Thursday, October 18, 2012

Bibil est au régime

Comme je vous le dis. En réalité je suis au régime déjà depuis fin août, donc depuis presque deux mois, mais comme c'est un régime qui n'est pas basé sur une perte de poids rapide cela ne se voit pas encore beaucoup. Car contrairement au nouveau bourgmestre d'Anvers avec son régime en poudre, mon poids n'a jamais été un problème pour ma santé, et je n'avais pas de message politique à faire passer quant à ma volonté de changement. En clair, même avec les dix kilos pris pendant ma thèse, je ne me sentais pas grosse, et perdre dix kilos en deux mois à coups de souffrance, ça me tentait moyen.
Je savais cependant que je ne pouvais pas me tenir à un régime par la force seule de ma volonté (sinon je n'aurais jamais pris ces dix kilos pour commencer), et je suis donc allée voir une diététicienne. Celle-ci a regardé mes habitudes alimentaires et a convenu avec moi d'une légère adaptation de mon quotidien. Quelques changements par-ci par-là, des limitations sur certains aliments, l'introduction de fruits et de soupes, manger des petites quantités plus souvent, la surveillance des boissons, des graisses et des sucres lents. Elle m'a conseillé d'écrire aussi tout ce que je mange et ce que je pèse au jour le jour, ce qui me permet de prendre conscience de ces petits extras, ce sucre dans le café, ce fromage sur les pâtes, ou combien de fois on nous ressert réellement de champagne à une réception de mariage. 
Le résultat c'est que je perds du poids assez lentement, environ 500 grammes tous les 20 jours. Ma mère s'étonne de me voir autorisée à manger tellement de pain et de produits laitiers. Mais au moins je m'assure de pouvoir tenir sur le long terme. En fait je n'ai même pas l'impression de faire régime, je n'ai jamais faim et je ne me prive pas tellement. L'alcool et les desserts sont les deux postes les plus problématiques; et surtout, bizarrement, si faire régime ne me pose pas tellement problème, il en pose aux autres.
L'alcool, tout d'abord. A mon premier rendez-vous, j'ai calculé que je me limitais à une ou deux unités d'alcool par occasion sociale, et cela voulait dire le vendredi, le samedi, et au moins un jour de semaine; j'ai estimé que je buvais donc six unités par semaine. Ma diététicienne m'a suggéré de diminuer cela à quatre unités. J'ai répondu, "sans problème". Mais en fait une fois qu'on note ce qu'on consomme réellement, on découvre qu'on est bien loin du compte. Les "occasions sociales" sont nombreuses. Presque tous les soirs, en fait. Le weekend, pour peu qu'on ait un mariage, on grille le quota des 4 verres rien qu'à la réception parce qu'on n'arrête pas de nous resservir. Un diner chez des amis? Il y aura un alcool à l'apéro et un autre vin à table. Un resto? Le vin est là, et on va le payer qu'on en consomme ou pas parce qu'à la fin on sépare quand même l'addition. Une pendaison, un anniversaire, un verre, un repas de famille, une session d'écriture créative, le post-piscine du lundi? Si je buvais bien une à deux unités par sortie, je n'avais pas réalisé à quel point je n'arrêtais pas de sortir. Et c'est là que je dis que ce sont les autres qui le ressentent le plus. Quand on a une personne qui amène des carottes et de l'eau pétillante pour l'apéro, on se sent un peu consciencieux quand on prend un kir. Avoir une personne qui se la joue vertueuse quand on est clairement là pour pécher, ça met mal à l'aise.
Mais le plus difficile, en réalité, ce sont les desserts. Pas parce que j'ai du mal à m'en priver, mais parce que les autres ont du mal à ce que je m'en prive. Je les comprends, en même temps, c'est toujours très vexant de se tuer à cuisiner un gâteau et de voir un des invités qui n'en prend pas. Surtout quand cet invité c'est moi, et que j'ai quand même une réputation à défendre; si même Bibil ne prend pas de gâteau, mais où va le monde? Au restaurant, certains deviennent presque agressifs quand je déclare ne pas vouloir voir la carte des desserts; à plusieurs occasions on m'a forcé la main, parce qu'allez ce n'était quand même pas tous les jours, faisant sous-entendre l'incident diplomatique en cas contraire. A des réceptions, on me les met sous le nez, parce que je dois quand même goûter ça, et que ça a quand même l'air bon non, attends Bibil depuis quand tu refuses des macarons? Et je ne vous dis pas le scandale quand il s'agit d'un gouter ou d'un gâteau d'anniversaire. C'est un peu comme lorsque, dans un groupe d'amis fumeurs, une personne décide d'arrêter. "Tu es sûr?" "Même pas une petite?" "Bon on va tous fumer dehors, tu viens?" Remplacez ça par "allez, un petit bout de gâteau pour me faire plaisir, je l'ai cuisiné parce que je savais que tu venais". Et la réalité? C'est qu'en fait je réalise que je peux me passer des desserts. C'est drôle à cuisiner, ça présente bien, ça passe bien en photo, c'est convivial, on est curieux de voir ce que ça goute. Mais la plupart du temps je trouve ça trop sucré ou trop lourd, et je le mange quand même parce que c'est là. 
Au final, ce régime me permet de voir ce qui ne va pas dans mon quotidien: trop de sucre, beaucoup trop de sucre. Depuis que j'en mange moins, ma peau est en meilleure santé, je suis moins fatiguée, moins stressée, je dors mieux. De façon générale, je me sens mieux. 
Et puis bon, faire régime c'est à la mode, me dit-on. Surtout si on veut faire des livres.

5 comments:

Anonymous said...

Et l'avantage de se priver des tas de desserts nazes, c'est qu'on peut se permettre le moelleux au chocolat et au caramel beurre salé de chez Picard ne fois de temps en temps.

Anonymous said...

Super, je peux t'inviter et ne pas stresser pour trouver un dessert que je n'ai pas encore testé avec toi.

Line said...

j'avoue que je serai bien du genre à insister pour que tu prennes un dessert ^^ ... perso je préfèrerais ne plus boire d'alcool du tout et continuer à manger des desserts lol (et là on voit tout de suite que c'est une femme enceinte qui parle lol)

Maman said...

Si des personne insistent pour que tu fasses un écart au régime, c'est parce qu'elles ne veulent pas être les seules à le faire..
Mange avec tes parents, je fais rarement des desserts. il suffit de résister à la Pater Dominicus

soph M said...

Belle tentative de Mamil pour essayer de garder son poussin au nid!