Tuesday, October 02, 2012

Et voilà, l'Année de l'Enfer a officiellement commencé

Hier, 1er octobre 2012, a marqué la date officielle de ma dernière année de financement, ce qui veut dire que dans un an, jour pour jour, les vivres me seront officiellement coupées. Cela marquait aussi, sur papier du moins, le jour où j'aurais dû commencer la rédaction de la thèse, afin de pouvoir la défendre dans le cadre de l'année académique 2012-2013 (oui). A la place je me retrouve avec plein d'entretiens non retranscrits, pas de budget pour engager des esclaves étudiants, et encore tout à coder dans NVivo. Bref. Hier marquait la date officielle du début de l'Année de l'Enfer. 
Pour l'instant ça va, je ne suis pas encore au stade critique du "je-pleure-dans-le-couloir". J'ai juste eu un énorme coup de stress quand j'ai dû retourner à Paris pour terminer de consulter les archives. Mon corps s'en est rappelé avant mon esprit d'ailleurs, parce que qu'est-ce que je me sentais mal rien qu'en faisant mes valises! Et quand j'ai débarqué sur place tout m'est revenu d'un coup: la fatigue, le stress, la pression, la mentalité parisienne, et juste à quel point cette ville est désagréable et prétentieuse, avec ses beaux bâtiments et la misère sur ses trottoirs. 
Mais bon, Paris c'est fini, d'ailleurs mes terrains sont (presque) finis, et c'est avec grande fierté que j'ai apporté les résultats de ma collecte de données à mon comité d'accompagnement, se réunissant (en théorie) pour la dernière fois hier, afin de me donner le feu vert officiel pour la rédaction (haha). Le moins qu'on puisse dire c'est que malgré tous mes problèmes de stress sur mes terrains, j'ai été hyper efficace, tant dans mes entretiens que dans mes dérogations d'accès aux archives que dans l'obtention de documents totalement officieux... Aaaah, le plaisir d'avoir dû retrouver tous ces noms d'anciens responsables qui de toutes façons ne travaillent plus sur le sujet, et ces sous-départements de sous-ministères qui de toutes façons n'existent plus non plus. Enfin ça c'est derrière moi, c'est fini, stocké sur ma dropbox et sur quelques centaines de disques durs externes répartis selon une géographie aléatoire pour être bien certaine de ne rien perdre.
A part ça, le dernier (?) comité d'accompagnement s'est bien passé, j'ai présenté ma problématique et mon plan de thèse, et j'ai obtenu comme commentaires qu'on avait l'impression que j'étais en train de défendre une thèse que j'avais déjà écrite, malgré quelques lacunes dans mon cadre analytique (à savoir le chapitre théorique, surnommé Chapitre de l'Enfer, vous en entendrez encore parler). Et là je dois vous faire deux aveux.
1. J'ai l'air stressée comme ça mais en fait je suis quand même assez impatiente de commencer la rédaction. J'ai tellement de trucs à dire, vous ne vous imaginez pas les centaines de pages que je pourrais remplir. Pas plus de 400 a supplié mon promoteur. (Il avait l'air inquiet quand j'ai essayé de négocier 600).
2. Mais si j'ai l'air stressée c'est qu'en fait je suis stressée. (Vous suivez?) S'il vous est souvenance de ce post où je vous exposais qu'à Paris j'avais fait quelques grosses crises de panique et que j'avais un niveau d'anxiété quand même bien élevé... Et bien l'affaire ne s'en est pas arrêtée là. Je m'attendais à ce qu'à Berlin cela aille mieux, puisqu'il ne s'agissait plus de Paris, et que c'était Paris qui me stressait (logique). Mais en fait la vraie raison de mon anxiété n'était pas juste d'être dans la mauvaise ville, c'était d'être à l'étranger tout court, à devoir m'habituer à courte échéance à plein de nouveaux trucs, et avec une pression de temps énorme pour récolter toutes mes infos en un minimum de temps. J'étais clairement en surmenage à Paris, et à Berlin je suis passée au niveau supérieur, le genre de niveau pour lequel on va chez un docteur. Outre les aspects psychologiques de ce stress, il faut dire que j'avais une série de symptômes physiques qui traduisaient ce malaise. Anxiété constante ponctuée de crises d'angoisse, obsession sur une vision pessimiste de l'avenir, prise de poids rapide, gros problèmes dermatologiques, problèmes de tension, problèmes musculaires, problèmes hormonaux... Avec le recul, c'est fou comme je me sentais mal, mais aussi comme cela me semblait être normal, juste faire partie de la vie. Le fait de rentrer en Belgique a retiré ma principale source de stress, et je vais beaucoup mieux maintenant, il est vrai après beaucoup de cortisone, vitamines, substances homéopathiques douteuses, bilans complets de santé et autres joyeusetés.
Il reste cependant quelques facteurs qui potentiellement pourraient me faire retomber dans mes anciens travers. Je nomme par exemple l'Année de l'Enfer, ou l'approche de mes trente ans (l'Anniversaire de l'Enfer), ou encore tous ces bébés qui ont débarqué de nulle part et qui semblent être la dernière tendance en matière de couple - le couple étant lui-même une tendance d'il y a quelques années que je dois encore rattraper. Je reste malgré tout très fatiguée, mon humeur est volatile, un rien peut m'atteindre. Par exemple, il m'arrive encore de faire la crise d'angoisse occasionnelle en observant une personne âgée manger seule au restaurant, ou quand je ne trouve pas de place de parking.
Bref, quand je vous dis que je suis stressée, et que vous vous dites mentalement que j'ai beau dos de dire ça, que le doctorat c'est la glande, et attendez que je fasse un vrai métier pour voir ce que c'est le stress, révisez votre jugement. La thèse c'est un peu le bout quand même. 
Surtout quand on fait régime en même temps.
Mais ça, c'est le sujet d'un nouveau post. (Création d'une aura de mystère - un nouveau post? Mais quand?) (Mais je m'en voudrais, en même temps, d'augmenter votre anxiété par ce suspense insoutenable).

3 comments:

Anonymous said...

bon mais n'oublie pas, il y a de grandes chances que l'année de l'enfer soit en fait l'année prochaine, donc pas de stress pour cette année ! Et pour le financement ne te stresse pas, le chômage ça paie bien (et faut pas culpabiliser, c'est l'état qui paie déjà ta bourse actuelle non ?)!

Anonymous said...

Courage bibil, il faut te dire que tu te sentiras bien mieux et légère dans un an et que tout cela est passager. En attendant, ménage toi et fais toi chouchouter quand tu le peux :-) Laura.

Anonymous said...

et dans un an, quand tu prendras l'avion et que tu entendras"y a-t'il un docteur dans l'appareil?" tu pourras faire des super blagues ! comme quoi, un doctorat c'est utile ! courage !