméras qui étaient à l'affût. Je pense qu'ils n'en ont pas vues non plus, ceci dit entre nous.  
Mais je vois déjà vos têtes épanouies me demander la nature des ragots qui se sont échangés lors de ces nombreuses ripailles.
...
...
(Création d'un effet de suspense)
...
Ben en fait, pas grand chose. Mais parfois il faut un peu de brainstorming mutuel pour parvenir à cette conclusion bien naturelle, en fin de compte: quand je ne suis pas en Belgique, il ne se passe rien.
(Libre à vous de me donner tort. J'accepte aussi les messages privés si ledit ragot est particulièrement croustillant). 
(Pfou dites quel usage subtil de la psychologie inversée, j'aurais bien besoin d'un peu de frangipane pour m'en remettre).

Friday, January 27, 2012

Je dois vous faire un aveu.

J'aime la frangipane.
Oui, j'ose braver les interdits et déclarer haut et fort ma passion dévorante et dévastatrice pour la frangipane, galette des rois, poudre d'amande et toutes leurs déclinaisons. (A première vue dévorante pour le dessert en question, mais dévastatrice pour ma ligne par la suite - la vengeance est l'apanage des plats qui ne se mangent pas forcément froid).
Et par conséquent je n'ai pas honte de vous dire que cette année j'ai fêté la galette des rois non pas une fois.
Yet another galette des rois
Chez Gab et Antoine. J'ai une couronne pour me consoler de ne pas avoir eu la fève.
Non pas deux fois.
Galette des rois
Chez Steph et Aubry.
Galette des rois
C'est Isabelle qui a eu la fève.
Mais bien trois fois.

Galette des Rois
Chez Paul, oui on est trois et non on n'a pas vu trop grand.
La fève
C'est Sophie qui a eu la fève. On a tout mangé et perso j'avais un peu mal au ventre après.
Bref. Avec tout ça, de ma vie je n'ai jamais eu la fève. Si on excepte les tartes individuelles de chez Picard que je n'ai pas voulu partager. Le grand lobby de la frangipane doit disposer d'informations secrètes à mon sujet. Ou bien il y a dans mon corps un dispositif répulsif à fèves. Parce que même dans les tartes individuelles de Picard, la fève se cachait dans le dernier morceau, pour me narguer tiens. 
Ceci dit le mois de janvier n'est pas fini. Et j'ai une excellente recette de galette.

Monday, January 23, 2012

Aujourd'hui, je voulais vous faire part d'une nouvelle importante


Pour l'occasion je suis allée vérifier par moi-même une légende urbaine qui voudrait qu'à proximité du centre Georges-Pompidou se trouve:
Ah ben, c'est donc vrai. Et encore mieux, si on prend l'avenue Brisemiche on arrive à la rue du Cloître Saint-Merri, où se trouve l'Eglise Saint-Merri, l'école Saint-Merri, l'hôtel Saint-Merry et la communauté paroissiale de Saint-Merri. En référence l'abbé Médéric, mort en 700, canonisé Saint-Merri par contraction. C'est wikipédia qui me l'a dit.
Voilà. Bon anniversaire, Anonymous, et bonne transition vers la trentaine.

Friday, January 20, 2012

Cadeaux

Sybille étant absente de la blogosphère, profitons en pour parler cadeaux.

Je pense que vous aurez déjà tous remarqué que Bibil aime faire des cadeaux et vous en avez sans doute été victime comblé!

Mais elle ne se contente pas d’offrir un bouquin ou un CD, non, Sybille a l’art de trouver le cadeau original, sympa, drôle mais surtout kitsch qui vous fera plaisir. Et souvent, il faut admettre que c’est assez bien tapé.

Histoire de vous rafraichir la mémoire, voici une petite liste non exhaustive de ce que Sybille a déjà offert (sans mentionner les inavouables): une boîte à mouchoir/un tablier faits avec des caleçons usés, un pot avec de la terre et une graine-qu’on-sait-pas-ce-que-c’est mais que t’as pas intérêt à laisser mourir, un déguisement de hot dog (!!), du tissu pour que tu sois obligé d'apprendre à coudre, un carnet/album rempli de photos, pompons brillants et tissu vache, un bac pour faire des glaçons en forme de Titanic et iceberg, des tasses volées, un bavoir en forme de poussin et pour finir, des trucs qui se mangent mais avec des ingrédients dont tu n’as jamais entendu parler.

Mais là où elle est carrément montée d’un cran c’est qu’elle commence à faire des cadeaux aux animaux. J’ai ainsi reçu un cadeau de Sybille pour Noël. Alors fondamentalement, l’emballage m’intéressait plus que le contenu mais je suis quand même très fière de poser devant mon calendrier teckel. Il faut savoir que chaque mois, un teckel déguisé fait la une de ce splendide calendrier.

Si vous êtes sage je vous montrerai peut être le teckel Marilyn Monroe ou le teckel Spok. En attendant, racontez nous ce que vous avez déjà reçu de Sybille.

Wouf !

Fourchette

Ps : tant qu’on parle de cadeaux, je vous rappelle que Sybille a toujours une « wish list » dans la colonne de droite si, contrairement à elle, vous êtes un jour en manque d’inspiration.




Wednesday, January 18, 2012

Pour vous dire de quoi est faite ma journée maintenant.

7h30, debout, la tête dans un endroit très sombre de mon anatomie et au moins aussi sombre que la nuit à l'extérieur. Douche, qui est-ce que je vais interviewer aujourd'hui, ah oui, des syndicats et des fonctionnaires, faudra être pas trop chic et un peu chic en même temps. Bon. Je m'habille en noir, c'est passe-partout, j'emmène un collier que je mettrai au moment de voir les fonctionnaires pour upgrader la tenue. 
Porridge, pas de café car on va d'office m'en donner un à mon premier entretien, maquillage mais pas de mascara parce que sinon je vais me frotter les yeux. Agenda, check. Carnet de notes, check. dictaphone, check. Téléphone, check. Bics de rechange et piles de rechange, check. Carte de métro, check. Clé de ma chambre, check. Ordinateur et son chargeur, check. Parapluie, check. Livre girlie frivole pour le métro... Aah mais il est où celui-là? J'ai tout à coup comme un horrible doute de l'avoir laissé dans le métro hier soir. A checker. 
8h50. Il y a des sapeurs-pompiers qui font leur entrainement devant la Cité Universitaire en tenue de sport moulante provocante. L'un d'eux retire son t-shirt. Vous ne rêvez pas. Toutes les filles regardent la scène d'un air distrait.
9h10. J'ai pris le RER, et maintenant je suis perdue à la station Chatelet-les-Halles.
9h35. J'arrive 5 minutes en retard à mon premier entretien de la journée pour cause de perte de ma personne dans la station Chatelet-Les-Halles. Je suis dans le 11e, on m'offre un café, je demande si je peux enregistrer. Je présente de façon professionnelle ma thèse avec des phrases toutes faites et souvent répétées. Mon interlocuteur a préparé son texte lui-aussi. Après viennent les questions. Où? Quand? Toujours demandées en premier, afin d'ancrer le sujet et de permettre à mon interlocuteur de fouiller sa mémoire. Je fais attention à l'endroit où je regarde, pas directement dans ses yeux sinon c'est trop intimidant, je me cible sur une zone neutre quelque part entre ses yeux et ses sourcils. Je fais attention à mon langage corporel. Pas de bras croisés, pas de coudes sur la table, carnet de notes à plat sur la table, arrêter de chipoter à mon bic. Je pose des questions sur le pouvoir décisionnel de l'organisation. Je pose des questions sur le plombier polonais, sur la crise économique, sur la problématique très française des Roms. Je demande ce que les autres acteurs ont fait. Je demande des documents. Je demande comment ça s'est passé au niveau européen. En Allemagne. Au Royaume-Uni. On casse du sucre sur le système et sur la xénophobie ambiante dans la mise en oeuvre de la décision. Je redemande des dates. J'ai noté des mots quand je pensais à une question sortant de mon cadre de grille d'entretien. J'ai fait attention à ne pas faire de bruit quand j'ai bu mon café, pensant à l'étudiant qui allait retranscrire. Je pense vaguement à quel étudiant va le retranscrire. C'est un entretien de qualité cinq étoiles pour la retranscription, je parle de façon posée, mon interlocuteur est clair, il n'y a pas de bruit de fond. Je me demande à qui je vais donner mes "entretiens désastres", ceux où je me fais démonter et ceux dans des cafés où on n'entend rien.
11h. Mon second entretien m'appelle pour savoir si en fait, finalement, je ne peux pas venir "maintenant". C'est dans le 14e. Je retraverse tout Paris.
11h10. Je suis perdue dans la station Chatelet-Les-Halles.
11h30. J'arrive à mon autre entretien. On ne me donne pas de café, je demande si je peux enregistrer. Je présente ma thèse avec les mêmes phrases toutes faites et souvent répétées. Mon interlocuteur entame un monologue de 15 minutes. Je pose une autre question, il ré-entame un monologue de 15 minutes. En voici un à qui je ne devrai pas tirer les vers du nez. Je me concentre sur un point neutre, mais à partir d'un certain temps je n'y arrive plus. Alors je le regarde dans les yeux. Il ne remarque pas. Je suis sur une chaise trop basse pour moi, mon langage corporel est nul. On ne casse pas du sucre sur le système et sur la xénophobie ambiante. La question sur le plombier polonais est répondue en 12 minutes, celle sur la crise en 23, je ne pose pas celle des Roms. Je calcule le coût total de la retranscription de cette interview. Mon interlocuteur parle toujours. Je rate un mot, une phrase, j'ai perdu le fil. Je fais semblant de suivre. Je regarde la vue, je constate qu'il y a là une façade en brique, une façade en crépi, et une façade faite d'un composé synthétique quelconque. Je réfléchis à mes discussions avec mon architecte qui me conseille le composé synthétique quelconque. Non, décidément, les panneaux synthétiques c'est fonctionnel mais c'est très moche. 
12h30. Mon interlocuteur parle toujours. J'ai faim. Mon ventre gargouille furieusement mais personne ne l'entend. C'est là que je remarque qu'il y a pas mal de bruit dans la rue.
13h30. J'ai remercié mon interlocuteur, je suis sortie. Je me rends compte qu'en fait, je suis plus près de chez moi que de mon bureau. Je rentre, je me jette sur mes restes de la veille, je croise certains de mes colocs encore en pyjama. Ils parlent de leurs examens. Je leur parle de mes entretiens. Quelque part dans la conversation je leur propose de retranscrire mes entretiens. Quelque part dans la conversation je dois avouer mon âge. 
15h. Retour au bureau. Je checke mes emails, je fais une liste des gens que je dois contacter aujourd'hui, je tente de les contacter, personne à leur secrétariat. Je renvoie des emails. Je me demande si je parviendrai à les voir en janvier. Les Affaires étrangères me refusent de me donner les coordonnées directes d'un mec qui est maintenant ambassadeur (ben tiens). On pouvait toujours essayer. 
17h. J'udpate le blog (huhu).
17h30 (attendu). Je passe au Picard parce qu'il ferme à 20h et parce que je dois acheter de la mangue.
18h. Je me rends à mon troisième entretien de la journée, dans le 6e. Je ne passe pas par Chatelet-Les-Halles, merci mon Dieu. Mais par contre je vais faire un entretien dans un café, beaucoup de bruits de fonds, il va falloir que je fasse quelque chose pour mes entretiens qui se passent dans des cafés. 
20h30. Je rentre chez moi. Je cuisine un curry de poulet à la mangue avec Marie-So. Yeah. Rock on. Puis je vais m'écrouler dans mon lit à 22h30. Sans le livre girlie que j'ai très certainement oublié dans le métro.
***
Bref, si jamais vous vous demandez pourquoi je ne donne plus de nouvelles, c'est normal. Je suis vivante, j'ai juste beaucoup de boulot.
PS: Gabrielle, je dois te faire un aveu. Il est fort probable que le livre girlie dont je parle est celui que tu m'as prêté. Hum. Si je ne le retrouve pas je te le rachète, promis.

Friday, January 13, 2012

Vous connaissez cet homme?

Oui? Non? Et bien, avant que vous ne formuliez un jugement hâtif à son encontre, sachez qu'il s'agit de mon père. Mon Pater Familias. Mon géniteur. Bref, mon Papa qui, à cet instant précis, se prépare à un événement sportif de taille: un marathon de ski de fond! Si, cela existe. 
Si cela vous intrigue, je vous conseille vivement d'aller faire un tour sur ce lien (où on va vous proposer de faire une petite offrande pécuniaire afin de l'aider à réaliser son objectif, mais enfin ce n'est pas obligé). Pour la petite information familiale, mon père est une sorte de légende vivante du sport, à 60 ans passés ce genre de truc ne l'effraie pas du tout! Il fait quelques centaines de kilomètres de vélo par semaine, comme ça, pour s'entrainer, et si on a un mariage à l'étranger, ce n'est pas un problème... Il monte une expédition cycliste pour y aller, le but ultime de tout participant étant de pouvoir le dépasser sur une côte au moins une fois sur le parcours! (Alors parfois ils se relaient pour l'épuiser) (mais là n'est pas la question).
Jetez un coup d'oeil furtif à cette figure d'athlète: 
Papa en légionnaire
Cela vaut bien un sesterce, non?

Quelques photos!

J'ai bien conscience qu'il est assez ironique de faire ce que je fais quand on sait que je suis à Paris, ville des pâtisseries incroyables et des thés mariage frères, mais bon. Le Starbucks reste le Starbucks.
(Même si ils sont très chiches sur leur distribution des tasses, c'est un peu frustrant).
Café
Cheesecake speculoos-chocolat (un peu écoeurant il faut l'avouer), et frappé chocolat
Le cheesecake du Starbucks
Cheesecake normal (juste parfait). Et une jeune personne qui vient de défendre sa thèse, ce qui suscite en moi un grand élan d'admiration.

Muffin noisettes chocolat du Starbucks
Muffin chocolat au lait-noisettes. Quand je rentre en Belgique, c'est la première chose que je cuisine. Ca, et les cannelés.
Soldes.
Et bon, les soldes ont commencé. C'est absolument dramatique, la tentation est omniprésente.
Enfin, je m'étais vaguement dit au début de l'année qu'il faudrait vraiment que pour 2012 je surveille mes inputs de calories et mes outputs financiers, mais je pense qu'on pourra attendre le mois de février...

Thursday, January 12, 2012

Ah ben le voilà le jus d'orange...

(La palme de l'excellence cinématographique à qui sait me reconnaitre ce titre).
Bon, les entretiens, là, c'est parti. Autant décembre était défavorable à l'obtention d'un quelconque rendez-vous, même téléphonique, autant janvier s'y montre propice. Là j'en ai tous les jours, même parfois plusieurs par jour, au point que je suis en train d'embaucher mes colocs de la Maison des Belges pour me retranscrire le tout. Ces derniers jours j'ai l'impression d'être un démarcheur publicitaire: je me présente, je me vends, j'emaile, j'appelle, je rencontre, je pose des questions, j'investigue, je me prends quelques claques, c'est normal on est en France, et je continue. C'est différent, et en même temps parfois similaire à mon terrain anglais du printemps 2011. Et je ne peux m'empêcher de faire quelques comparaisons.
- En Angleterre, on répond à mes emails dans un délai de trois jours. Je pense que ça doit être inscrit quelque part dans leurs indicateurs de performance. Du coup les secrétaires ont la plupart du temps accès aux emails du boss, pour être bien certaine que tous les emails soient traités rapidement. En Angleterre on peut tout résoudre par écrit. En France... Haha, ben, en France, quoi. Mes emails arrivent dans un grand endroit flou entre la corbeille et les emails non-lus, donc il faut téléphoner. Et bizarrement, autant les Français n'ont pas le temps de répondre à mon email, autant passer 45 minutes au téléphone, là, comme ça, quand je les ai en ligne, ce n'est pas un problème.
- Paradoxalement, en Angleterre on a fait grand cas de me donner accès à un téléphone fixe. En France, apparemment, je n'avais qu'à choisir un forfait gsm pour appeler des fixes.
- En France, quand ton interlocuteur estime que tu as mal formulé ta question (lire: que tu l'as formulée d'une manière à ce qu'il n'ait pas envie d'y répondre), il va te le dire cash. "Votre question est mal formulée". Blam. En Angleterre on va tergiverser. "Interesting question indeed", ou bien on va essayer de détourner l'affaire, en prenant prétexte de la langue: "perhaps you meant to ask..."
- En Angleterre, on me demande d'envoyer des questions à l'avance, histoire que mon interlocuteur/sa secrétaire/le malheureux stagiaire puisse faire un minimum de recherche avant l'entretien. En France, on commence par me dire qu'on ne sait pas si on peut m'aider, que c'était il y a longtemps, et qu'on n'est pas la personne la plus appropriée pour me répondre. Tu parles. On est exactement la personne la plus appropriée pour me répondre.
- En France, si on pense qu'on n'est pas la personne la plus appropriée pour me répondre, c'est parce qu'en fait on ne sait pas qui était approprié. En Angleterre, la question a été traitée de façon structurée: il y a un responsable au niveau sous-fifre, un autre au niveau fifre, et un au niveau boss; puis ça va au cabinet, et c'est le Premier Ministre qui prend la décision finale. En France, tout le monde et personne s'est occupé du truc, dans tous les ministères et sans vraiment de préférence hiérarchique. Et au final, c'est le Président qui décide, donc le résultat est le même. 
- Tout comme, en Angleterre, il y a une rhétorique officielle pour justifier la décision qui a été prise à l'époque que j'étudie, que tous mes répondants me citent avant qu'on ne puisse aller au fond du débat. En France: "heeeeu je pense qu'on avait voulu faire comme [insérer ici le nom d'un pays voisin], non?"
- En France, la moitié de mes entretiens non-téléphoniques se font dans des cafés. Sinon, c'est dans un bureau, et on m'offre un café. On laisse la porte ouverte d'ailleurs, histoire de bien montrer qu'on ne fait pas comme un homologue qui a eu quelques problèmes récents avec une journaliste dans un appartement dont il avait fermé la porte (hum). En Angleterre, c'est dans des salles de réunion, où on m'offre un thé, et où à la moindre distraction de ma part, on m'y rajoute du lait.
- En France, mes interlocuteurs font face à un éternel dilemme entre le tutoiement et le vouvoiement, entre le Mademoiselle et le Madame ("On nous a dit qu'on ne pouvait plus dire Mademoiselle, mais ne serait-ce pas impoli de vous appeler Madame?"). Les Anglais n'ont pas ce problème: ils utilisent le "you" et m'appellent par mon prénom. Par contre ils ont un peu du mal avec la prononciation, malgré le fait que mon prénom existe aussi en langue anglaise.
- En France, on insiste à fond pour me laisser m'assoir sur la banquette. En Angleterre il n'y a pas de banquette.
- Et puis, finalement, à chaque entretien en France j'attends le moment où on me dit, "enfin vous ne vous en souvenez sans doute pas, vous êtes d'une autre génération". Non mais c'est quoi leur problème avec le mot "génération." Y a un complexe là-derrière ou quoi?

Monday, January 09, 2012

Galette des Rois

It's that time of the year again... Le seul jour de l'année où on peut manger de la frangipane à volonté parce qu'on a une tarte (toujours un petit peu trop grande pour nos capacités d'absorption, sinon ce n'est pas drôle) et qu'il FAUT la manger en entier, de crainte de cette sorte de dictat naturel qui dit que si on laisse un morceau de tarte dans le plat, c'est d'office de morceau-là qui a la fève, et on a pris une galette pour rien. Obligé. Et puis comme dans ma famille il y a une personne sur deux qui n'aime pas la galette des rois, il y a beaucoup d'assiettes à finir après. Pour lutter contre le gaspillage, vous comprenez.
Mmmmmmh.
Et bien je dois dire que pour le coup, les Français m'ont carrément impressionnée; dans les boulangeries, il y avait autant de sortes de galettes des rois différentes que de pain (et c'est dire). Il m'a fallu toute ma volonté pour ne pas sombrer au vice de la gloutonnerie consistant à m'acheter cette big galette 14 personnes, là, mais dont la frangipane était aux noisettes et à la pistache - hhhhhh!!!!!
Enfin bon, je suis allée chez Gabrielle à la place, qui a cuisine une galette en s'inspirant de sa recette fétiche avec quelques ajouts de cette recette-ci.
mmmmh galette des rois
Comme d'habitude je n'ai pas eu la fève (en 28 24 16 ans d'existence je n'ai pas eu la fève une seule fois, il faut le savoir). C'est Antoine qui l'a eue.
Le roi.
Il est heureux.
Antoine à qui nous devons la paternité de la photo ci-dessous:
La fève!
Très très artistique. Je n'aurais pas fait mieux.
Par contre, ça n'a pas été très discret quand j'ai fini les assiettes des autres.

Sunday, January 08, 2012

California roll version salade

Vous aimez les sushis. Si, si, ne le niez pas, je le sais. Vous aimez les sushis, et ce que vous aimez par dessus tout, ce sont les california rolls. Vous savez, ceux avec le saumon et l'avocat à l'intérieur, et les graines de sésame à l'extérieur. Aaaaah. Mmmmmh. Si vous êtes de vrais addicts vous avez même peut-être poussé le vice à en fabriquer chez vous, pour finalement vous rendre compte que 1. c'est un chipotage incroyable, 2. les quantités sont minimes par rapport au travail fourni, et 3. finalement, c'est mieux au resto. Même si c'est plus cher.
(Chipotage étant, apparemment, aussi un belgicisme).
Et bien figurez-vous que j'ai la solution pour vous. Une salade avec tous les ingrédients d'un California Roll, sans le chipotage du California Roll.
California roll version salade
Comme je vous le dis.
***
California Rolls en salade (adaptée de "salade de riz à la japonaise" trouvé dans "200 Salades" de Marabout)
Prévoir 30 minutes pour la préparation + du temps pour le refroidissement.

Ingrédients (pour 6 personnes de bon appétit, pour 8 personnes faisant régime)
- 600 gr de riz à sushi
- 10 c. à s. de vinaigre de riz (la bouteille, en gros).
- 6 c. à s. de sucre en poudre
- une touche de wasabi (non mais faites gaffe avec ce truc-là)
- 1 concombre
- 3-4 avocats
- 500 gr de saumon cru et frais (du jour, chez votre poissonnier. Ne prenez pas de risques inutiles) (et surtout évitez le surgelé. C'est pas du tout la même chose).
- 4 oignons jeunes
- Une poignée de graines de sésame toastées (ou grillées, selon les marques)
- Sauce soja pour l'accompagnement 

Tout le challenge est donc de localiser le rayon "nourriture du monde" de votre supermarché, puis de faire un bref détour par les "fruits et légumes" pour le concombre et l'avocat, et évidemment de trouver du saumon frais.

Comment s'y prendre?
1. Faites cuire le riz selon les instructions sur l'emballage (jusque là, ça va). Laissez-le vivre sa vie tranquille, quand il est prêt égouttez-le et laissez-le refroidir. De toutes façons vous devrez le manger froid.
2. Il va falloir que vous fassiez une sorte de sirop avec le vinaigre et le sucre. En gros, mettez le vinaigre et le sucre dans une petite casserole et faites chauffer à feu doux en remuant jusqu'à ce que le sucre soit dissous. Retirez du feu et ajoutez du wasabi. Oui mais un peu de wasabi, hein. Je vous l'ai dit, faites gaffe avec ce truc.
3. Ajoutez le sirop de vinaigre de riz au riz et laisser refroidir peinard. Au frigo si vous voulez, une fois que ça a fini de fumer (sinon bonjour la condensation).
4. Pendant ce temps, occupez-vous, ou du moins occupez la brave personne qui a choisi de vous aider. Je ne sais pas moi, épépinez et coupez le concombre en dés, ou l'avocat en tranches, ou le saumon en morceaux, ou les oignons jeunes en lamelles. Mettez dans un autre bol et au frigo en attendant que le riz soit froid. Oh, hé, c'est du saumon cru les mecs. On a le droit d'être paranos.
... Evidemment la recette originale demande de laisser refroidir le sirop de vinaigre de riz, d'y tremper les dés de concombres, d'y enlever les dés de concombres, et de verser le vinaigre sur le riz encore chaud. Si vous êtes motivés vous pouvez faire ça. Si vous ne le faites pas, personne n'en saura rien.
5. Avant de servir, mettez tous vos ingrédients dans un saladier, mélangez bien, et saupoudrez de graines de sésame pour la déco.
6. Pour faire plus vrai, mettez un très petit bol à côté de chaque assiette pour permettre à vos invités de se concocter un mélange sauce soja-wasabi comme au resto et d'en arroser leur portion selon leur propre volonté (ou inconscience, dans certains cas - je vous le répète, faites gaffe avec le wasabi hein.) Si vous avez des baguettes, c'est l'occasion de les sortir, et de vous marrer un bon coup parce que d'office un de vos invités va ramer avec. Obligé. Il y a toujours un invité qui rame avec les baguettes.

***

Vous pouvez faire la partie riz-sirop bien à l'avance, même la veille si vous voulez. Par contre on ne peut pas en dire autant de la découpe de légumes: le concombre flétrit, l'avocat bruni, et le saumon, comment dire, est mieux s'il est du jour.

***

General disclaimer: il y a un défaut à cette réalisation somptueuse, qui est sans doute aussi la raison pour laquelle les Japonais le racrapotent en petites bouchées et le mangent avec des baguettes pas pratiques: vous allez trouver ça orgasmiquement bon. Donc, vous allez le manger vite et en grandes quantités. Puis, vous allez boire de l'eau. L'eau ça fait gonfler le riz. Le riz qui se trouve déjà en quantité déraisonnable dans votre estomac aux dimensions, sommes toutes, limitées. Et au final si vous n'exercez pas un tout petit peu de self-control, comment dire...
En clair, à partir du moment où vous sentez que vous ne parviendrez plus à dormir sur le ventre la nuit, arrêtez-vous dans votre élan. C'est là mon judicieux conseil.

Friday, January 06, 2012

Noooowel, noooo-ho-wel...

Oui bon je sais, c'est fini, le Nouvel An aussi, même l'épiphanie, mais que voulez-vous. Je ne peux pas m'en empêcher.
Alors, en attendant un post détaillé et exhaustif vous relatant dans le moindre détail combien de grammes de foie gras j'ai consommé en l'espace d'une semaine ou combien de bulles j'ai pu compter dans mes verres de champagne, voici une petite devinette.
(Oui je suis friande des devinettes, que voulez-vous).
Ci-dessous, voici au hasard une série de cadeaux qui m'ont été offerts. A vous de deviner qui m'a offert quoi! Pour indice, vous devez trouver: les Merris, mon père, ma soeur Eliane, mon beau-frère Cédric, mon frère Guillaume, ma cousine Astrid, et subrepticement caché parmi eux un cadeau de Fourchette à Danio.
1. Une boite à outil - de Papa.
Cadeau 1
2. L'image parle d'elle-même - des Merri.
Cadeau 2
3. Dogllywood! Le premier film pour chiens.
Cadeau 3
4. Une céramique peinte avec un motif "fleurs de cerisiers" - d'Eliane.
Cadeau 4
5. Une pelle à tarte Teckel (Esmé ne le cache pas je sais que tu es très jalouse, tu as bavé devant la dernière fois que nous sommes passées chez Octopus) - de Guillaume
Cadeau 5
6. Une poubelle de WC en forme de truie (remarquez la recherche du détail, les petits coeurs dans les oreilles) - de Cédric
Cadeau 6
7. Une tasse emmitouflée dans son tricot- d'Astrid
Cadeau 7
Pour faire justice aux autres cadeaux reçus, je tiens publiquement à remercier ma mère pour un mystérieux service de vaisselle (qui fera l'objet d'un post séparé ultérieur), qui sérieux est du beau cadeau et pour cela mérite qu'on y consacre du temps, et ma soeur Alice pour l'intégrale de Franzl Lang der Jodlerkonig, qui aussitôt offert a curieusement aussitôt disparu, la dernière personne ayant été aperçue en sa possession étant Alice elle-même (qui le chantait déjà de tous ses poumons).
Voilà.
Ce post ayant pour but de remercier de façon publique tous ceux qui m'ont gâtée pendant les fêtes.
Tout comme mon frère pourrait remercier ses soeurs de lui avoir offert ceci.
Le pain saucisse
... un déguisement de pain saucisse.

Je vous présente mon lunch

Oui, je sais, ça fait deux mois que je suis ici, et j'ai enfin investi dans un tupperware.
Je suis très fière.

Wednesday, January 04, 2012

Oui, oui, je sais, c'est fini les fêtes.

Au cas où cela ne se serait pas remarqué, j'ai fait comme un break d'ordinateur pendant les fêtes. Cela ne voulait pas dire que je ne travaillais pas, cela voulait juste dire que j'ai soudainement réalisé qu'attendre une réponse à mes emails entre Noël et Nouvel An était illusoire et que je pouvais me permettre - ô luxe suprême du doctorant! - d'éteindre mon PC et le ranger dans un coin jusqu'à l'année suivante.
(J'ai lu des articles à la place)
(Et j'ai quand même checké mes emails professionnels tous les jours depuis mon téléphone)
(Si vous voulez tout savoir, j'ai reçu un email, un seul, de la part d'une de mes étudiantes qui s'excusait de ne pas avoir pu retranscrire un entretien dans les temps impartis mais que maintenant elle était en blocus et que fallait plus compter dessus).
Il était plus que temps que je fasse un break, parce qu'avec ces horaires de fous, ces weekends qui n'en étaient pas, ce terrain bloqué et cette administration française kafkaïenne, j'étais un peu dans un état semblable à celui d'un macaron passé sous un rouleau compresseur. 
(Techniquement parlant je me demande si cette métaphore tient la route, parce que je ne suis pas sûre que dans ce cas de figure le macaron resterait aplati comme une bouse en miettes sur le bitume, il est très probable qu'il colle au rouleau compresseur à la place. Mais soit. Je demande à ce qu'on teste la chose).
Je me suis fait quelques amusantes petites crises d'angoisse en décembre, vous savez, celles où vous avez du mal à respirer et où la pièce vacille soudainement, et où vous vous répétez "tout va bien tout va bien il ne peut rien m'arriver" jusqu'à ce que cela ait l'air suffisamment crédible. Ou ces gentilles insomnies où vous vous demandez si c'est vraiment ça que vous voulez faire de votre vie, et si la vie a seulement un sens, et où vous vous rendez compte que soudainement vous êtes vieille et seule et moche dans un endroit étranger et vous vous demandez comment vous en êtes arrivée là. Enfin bref, ce genre de bonnes pensées positives qui vous aident à vous lever le matin d'un bon pied et qui ne semblent vous faire aspirer qu'à une seule chose: des vacances. D'où le break ordinateur plus que nécessaire.
Ca promet pour la fin de thèse, tout ça. 
Bon maintenant ça va, je vois les choses d'une façon plus positive. La situation du terrain se débloque progressivement maintenant que les fêtes sont derrière nous. Ici à Paris on est d'accord pour que je reste un peu plus longtemps si jamais je n'ai pas terminé mon terrain fin janvier. Entretemps, j'ai investi dans des légumes, des vitamines, de la viande et des fruits pour me rebooster le système. J'ai amené dans mes valises mon oreiller belge (no insult à celui de la Maison des Belges, mais quand même quoi), du linge propre et du chocolat. 
Par contre j'ai oublié mon épilateur.
Voici qui est fâcheux. Même en hiver.
Je suis gonflée à bloc, je vais réussir ce terrain, je dois réussir ce terrain, j'ai rechargé mon crédit téléphonique, je ne crains plus ni les "je vais vous retransférer au central", ni les "il a bien reçu votre email et il y répondra en son temps", ni les "ah mais vous voulez dire que vous enquêtez sur quelque chose qui s'est passé avant la refonte du système?". Et puis après tout nous pouvons toujours discuter sur la notion de réussite d'un terrain. Qu'est-ce qu'un terrain "réussi" après tout. Mmmh.
Que le prochain qui me dise que la thèse c'est la glande et que je suis sûrement en train d'utiliser l'argent de l'Etat pour batifoler dans les boutiques se fasse entartrer au merveilleux.
Quoiqu'il en soit, je constate que je suis arrivée au bureau à 9h, que j'y suis toujours et que j'ai faim; je vais donc vous laisser avec la promesse de posts futurs. Promis. J'ai bien reçu votre requête d'update du blog et j'y répondrai en son temps. Maintenant, je vais vous repasser au central.